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Avec Sophie de Menthon
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NewsTranscription
00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:06Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté.
00:16Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté.
00:26Vous avez reconnu la voix de Guy Béard dans Celui qui a dit la vérité doit être exécutée.
00:31Il parle même d'un journaliste qui en savait un peu trop sur l'assassinat du président Kennedy.
00:36Quic ! Terminé.
00:38Alors vous connaissez le proverbe, toute vérité n'est pas bonne à dire.
00:41Alors c'est très vrai, c'est très vrai aujourd'hui dans certains médias.
00:43Et on se pose la question en particulier avec l'affaire Charles Sapin.
00:47Je rappelle les faits, donc il était pressenti pour avoir une tribune, un édito sur France Inter.
00:52Il y a eu un mouvement social, politique, d'humeur, enfin voilà une crise.
00:57On a frôlé les scandales d'état.
00:59Et finalement la direction de France Inter, Radio France qui avait dit qu'elle ne céderait pas
01:04puisqu'il est normal que la diversité des opinions, comme si Charles Sapin représentait un extrémisme.
01:09Il a été journaliste au point et là il arrive à Valeurs Actuelles
01:12qui pour l'instant est un journal qui est reconnu comme une publication de La République.
01:16Enfin voilà, c'est pas un pamphlet d'extrême droite, c'est hallucinant.
01:21Donc Caval contre Charles Sapin et la direction de France Inter a donc dit
01:26bon, alors on ne cède pas mais ça ne sera plus un édito, il animera un débat face à face.
01:32Charles Sapin qui est un homme d'honneur a jeté les ponts, je dis puisque c'est comme ça, je
01:36reste chez moi.
01:36Donc voilà, j'allais dire le mouvement social, la gauche, l'extrême gauche, la Caval, les insultes, les menaces
01:42ont eu gain de cause et finalement Charles Sapin ne sera pas éditorialiste sur France Inter.
01:48C'est pour ça qu'on veut en parler avec Sophie de Menton qui connaît bien, bonjour Sophie, qui connaît
01:52bien les médias.
01:54Nous nous dissertons ici sur Sud Radio tous ensemble depuis quelques semaines
01:58sur cette affaire qui a pris des proportions absolument inquiétantes.
02:01Et la conclusion, et je vous pose la question Sophie de Menton,
02:04est-ce qu'il y a encore une liberté d'expression absolue dans les médias français,
02:09quelle que soit leur tendance, et est-ce qu'on n'est pas en train,
02:14on savait déjà qu'il y avait une orientation sur le service public,
02:17est-ce qu'on n'est pas en train de museler carrément le service public
02:19vers une orientation précise et pas une autre ?
02:23Alors deux commentaires, c'est ce que vous avez dit qui est parfaitement juste,
02:26mais deux commentaires. D'abord je trouve ça formidable que ça ait pris une telle ampleur.
02:30Parce que ça veut dire qu'il y a des gens qui trouvent ça scandaleux,
02:33mais à la limite plus personne ne trouvait ça scandaleux.
02:36Donc il y a au moins des journaux, des tendances qui râlent.
02:39Les français sont outrés. Moi j'étais à la campagne même,
02:42ils ont entendu ça, ils ne savent pas très bien qu'il n'y ait pas les valeurs actuels,
02:46mais ils sont furieux. Donc il y a une réaction, ça c'est une chose.
02:51Je pense que nous sommes à un moment très inquiétant de la société française.
02:56Parce que j'ai presque envie de vous dire que les médias on s'en fout,
02:59mais ça a des teints. Ça a des teints. Et que dans les déjeuners de famille le dimanche,
03:05il y a même des gens qui vous disent, oh ben non, ça c'est une opinion, c'est news.
03:09Ou il y a des gens qui vous disent, d'ailleurs là, on n'appelle plus ça France Inter,
03:14on appelle ça LFI maintenant, pour les initiales.
03:17LFI, LFI.
03:18Oui c'est vrai, je n'y ai pas pensé.
03:20C'est terrifiant. Moi je suis furieuse, parce que j'ai un grand défaut,
03:25c'est de dire, ce n'est pas un défaut de dire la vérité,
03:29mais de dire ce que je pense, un peu sans filtre.
03:32Donc ça ne m'a pas toujours réussi d'ailleurs,
03:34mais c'est une métapositive de faire autrement.
03:38Il y a des gens qui me disent, vous avez du courage de dire ça,
03:41je dis non, le courage serait de me taire.
03:43Donc je trouve ça insoutenable.
03:46Je vous ai connu, Sophie de Menton,
03:48on vous voit à peu près, sans caricature, sur tous les médias,
03:52vous vous exprimez partout librement.
03:54Je pense que vous avez toujours été reçus partout librement,
03:57on n'a jamais cherché d'influencer vos propos.
04:00Mais je viens d'être virée, je vous interromps,
04:02je viens d'être virée pour la première fois.
04:05Expliquez-nous ça, expliquez-moi ça.
04:07Oui, oui, figurez-vous que j'étais...
04:11Bon, j'allais sur tous les médias,
04:13et je suis invitée à la première de Sonia Mabrouk sur BFM.
04:19J'arrive contente, moi, je parle normalement,
04:24je mangeais normalement,
04:26et les syndicats de BFM vont voir la direction
04:30et disent, c'est une honte,
04:32Sonia Mabrouk apporte l'extrême droite de CNews.
04:35Il se trouve que j'étais intervenue souvent à CNews,
04:39et elle invite en particulier Sophie de Menton
04:42d'extrême droite chroniqueux chez CNews,
04:45ce qui est faux, faux.
04:48Et la direction, mais alors c'est hallucinant,
04:52Fabien Namias, parce qu'il faut citer les gens,
04:54parce qu'il a eu le courage de répondre aux syndicats,
04:56Fabien Namias, que je connaissais par ailleurs
04:58et qui me trouvait plutôt sympathique il y a quelques années,
05:01a dit, oui, c'était une erreur,
05:04elle ne sera plus bienvenue sur nos plateaux.
05:07Fabien Namias a dit que vous étiez une erreur,
05:09votre présence à l'antenne de BFM et de TV est une erreur.
05:14Oui, c'est quand même faux le faire.
05:16Alors l'erreur pour moi,
05:17je peux très bien comprendre que je sois une erreur,
05:19mais l'erreur, c'est que je suis présidente quand même
05:21du syndicat patronal qui s'appelle Ethique,
05:25avec un nombre d'entrepreneurs,
05:27avec des fédérations,
05:31j'ai 12 fédérations qui adhèrent à Ethique,
05:35avec 4 boîtes du 440,
05:37enfin, et puis plein de petits sur tout ça,
05:40qui est bien, c'est que c'est un...
05:41Voilà.
05:41Alors, donc, je suis sous le coup de l'erreur,
05:45mon erreur n'est rien à côté de sa peintre.
05:47Ce qui me choque le plus, Sophie de Menton,
05:49c'est pas qu'il y ait des soviets et des inquisiteurs
05:52dans les médias venus d'extrême-gauche,
05:54qui sont là de façon un peu trotskiste ou autre,
05:57mais les méthodes sont absolument détestables,
06:01c'est qu'ils aient gain de cause
06:02et que des responsables d'antenne,
06:04des patrons de médias que nous avons connus,
06:07qui ont...
06:08Alors, je sais que, oui, Fabien Lamia,
06:10c'était sur LCI, il est allé sur BFM TV,
06:12bon, on voit quelquefois un mouvement,
06:15on s'est dit, tiens, c'est curieux,
06:17pour autant, le fait qu'il cède à cette pression,
06:21surtout que ce sont des médias indépendants
06:23qui appartiennent à des capitalistes,
06:24c'est pas des...
06:25Voilà, il n'y a pas de...
06:25Il y a toutes les garanties pour que ces médias
06:27restent, en tout cas, libres de leurs opinions
06:30ou de celles du propriétaire.
06:32On sait bien que sur ces news,
06:33il y a peut-être une orientation
06:34qui est suscitée par Vincent Bolloré,
06:37mais ça fait partie des médias aujourd'hui,
06:39ils appartiennent à des sociétés privées,
06:41à des capitalistes,
06:42qui ont droit de donner des,
06:43j'allais dire, des orientations,
06:44même si les journalistes se disent libres, voilà.
06:46Mais là, accepté...
06:47Et puis le directeur Pigasse,
06:49Pigasse, il n'oriente pas ces journaux ?
06:50Ben, c'est pour ça, c'est pour ça.
06:52Donc, la presse libre,
06:55c'est pas vrai,
06:56le journalisme objectif, neutre,
06:58ce n'est pas vrai,
06:59on parle toujours de quelque part.
07:01L'important, c'est de dire d'où l'on parle,
07:03qui l'on est,
07:04ceux en quoi on croit,
07:05d'assumer ces engagements,
07:07et de...
07:07Voilà, on s'engage et on assume.
07:09Et d'accepter ceux qui ne sont pas d'accord,
07:12et de faire intervenir,
07:14surtout à l'antenne.
07:15Et surtout, et nous nous réjouissons,
07:17Sophie de Menton,
07:17vous faites partie de notre équipe,
07:18ici sur Sud Radio,
07:19nous nous réjouissons,
07:21à Sud Radio,
07:21nous avons des gens qui ont évidemment des sensibilités,
07:24des convictions,
07:25on les exprime,
07:26on débat,
07:27nous recevons tout le monde.
07:28Pour peu qu'on respecte les lois de la République,
07:30nous recevons tout le monde.
07:32Mais oui, c'était à côté
07:33d'un charmant et le fiste.
07:35Mais bien sûr,
07:36mais à Sud Radio,
07:38tout le monde vient sans exception,
07:40d'ailleurs on nous le reproche.
07:41Parce que quand vous recevez des gens d'extrême gauche,
07:42c'est que vous êtes gauchiste,
07:43et vous, si vous recevez quelqu'un du RN,
07:45ou quelqu'un qui est proche de Zemmour,
07:46vous êtes fasciste.
07:47On a besoin de mettre des étiquettes et de rancher les gens dans des cas.
07:49C'est épouvantable.
07:50Mais quand ça se traduit au niveau du choix
07:52d'un collaborateur ou d'un invité,
07:54et qu'on dise au filementon ne viendra plus,
07:56c'est une erreur,
07:57je trouve que c'est une information dramatique,
08:00très grave,
08:01pour la liberté,
08:02pour l'image des médias.
08:04Pour l'image,
08:05mais on est tous concernés par ce genre d'aberration.
08:07Donc là, je vous sens très inquiète,
08:08à ce point,
08:09entre Charles Sapin,
08:10vous-même,
08:12vous expliquez ça comment ?
08:13Il y aurait une pression de la gauche plus véhémente,
08:17plus prégnante ?
08:19Incomparable.
08:20Alors franchement,
08:22objectivement,
08:22mon objectivité,
08:24je pense que la pression de gauche
08:27est infiniment plus forte,
08:29et depuis toujours,
08:30que la pression de droite.
08:31D'abord, la droite culpabilise.
08:33Elle est coupable.
08:34Depuis toujours,
08:35nous sommes un pays un peu révolutionnaire,
08:37on n'aime pas l'argent.
08:39Le président de la République nous l'a dit
08:41avant d'être élu la dernière fois.
08:42On n'aime pas ceux qui réussissent.
08:44On n'aime pas les dividendes.
08:45On n'aime pas les super profits.
08:48Les super dividendes.
08:49Les super riches.
08:51Et donc,
08:52on a...
08:52Et quelque part,
08:54même ceux qui nous écoutent,
08:56s'ils ne sont pas d'accord,
08:58finissent par être un peu convaincus.
09:00Même le super retraité aussi,
09:01pendant qu'on est...
09:02Alors justement,
09:03je voudrais qu'Anissa Arfraoui nous dise
09:05est-ce qu'il y a une polarisation des médias,
09:06Anissa ?
09:07Alors, on va répondre brièvement.
09:08Oui, c'est très clair.
09:10Il y a une polarisation des médias
09:11qui est née il y a une bonne dizaine d'années.
09:14Alors autrefois,
09:15un grand média cherchait plutôt à rassembler
09:17le public le plus large possible.
09:18Aujourd'hui,
09:19dans un marché saturé,
09:21multiplication des chaînes,
09:22des outils,
09:23des radios,
09:24et sur Internet,
09:25et partout,
09:27avoir une identité idéologique forte
09:29permet de fidéliser une communauté.
09:31Voilà finalement la stratégie aujourd'hui
09:33de la plupart des antennes.
09:35Je ne parle pas évidemment que de la radio,
09:36je parle évidemment des médias
09:37tout support.
09:39Certaines chaînes radio-publications
09:41ne vendent donc plus seulement
09:42de l'information,
09:43elles vendent une vision du monde.
09:45Et cela se traduit par des invités
09:47choisis,
09:47parce qu'ils correspondent à l'identité
09:49de l'antenne,
09:50des sujets traités,
09:51ou écartés selon cette ligne.
09:53Toujours dans la polarisation.
09:54des éditorialistes
09:56de plus en plus nombreux,
09:57alors qu'avant,
09:58il y avait peut-être plus de journalistes
10:00que d'éditorialistes
10:01ou de polémistes,
10:02des débats conçus
10:03comme des affrontements,
10:04on rentre dans l'arène,
10:05et une confusion croissante
10:07entre information,
10:09commentaires et opinions.
10:10Les réseaux sociaux
10:12et les chaînes d'information
10:13en continu
10:13ont accéléré cette évolution,
10:16et la nuance produit rarement
10:17une séquence virale,
10:18alors que la colère,
10:19le clash et l'indignation
10:20captent l'attention.
10:21Vous voulez dire à Nyssa
10:22que vous justifiez
10:23cette polarisation
10:24par la place des réseaux sociaux
10:26dans le partage de l'information ?
10:27Absolument.
10:28Le développement des réseaux sociaux
10:29a profondément changé la ligne
10:31et les méthodes
10:31des médias traditionnels.
10:33Non pas parce que Facebook,
10:34X, TikTok ou autres
10:36imposent officiellement
10:37leurs opinions,
10:38mais parce qu'ils ont bouleversé
10:39la manière dont l'information
10:41attire et conserve le public.
10:43Les réseaux sociaux
10:44ont volé l'attention.
10:45C'est un secret pour personne,
10:46malheureusement, on le sait.
10:48Avant, dans les médias,
10:49vous aviez la rédaction
10:50qui se réunissait,
10:51qui choisissait l'information
10:52et le public la recevait
10:55à heure fixe.
10:55Vous aviez le matin,
10:56le 13h,
10:57le JT de 20h,
10:58les grands rendez-vous radio.
10:59Aujourd'hui,
11:00l'auditeur ou le lecteur
11:01est sollicité en permanence.
11:02Donc, pour survivre
11:03dans cette économie
11:04de l'attention,
11:05les rédactions ont adopté
11:06les codes des plateformes,
11:07des titres plus agressifs,
11:09des séquences plus courtes,
11:11des personnalités plus clivantes
11:13et puis des sujets choisis
11:14en fonction de leur potentiel
11:15de partage.
11:16La priorité est donnée
11:17à l'émotion
11:18avec la multiplication
11:20des débats
11:21et des idétorialistes.
11:22Et si on est plus sur l'émotion
11:24que l'information,
11:25il y a un risque
11:25qui s'appelle la manipulation.
11:27Alors, attention !
11:28Sophie de Menton,
11:29vous partagez cette analyse,
11:30je suppose.
11:31Il n'y a vraiment rien à dire.
11:33Il y a quelque chose
11:33presque à ajouter,
11:34c'est le désespoir
11:36que je vois
11:36devant l'abandon
11:38de la presse écrite.
11:40Parce que la presse écrite,
11:41on se passe à des journales,
11:43il y avait la force de l'écrit,
11:45on se disait,
11:46j'ai lu ce matin
11:48un excellent article d'Atali
11:49sur François Hollande
11:50qui donnait sa position
11:53et qui considérait
11:53que c'était un très bon...
11:54Il n'a pas voté pour lui carrément,
11:56c'est très clair.
11:57Ah, c'était étonnant.
11:58Oui, mais c'est ça
11:59l'avantage de la presse écrite.
12:01C'est que dans le même journal,
12:02vous avez des signatures
12:03que vous reconnaissez
12:04et moi, je trouve
12:06qu'ils ne lisent plus.
12:07D'ailleurs, ça fait partie
12:08d'un problème terrible.
12:10Que va-t-on faire
12:11avec des jeunes
12:12qui ne lisent plus ?
12:13Lire sur Internet
12:14et les réseaux sociaux,
12:14ce n'est pas lire.
12:15Non, c'est autre chose.
12:17Je dirais que
12:18c'est très mal parti
12:20sur le fond, même.
12:21Sophie de Menton,
12:21merci pour ce témoignage.
12:22Vous restez évidemment en contact
12:25dans ce Croix-Stré-Rou
12:25et très très régulièrement
12:26dans les couloirs de Sud Radio.
12:28J'aurais peut-être certainement besoin
12:29de faire un nouveau appel à vous
12:31pour avoir la suite
12:32de cette dégradation
12:33dans le service public.
12:34Merci.
12:35Merci, à très bientôt.
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