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  • il y a 22 minutes
Benoît Rocher, directeur général et président du directoire d'Haropa Port, était l'invité de Brigitte Boucher dans Good Morning Business, ce mardi 22 septembre. Ils sont revenus sur les résultats solides d'Haropa Port, paradoxe entre un trafic florissant et un commerce maritime mondial mis à mal par les guerres, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01– Directeur général Benoît Rocher, directeur général et président du directoire d'AropaPort,
00:05qui réunit les ports du Havre et de Rouen, ainsi que le port fluvial de Paris,
00:09première entité portuaire française. Bonjour.
00:11– Bonjour. – Et merci d'être avec nous ce matin.
00:14Emmanuel Macron a écrit à Ursula von der Leyen pour sécuriser l'approvisionnement en pétrole.
00:19Est-ce que vous pensez qu'on peut manquer de pétrole ?
00:22– Alors, AropaPort est un hub énergétique.
00:27Nous avons sur la Basse-Vallée de la Seine 40% des capacités de raffinage françaises,
00:32avec deux acteurs importants, Total Energy, qui est à Gonfreuville-Lorcher,
00:36et Nord-Atlantique, qui est une entreprise canadienne à Port-Jérôme-sur-Seine.
00:40Les raffineries actuellement fonctionnent à plein régime,
00:43et Nord-Atlantique a obtenu de l'État l'autorisation d'augmenter sa production.
00:48Donc depuis les événements au Moyen-Orient,
00:52alors déjà, l'origine Moyen-Orient, c'était 15% du total du brut importé en France,
00:59en tout cas sur la vallée de la Seine.
01:01Et donc depuis que Hormuz est bloqué,
01:04les raffineurs ont trouvé d'autres sources d'approvisionnement.
01:07La première origine, c'était les États-Unis,
01:09donc le trafic en provenance des États-Unis a augmenté.
01:12Il y a également d'autres origines qui ont augmenté,
01:15la Norvège, le Nigeria, le Guyana.
01:17Donc aujourd'hui, les raffineries sont correctement approvisionnées en brut.
01:20C'est ce qui explique votre très forte dynamique,
01:22parce que vos résultats semestriels ont été publiés le 10 septembre.
01:25Très forte dynamique des ports,
01:27alors que la guerre en Iran, en Ukraine,
01:29complique finalement tout le commerce mondial, le commerce maritime.
01:33Oui, le commerce mondial est assez compliqué en ce moment,
01:35on est tout à fait d'accord,
01:36aussi bien en raison des troubles géopolitiques,
01:39on s'est parlé des différentes guerres,
01:41et notamment les derniers développements sur le Yémen,
01:45avec les Houthis qui ont pris le détroit de Bab el-Mandeb,
01:49et qui s'intéressent au port de Yonbu.
01:52Vous n'avez pas cité, mais la politique commerciale,
01:54un petit peu erratique des États-Unis,
01:56a aussi un impact très fort sur le commerce mondial,
01:58puisque les États-Unis, c'est notre premier partenaire commercial à l'export.
02:04Donc, dans un contexte agité,
02:06c'est vrai qu'on affiche à la fin du premier semestre un trafic en hausse,
02:11sur tous les différents types de trafic que nous avons sur l'axe Seine.
02:15Qu'est-ce qui tire votre croissance ?
02:17Alors, les vracs liquides, vous en avez parlé tout à l'heure,
02:19les imports de bruts.
02:21Concernant les vracs solides à repas-port,
02:23est connu, et plus particulièrement le port de Rouen,
02:26est connu comme le port d'Europe de l'Ouest d'export de céréales,
02:31puisque la France est un pays qui produit beaucoup de céréales
02:34et qui les exporte dans le monde entier.
02:36Donc, on a complètement contourné l'Ukraine, finalement, là-dessus, sur les céréales ?
02:39On a toujours été une grande puissance,
02:41et les différents acteurs ont su vendre leurs céréales sur les différents continents.
02:46Ce ne sont pas simplement des céréales qui sont exportées dans les pays limitrophes.
02:49On va jusqu'en Asie, notamment pour exporter des orges et l'alimentation animale.
02:53Et puis, il y a un autre trafic important sur l'axe Seine,
02:56qui est le trafic de conteneurs, qui lui progresse très fortement.
02:59On est à plus 7% à la fin du mois de juin.
03:03Juillet et août ont été des mois extrêmement dynamiques.
03:05Donc, il est fort probable qu'on termine l'année...
03:08Comment vous expliquez cette explosion ?
03:10Eh bien, on a deux moteurs de croissance.
03:12Le premier moteur, c'est l'augmentation du trafic domestique,
03:16qui a pour origine ou pour destination le marché français.
03:19Donc, ça signifie qu'on a pris des parts de marché à nos ports voisins et concurrents.
03:24On a de très grands voisins envers ces Rotterdam.
03:27Voilà, on a pris des parts de marché.
03:28Et le deuxième moteur, c'est l'augmentation du trafic de transbordement.
03:32Alors, le trafic de transbordement, c'est au port ce que le voyageur en correspondance est aux aéroports.
03:38Donc, c'est une boîte qui arrive sur un bateau, qui est déchargée sur le quai et rechargée sur un
03:43bateau.
03:43Alors, c'est important d'avoir ce type de trafic pour deux raisons.
03:46La première raison, c'est que ça permet de donner de l'activité au terminal.
03:50Un terminal, c'est une entreprise qui est très intensive en capital,
03:56qui nécessite des investissements importants.
03:59Et donc, plus le terminal travaille, plus on peut amortir les investissements.
04:03Enfin, ce sont les acteurs privés, mais plus ces acteurs peuvent amortir leurs investissements
04:06et donc baisser le coût de passage.
04:07Donc, il y a un vrai intérêt en termes de compétitivité.
04:10Et puis, le deuxième intérêt de développer ce trafic de transbordement,
04:14c'est d'attirer au port du Havre des navires qui, jusqu'à présent,
04:19passaient pas très loin du port, mais ne s'y arrêtaient pas.
04:21Et donc, plus on attire de navires, plus on développe cette toile au départ du port du Havre,
04:27et bien plus on rend le port attractif, puisque ça permet aux clients
04:30de pouvoir toucher tous les ports du monde entier dans des délais qui sont tous les raisonnés.
04:35Alors, justement, le transbordement, on en parlait ce matin,
04:38le prix des tankers et du transport de pétrole augmente très fortement.
04:43Est-ce qu'il faut s'attendre à une augmentation des prix ?
04:47Alors, le prix du pétrole, enfin le prix de l'essence, ou du gasoil d'ailleurs.
04:51Du transport, oui.
04:52Oui, c'est un certain nombre de composantes.
04:57Il est vrai qu'en temps normal, le prix du transport de la matière première,
05:02donc du brut, compte pour une toute petite partie du prix final,
05:05puisque ce transport est effectué par des navires de grande taille,
05:10250 à 330 mètres, qui sont capables d'embarquer des très grosses quantités de pétrole.
05:17Il y a une pénurie en ce moment sur le marché,
05:19puisque avec les différents problèmes dont on a parlé tout à l'heure,
05:23le blocage d'Hormuz et puis les difficultés qu'on peut trouver en mer Rouge,
05:28suite à l'attaque des outils, les bateaux doivent faire une distance plus importante.
05:31Ce qui signifie que la demande en tonnes 1000,
05:36c'est pour ça qu'elle est exprimée, est supérieure.
05:39Et donc, on n'a pas suffisamment de bateaux aujourd'hui pour pouvoir répondre à toute la demande.
05:43D'où l'augmentation des prix.
05:44Enfin, c'est un simple équilibre offre-demande.
05:46Votre trafic de pétrole, on l'a dit, il progresse 5,7%,
05:50alors que la part du Moyen-Orient dans vos approvisionnements,
05:53elle recule de 13%.
05:55Ça veut dire qu'il vient d'où le pétrole qui arrive ?
05:57Il vient des Etats-Unis, il vient de Norvège, il vient du Nigeria, il vient du Guyana.
06:05Les raffineurs ont pu et ont su diversifier leurs sources d'approvisionnement.
06:09Vous vous prévoyez près d'un milliard d'euros d'investissement.
06:12Vous voulez les placer dans quoi ?
06:13Oui, alors nous avons déjà investi un milliard d'euros entre 2020 et 2025
06:18et nous prévoyons d'investir la même somme entre 2026 et 2030.
06:23Alors, ces investissements sont affectés à l'entretien de notre patrimoine
06:29et également au développement de nos infrastructures.
06:31Nous, en tant que port, nous investissons dans les infrastructures.
06:34Je vais donner un exemple très simple.
06:36Tout à l'heure, on parlait de l'augmentation du trafic de conteneurs.
06:39C'est lié aux investissements très importants qui ont été réalisés par le port
06:43Nous avons construit, il y a quelques années, deux ans, 700 mètres de quais supplémentaires
06:49pour permettre d'avoir 4,2 kilomètres de quais.
06:54L'alignement, si vous avez la chance de passer par le pont de Normandie
06:57et que vous ne conduisez pas et que vous regardez en direction du Havre,
06:59vous verrez un des plus gros terminaux de conteneurs d'Europe.
07:03C'est un investissement de plus de 100 millions d'euros.
07:06On est en train d'investir également pour améliorer le report modal des conteneurs sur des barges fluviales.
07:14C'est de l'investissement public.
07:15Et en parallèle, nous avons les privés qui investissent eux aussi
07:18et qui ont annoncé plus d'un milliard d'euros d'investissement sur le port du Havre.
07:23Et donc, l'augmentation du trafic de conteneurs que l'on observe, ce n'est pas le fruit du hasard.
07:27C'est le résultat d'investissements collectifs, publics et privés qui sont en cours sur ce port.
07:33Merci Benoît Rocher d'avoir été avec nous ce matin.
07:36Directeur général, président du directoire d'Aropa Port, port du Havre, de Rouen, port fluvial de Paris.
07:41C'est une interview à retrouver en podcast et en replay sur l'application BFM Business.
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