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00:06Bonjour Agathe. Bonjour. Et bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour. Bonjour Raphaël Glucksmann. Bonjour.
00:11C'est le sujet, on l'a entendu évidemment tout au long de la matinale encore ce matin sur France
00:16Info,
00:16le sujet qui pourrit la vie de millions de Français, le prix des carburants après le sans-plomb,
00:20c'est le gasoil qui bat tous les records, 2,41 euros le litre en moyenne.
00:25Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunit ce matin, il y a même deux réunions dans la journée,
00:30ces ministres pour tenter de réfléchir à de nouvelles aides ciblées pour les automobilistes les plus en difficulté.
00:36Est-ce que vous plaidez, vous, en tout cas vous l'avez dit, pour des aides massives ciblées ? Qu
00:41'est-ce que ça veut dire ?
00:43Déjà il faut comprendre la gravité de la situation. On a déjà eu un printemps catastrophique, très difficile,
00:49où des millions de Françaises et des Français ont été exposés à ces explosions des prix de l'énergie, des
00:55prix des carburants.
00:56Et là on a un automne qui est encore plus difficile et qui va durer.
01:00C'est ça qu'il faut comprendre. C'est que c'est une crise qui peut durer et les prix
01:04peuvent encore monter.
01:05Et donc oui, il faut des aides ciblées, massives.
01:09Moi ce que je demande solennellement au Premier ministre, c'est de multiplier par trois le chèque énergie.
01:14C'est de faire en sorte que les auxiliaires de vie, les infirmières libérales,
01:18toutes celles et tous ceux qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler
01:20et qui n'arrivent plus à faire face à cette explosion des prix à la pompe,
01:24puissent continuer à travailler et soient aidés par le groupe.
01:26Donc il faut élargir les populations ciblées. On a pour l'instant les pêcheurs, les agriculteurs, le BTP.
01:29Il faut aller plus loin. On était par exemple ce matin aussi avec les représentants du monde associatif,
01:34le délégué général d'Emmaüs France qui disait
01:35on a des bénévoles qui aujourd'hui ne peuvent plus ou des salariés qui hésitent à se désolacer.
01:39On a des auxiliaires de vie qui démissionnent, qui ne peuvent plus travailler
01:42parce qu'en fait ça leur coûte de l'argent désormais d'aller travailler.
01:45Elles ont besoin de leur voiture pour aller soigner, pour aller s'occuper de nos aînés,
01:49pour aller voir les personnes en difficulté et ces auxiliaires de vie, elles n'y arrivent plus.
01:54Elles n'y arrivent simplement plus.
01:55Les auxiliaires de vie qui d'autres ?
01:56Il faut prendre les bénéficiaires du chèque énergie et de manière automatique augmenter ce chèque.
02:03Pour l'instant c'est pour les gros rouleurs le chèque énergie, il est à 150 euros.
02:06Vous voulez donc le faire passer à 500 euros et l'étendre aux classes moyennes vous dites ?
02:12Oui, il faut élargir parce qu'aujourd'hui ceux qui n'en peuvent plus,
02:16ce sont des millions de Françaises et de Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler.
02:20Moi je sais la situation budgétaire et donc ce que je propose c'est que ces aides,
02:25l'extension de ces aides soit financée par une taxation des super profits.
02:29Parce que dans le même temps, pendant que les Français...
02:31Vous voulez taxer les bénéfices des pétroliers comme Total ?
02:34Oui, parce que dans le même temps, pendant que les Français galèrent,
02:38eh bien il y a des super profits.
02:40Total Énergie va battre encore tous les records de bénéfices et de dividendes versés
02:45et c'est insupportable.
02:46Mais Total plafonne ses prix en France, Raphaël Glusman,
02:49et Total ne fait pas ses bénéfices en France.
02:51Donc certains disent que vous ne pouvez pas taxer Total qui réalise ses bénéfices
02:55dans les pays producteurs de pétrole.
02:57A l'échelle européenne, vous pouvez le faire.
02:58Et à l'échelle européenne, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?
03:00Le gouvernement socialiste espagnol propose cette taxation des super profits,
03:04des multinationales fossiles.
03:06Le gouvernement conservateur allemand est d'accord.
03:10Et qui bloque ?
03:11Qui bloque ?
03:12Eh bien c'est le gouvernement français.
03:13Et donc moi ce que je dis...
03:15Pourquoi la France bloquerait si ça permet de trouver l'argent ?
03:18Parce que le gouvernement français ne veut pas heurter M. Pouyanné et Total.
03:22Le PDG de Total.
03:23Eh bien il faut dire les choses de manière très simple.
03:26Dans une situation aussi difficile, à la fois pour le budget de l'État
03:30et pour les Françaises et les Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler,
03:33ce n'est pas possible que ce soit M. Pouyanné,
03:36le président directeur général de Total,
03:38qui fasse la politique de la France.
03:40Et nos partenaires européens s'étonnent.
03:42Pourquoi notre pays, qui est dans une situation si difficile budgétairement,
03:46s'obstine à bloquer les initiatives européennes en matière de taxation des super profits ?
03:49Donc vous dites que la France bloque en même temps, en 2022,
03:52quand les Européens avaient imposé les bénéfices exceptionnels réalisés par les pétroliers,
03:55ça n'avait pas rapporté tant que ça par rapport aux gains espérés ?
03:5869 millions versus 200 millions d'euros attendus.
04:02Mme Lambret, ça n'avait pas rapporté tant que ça en France.
04:05Parce que le gouvernement français avait appliqué ce qui a été décidé à l'échelle européenne
04:10d'une manière telle que ça n'a rien rapporté pour ne pas,
04:14une fois de plus, déranger M. Pouyanné et Total.
04:17Et donc moi je dis les choses très simplement.
04:18Quand on est dans un moment de crise, il faut faire jouer la solidarité nationale.
04:22Total a fait des bénéfices records en 2022 au moment de l'invasion de l'Ukraine.
04:27Donc à chaque fois qu'on a une crise qui frappe les Françaises et les Français,
04:30une crise énergétique, là c'était une crise gazière, désormais c'est une crise pétrolière,
04:33à chaque fois qu'il y a une guerre qui déclenche une hausse des prix,
04:36eh bien les multinationales du pétrole et du gaz font des bénéfices records.
04:39Alors il est parfaitement logique, ce n'est pas une lubie gauchiste,
04:42il est parfaitement logique qu'il contribue donc à l'effort de solidarité
04:46en direction des Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler.
04:51Donc vous êtes d'accord sur le diagnostic avec la France insoumise
04:53qui propose justement de renier sur les marges des géants du pétrole pour plafonner les prix ?
04:57C'est là-dessus qu'il faut jouer.
04:59Pas sur les taxes, sur les bénéfices des géants du pétrole.
05:02Il faut une taxation des super profits.
05:04Là où je ne suis pas d'accord, c'est quand on propose des mesures universelles.
05:08Que ce soit le blocage des prix ou la baisse des taxes de manière générale
05:14que propose le Rassemblement National.
05:16Pourquoi ?
05:17Parce que dans ce cas-là, ça bénéficierait à des bourgeois
05:21qui prennent leur SUV pour partir dans leur maison de campagne.
05:24Moi, les week-ends des grands bourgeois dans leur grande maison,
05:29je ne vois pas pourquoi ce serait aux contribuables de payer pour qu'ils fassent leur plein.
05:33Ce que je veux, c'est des aides ciblées.
05:37Des aides ciblées, pas des aides universelles.
05:39La proposition du Rassemblement National, par exemple, ça coûterait plus de 12 milliards d'euros à l'État.
05:44Pour financer quoi ?
05:45Pour financer de manière universelle.
05:47Mais l'Allemagne a bien baissé les taxes, l'Espagne aussi a baissé les taxes.
05:49D'autres pays le font.
05:50L'Allemagne n'est pas réputée pour être si mauvaise gestionnaire que ça.
05:52Eh bien, nous, ce dont nous avons besoin, c'est d'aides ciblées.
05:55Et de la même manière, sur le blocage des prix, il y a un pays qui a essayé.
05:58Le blocage des prix, c'est la Hongrie de Orban.
06:00Elle a dû renoncer au bout de 6 mois parce que sinon, il y allait y avoir une pénurie.
06:04Donc, les aides pour ceux qui en ont besoin.
06:06Nous, on a conscience de la gravité de la situation budgétaire,
06:08mais on a aussi conscience de la gravité de la situation sociale.
06:11Et donc, il faut que les aides en France soient ciblées.
06:13Ciblées sur les classes populaires, ciblées sur les classes moyennes.
06:15Pas de manière universelle, déverser l'argent public pour des gens qui n'en ont pas besoin.
06:19Avec un chèque augmenté, on l'a bien compris, c'est ce que vous proposez.
06:22Jusqu'à 500 euros.
06:23Raphaël Glucksmann.
06:24Une sèche plombée des prix, on le sait, elle est due en partie à la situation géopolitique.
06:29C'est pour vous détailler cette situation qu'Emmanuel Macron vous a réuni avec les autres chefs de parti.
06:34Vendredi à l'Elysée, menace russe, guerre en Ukraine, guerre au Moyen-Orient.
06:39Certains en sont sortis en disant que le chef de l'État dramatisait quelque peu la situation.
06:45Est-ce que ça a été votre avis aussi ?
06:47Ils n'ont pas été dans la même réunion que moi apparemment.
06:49Parce que quand vous avez les chefs de services de sécurité qui vous expliquent par le menu
06:54la situation dramatique en matière de sécurité de notre pays et de l'Europe tout entière,
06:59quand vous avez un exposé sur le fait qu'un État, la Russie, a entrepris une action terroriste
07:06contre l'aéroport de Leipzig dont le but était de faire des morts,
07:10vous ne pouvez pas sortir de cette réunion et faire un show devant les médias
07:15en expliquant que tout cela c'est rien.
07:16Quand vous aspirez à présider au destiné de la France,
07:20votre premier souci, ça doit être la sécurité des Françaises et des Françaises.
07:23Vous visez qui la Raphaël Glucksmann qui fait un show ?
07:26Tous ceux qui sont sortis en expliquant que tout cela était une opération de communication.
07:31Pour faire diversion ?
07:32Mais il n'y a pas de diversion ou de communication quand il s'agit de notre sécurité.
07:36Et oui, la Russie de Vladimir Poutine est engagée dans un conflit pas simplement contre l'Ukraine,
07:41contre l'ensemble de nos démocraties européennes, contre nos nations.
07:45Et nous avons eu dans cette réunion des patrons des services de sécurité qui nous disaient quoi ?
07:51Qui nous décrivaient un terrorisme d'État.
07:53Et donc vous êtes dans une situation où les attaques vont se multiplier contre le sol européen,
08:00sur le sol européen, contre nos nations.
08:02Et justement, Raphaël Glucksmann, dans une situation aussi grave,
08:05et c'est une question qu'on a envie de poser à tous les candidats à l'élection présidentielle,
08:10qu'est-ce qui vous fait penser que vous pourriez être à la hauteur de ces périls aussi graves ?
08:17Vous savez, ça fait plus de dix ans que j'alerte sur ce fait,
08:21que nous avons une menace, incarnée par la Russie de Vladimir Poutine,
08:26qui peut plonger l'ensemble de notre continent dans la guerre.
08:29Et personne ne m'écoutait.
08:32J'ai présidé la commission spéciale du Parlement européen sur les ingérences étrangères.
08:36J'ai étudié la guerre hybride, disséqué la guerre hybride menée par la Russie de Poutine contre nos nations.
08:43Les attaques permanentes, les entreprises de sabotage,
08:47l'utilisation des campagnes de désinformation pour fausser notre débat public.
08:52Je sais la menace qui pèse sur les frontières.
08:54Donc vous êtes prêts et ça ne vous dissuade pas, au contraire.
08:58Vous avez envie d'y aller.
08:59De manière claire pour protéger la France.
09:01Et encore une fois, quand j'entends tous ceux qui disent qu'il faut couper le robinet d'aide à
09:06l'Ukraine,
09:07le Rassemblement National par exemple, qui est aux portes du pouvoir,
09:11je veux que ceux qui nous écoutent comprennent bien une chose.
09:14Nous n'aidons pas l'Ukraine simplement par solidarité envers un peuple qui se bat pour être libre.
09:19Nous aidons l'Ukraine parce que c'est notre sécurité qui est en jeu.
09:22Parce que nous savons que nous sommes les cibles de Vladimir Poutine.
09:25Que sa guerre vise l'ensemble du continent européen et de nos démocraties.
09:29Et que donc le moindre signe de faiblesse, le moindre signe de faiblesse,
09:32est une invitation à l'agression.
09:34Il va falloir être ferme.
09:36Il va falloir être fort.
09:39Raphaël Guixman, dans ce contexte, situation géopolitique inflammable,
09:44pouvoir d'achat en berne, le Parti Socialiste et les Insoumis sont sur le point de censurer le gouvernement sur
09:49le budget.
09:50Vous vous dites que vous soutiendrez cette censure si le budget est un budget de régression.
09:55Or on en sait plus maintenant, selon les pistes du gouvernement,
09:5854 milliards d'euros d'économies devraient être réalisés,
10:01avec entre autres le gel du point d'indice des fonctionnaires ou des aides au logement.
10:06Est-ce que c'est la régression ? Et est-ce que ça signifie censure ?
10:09Les pistes données par le Premier ministre, clairement, sont régressives.
10:13Je veux dire, on parle là de faire payer les bénéficiaires des APL.
10:17On parle là de faire payer les malades.
10:20On parle de faire payer absolument tout le monde,
10:22sauf ceux qui ont le plus.
10:24Ceux qui pourraient payer le plus.
10:26Ceux qui pourraient contribuer le plus.
10:28Vous savez, moi j'entends les amis de M. Lecornu et de M. Macron dire
10:33« Mais face à une telle situation budgétaire, il ne devrait pas y avoir de tabou ».
10:37Très bien, qu'il n'y ait pas de tabou.
10:39Alors pourquoi est-ce que baisser les APL, ce n'est pas tabou ?
10:42Et que par contre, augmenter la taxation des plus hauts patrimoines, c'est tabou.
10:49Pourquoi la proposition que je fais pour augmenter la taxation des méga-héritages,
10:55des plus grandes successions, au-delà de 2 millions d'euros, c'est tabou ?
10:59Pourquoi ça, c'est tabou ?
11:01Pourquoi la taxation des super-profits des multinationales du pétrole, c'est tabou ?
11:05Pourquoi c'est tabou ?
11:06Parce que le gouvernement s'y refuse.
11:08Mais donc nous, si on nous dit « Il ne faut pas qu'il y ait de tabou
11:10parce que la situation budgétaire est grave »,
11:12nous disons « Ok, très bien, qu'il n'y ait aucun tabou ».
11:15Et donc, qu'on parle de la taxation des plus hauts patrimoines
11:17que vous refusez, vous, au gouvernement.
11:19Mais là, ce n'est pas dans le budget, Raphaël Luceman.
11:21Et bien sûr, ce que ça signifie, c'est qu'il doit y avoir des négociations,
11:29un rapport de force, que déjà on doit voir la copie donnée par le gouvernement,
11:32mais que si l'entretien dans le Figaro du Premier ministre,
11:36c'est réellement la copie qui nous est donnée,
11:39alors il n'y a aucun moyen de l'accepter.
11:41Et je vais vous dire une chose simple,
11:43il y en a marre aussi, des leçons,
11:45des leçons sur la dette venant de gens qui ont été ministres
11:49et premiers ministres depuis dix ans
11:52et qui nous laissent mille milliards de dettes supplémentaires
11:55alors même que les hôpitaux sont à l'agonie,
11:59l'école publique décline,
12:01que la justice est sous-financée.
12:03Généralement, quand vous faites de la dette,
12:06c'est parce que vous avez investi.
12:08Là, en réalité, la gestion a été tellement calamiteuse
12:11qu'on hérite d'une dette faramineuse,
12:13qu'on hérite d'un déficit abyssal,
12:15alors même qu'on n'a pas investi dans la transition écologique,
12:19qu'on n'a pas investi dans les industries d'avenir
12:21et qu'on a sous-investi dans nos services publics
12:23qui se retrouvent dans une situation vraiment dramatique.
12:26Raphaël Glucksmann, on va parler de la primaire PS Place Publique
12:29à laquelle vous êtes évidemment candidat dans un instant
12:31et de vos propositions, bien sûr,
12:33juste après l'info en une minute à 8h46 avec Maureen Suignard.
12:38Ils vont se rencontrer à New York tout à l'heure.
12:39Emmanuel Macron et Donald Trump,
12:41une rencontre ce soir annoncée ce matin.
12:44Les présidents français et américains sont sur place
12:46pour l'Assemblée Générale de l'ONU.
12:48Emmanuel Macron doit aussi rencontrer le président ukrainien aujourd'hui.
12:52Le gouvernement envisage d'augmenter le montant de l'aide
12:55pour les travailleurs, dit grand rouleur.
12:57C'est le ministre du Travail qui le confirme ce matin.
13:00Jean-Pierre Farandou encourage aussi les entreprises,
13:02les salariés qui le peuvent, à faire plus de télétravail
13:04pour économiser du carburant.
13:06Les prix à la pompe sont au plus haut.
13:08L'extrême droite encore en tête lors d'une élection régionale en Allemagne.
13:12Le parti anti-migrants de l'AFD a devancé les conservateurs de la CDU
13:16lors d'un scrutin hier dans le nord-est du pays.
13:19Du côté de Berlin, c'est la gauche radicale qui a devancé les conservateurs.
13:23Le chancelier reconnaît un désastre électoral.
13:26La saison des feux de forêt n'est pas terminée en France.
13:29Trois départements sont placés aujourd'hui en risque très élevé.
13:32Les Pyrénées-Orientales, l'Aude et le Gard.
13:34Cinq départements sont en risque élevé.
13:36Cette fois, l'Hérault, l'Ardèche, la Drôme, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône.
13:49Avec Raphaël Glucksmann, député européen et candidat à la primaire PS Place Publique,
13:54nous sommes à moins de trois semaines du premier tour de cette primaire de la gauche.
13:58Cinq candidats s'affronteront.
14:00Et pour l'instant, parmi eux, c'est vous qui êtes en tête des sondages pour la présidentielle,
14:04parmi eux, mais vous êtes aussi le plus critiqué par ses adversaires.
14:08Sans doute est-ce lié.
14:10Peut-être est-ce lié, vous allez nous le dire.
14:12Dans Libération, en tout cas, hier, Ségolène Royal vous traite carrément de stagiaire,
14:15Raphaël Glucksmann, et elle assume ensuite sur BFM TV.
14:19Il n'a jamais géré quoi que ce soit.
14:22Il n'a pas de métier d'origine.
14:23Il est stagiaire, Raphaël Glucksmann.
14:25Il est stagiaire en politique, oui.
14:26J'ai eu quatre mandats de parlementaire, j'étais quatre fois ministre,
14:30j'ai une expérience, et le temps viendra peut-être pour le stagiaire.
14:34Qu'est-ce que vous lui répondez, Raphaël Glucksmann ?
14:36Qu'au moment où la France traverse une telle crise,
14:40où on a l'explosion des prix du carburant,
14:43où on a des menaces sécuritaires sur notre pays,
14:46où l'extrême droite, et c'est ça l'enjeu existentiel de 2027,
14:50l'extrême droite est aux portes du pouvoir,
14:52eh bien, Mme Royal décide que je suis sa première cible.
14:55Très bien.
14:56Enfin, je veux dire, ce n'est pas du tout au niveau.
14:57C'est un peu méprisant, non ?
14:59De dire que vous êtes stagiaire, que vous n'auriez rien fait dans la vie.
15:01Sur cette réponse, elle a raison de dire une chose.
15:05Elle a raison de souligner que je ne suis pas, moi, en politique depuis 45 ans,
15:11que je n'ai pas qu'émandé des postes depuis 45 ans,
15:15que je n'ai pas qu'émandé des postes, moi, auprès d'Emmanuel Macron,
15:20pour être ministre ou finir ambassadrice,
15:24que je n'ai pas ensuite, quand j'ai perdu ces postes,
15:27que je n'ai pas ensuite choisi Jean-Luc Mélenchon par dépit.
15:31Et donc, que ma conception de la politique...
15:33C'est ce qu'a fait Mme Royal ?
15:34C'est pas celle-là, c'est ce qu'a fait Mme Royal,
15:35mais ma conception de la politique, ce n'est pas celle-là.
15:38Là où elle se trompe, par contre,
15:39c'est que je n'ai aucune envie d'être stagiaire
15:42auprès de ces gens qui font de la politique de cette manière.
15:45Moi, si je me suis engagé en politique,
15:47c'est justement pour mettre fin à ces méthodes,
15:50pour mettre fin à ces coups de billard à 12 bandes.
15:52Et c'est ça l'occasion qu'offre cette primaire.
15:55C'est de changer et de refonder la gauche...
15:58Mais donc vous ne soutiendrez pas Cécolaine Royal
16:00si c'est elle qui gagne la primaire ?
16:01C'est ça que vous êtes en train de nous dire ?
16:02Elle, elle ne dit pas qu'elle vous soutiendra
16:04si vous gagnez la primaire.
16:05Mais écoutez...
16:06Non mais si vous êtes cohérent,
16:08si vous allez au bout de votre logique,
16:09vous ne soutenez pas Cécolaine Royal si elle gagne.
16:10Je pense que Mme Royal,
16:12qui là est dans une sorte de tour de piste,
16:15ne gagnera absolument pas cette primaire,
16:18précisément parce que les Français
16:20qui vont voter à cette primaire,
16:21les Français de gauche
16:22qui veulent gouverner ce pays
16:25rejettent ce type de politique.
16:26Un tour de piste.
16:27Cécolaine Royal fait un tour de piste.
16:28Parce qu'ils rejettent ce type de politique
16:32qu'ils ne sont pas, eux,
16:35sujets à toutes les dérives
16:37sur, par exemple,
16:38l'exhortation à prendre de l'hydroxychloroquine
16:41en pleine pandémie
16:42ou sur la négation
16:44et le bombardement de la maternité de Mario.
16:46Vous faites référence aux positions passées
16:48de Cécolaine Royal.
16:48Moi, je suis candidat
16:51à l'élection présidentielle.
16:53Elle vous reproche autre chose,
16:54notamment pour rompre avec ce type
16:56de pratiques politiques
16:57pour faire en sorte
16:59qu'en politique,
17:01il y ait de la constance,
17:02il y ait de la cohérence,
17:03il y ait de la sincérité,
17:05qu'on arrête de sauter
17:05sur toutes les balles
17:06et qu'on se dise aussi
17:08que ce type d'attaque
17:10avilie l'ensemble
17:11de la classe politique.
17:12Elle dit autre chose,
17:14Cécolaine Royal,
17:15Raphaël Glucksmann,
17:16c'est le reproche
17:18selon lequel vous
17:19ne connaissez pas le peuple.
17:21Elle parle de votre méconnaissance
17:22du peuple.
17:23Vous qui aviez dit
17:24il y a quelques années,
17:25ça vous a été énormément reproché,
17:26que vous étiez plus proche
17:27culturellement
17:28des habitants de New York
17:29ou de Berlin
17:29que des habitants de Picardie.
17:31Le résumé est erroné.
17:33Est-ce qu'elle vise juste ?
17:34Est-ce qu'elle tape
17:35là où ça fait mal ?
17:35Je dénonçais justement
17:36dans cette phrase
17:37que vous avez l'amabilité
17:39de citer,
17:39mais citez-la vraiment,
17:40je dénonçais justement
17:42ces élites françaises,
17:43ces élites françaises
17:44qui ont abandonné
17:46l'idée de nation,
17:47qui se pensent
17:49de manière globalisée
17:51et qui oublient
17:52que faire peuple,
17:53c'est la mission principale
17:55de dirigeants républicains
17:57et que donc,
17:58on doit appartenir tous
17:59à un même univers culturel
18:01qui est celui
18:01de la nation française.
18:03Donc, précisément,
18:04je dénonçais ça.
18:05Je cite cette phrase
18:06parce que Ségolène Royal,
18:07justement,
18:08en parle à nouveau,
18:10en tout cas,
18:12vise ce reproche
18:13qui vous est fait.
18:14C'est-à-dire que ça vous colle
18:15à la peau.
18:16C'est ce que mes adversaires,
18:18mes concurrents,
18:18veulent me coller à la peau.
18:19Très bien.
18:20Prenez les derniers jours.
18:22Qu'est-ce que j'ai fait ?
18:23J'ai été en Occitanie,
18:25rencontrer des sympathisants
18:27qui n'ont rien, eux,
18:29de déconnecté, apparemment.
18:31C'est le socialisme rural,
18:32ce sont des agriculteurs,
18:33ce sont des ouvriers,
18:35ce sont des habitants
18:36des sous-préfectures.
18:38Et qu'est-ce qu'ils disent ?
18:39Eux, ce qu'ils veulent,
18:39c'est quoi ?
18:40C'est qu'on ait
18:42des réponses politiques
18:43aux déserts médicaux,
18:45à l'abandon
18:45des services publics,
18:47au fait que les écoles ferment,
18:48au fait que les maternités ferment,
18:50au fait que la République
18:51abandonne des pans entiers
18:53de la France
18:53et que, du coup,
18:55dans ces régions,
18:56eh bien,
18:56qu'est-ce qui se passe ?
18:57On vote
18:58Rassemblement National
18:59où on se réfugie
19:00dans l'abstention.
19:01Et donc,
19:01moi, mon obsession,
19:02mon obsession,
19:02parce que c'est très important,
19:03parce que je pense que la République
19:04s'est abandonnée elle-même,
19:06pas simplement sous Emmanuel Macron,
19:07ce n'est pas juste une histoire
19:08des dix dernières années,
19:09il faut tourner la page
19:10de ces dix dernières années,
19:11mais c'est au-delà de ça,
19:12la République s'est abandonnée
19:13elle-même
19:14et, en s'abandonnant,
19:16elle a délaissé
19:17des millions de Françaises
19:18et de Français
19:18qui, aujourd'hui,
19:19n'ont plus accès
19:20à un médecin.
19:21Alors, justement,
19:22sur le fond,
19:22Raphaël Guzman,
19:23parce que c'est intéressant
19:23ce que vous dites,
19:25vous voulez taxer davantage
19:26l'héritage,
19:27vous l'évoquiez tout à l'heure,
19:28pour financer une baisse
19:29de la CSG sur les salaires,
19:30ce qui rapporterait,
19:31selon vous,
19:32120 euros nets par mois en plus
19:33et une personne
19:34qui touche 2000 euros par mois.
19:36Ségolène Royal
19:36et Olivier Faure,
19:37justement,
19:37vous reprochent
19:39de vouloir affaiblir
19:40la protection sociale.
19:41Qu'est-ce que vous leur répondez ?
19:42C'est tout l'inverse.
19:44C'est tout l'inverse.
19:45En réalité,
19:46aujourd'hui,
19:47le financement
19:47de la protection sociale
19:49pèse de manière
19:49beaucoup trop lourde
19:50sur le travail
19:51et pas du tout assez
19:52sur les véritables lieux
19:54aujourd'hui
19:54de transmission
19:55et de production de richesse.
19:57Il faut
19:57que les plus grands
20:00héritiers
20:01financent
20:01le modèle social.
20:04Aujourd'hui,
20:04vous avez une situation
20:05dans notre pays
20:06où les salaires sont
20:07vraiment trop bas.
20:08Et donc,
20:09on doit apporter
20:10une réponse
20:11à ces travailleurs
20:11qui n'arrivent pas
20:12à boucler la fin de mois.
20:13On doit apporter
20:14une réponse
20:14à ces travailleurs
20:15qui ne peuvent pas vivre
20:16dignement de leur travail.
20:17Et comment on fait ?
20:18Eh bien,
20:18parce qu'on est dans
20:19une situation budgétaire
20:20compliquée
20:20et qu'il faut financer
20:21notre modèle social.
20:22On taxe
20:23les méga-héritages
20:25au-dessus de...
20:27Oui, mais contrairement
20:27à ce que racontent
20:28mes concurrents,
20:29la CSG n'est pas
20:30une cotisation sociale,
20:32c'est un impôt.
20:33Et donc,
20:34ce qu'on fait,
20:35c'est qu'on fait peser
20:36le financement
20:37du modèle social
20:38sur ceux qui ont le plus
20:39au lieu de tout faire peser
20:41sur les travailleurs.
20:42Et qu'est-ce que ça produit ça ?
20:44Ça produit
20:46un transfert
20:47d'argent
20:47qui va de la poche
20:48des plus grands héritiers
20:50vers celle des travailleurs.
20:52Pourquoi je propose cela ?
20:54Pourquoi je propose cela ?
20:55Parce qu'en fait,
20:55on est à un moment
20:55de bascule de notre société.
20:57On va avoir
20:579000 milliards de transmissions
20:59qui vont ossifier
21:00les inégalités.
21:01Il y a 50 ans,
21:03les deux tiers
21:03de la fortune des Français,
21:05c'était le produit
21:05de leur travail
21:06et seulement un tiers
21:07le produit de leur héritage.
21:08Et désormais,
21:09c'est l'exact inverse.
21:10Les deux tiers
21:11de la fortune des Français,
21:12c'est leur héritage.
21:13Il y a seulement un tiers
21:14le travail.
21:14Et donc, moi,
21:15ce que je ne veux pas,
21:16c'est qu'on devienne
21:17une société de privilèges.
21:18On devienne une héritocratie.
21:20Moi, je veux qu'on redevienne
21:21une société de travailleurs.
21:23Vous voulez financer
21:23ces hausses de salaire
21:24pour tous les Français
21:26par une taxation,
21:28vous l'avez dit,
21:28sur les plus gros héritages
21:29et 1% des plus gros héritages
21:31qui rapporteraient,
21:31dites-vous,
21:3215 milliards d'euros
21:32supplémentaires par an.
21:35Certains économistes,
21:35notamment de l'Observatoire français
21:36des conjonctures économiques,
21:38disent que ce n'est pas 1%
21:39qu'il faudrait taxer,
21:40mais 5 à 10%
21:41des plus gros héritages.
21:42Est-ce que votre calcul est solide ?
21:43Oui, notre calcul est solide
21:44puisque ce n'est pas juste
21:45cette taxation sur les héritages
21:46au-dessus de 2 millions,
21:47c'est aussi une révision
21:48du pacte d'Utreil.
21:50Nous, ce qu'on veut,
21:50c'est préserver la possibilité...
21:52Exonération d'impôts
21:53sur les transmissions
21:53des entreprises.
21:54Exactement.
21:54Et il faut préserver
21:55la possibilité
21:56de transmettre une PME,
21:58une ETI.
21:59Il faut un capitalisme familial
22:01qui se transmette
22:01de génération en génération.
22:03Mais aujourd'hui,
22:04le pacte d'Utreil
22:05permet de l'optimisation
22:06fiscale massive.
22:07Aujourd'hui,
22:07on peut transmettre
22:08des biens qui n'ont plus
22:09rien à voir avec
22:11une réalité d'entreprise
22:12grâce au pacte d'Utreil.
22:13Donc, nous, ce qu'on veut,
22:14c'est réviser ce pacte.
22:15Donc, les 15 milliards,
22:16ils y sont dans votre calcul.
22:17Quand on cumule
22:18une taxation plus élevée
22:19pour les méga-héritages
22:20et la révision du pacte d'Utreil,
22:22on arrive à ces chiffres.
22:23Et ces chiffres,
22:23c'est très simple.
22:24Ça se verra immédiatement
22:26sur la fiche de paix
22:27des Français.
22:27Parce qu'en fait,
22:28si on veut sauver la démocratie,
22:29les nopasaranes
22:30face au Rassemblement National,
22:31ça ne suffira pas.
22:32Il faut d'abord répondre
22:33à la colère des travailleurs
22:34qui sont, aujourd'hui,
22:36les lésés du contrat social actuel.
22:39Raphaël Luceman,
22:39une dernière question.
22:40Le député PS Philippe Brun,
22:42dont on a parlé
22:44la semaine dernière,
22:45notamment avec Olivier Faure,
22:46a été écarté de la primaire
22:47après qu'une ancienne collaboratrice
22:49qu'il avait licenciée
22:50a saisi les instances du parti
22:53d'accusation de violence.
22:55Jérôme Gage,
22:56qui est également candidat,
22:57estime que sa mise à l'écart
22:58est brutale
22:59et juge que la direction du PS
23:00a été trouvée.
23:01en besogne,
23:02et vous ?
23:02Moi, je ne commente pas
23:03les procédures internes
23:04du parti socialiste
23:05et je sais que cette décision
23:07a été prise à la quasi-unanimité
23:08ou à l'unanimité
23:09du bureau national
23:10du parti socialiste.
23:11Je n'y étais pas,
23:12mais quand il y a l'unanimité...
23:13Vous pouvez dire
23:13ce que vous en pensez,
23:14même Éric Dupont-Moretti,
23:15l'ancien garde des Sceaux,
23:16il s'est offusqué
23:17que Philippe Brun soit viré
23:18sans même avoir été entendu
23:19par de supposés héritiers
23:21de Robert Badinter.
23:21Je n'ai pas eu accès
23:22aux informations sur le cas
23:23et de toute façon,
23:24ma règle en politique,
23:25c'est que quand je ne connais pas
23:27un cas,
23:27je ne vais pas m'amuser
23:28à commenter.
23:29Vous participez à la primaire ?
23:30Oui, mais je n'ai pas eu
23:31accès à cette réunion,
23:32je n'ai pas eu accès
23:33à ces pièces,
23:34je n'ai pas eu accès
23:34à la plainte déposée,
23:35je ne sais pas ce qui s'est passé.
23:37Mais ce que je sais,
23:37c'est qu'il y a eu une unanimité
23:38que ce n'est pas...
23:39Vous savez,
23:40il est de bon temps
23:41de critiquer les dirigeants
23:42du parti socialiste
23:43et ce ne sont pas mes amis
23:46dans cette primaire,
23:47mais moi,
23:47je ne me mêlerai pas
23:48à cette attaque
23:50pour une raison simple,
23:50c'est que ça a été
23:51une décision prise
23:52de manière unanime
23:53et donc la responsabilité,
23:54elle est collective.
23:55Maintenant,
23:55je vais vous dire une chose.
23:56On a beaucoup parlé
23:57des processus
23:58autour de la primaire
23:59mais moi,
24:00ce que je suis venu vous dire,
24:02c'est que notre famille politique
24:03est la seule,
24:04la seule famille politique
24:06qui a un processus démocratique
24:08pour désigner sa candidature,
24:09son candidat
24:10ou sa candidate
24:11à l'élection présidentielle
24:12et moi,
24:12j'en suis fier
24:13et j'exhorte
24:13tous nos auditeurs
24:15qui se sentent orphelins
24:17de la gauche,
24:18qui veulent une gauche
24:19qui est capable
24:20à nouveau
24:20de gouverner le pays
24:21dans la clarté
24:22à venir,
24:23à participer,
24:24à s'emparer
24:25de ce moment
24:26pour refonder la gauche.
24:27Dans trois semaines,
24:28les 9 et 10 octobre
24:30et pardon de vous couper.
24:30Et on peut s'inscrire
24:31jusqu'au 5 octobre.
24:32Très bien,
24:339 et 10 octobre
24:33pour les premiers tours,
24:34je vous coupe un peu brutalement
24:35parce qu'on est obligé
24:36d'être à l'heure.
24:36Raphaël Glucksmann,
24:37merci beaucoup.
24:38Alors soyez à l'heure
24:38le 5 octobre.
24:39Député européen
24:40et candidat
24:42à cette primaire
24:42PS Place Publique.
24:44Merci à vous de nous avoir suivis
24:45et merci Agatha,
24:46à demain.
24:46Merci Simon.
24:48Sous-titrage Société Radio-Canada
24:49Sous-titrage Société Radio-Canada

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