00:00Le judo est plus qu'un sport, c'est une passion et une partie importante de ma vie.
00:09Parce que de là où je viens, c'est la terre des guerriers.
00:18Je m'appelle Sering Ibrahimou Diop et j'ai 17 ans.
00:22Je viens du Sénégal et je suis ici en Chine pour continuer à s'améliorer et à progresser dans le
00:27judo.
00:27Au début, c'était juste pour le président, mais avec le temps, ça a devenu une véritable passion pour moi.
00:33Ce que j'aime dans le judo, c'est qu'il ne faut pas être fort physiquement, discipliné, savoir se
00:39concentrer et savoir se dépasser.
00:41Ça a changé beaucoup de choses avant, parce que dans ce sport, il faut savoir respecter son adversaire d'abord,
00:47la première des choses.
00:48L'année dernière, quand nous étions là, les ateliers chinois nous ont bien accueillis.
00:52Ils parlaient avec nous pour créer une complicité.
00:55Beaucoup de choses m'ont marqué ici.
00:57Les judoques chinois ont un très bon niveau et ils travaillent beaucoup.
01:02Cela me pousse à donner le meilleur de moi-même.
01:05Et aussi, certains des athlètes m'ont vraiment marqué, parce que nous sommes comme des frères.
01:09On partage beaucoup de choses ensemble.
01:12Quand on s'entraîne d'habitude, je fais d'abord une démonstration, je lui montre et il comprend très vite.
01:18Grâce au mouvement que je fais, il sait comment réagir.
01:21Depuis l'année dernière jusqu'à maintenant, on s'accorde de mieux en mieux.
01:25Un regard ou un geste de la main et il sait ce que je vais faire et je sais aussi
01:28ce qu'il va faire.
01:29Aujourd'hui, quand on s'est affronté, j'ai senti qu'il s'était amélioré techniquement, qu'il faisait plus
01:35attention aux détails.
01:37Cette année, il ose faire des mouvements alors que l'année dernière, il était plus hésitant.
01:42L'année dernière, quand on avait fait notre premier test, genre au soulevé de terre, j'avais soulevé, je pense,
01:5070, je pense.
01:52La dernière fois, j'ai pu soulever 90 kilos.
02:01Serin va participer aux Jeux Olympiques de la jeunesse.
02:04Il était déjà venu l'année dernière. Il aime me taquiner du regard comme ça. Il a de grands yeux,
02:09il est vraiment très mignon.
02:10J'ai l'impression que les enfants sénégalais m'aiment plutôt bien aussi.
02:13Je communique avec eux en japonais et en anglais assez simple.
02:16Et parfois, je leur parle aussi en chinois.
02:18De temps en temps, je leur dis quelques mots simples en français.
02:21Pour les encourager, je leur dis...
02:25En judo, la saisie est très importante, mais je trouve qu'ils ne tirent pas encore assez sur le judoji
02:30et qu'ils ne sont pas assez proches de l'adversaire.
02:32Je le répète souvent, tire davantage, reste plus près.
02:35Par rapport à l'année dernière, ils ont quand même progressé.
02:37Par exemple, la vitesse de leurs attaques s'est améliorée.
02:40Et puis, j'ai l'impression qu'ils ont encore un peu grandi.
02:44Sincèrement, l'entraîneur est tellement disponible, très serviable.
02:48Et puis, elle a un esprit de partage.
02:50Je l'admire beaucoup.
02:52Et puis, c'est une grande pédagogue.
02:54Chaque fois, il met l'accent sur les détails, sur les choses qui sont fondamentales.
02:57Mais le constat que j'ai à faire ici en Chine, le judo, c'est une religion.
03:02C'est comme une religion.
03:03Sur le tapis, on voit surtout l'esprit martial, contrairement au Sénégal.
03:07Au Sénégal, la lutte, c'est notre sport national.
03:10On la pratique dans la rue, à l'école.
03:14Maintenant, à travers la lutte, on parvient à développer des habiletés motrices
03:17qui sont très fondamentales dans l'apprentissage du judo.
03:21Donc, je juge que la lutte peut contribuer positivement au niveau des apprentissages.
03:27La lutte sénégalaise et le judo, c'est la même chose.
03:29La différence, c'est juste le kimono.
03:31Au niveau de la lutte, on n'a pas de kimono.
03:33Contrairement aux autres, sur le plan technique, il est très bien.
03:37Sur le plan physique, il a aussi un mental de béton.
03:40À l'entraînement, il se donne à fond, il ne se laisse pas faire.
03:42Et chaque fois aussi, il a envie de montrer à ses pères que c'est lui le meilleur dans sa
03:46catégorie.
03:47Je porte beaucoup d'espoir sur ce genre.
03:49Je l'encourage.
03:51Je le motive, je le pousse à aller vers l'avant et surtout à dépasser ses limites.
03:56Et chaque fois, je le rappelle qu'une médaille olympique, c'est deux mois ou bien quatre ans de souffrance.
04:00Ce n'est pas donné à tout le monde.
04:02Je demande à ces jeunes d'aller mouiller le kimono dignement pour défendre les couleurs du Sénégal,
04:06mais aussi pour faire retentir l'hymne national.
04:09Dans notre langue nationale, on dit « Gour, Fitte, Diom, Ndam, Sénégal, Sikanamkwa ».
04:18C'est-à-dire qu'il faut avoir la volonté et se donner à fond et la victoire viendra initialement.
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