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  • il y a 17 minutes
Ce mardi 22 septembre, Nicolas Domnesques, conseiller en gestion de patrimoine, créateur de contenu « Nicolas Finance », explique l'impact des taux sur le patrimoine des Français, les facteurs de la hausse des taux, et le retour des rendements garantis face aux limites du zéro risque, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:05Donc le 10 ans français à l'instant est à 4,5%.
00:07On a quand même passé une quinzaine d'années avec des taux proches de 0,
00:10et nous voici à 4,5% à horizon de 10 ans pour ce qui concerne la dette française.
00:14Nicolas Domnesque est avec nous, conseiller en gestion de patrimoine,
00:17créateur de contenu Nicolas Finance.
00:19Bonjour Nicolas.
00:19Bonjour.
00:20On va parler déjà de l'impact de ces taux sur le patrimoine des Français.
00:24Déjà, quand l'État emprunte, qu'est-ce qu'il achète ?
00:26Qu'est-ce qu'on achète exactement ?
00:27Et pourquoi est-ce qu'on regarde surtout l'échéance à 10 ans sur les taux français,
00:31alors que la France emprunte sur toutes les durées ?
00:33Donc quand on achète une obligation, on devient créancier de l'entité pour laquelle on achète,
00:37une entreprise, un État, une institution financière.
00:40Donc par exemple, si on prête 100 à un État, on va lui donner 100,
00:43on devient créancier et de manière régulière, on va récupérer des coupons au taux de coupons,
00:46plus on récupère le capital à l'échéance.
00:49Donc ces titres, on les appelle les OAT, obligations assimilables du Trésor.
00:52Ensuite, pourquoi on regarde surtout les 10 ans,
00:54alors que l'État français emprunte du 3 mois à du 50 ans,
00:57c'est parce que c'est les titres qui sont les plus échangés.
01:00Donc ça sert un peu comme thermomètre pour voir l'état de la santé financière du gouvernement français.
01:05Et aussi, ça va un peu irriguer tout ce qu'il y a autour,
01:08par exemple sur les crédits immobiliers pour les ménages,
01:10on va beaucoup se servir de l'OAT à 10 ans pour un peu voir à quel point les taux
01:14du crédit immobilier seront.
01:15Pareil pour les investisseurs, quand on souhaite faire un arbitrage actions-obligations,
01:19quand on a des taux qui sont assez élevés sur des obligations,
01:21les investisseurs peuvent se dire,
01:22« Ok, pourquoi aller sur des actions qui vont me rémunérer un peu plus,
01:26mais à un risque plus fort, alors que je peux aller sur des obligations qui rémunèrent entre 4 et 5
01:29%. »
01:30Oui. Et dans la hausse des taux français, européens aussi, globaux, qu'on observe,
01:34qu'est-ce qui vient de l'inflation et pour nous de la BCE ?
01:37Et qu'est-ce qui vient de notre situation à nous, français, purement français ?
01:41Effectivement, dans cette hausse des taux, il y a deux facteurs.
01:43Il y a un facteur qui est plutôt externe à la France,
01:45et l'autre facteur qui est un peu le risque France.
01:48Donc le facteur externe, c'est assez simple, c'est l'inflation.
01:50Avec un pétrole à plus de 100 dollars, on a eu une grosse inflation,
01:53donc les banques centrales ont remonté les taux.
01:54La BCE a remonté le taux de dépôt à 2,5.
01:57La Fed a fait pareil.
01:58On a les obligations américaines à 10 ans à plus ou moins 5 %.
02:01Et quand on a un peu le taux sans risque mondial,
02:03les obligations américaines à 10 ans à 5 %,
02:06les autres suivent un peu la démarche.
02:07Donc ça fait que l'inflation plus la BCE a une hausse de taux.
02:11Et après, il y a le risque France, donc le facteur français.
02:13Et ça, il se quantifie assez facilement quand on compare la France
02:16aux bonnes élèves de la classe, qui est l'Allemagne, qui est triple A.
02:19On a plus ou moins 100 points de base d'écart.
02:22Et donc, la France veste l'Allemagne pour la même somme,
02:25la même maturité, la même devise.
02:27On aura une prime de risque, et c'est ce 1 %.
02:30Donc, ce risque France, c'est une note des notations.
02:35On est passé de double A à moins à A+.
02:37On a un budget qui a du mal à se mettre en place,
02:39on a une instabilité politique,
02:40plus le CDS qui est au plus haut depuis abri de 2025.
02:43Donc, c'est deux facteurs.
02:44Un, sur l'inflation et les banques centrales,
02:46et deux, le risque France.
02:47Justement, à cause de tout ça,
02:49on a un vrai problème en France,
02:50qui est celui des intérêts de la dette,
02:52la charge de la dette, comme on dit.
02:53C'est un des premiers postes du budget.
02:56Et concrètement, en fait, dès qu'il y a une hausse de taux,
02:59comment ça se transmet aux finances publiques ?
03:01À quelle vitesse ?
03:03Et comment le contribuable paie l'addition, en fait ?
03:06On va dire la bonne nouvelle dans tout ça,
03:08c'est que c'est un impact, mais il n'est pas immédiat.
03:10La France a, on va dire, un stock de dette de 3 000 milliards.
03:13On ne va pas la payer chaque matin.
03:15Et on va dire plus ou moins,
03:16la dette française, c'est des maturités à plus ou moins 10 ans.
03:19Donc, chaque année,
03:20on va rembourser un dixième du stock de la dette.
03:23Et donc ça, c'est la bonne nouvelle.
03:24Ça ne se fait pas immédiatement.
03:25La mauvaise nouvelle, c'est que du coup,
03:26comme on fait rouler la dette,
03:28on refinance l'ancienne dette par de la nouvelle.
03:29Les anciens taux, c'était 1-2%.
03:32Maintenant, c'est 4,5%.
03:33Et du coup, ce décalage, ce taux supplémentaire,
03:35on va le garder jusqu'à la maturité du titre.
03:38Donc, on va payer plus cher.
03:39Et le contribuable, il le paye de deux façons.
03:42On ne va pas le payer d'une forme d'impôt
03:43avec une ligne intérêts sur la dette.
03:45C'est plutôt de l'arbitrage.
03:46Si l'État met plus de son budget
03:48pour le remboursement de la dette,
03:50du coup, il aura moins de budget
03:51pour les services publics, hôpitaux,
03:52même pour faire baisser les impôts.
03:54Donc, la première façon, c'est un peu de l'arbitrage.
03:57On a des choses en moins ou moins bien.
03:58Et la deuxième façon, c'est que comme
04:00les taux à 10 ans,
04:02les obligations d'État françaises à 10 ans,
04:04ça va beaucoup indexer les taux du crédit immobilier.
04:07Du coup, on aura mécaniquement un peu
04:08une baisse du pouvoir d'achat immobilier.
04:10Donc, la France s'emprunte à 4,5%
04:13en horizon 10 ans.
04:14Pour ceux qui investissent dans les obligations françaises,
04:15ça veut dire que ça remporte 4,5%.
04:17C'est de l'argent facile, non, pour l'investisseur ?
04:19Il y a un risque quand même en contrepartie
04:20quand on prête à l'État ?
04:22Quand on compare à d'autres classes d'actifs,
04:244 à 5%, ça peut être intéressant,
04:27surtout avec le risque des obligations.
04:28Mais ce n'est pas non plus l'argent facile.
04:30Forcément, il y a des risques.
04:31Les trois gros risques.
04:32Donc, le premier, c'est le risque de taux.
04:33Je suis rémunéré 4,5% si je reste à l'échéance
04:36et je vais récupérer mon capital.
04:38Si je sors avant et qu'il y a une hausse des taux,
04:40je peux avoir une moins-value sur ce que j'ai mis.
04:42Ça, c'est le premier risque, le risque de taux.
04:44Deuxième risque, c'est le risque de l'inflation.
04:46Je suis rémunéré à 4,5%, mais avant inflation.
04:49Donc, c'est la rémunération au nominal.
04:51En réel, si j'ai 2% d'inflation, c'est 2,5%.
04:53Mais si on a une grosse période d'inflation sur les années à venir,
04:56je peux avoir, si on a 4% d'inflation sur les prochaines années,
04:59ma rémunération à réel approche de 0% avant impôt,
05:02donc après impôt, c'est nul.
05:04Donc, quand on regarde ça, avec l'inflation, il faut faire attention.
05:08Et enfin, le troisième risque, c'est le risque de crédit.
05:10Je ne pense pas que la France fera défaut sur cette maturité,
05:12mais ce risque, ce price,
05:13et c'est l'écart entre la France et l'Allemagne.
05:15Donc, on a ces trois risques qui font qu'on n'a pas le taux de l'Allemagne.
05:18– Oui, mais du coup, quand on est investisseur,
05:20on se demande quand même, à force de voir les taux progresser,
05:22est-ce qu'investir dans les obligations souveraines devient une bonne idée,
05:25un bon plan ? Comment y investir ?
05:27Il y a aussi la concurrence des obligations d'entreprise
05:29qui rapporte aussi de plus en plus.
05:32– Un point qui peut être intéressant quand on se pose la question
05:34« Est-ce que les obligations souveraines font sens ? »
05:36C'est de comparer le livret A avec le taux à 10 ans des obligations françaises.
05:39On a le livret A 1,7 net,
05:42et les taux d'obligation d'État française à 10 ans,
05:44c'est 4,5 mais avant impôt.
05:46Donc, ça, cet écart, c'est le plus fort qu'on a eu depuis 15 ans.
05:49Donc, ça fait que la thématique peut être intéressante.
05:51Après, ce qui est aussi intéressant, c'est le véhicule par lequel on va s'y exposer.
05:54Il y a trois véhicules qui font sens.
05:56Le plus simple, c'est le fonds euro des assurances vie.
05:59Donc, dedans, c'est majoritairement des obligations d'État française à 10 ans.
06:02Le seul petit bémol, c'est qu'il y a en général un petit décalage
06:05entre les obligations actuelles et le taux qu'on a dans le fonds euro de l'assurance vie.
06:10Petit décalage de 1 à 3 ans.
06:12La deuxième façon de s'y exposer, c'est les fonds obligataires classiques,
06:16ETF ou PCVM, dont les ETF en général ont fait rouler les obligations.
06:19Donc, on va toujours être soumis à ce risque de taux.
06:22Le point positif, c'est que c'est simple à comprendre,
06:24c'est liquide, il n'y a pas de frais.
06:26Et enfin, la troisième façon de s'y exposer, je dirais,
06:27c'est la façon la plus puriste pour les investisseurs plus avancés,
06:30c'est d'aller sur des obligations soit pleines, soit fractionnées
06:34et d'y aller, mais attention aussi aux risques de taux.
06:37Nicolas Domnesque avec nous cet après-midi.
06:39Nicolas Finance, merci beaucoup.
06:40Et conseiller en gestion de patrimoine, bon retour Nicolas.
06:43Votre argumentaire sera retrouvé en replay, bien sûr.
06:45En replay aussi, tiens.
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