Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 minutes
Après plusieurs jours de mobilisation des pêcheurs méditerranéens, Catherine Chabaud était à Sète puis au Grau-du-Roi ce lundi 21 septembre. La ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche est venue écouter une profession à bout, sans apporter de nouvelle mesure majeure. Une piste pourrait toutefois être travaillée avec la Région Occitanie et la Commission européenne.

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:01Il était pour moi essentiel de venir ici pour toucher du doigt, c'est ce que je leur ai dit
00:06jeudi soir,
00:07pour bien comprendre en fait toute l'accumulation des difficultés qu'ils avaient.
00:13Qu'est-ce que ça a donné ? C'était encore une fois une discussion qui a balayé beaucoup de
00:18sujets
00:18parce que je vous l'ai dit, la problématique des aides carburants ou du prix du carburant,
00:25c'est bien évidemment pas le seul sujet qui les inquiète, c'est vraiment la goutte qui a fait déborder
00:31le vase.
00:31Je pense que c'était essentiel d'échanger, j'ai d'abord été à Sète, puis maintenant ici au Gros
00:37du Roi.
00:38J'ai pu aller voir la problématique des mailles des chaluts rencontrées par les chalutiers
00:45puisque pour préserver la ressource on a demandé aux pêcheurs d'augmenter la maille des filets.
00:51Mais ça a de l'impact direct sur le chiffre d'affaires des pêcheurs.
00:59J'ai pu échanger aussi avec les marins.
01:01Je pense que l'une des grandes préoccupations à la fois des patrons et de toute la communauté des pêcheurs
01:08et de tous les représentants locaux, c'est de pouvoir continuer à avoir des marins qui partent en mer.
01:15Ils ont du mal à recruter et leurs marins aujourd'hui s'inquiètent pour leur avenir.
01:18Et moi je le comprends, mais éminemment, c'est bien évidemment.
01:23Il a fallu, et je pense qu'on est dans une phase où on est en train ensemble de construire
01:27une espèce de plan de sauvegarde de la pêche en Méditerranée.
01:32Et il était nécessaire qu'on reballait d'une part la contribution importante que l'État apporte
01:40pour aider les marins pêcheurs à traverser cette crise qu'on n'a pas décidée.
01:46Je veux dire, ce n'est pas nous qui avons bloqué le détroit d'Orbose.
01:49Donc l'État a mis en place depuis le début, et continuera de le faire, une aide carburant
01:56qui est là aussi pour soutenir les entreprises de pêche et les aider à reprendre la mer.
01:59On a mis du temps à mettre en route la versement de cette aide, et elle se poursuit.
02:08Avril a été versée juin-juillet-août, l'ouverture du guichet c'est cette semaine.
02:14Les règlements, ça va être dans les 15 jours.
02:16On va avoir aussi, et pour la suite, et on a une garantie de suivre les coûts du carburant
02:22d'ici la fin de l'année.
02:23Tout ça, plus, alors dans cette période compliquée, c'est que les caisses et les trésoreries
02:31des professionnels se sont vidées.
02:35Dans le même temps, les mesures de gestion de ce plan Westmed ont fait qu'ils ont constaté,
02:42je vous l'ai dit, jusqu'à 30% de réduction de leur chiffre d'affaires.
02:46Donc on est en fait à marée basse aujourd'hui, et le gouvernement a pris,
02:51c'est pour ça qu'on a pris la mesure d'un prêt à taux zéro, qui leur permet,
02:56parce que d'ici la fin de l'année, bien évidemment, ils ont touché toutes ces aides et ces soutiens.
03:01On leur a mis ce prêt à taux zéro, il faut qu'ils s'en emparent absolument pour traverser cette
03:06période.
03:07Et puis, on a regardé l'avenir, parce que ce plan Westmed, il n'est pas adapté.
03:11Donc on a des rendez-vous avec eux, on a des rendez-vous aussi avec la région, etc.,
03:18et avec la Commission européenne.
03:19Ce mercredi, j'ai un comité, ta région, et on va mettre le sujet à l'ordre du jour,
03:24parce que la région Occitanie fait une proposition, il faut qu'on regarde comment cette proposition de la région
03:30peut être éligible dans le droit européen, ou alors trouver une autre solution.
03:36Mardi prochain, je suis au Conseil pêche à Bruxelles.
03:38Je vais m'entretenir avec le commissaire européen, je me suis déjà entretenue avec lui sur le sujet,
03:43pendant tout l'été, il connaît la problématique, et il faut lui dire qu'aujourd'hui, ce plan n'est
03:48pas adapté,
03:48mais qu'il y a une urgence, dans le contexte géopolitique que l'on connaît, à accélérer, à trouver des
03:54solutions aussi pour aider les pêcheurs.
03:55Et puis on a, vous savez, à la fin de l'année, cette négociation des TAC, des totaux admissibles de
04:02capture et des quotas de pêche.
04:06D'ici là, il faut qu'on se prépare, il faut qu'on ait des réunions avec les pêcheurs,
04:09de manière à pouvoir, et c'était pour ça que c'était très essentiel pour moi de venir,
04:14bien comprendre comment on fait évoluer ce plan, ou alors, quelle feuille, quelle alternative on propose.
04:23Et là, vraiment, je compte sur eux pour me faire des propositions.
04:26Et puis on a autre chose aussi, on a une négociation sur le thon rouge, à l'ICAT,
04:30puisque le thon, c'est une négociation internationale, et là aussi, il faut qu'on travaille avec eux.
04:37Bien évidemment, je leur ai renouvelé les garanties qu'on leur a données, justement, sur le thon,
04:42et sur d'autres sujets jeudi, mais il fallait la journée.
04:45Je pense que ce qui est important dans cette affaire, c'est de retrouver de la sérénité.
04:49Ils savent, ils m'ont dit maintes fois, on voit bien que vous êtes derrière nous.
04:54C'est important de garder la sérénité, et merci à eux de participer, merci d'avoir levé les blocages.
05:02J'espère bien qu'ils vont reprendre la mer.
05:04Depuis le départ, les marins pêcheurs ont été vraiment, et toutes les entreprises,
05:09parce qu'un bateau qui ne sort pas, vous le savez, c'est toute la filière qui est impactée.
05:14On est vraiment derrière eux pour les étés.
05:16Ils sont malheureux.
05:17Ils sont malheureux, mais on le comprendrait.
05:20De toute façon, je pense que la crise, la situation qu'on connaît, elle est anxiogène pour tout le monde.
05:26Maintenant, s'ils y sont aussi, mais c'est peut-être, voilà, je leur en ai parlé,
05:31mais je pense qu'ils sont trop atteints aujourd'hui pour vraiment s'en emparer.
05:35C'est une opportunité pour accélérer, pour regarder comment on peut réduire la dépendance des navires de pêche au carburant.
05:43Parce que c'est parfois plus de 50% du chiffre d'affaires, etc.
05:47Donc, il va falloir s'adapter.
05:49Il faut lancer.
05:50C'est trop vieille, c'est ça, avec des vieux chaluts trop vieux, trop gourds.
05:52Absolument.
05:53Et alors pour ça, mais ça fait déjà 6 mois que je travaille à l'échelle européenne
05:57pour faire évoluer le cadre de la politique commune des pêches,
06:01pour pouvoir d'une part créer ce qu'on appelle, on a baptisé ça une jauge décarbonation,
06:06une jauge verte, comme vous voulez, leur permettre d'adapter le navire.
06:10Parce qu'aujourd'hui, s'ils font des évolutions sur le bateau,
06:13ils sont suspectés de rajouter de la pression sur la ressource.
06:17L'idée, ce n'est pas ça.
06:18L'idée, c'est de pouvoir leur permettre d'embarquer à bord des solutions.
06:22Vous aviez connaissance de ces absurdités réglementaires, de ces difficultés ?
06:25Ils ont dû aller jusqu'à bloquer des ports en Méditerranée.
06:28Vous aviez connaissance de tout cela ?
06:29Ou est-ce qu'il fallait vraiment aller jusqu'à ce point-là ?
06:31La complexité, en fin de compte, c'est une accumulation de sujets.
06:36Oui, j'en ai eu connaissance.
06:37J'ai été cinq ans députée européenne et je siégeais en commission pêche.
06:42Et pour tout vous dire, leur problématique, c'est mon quotidien.
06:46Ce n'est pas depuis la semaine dernière que je me suis intéressée à m'occuper de cette jauge décarbonation.
06:52Ce n'est pas depuis la semaine dernière qu'on travaille déjà depuis plusieurs mois,
06:55et notamment au Conseil de Chypre, qu'on a eu cet été,
06:59sur l'évolution de ce plan de gestion de la Méditerranée.
07:04Il faut qu'il soit plurispécifique.
07:05Et qu'il faut regarder, ils disent qu'il faut peut-être trouver d'autres solutions
07:10que les solutions spatio-temporelles.
07:14Je suis allée voir leur filet.
07:16J'aimerais bien qu'avec IFREMER, on travaille à étudier des solutions alternatives,
07:20mais en laboratoire, etc.
07:22On a un champ devant nous qui est très important.
07:25Mais bien sûr, je connaissais leurs problèmes.
07:27C'est une chose de le savoir, c'est une autre chose aussi de les rencontrer,
07:30de dialoguer les yeux dans les yeux avec eux.
Commentaires

Recommandations