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00:00...
00:11Bienvenue dans le mag de la rédaction.
00:14Dernier épisode de notre série consacrée à la venue de Léon XIV à Metz,
00:19le 28 septembre prochain.
00:21Autour de la table, cette fois-ci, Sébastien Wagner, historien et éditeur,
00:26mais également Guylain Knepper, auteur d'articles autour de Robert Schumann.
00:31Ça tombe bien, on va beaucoup en parler aujourd'hui.
00:33Merci beaucoup d'être présents autour de la table.
00:36Comme depuis le début, Cédric d'RCF Géricault-Moselle co-animera à mes côtés.
00:41Bienvenue.
00:42Et toujours avec plaisir. Bonjour Irani.
00:43Plaisir partagé. Alors un mot sur le thème aujourd'hui, Cédric.
00:46J'ai un peu spoilé nos téléspectateurs.
00:48Finalement, aujourd'hui, on revient un peu aussi à la question que tout le monde se pose
00:51depuis le début de l'annonce de la venue du Pape.
00:54Pourquoi Metz ?
00:56Et en partie, je pense aussi, on peut le dire, avec un peu de chauvinisme,
00:59en partie Robert Schumann.
01:01Donc on va en parler aujourd'hui.
01:02Exactement, pendant une demi-heure.
01:04Je me tourne d'abord vers vous, Guylain Knepper.
01:07Quel est le regard que vous portez sur la visite très prochaine du Pape à Metz ?
01:11Alors ce que je note, c'est que le Pape, qui vient en France,
01:14n'a pas choisi d'aller à Strasbourg,
01:15qui est le lieu des institutions européennes,
01:17mais il a choisi d'aller dans un endroit plus neutre,
01:20qui est le lieu de l'inspiration européenne,
01:22puisque c'est ici, sur cette terre qui a été déchirée par les guerres
01:26depuis l'effondrement de l'Empire carolingien,
01:29qu'est née cette idée exceptionnelle de Robert Schumann,
01:32de créer la paix.
01:33Quand on voit que le Pape Léon XIV a inauguré son pontificat avec ses termes,
01:39« La paix soit avec vous »,
01:40que Robert Schumann, lui, 75 ans plus tôt, presque jour pour jour,
01:45commençait sa déclaration du 9 mai,
01:46« La paix mondiale ne saurait être sauvegardée »,
01:49il y a vraisemblablement, chez Léon XIV,
01:51la volonté de venir sur cette terre de Moselle
01:54pour lancer un message de paix.
01:56Une cohérence, une pertinence.
01:58Sébastien Wagner, d'ailleurs, pour ne pas oublier,
02:00on peut le signaler, vous avez aussi,
02:02quand on parle du 9 mai,
02:03vous êtes actuellement en train de préparer,
02:05au moment où on se parle, un livre
02:07qui évoque cette question-là,
02:08en tant qu'éditeur pour les parèges,
02:11et donc, il sera sorti, c'est sûr,
02:14dans les meilleures librairies pour l'avenue de Léon XIV.
02:16L'ouvrage sera disponible le 28 septembre,
02:19et il est intitulé
02:20« Le jour où Robert Schumann entra dans l'histoire »,
02:24l'histoire qui a un grand H.
02:26Donc, pour remettre un peu dans le contexte,
02:27cette journée du 9 mai,
02:29parce que c'est une journée qui est assez peu connue,
02:32finalement, parce qu'on n'a aucune photo, par exemple, de ce jour,
02:36on n'a pas d'enregistrement,
02:37parce que les journaux et les médias,
02:39d'une manière générale, étaient un peu surpris,
02:40parce qu'ils savaient qu'il y aurait une déclaration
02:42liée à l'avenir de la France et de l'Allemagne
02:44dans le sein du concert européen,
02:46mais on ne pensait pas qu'il y aurait une telle déflagration,
02:48un tel saut inconnu,
02:49une telle bombe Schumann,
02:50comme on le qualifiait à l'époque.
02:51Pour continuer encore vers vous,
02:54Sébastien Wagner,
02:55il vient d'en parler de paix,
02:57d'unité européenne.
02:58La Moselle, on l'a dit déjà un peu en préambule,
03:01c'est le territoire parfait pour venir parler de ça ?
03:03C'est l'heure parfait et ce qui est intéressant,
03:05c'est que, vu de Rome ou vu de l'extérieur,
03:08pour le pape, en tout cas,
03:09c'est devenu quasiment une évidence.
03:11C'est vrai, comme l'a dit M. Knepper,
03:13le pape ne vient pas à Strasbourg,
03:15alors que souvent, on évoque Strasbourg
03:16comme la capitale européenne.
03:17Et s'il y a bien une ville qui est européenne,
03:19c'est bien Metz.
03:20On a parlé des fondements carolingiens.
03:23Charlemagne avait fait de Metz
03:24la nécropole de sa famille.
03:26Et c'est une ville qui était à la...
03:27Et la Moselle, d'une manière générale,
03:29était à la frontière entre la Germanité et la Romanité.
03:32Donc, ça a été souvent une source de conflit,
03:34une terre de conflit.
03:35Et donc, que le pape...
03:38Et qu'en fait, évidemment, de l'extérieur,
03:39on comprenne ça.
03:40Souvent, les Mosellans ont des complexes,
03:41ne comprennent pas forcément...
03:43On dit toujours que la Moselle
03:44est une terre d'histoire,
03:45une terre européenne.
03:46Et là, on a cette confirmation de l'extérieur,
03:49de l'exceptionnelle richesse de ce territoire
03:51qui a été longtemps une souffrance.
03:55– Guylain Knepper, d'ailleurs,
03:56pour faire le lien avec le pape,
03:58chef d'État, mais aussi chef religieux,
04:00et Robert Schumann, l'homme politique,
04:03souvent, quand on veut expliquer
04:05et éclairer le croyant aussi,
04:08et l'homme politique,
04:09on parle du moine laïque.
04:11C'est une formule que vous faites vôtre ?
04:13– Alors oui, je la fais mienne.
04:14Et puis, c'est une formule qu'utilisaient d'ailleurs
04:17les collaborateurs politiques de Robert Schumann,
04:19ou plutôt ses opposants qui se moquaient de lui
04:20parce qu'il avait une foi
04:22que j'aime à qualifier de rayonnante,
04:24mais de non ostentatoire,
04:26puisqu'il incarnait profondément
04:28les valeurs chrétiennes,
04:30mais sans jamais agir en politique
04:32avec l'étiquette chrétienne.
04:33Tout le monde le savait,
04:34ça se voyait, c'était un homme
04:35qui était vraiment pétri de la prière,
04:38de la parole de Dieu, des sacrements,
04:39mais qui ne venait pas avec un étendard chrétien
04:42en agissant en politique.
04:43Mais ce sont ces valeurs chrétiennes,
04:46sa foi profonde,
04:47qui ont irrigué toute son œuvre politique.
04:50Il a été député de Moselle,
04:51il a vécu de grands boules versements dans l'histoire.
04:55Est-ce qu'aujourd'hui, on peut dire qu'il a la place
04:57qu'il mérite dans l'histoire politique ?
04:59Alors aujourd'hui, on parle souvent de Robert Schumann
05:02comme le père de l'Europe,
05:03à raison d'ailleurs,
05:04puisqu'il est l'un des pères fondateurs
05:06de la communauté européenne.
05:07Mais je pense qu'on mériterait de redécouvrir
05:09Robert Schumann sous l'angle,
05:11vous le mentionniez, de député de la Moselle.
05:13Il a été député de la Moselle pendant plus de 40 ans,
05:16donc ça a été son mandat le plus long.
05:17Il a été ministre,
05:18il a été président du Conseil des ministres,
05:21donc il a été Premier ministre, on dirait, aujourd'hui.
05:23Donc il a vraiment eu une œuvre politique
05:26pour la Moselle, pour la France,
05:28qu'on mériterait aussi de redécouvrir
05:29à côté de l'œuvre européenne de Robert Schumann.
05:32Sébastien Wagner, d'ailleurs, l'homme politique,
05:35notamment par rapport aux géants de cette époque-là,
05:37et on pense notamment au général de Gaulle aussi,
05:40il a été souvent éclipsé par certains livres d'histoire ?
05:44– Ah, il est éclipsé, déjà, c'est quelqu'un,
05:47ce n'était pas un grand orateur,
05:48donc il ne s'est pas fait remarquer à l'Assemblée nationale,
05:50même s'il était parmi les députés les plus assidus
05:52dans différentes commissions.
05:53C'est un grand travailleur,
05:55il est en train d'un gouvernement en 1939,
05:57et après-guerre, en fait,
05:57il a retrouvé une place tout à fait naturelle
05:59qui n'a fait que croître.
06:01Il avait un accent allemand prononcé aussi,
06:03donc on le qualifie des fois de Bosch,
06:05et puis en plus, par rapport aux événements
06:07de la Seconde Guerre mondiale.
06:09Et c'est vrai que dans la construction européenne,
06:10il a été un acteur majeur à Cadenaer,
06:13mais lorsque de Gaulle arrive au pouvoir,
06:15il installe la Seconde Guerre publique,
06:16donc il relègue de côté un peu
06:18les hommes politiques de la Quatrième,
06:20et il veut être l'homme qui incarne l'Europe.
06:23Et lorsqu'on sait,
06:25il y a le traité de l'Élysée
06:26qui est signé en janvier 1963,
06:28on évoque très peu Robert Schumann,
06:30on l'a vraiment mis de côté.
06:32Puis après, il y avait des relations compliquées
06:33entre les deux hommes,
06:34parce que Schumann était muni-court en 1938,
06:36donc il était contre la guerre,
06:37parce qu'il savait que s'il y avait un conflit,
06:39c'était les Mosellans qui allaient souffrir,
06:40alors que le général de Gaulle était anti-municois,
06:43donc il y avait déjà une dissension
06:45entre les deux hommes dès 1938.
06:46Peut-être continuer sur ce lien
06:48entre les deux hommes,
06:51donc Robert Schumann et puis le pape,
06:53revenir peut-être sur le procès
06:55pour sa béatification,
06:56qui a été ouverte en 1990,
06:57c'est ça, à Cichazel,
06:58et qui s'est clôturée en 2004,
07:00avant que Robert Schumann
07:01ne soit finalement déclaré vénérable en 2021.
07:05Qu'est-ce que cette reconnaissance,
07:07finalement, dit de l'homme politique
07:09qu'il l'était, au-delà de son rôle,
07:11vous l'avez dit, de père de l'Europe ?
07:15L'un ou l'autre ?
07:17Exactement, je me trompe.
07:17En fait, le dossier de béatification,
07:19et si Robert Schumann devient bienheureux
07:22et puissant...
07:23Parce que ce sont des étapes...
07:24Ce sont des étapes,
07:25alors pour qu'il devienne bienheureux,
07:26maintenant il faut un miracle,
07:28donc là ça dépend plus,
07:29ça dépend de la prière des fidèles,
07:33mais ça c'est pas une béatification de sa politique,
07:35c'est-à-dire que Robert Schumann a agi en chrétien,
07:39en politique,
07:40et c'est ça qui est retenu,
07:41c'est que c'est par rapport aux vertus chrétiennes,
07:43voir comment il a agi dans sa fonction de politique,
07:46c'est-à-dire que c'est pas quelqu'un
07:47qui a mis la main dans la caisse
07:50pour parler simplement,
07:52c'est quelqu'un qui a toujours respecté
07:53ses adversaires en politique,
07:55quand on voit, même encore aujourd'hui,
07:57les relations que peuvent avoir les hommes politiques,
07:58donc il n'y a jamais de mots au-dessus de l'autre,
08:00un respect de l'adversaire,
08:02un grand travailleur,
08:03et on parlait de moine tout à l'heure,
08:06en fait c'est un moine en politique,
08:08donc il ne cherche pas à tirer la lumière sur lui,
08:11et donc il vit pleinement et clairement
08:14les valeurs chrétiennes,
08:15et c'est ça en fait qui compte
08:18dans ce dossier de béatification,
08:19parce que souvent des gens disent
08:21que s'il devient bienheureux ou sain,
08:24ça va béatifier l'Union Européenne,
08:26ce sont deux choses différentes,
08:28en plus il a un parcours politique extrêmement long,
08:30il est, on le connaît évidemment comme l'homme du 9 mai,
08:33mais il est aussi l'homme du droit local,
08:35donc il a œuvré toute sa vie au service du bien commun,
08:38et c'est en ce sens que ce dossier a été déposé,
08:42qu'il est vénérable à ce stade.
08:44– Il s'est posé la question à un moment donné,
08:47je crois, d'entrer aussi dans les ordres,
08:48de devenir prêtre ?
08:50– Oui, il s'est posé la question,
08:52et c'est un ami qui l'en a dissuadé,
08:53alors qu'il était stagiaire avocat,
08:55et qui lui a dit, non, tu n'entreras pas en religion,
08:58tu resteras laïque,
09:00parce que tu arriveras mieux à faire le bien,
09:02ce qui est ton unique préoccupation,
09:03ce qui fait que Robert Schumann, en réalité,
09:05a vécu la politique un peu comme un sacerdoce laïque,
09:08alors il est rentré en politique un peu à corps défendant,
09:10c'est quelqu'un qui ne voulait pas faire carrière politique,
09:13il est d'ailleurs resté avocat,
09:15et a exercé son métier d'avocat tout au long de sa vie,
09:18il en a vécu,
09:19il disait que la politique était une amie trompeuse,
09:24qui trompe souvent ses amis,
09:26alors il en est revenu après,
09:27puisqu'il a beaucoup œuvré en politique,
09:30et il a changé de regard,
09:31mais je crois que chez Robert Schumann,
09:32il y a aussi cette volonté de se donner intégralement,
09:36Sébastien Wagner le disait,
09:37au bien commun,
09:38donc son unique préoccupation,
09:39et qu'il ne pouvait pas servir à la fois pleinement une famille,
09:43une épouse, des enfants,
09:44et pleinement la cause du bien commun,
09:46donc pour lui,
09:47devenir un homme politique consacré,
09:50j'utilise le terme,
09:51puisque on est dans un contexte un peu religieux,
09:54donc il se consacre à la politique,
09:56c'est une manière pour lui de vivre une vocation,
09:58comme un moine, un prêtre,
10:00peut se consacrer dans le sacerdoce,
10:02au service du peuple de Dieu.
10:04On va peut-être donner une citation,
10:07Schumann a dit,
10:07l'Europe ne se fera pas sans les hommes,
10:09mais elle ne se fera pas non plus sans Dieu,
10:11comment vous interprétez finalement cette phrase-là ?
10:14Je pense que chez Robert Schumann,
10:15c'était un historien très fin,
10:18quelqu'un qui s'intéressait à l'histoire locale,
10:19à l'histoire de l'Europe,
10:20et il savait très bien que l'Europe est bercée
10:24par ses racines chrétiennes,
10:25et c'est ce qui relie aussi Robert Schumann
10:27et la pensée de Léon XIV,
10:30et pour lui,
10:31c'est la manière d'agir en politique,
10:33et même sa manière de concevoir l'Union européenne,
10:36qui est intimement ancrée dans cette foi en Dieu,
10:40et dans toute l'anthropologie chrétienne,
10:42en réalité,
10:42qui fait que chaque homme a une dignité égale,
10:45et Schumann vient même à transposer cette anthropologie chrétienne
10:50au stade politique dans les États,
10:53c'est-à-dire qu'il met fin à cette rivalité,
10:56à la logique de vainqueur vaincu qui a prévalu pendant des siècles,
11:00il dit, nous tendons la main à nos ennemis d'hier,
11:02non seulement pour pardonner,
11:04mais pour construire encore l'Europe de demain,
11:06et donc chez Robert Schumann,
11:07la foi catholique et l'engagement politique sont intrinsèquement liés.
11:13On le sait, les racines chrétiennes,
11:15ça a été un argument clé dans le débat
11:19qu'a connu la France essentiellement sur la Constitution européenne.
11:23L'Europe dont rêvait Robert Schumann,
11:26est-ce qu'elle ressemble à celle qu'on vit aujourd'hui ?
11:31L'Europe qu'Robert Schumann a permis de créer,
11:34et il faut rappeler le contexte, on l'a un peu dit,
11:37cette déclaration du 9 mai,
11:38on est cinq ans quasiment jour pour jour
11:40après la fin de la Seconde Guerre mondiale,
11:43donc les stigmates sont encore là,
11:44les ruines sont encore là,
11:45les rancœurs, les haines sont encore là,
11:48et donc le génie de sa déclaration,
11:50c'est évidemment, contrairement à 1918,
11:53de ne pas accabler le vaincu,
11:55mais justement de lui tendre la main
11:56pour bâtir un avenir meilleur, on l'a dit.
12:00Et donc on a assisté dans la décennie 1950
12:03à la décennie des pères fondateurs,
12:07il y a Robert Schumann,
12:08il y a aussi Jean Monnet évidemment
12:08qui a contribué au plan qui a abouti à la CECA,
12:13la Comité européenne du charbon et de l'acier,
12:14et on a dans d'autres pays,
12:16notamment au Coran d'Aneur,
12:18au Assy de Gasperi,
12:20donc ce sont des chrétiens,
12:21donc ils avaient une communauté de destin,
12:23une parenté,
12:24en plus les trois étaient germanophones,
12:26donc ils se comprenaient assez bien,
12:29et ils ont bâti une Europe de la paix
12:33pour la première fois dans l'histoire de l'humanité,
12:34en fait des pays se sont unis
12:35pour bâtir quelque chose ensemble.
12:37Jusqu'à présent, des pays qui s'unissaient
12:39s'étaient plutôt sous la contrainte.
12:40Donc là c'est librement,
12:41et là on reparle encore de la liberté
12:42dans la conception chrétienne.
12:45Ces pères fondateurs ont disparu
12:46du champ politique au début des années 60,
12:49et l'Europe a grandi,
12:50on était à 6,
12:52et maintenant on est passé à 28-27.
12:55L'Europe est devenue un marché unique,
12:58et l'Europe en fait aujourd'hui
13:00est un peu en panne,
13:01où elle ne sait pas vers où elle va,
13:03si on va vers la supranationalité,
13:05on ne sait pas quel est le poids réel
13:06finalement de la Commission européenne,
13:07on voit la présence de commissaires européens
13:10défendant des discussions internationales,
13:12parce qu'il n'y a pas de gouvernement européen,
13:13et le sujet d'aujourd'hui en fait
13:15c'est de trouver,
13:16et c'est l'une des raisons aussi
13:18pour lesquelles le pape va aborder
13:19la question de l'Europe à Metz,
13:20c'est de demander à l'Europe
13:23vers où elle veut aller,
13:24ce qu'elle veut apporter au monde,
13:25comme elle pèse dans l'histoire du monde
13:26depuis l'origine,
13:27qu'est-ce qu'elle veut apporter,
13:29quel modèle,
13:30à la fois de fonctionnement interne,
13:33et ce qu'elle veut apporter
13:34en dehors de l'économie,
13:35parce qu'on voit bien dans ces dernières années
13:37que le marché, le consumérisme,
13:40n'est pas une solution pour les contemporains.
13:41Non, ce qu'on comprend,
13:43c'est que l'Europe,
13:44au moment de Robert Schumann,
13:45c'était la paix avant tout,
13:46Il fallait tout bâtir.
13:48Il fallait tout,
13:48et par contre,
13:49ce que vient interroger le papillon 14,
13:51c'est la suite finalement.
13:53La suite,
13:54parce qu'on a créé,
13:54dans l'optique de Robert Schumann
13:56et de Jean Monnet,
13:57et surtout Robert Schumann,
13:58il fallait utiliser le marché,
13:59l'économie,
14:00comme un moyen
14:01pour arriver à une fin
14:02qui était la paix,
14:03c'est-à-dire que des pays
14:03qui sont prospères
14:04n'ont pas,
14:06logiquement,
14:07pas l'envie de...
14:08Le marché n'était pas la finalité.
14:09C'est absolument pas la finalité.
14:10Et là, aujourd'hui,
14:11on voit que beaucoup de critères,
14:13et on l'entend régulièrement
14:14dans les médias,
14:15les critères économiques
14:17sont souvent mis en avant,
14:18mais l'apport,
14:19notamment culturel,
14:20et ce que les Européens
14:21ont en commun,
14:22ce qu'ils ont réussi à bâtir,
14:23cet espace de paix,
14:24cet espace où on franchit
14:25les frontières,
14:25et on a cette chance,
14:26ici en Moselle,
14:27d'aller au Luxembourg,
14:28en Belgique,
14:29en Allemagne,
14:29quasiment quotidiennement,
14:30et on vit dans un espace...
14:32Les frontières sont effacées,
14:34on vous pose la question.
14:35Les frontières sont effacées,
14:35et on revient finalement
14:36à ce qu'ont vécu nos ancêtres,
14:38où il n'y avait pas de frontières,
14:39dans ces territoires,
14:40où les langues étaient
14:44à rebâtir,
14:44et on a besoin
14:45de refondateurs de l'Europe.
14:46Et le discours du pape
14:48peut contribuer
14:49à relancer un peu la machine,
14:51vous pensez ?
14:52Le pape, déjà,
14:53à Madrid,
14:54au mois de juin,
14:55s'est adressé au Cortès,
14:57mais il a aussi évoqué l'Europe,
14:58en questionnant déjà l'Europe
15:00un petit peu sur ce que...
15:01parce que l'Europe
15:02a beaucoup pesé,
15:02notamment par la colonisation,
15:04au niveau espagnol,
15:05c'est déjà dès le XVIe siècle.
15:08Donc, dans la marge du monde,
15:09l'Europe a beaucoup pesé,
15:10et l'Europe continue à être scrutée,
15:12et on voit avec les mouvements migratoires,
15:14l'Europe reste un phare,
15:16mais le pape vient questionner
15:19ses dirigeants,
15:20parce qu'encore une fois,
15:22il n'y a pas de gouvernement européen,
15:23et donc,
15:23ils leur demandaient
15:24ce qu'ils veulent proposer au monde,
15:27pour que cet espace de paix
15:29qui existe en Europe,
15:31sur un endroit
15:32où on pensait la paix impossible,
15:34puisse être transposé
15:35dans d'autres territoires,
15:36et là, je peux...
15:36La liste est très longue
15:37des conflits larvés ou ouverts
15:39qui existent sur la planète.
15:40– Guylain, justement,
15:43ces messages du pape,
15:44ces discours déjà qu'on a pu entendre,
15:47il est là finalement depuis moins de deux ans,
15:48le pape Léon XIV,
15:50vous identifiez dans les messages,
15:54j'allais dire,
15:54des traces de Robert Schumann ?
15:56– Alors oui,
15:57il y a deux discours très importants,
15:58il y en a un de décembre 2025,
16:01aux conservateurs et réformateurs européens,
16:04donc pour caricaturer l'extrême droite
16:06du Parlement européen,
16:07et un autre discours en avril dernier,
16:10adressé au Parti populaire européen,
16:12qui est la majorité européenne aujourd'hui,
16:15où en fait,
16:16le pape Léon XIV développe plusieurs idées,
16:19alors il ne faut pas s'attendre
16:20à ce qu'il fasse un programme politique,
16:22ce n'est pas le but du pape,
16:23en revanche,
16:24il réaffirme certains principes cardinaux
16:26de la doctrine sociale de l'Église,
16:27qui étaient les principes
16:29qui étaient aussi adoptés par Robert Schumann,
16:30qui étaient nourris
16:31de la doctrine sociale de l'Église.
16:33Le premier point,
16:34c'est la place primordiale
16:36de la personne humaine,
16:37donc la dignité de la personne humaine
16:39au centre des décisions,
16:40et il y a un point
16:41qui me semble assez nouveau
16:43par rapport aux prédécesseurs
16:45de Léon XIV,
16:46et qui est aussi en lien
16:47avec Robert Schumann,
16:49c'est l'opposition
16:50entre idéal et idéologie.
16:52Le pape Léon XIV dit
16:54qu'il faut avoir un idéal,
16:55au sens d'une vision
16:56du bien commun concrète,
16:59par opposition aux idéologies,
17:01et aujourd'hui,
17:01les idéologies sont nombreuses
17:02en Europe,
17:03qui sont des systèmes arbitraires
17:05qui s'imposent aux populations.
17:07Et en ce sens,
17:09il y a un rapprochement
17:10entre Léon XIV
17:10et Robert Schumann,
17:13qui a été véritablement
17:14un homme très pragmatique.
17:15Quand il devient chef
17:16du gouvernement français,
17:17il dit
17:17le rôle de ce gouvernement
17:19va être d'agir
17:20et de parler le moins possible.
17:21Et je pense que,
17:23voilà,
17:23entre Léon XIV
17:25et Robert Schumann,
17:26il y a ce point commun aussi
17:27d'agir concrètement
17:29au service de la personne humaine.
17:30– Pourtant, aujourd'hui,
17:33la spiritualité
17:33est un sujet assez délicat
17:35quand on parle de politique.
17:38Comment le pape va-t-il faire,
17:40selon vous,
17:40pour rappeler cette dimension
17:42sans exclure aussi
17:43les non-croyants,
17:44pour le coup ?
17:45– Alors, je dirais
17:46que c'est un sujet
17:47qui est délicat,
17:48surtout en France,
17:48parce qu'on a un rapport
17:49à la laïcité
17:50qui est très particulier.
17:51Et ça a été le combat
17:52de Robert Schumann,
17:53on l'évoquait tout à l'heure
17:54en 1924
17:55avec le droit local.
17:57En fait,
17:58l'Église est,
17:59selon les paroles
18:01d'un ancien pape,
18:01est maîtresse d'humanité.
18:03Donc, c'est-à-dire
18:04qu'on peut affirmer
18:05des principes
18:05qui sont des principes
18:06humanistes
18:07partagés par l'ensemble
18:09des catholiques,
18:09mais partagés
18:10par tous les hommes
18:11et toutes les femmes
18:13de bonne volonté.
18:14Et je pense
18:15qu'en ce sens-là,
18:16la doctrine sociale
18:16de l'Église
18:17s'adresse à tout le monde.
18:18Il n'y a qu'à voir
18:18la dernière encyclique
18:20du pape Léon XIV
18:22sur l'intelligence artificielle
18:23qui a touché
18:24tous les niveaux
18:24et qui a intéressé
18:25les scientifiques
18:26et les philosophes,
18:27les penseurs
18:28du monde entier.
18:29Il y a des aspects religieux,
18:30mais il y a des aspects
18:31moraux
18:31qui peuvent concerner
18:33et intéresser
18:34tout un chacun
18:34indépendamment
18:35de sa foi religieuse.
18:37Au-delà de la symbolique,
18:39je me tourne vers vous
18:40maintenant,
18:41M. Wagner.
18:42Qu'aimeriez-vous
18:42que cette rencontre
18:43en terre mozélane
18:44puisse changer
18:46ou renforcer
18:47la manière
18:47dont la mozèle
18:48se positionne en Europe ?
18:49Même si on est déjà
18:50bien implanté,
18:51on l'a dit,
18:51mais selon vous ?
18:52On est bien implanté,
18:53mais comme je l'ai dit aussi,
18:54les mozélans
18:55n'ont pas conscience
18:56de ce qu'ils symbolisent
18:57et de l'importance
18:58de leur terre.
19:01Le discours
19:02que va tenir le pape,
19:03notamment le 28 au matin
19:05au centre des congrès,
19:06va devenir,
19:07ou en tout cas,
19:08je l'espère,
19:08va devenir
19:09le discours de Metz,
19:11un discours
19:11sur l'avenir
19:12de l'Europe,
19:13un discours fort.
19:14Et donc,
19:16le monde entier
19:17va découvrir Metz
19:18et la mozèle
19:18à travers ça.
19:20Des gens vont avoir
19:21envie de découvrir
19:22cette cathédrale
19:23qui est exceptionnelle
19:23et qui est sans doute
19:25la plus belle du monde,
19:26évidemment,
19:27en toute objectivité.
19:29Mais non,
19:29pour la mozèle,
19:30je pense que ça peut
19:31vraiment marquer
19:34une redécouverte
19:35et montrer
19:36qu'on est
19:37pas les premiers européens,
19:38mais en tout cas,
19:39nous vivons l'Europe
19:40et nous sommes
19:40un laboratoire
19:41finalement
19:42de ce qu'avec
19:43les territoires limitrophes
19:44de ce qui était
19:45à l'époque
19:46Sarlor-Lux
19:46et la grande région.
19:48On vit l'Europe,
19:49on qualifie
19:51cet espace
19:51de petite Europe
19:52et on vit
19:53cette Europe
19:53au quotidien
19:54et une Europe
19:55de la paix,
19:56de la fraternité
19:56et c'est aussi
19:58l'un des buts
20:00du voyage
20:00parce que
20:02la paix
20:03est dans le programme
20:04du pape
20:05et pour faire
20:06un petit aparté
20:07avec le passé,
20:08Robert Schumann
20:09a été formé
20:09à la politique
20:10et en tout cas
20:10initié à la politique
20:11par Monsignor Benzler
20:12qui était l'évêque allemand
20:13au début du siècle
20:14qui avait été nommé
20:14par Léon XIII
20:15qui a inspiré
20:16Léon XIV
20:17et dans sa devise
20:19à Monsignor Benzler
20:21il y avait
20:21le mot paxe
20:23ou paix
20:23donc on voit
20:24que la préoccupation
20:25de la paix
20:26elle n'est pas nouvelle
20:27on connaît
20:28les conflits
20:28depuis que l'homme existe
20:30mais là
20:30on est à un tournant
20:32où le pape
20:32alors qu'on est
20:35quasiment à l'approche
20:36de la tronée mondiale
20:37tire la sonne d'alarme
20:38et c'est à Metz
20:39en Moselle
20:40qu'il va interpeller
20:41les dirigeants opéens
20:42et finalement les dirigeants du monde
20:43en disant
20:43il y a un chemin
20:45pour éviter la paix
20:46qui est fragile
20:48mais l'écoute de l'autre
20:49l'accueil
20:50l'écoute
20:51le respect
20:52ce sont des valeurs
20:53qui étaient incarnées
20:54par Robert Schumann
20:54et de l'autre côté
20:56pour les citoyens
20:57pour ceux qui vont suivre
20:58aussi cette visite
20:58vous pensez que ça peut
21:00donner une envie d'Europe
21:01par rapport à ce qu'on peut observer
21:05notamment à chaque élection
21:06on voit que même
21:07dans un territoire
21:08qui vit l'Europe
21:09très quotidiennement
21:10les idées pro-européennes
21:12elles ne sont pas forcément
21:14poussées dans les urnes
21:15en fait on a un problème aussi
21:16qui est français
21:17et qu'on retrouve en Moselle
21:19les élections européennes
21:20en fait
21:21c'est pour ou contre
21:22le président en place
21:23il n'y a jamais de débat
21:24sur la supranationalité
21:26le fédéralisme
21:27ou des choses comme ça
21:28ou plus de marché
21:28ou moins de marché
21:30et donc encore une fois
21:31les Moseillans
21:32n'ont peut-être pas conscience
21:32toujours
21:33de la chance
21:34de vivre dans un marché commun
21:36en tout cas
21:36dans un espace
21:37sans frontières
21:39et qui profite aussi
21:41des richesses
21:42des pays voisins
21:42notamment en termes d'emploi
21:43avec le Luxembourg
21:44et l'Allemagne
21:46et peut-être que
21:47même au-delà
21:47des Mosellans
21:48je pense que les catholiques
21:49peuvent se réconcilier
21:50avec l'idée européenne
21:50parce que l'Europe
21:51n'a pas forcément
21:52une bonne presse
21:52même dans le monde catholique
21:54et que quelqu'un à l'extérieur
21:56pointe du doigt
21:57l'intérêt
21:58et la chance
21:59le privilège
22:00que nous avons
22:00de vivre dans cet espace
22:02va permettre
22:03de changer
22:03l'image de l'Europe
22:05à la fois
22:05chez les Moseillans
22:06chez les chrétiens
22:07et je pense
22:07chez les français
22:08en général
22:09Peut-être l'un ou l'autre
22:11alors difficile de parler
22:12pour Schumann
22:13mais comme vous avez
22:14l'un et l'autre
22:14beaucoup travaillé
22:15là où nous en sommes
22:16Schumann justement
22:17qu'est-ce qu'il penserait
22:18du supranationalisme
22:20de quelle idée
22:21il aurait envie de porter
22:22dans ce que vous avez
22:23compris de son personnage
22:24Sans avoir peur des mots
22:26Schumann était un fédéraliste
22:28donc c'était sa vision
22:29politique de l'Europe
22:30à nouveau
22:31on peut soutenir
22:33une cause de beatification
22:34qui est celle de Robert Schumann
22:35sans soutenir
22:36ses options politiques
22:37en revanche
22:38je pense que
22:38dans la réaffirmation
22:40de certains principes
22:40chez Robert Schumann
22:41il y a des sources
22:42d'inspiration
22:43il disait notamment
22:44qu'on ne pouvait pas
22:45construire l'Europe
22:46en construisant
22:47uniquement les institutions
22:48ce serait
22:49dit-il
22:49un corps sans âme
22:50et je pense que
22:52l'intérêt est là aussi
22:53de redire que
22:54la construction européenne
22:55ce n'est pas seulement
22:56une construction institutionnelle
22:58économique
22:58en 1950
22:59il a fallu partir
23:00de quelque chose
23:00donc on est parti
23:01du charbon et de l'acier
23:02c'est la politique
23:03des petits pas
23:04de Robert Schumann
23:05des avancées concrètes
23:06mais sur des sujets limités
23:07et qu'aujourd'hui
23:08on se pose trop souvent
23:09la question
23:09de comment faire l'Europe
23:11et plus assez
23:11de pourquoi on fait l'Europe
23:13pour quels objectifs
23:14on fait l'Europe
23:14et je pense que
23:15la venue de Léon XIV
23:17aura aussi un intérêt
23:17puisqu'il va avec
23:18la hauteur de vue
23:19qui est celle
23:20d'un chef religieux
23:21mais aussi
23:21d'un chef d'État
23:24qui va nous redonner
23:25je l'espère
23:26en tout cas
23:26un souffle nouveau
23:27et tracer une voie
23:28entre une intégration
23:30européenne
23:30à tout va
23:30et l'euroscepticisme
23:32que l'on connaît
23:32ces deux tendances
23:33que l'on connaît aujourd'hui
23:34une visite
23:35le 28 septembre prochain
23:37que vous allez suivre
23:38Guylain Knepper
23:38avec attention
23:39et j'y serai
23:40en tant que bénévole
23:41et ça vous donnera aussi
23:42matière à écrire
23:43à nouveau vous pensez
23:44je l'espère
23:45et de votre côté
23:46Sébastien Wagner
23:47vous allez suivre
23:48avec attention
23:48évidemment parce que là
23:49Metz et la Moselle
23:51vont être le centre du monde
23:52donc nous avons cette chance
23:54de pouvoir participer
23:55avec l'espoir aussi
23:56que la plupart des français
23:58apprennent le nom de la ville
24:00à le prononcer correctement
24:03tout à fait
24:03pas Metz
24:04mais bien Metz
24:05merci beaucoup
24:06en tout cas messieurs
24:07pour ce temps d'échange
24:08autour de la dimension européenne
24:11souhaité donc
24:11par le pape Léon XIV
24:13qui sera à Metz
24:14je vous le rappelle
24:14le 28 septembre
24:15vous retrouvez
24:16toutes les informations pratiques
24:17sur sa venue
24:18sur notre site internet
24:19Moselle.tv
24:20si vous venez d'arriver
24:22en cours de route
24:23pas d'inquiétude
24:24vous pourrez retrouver
24:24ce magazine
24:25de la rédaction
24:26en replay
24:27sur notre site internet
24:28et nos réseaux sociaux
24:29mais également
24:29sur les ondes d'RCF
24:31c'est bien ça
24:31naturellement
24:31en flux comme on dit
24:32à l'antenne
24:34les lundis soirs
24:35à 19h10
24:36et les mardis après-midi
24:37et puis aussi
24:37sur rcf.fr
24:39l'application
24:40RCF Notre-Dame
24:41vous connaissez tout ça
24:42exactement
24:43c'est noté
24:44de notre côté
24:45il ne nous reste plus
24:46qu'à vivre
24:47le jour J
24:48vos médias locaux
24:49seront bien évidemment
24:50sur le terrain
24:51pour vous proposer
24:52images sonores
24:53tout au long
24:54de la visite du pape
24:55en attendant
24:56l'information continue
24:57sur Moselle TV
24:58Sous-titrage Société Radio-Canada
25:03Sous-titrage Société Radio-Canada
25:06Sous-titrage Société Radio-Canada
25:08Sous-titrage Société Radio-Canada
25:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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