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Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, était invité sur le plateau de BFMTV, ce mardi 22 septembre.
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00:00On accueille Jean-Pierre Raffarin, bonsoir.
00:02Bonsoir.
00:02Merci d'être là, M. Raffarin, ancien Premier ministre.
00:06Vous en avez connu, vous-même, des crises, des crises à gérer.
00:10Vous savez mieux que personne que gouverner, c'est prévoir.
00:13Comment vous expliquez, Jean-Pierre Raffarin ?
00:16Alors, c'est peut-être qu'une impression,
00:17mais une impression quand même de manque d'anticipation
00:20face à une crise aussi profonde, structurelle, majeure,
00:23des carburants, qui est la vraie crise énergétique.
00:27Il faut dire que les crises, depuis un certain temps, s'accumulent.
00:30se succèdent et que c'est assez brutal.
00:32Mais au fond, on voit bien ce cher Edgar Morin,
00:35qui nous a quittés récemment,
00:36disait « quand l'immédiat dévore, l'esprit dérive ».
00:39Et on est vraiment dans cette situation extrêmement dangereuse
00:42où c'est le court terme qui fait la politique.
00:44Donc, on est tout de suite face à des colères,
00:46on est tout de suite face à des blocages.
00:48Si on ne met pas de la profondeur, si on ne met pas de la perspective,
00:51on n'a aucune chance d'avoir une capacité à sortir de la crise.
00:55Chaque crise est extrêmement violente,
00:57chaque crise a son immédiat, chaque crise a ses victimes.
00:59Il n'empêche que si on prend ça en segmentant tout ça,
01:02sans donner de la profondeur, sans donner de la perspective,
01:05on va nulle part.
01:06Essayons de le faire, mais souvent, vous parlez des victimes,
01:09ce sont les mêmes victimes.
01:10J'ai repris l'une de vos expressions,
01:12vous savez, les célèbres raffarinades, il y a un temps.
01:15Vous disiez la gravité.
01:17La gravité de la crise, c'est la crise de la gravité.
01:20Est-ce qu'il y a une crise de la gravité ?
01:21Autrement dit, est-ce qu'on prend suffisamment en compte les problèmes des gens ?
01:27Est-ce qu'il y a l'écoute ? Est-ce qu'il y a l'empathie ?
01:30Est-ce qu'il y a la considération ?
01:31Est-ce qu'il y a le respect que l'on doit,
01:33au-delà de l'argent, des milliards qu'on n'a pas ?
01:35Non, je pense qu'il y a deux déficits de gravité.
01:37Il y a en effet un déficit...
01:40Il n'y a pas assez de lucidité sur la gravité internationale et nationale,
01:44notre fragilité dans la situation internationale,
01:46qui est assez préoccupante.
01:48Et puis, de l'autre côté, il y a cette gravité,
01:51pour un certain nombre de Français,
01:53de vivre dans des conditions très difficiles.
01:54Et surtout, des conditions qui sont dégradées.
01:57Et donc, ça crée une crise sociale et une crise psychologique assez puissante.
02:02Donc, on a cette double gravité.
02:04Donc, c'est vrai qu'il y a une crise de la gravité.
02:06D'ailleurs, la politique, c'est quand même de la gravité,
02:08parce que derrière tout ça, qu'est-ce qu'il y a ?
02:10Il y a la violence.
02:11Il y a la violence sociale, la violence partout,
02:13qu'on voit se développer dans tous les pays.
02:15D'ailleurs, européens, on sent bien que l'impuissance des démocraties,
02:18aujourd'hui, crée de la violence.
02:20Et cette violence, elle est menaçante,
02:22d'autant plus parce qu'elle est articulée
02:23avec la violence extérieure, c'est-à-dire la violence guerrière.
02:27Et la violence et la guerre sont deux sœurs jumelles.
02:30C'est un cocktail.
02:30Donc, faisons très attention.
02:31C'est très important ce que vous dites.
02:33Et on va susciter le débat et poursuivre notre entretien.
02:35Mais moi, je pose la question.
02:37Qui entretient la violence ?
02:38Quand on a eu, Arthur Berda, la crise des Gilets jaunes,
02:41quand est-ce que, malheureusement,
02:43et on peut le regretter pour notre pays,
02:44quand est-ce que l'État est intervenu ?
02:46Quand est-ce que le gouvernement est intervenu ?
02:48Quand est-ce qu'on a lâché les milliards ?
02:50Quand il y a eu des violences ?
02:51Est-ce qu'on n'est pas en train de diffuser l'idée
02:53que dans notre pays, on obtient ce que l'on veut
02:56quand, malheureusement, il y a de la casse ?
02:57Vous avez raison.
02:58Le bilan d'Emmanuel Macron depuis 10 ans de présidence,
03:00c'est plus 1 200 milliards d'euros de dettes.
03:03Donc, lorsqu'on le dit aujourd'hui,
03:03on n'a plus de notion des chiffres.
03:04Mais il faut se souvenir qu'au début de la crise des Gilets jaunes,
03:07ça commence à la mi-novembre 2018,
03:09Emmanuel Macron, le 10 décembre,
03:10le 12 décembre de mémoire,
03:12c'est-à-dire un mois plus tard,
03:13après ces scènes de l'Arc de Triomphe,
03:15notamment le saquage de l'Arc de Triomphe,
03:21en tout cas, il annonce 10 milliards d'euros.
03:2310 milliards, à l'époque, c'était énormissime
03:25dans la bouche d'Emmanuel Macron,
03:26qui était encore un président
03:27qui tenait à peu près les comptes publics.
03:30Donc, vous avez raison.
03:30Emmanuel Macron a donné le sentiment, à l'époque,
03:33de céder à la violence,
03:34ou en tout cas, de sortir le carnet de chèques à la violence.
03:37Vous avez raison de dire qu'on a une réflexion,
03:38aujourd'hui, court-termise dans la gestion des crises.
03:41Donc, Emmanuel Macron a sorti le carnet de chèques
03:43lorsqu'il y a eu des violences, c'était en 2018.
03:45Puis, il a sorti le carnet de chèques
03:45lorsqu'il y a eu une crise sanitaire.
03:46Là, je crois qu'il a eu plutôt raison de le faire.
03:48En tout cas, je crois que personne ne le lui a reproché à l'époque.
03:50Je parle, bien sûr, du Covid.
03:51Le problème, c'est qu'il n'en est jamais sorti.
03:53Nicolas Baverez parle du n'importe quoi qu'il en coûte.
03:55Je crois que c'est une très bonne expression.
03:57Et donc, si vous voulez,
03:59cette réflexion court-termiste que vous dénonciez,
04:01M. Raffa, M. le Premier ministre,
04:02moi, je l'applique aussi un petit peu,
04:03en tout cas, je la reproche aussi un petit peu
04:05à Emmanuel Macron et, à travers lui,
04:07à ceux qui prétendent le succéder aujourd'hui,
04:09dont Édouard Philippe,
04:10lorsqu'ils ont sacrifié l'avenir au présent,
04:12dans le précédent budget,
04:13avec cette question de la réforme des retraites.
04:15J'en parle souvent sur votre plateau, Sonia,
04:16mais pour moi, si vous voulez,
04:17elle est symptomatique de ce que vous dénonciez,
04:19c'est-à-dire cette réflexion très court-termiste
04:21où il s'agissait, pour Sébastien Lecornu,
04:22de ne surtout pas être censuré.
04:24Et là encore, quoi qu'il en coûte,
04:26et ça a coûté très cher.
04:26Et je vous fais réagir, Jean-Pierre Raffa,
04:28à la première partie de l'argumentaire.
04:30Pourquoi attendre ?
04:31Pourquoi attendre que les gens soient dans la rue ?
04:33Pourquoi attendre que le mécontentement
04:34s'enracine, s'enquisse ?
04:36Pourquoi attendre que tout se cristallise ?
04:37Pourquoi ?
04:38Alors, deux choses.
04:39D'abord, sur ce que vous dites,
04:42je pense que ce qui n'a pas été perçu vraiment,
04:45y compris peut-être par ceux qui l'ont décidé,
04:47c'est que la Ve République vit sur un principe
04:50qu'elle fait majoritaire.
04:51Absolument.
04:51Et quand vous n'avez pas de fait majoritaire,
04:53vous n'avez pas d'action de la République.
04:55Et donc, au fond, depuis la dissolution,
04:58nous n'avons pas de majorité,
05:00nous n'avons pas d'exécutif
05:01qui peut avoir de l'autorité.
05:02Et tout le système est fragilisé
05:04par cette situation.
05:05Il aurait peut-être fallu dissoudre l'Assemblée
05:07plutôt que de dissoudre la réforme des retraites.
05:08Je pense qu'il était très important
05:11de bien envisager
05:12qu'aujourd'hui,
05:13quand on n'a pas de fait majoritaire,
05:14on ne peut pas gouverner.
05:15C'est une question de la Ve République.
05:18Ou alors, il faut changer,
05:19il faut aller à la proportionnelle,
05:20il faut aller avec d'autres sujets.
05:21Mais notre système aujourd'hui,
05:22le système gaulliste,
05:23tel qu'il a été créé,
05:24c'est une majorité présidentielle.
05:26Si le président, quand il est élu,
05:27n'a pas de majorité parlementaire,
05:29on lui donne un droit de dissolution
05:30le jour de sa victoire.
05:31Pour dire aux gens,
05:32confirmez la victoire,
05:33donnez-moi les moyens d'agir.
05:34On a fait cette dissolution
05:35un jour de défaite.
05:37Et donc, ils ont confirmé la défaite
05:38et on s'est trouvé dans l'influissance.
05:39Donc, on s'est trouvé là dans l'influissance.
05:41Mais dans le phénomène qui passe aujourd'hui,
05:43ce qui est assez intéressant,
05:44c'est que personne ne propose
05:46de réfléchir sur
05:46qu'est-ce qu'on fait
05:48au mois de décembre
05:49si le prix des barils
05:52augmente de 20% ou 30%.
05:53Et qu'est-ce qu'on fait ?
05:54C'est ça là.
05:54C'est incroyable
05:56que ce ne soit pas mis en perspective.
05:57Vous avez été Premier ministre,
05:58vous avez connu
05:59ce qu'on appelle
05:59l'enfer de Matignon.
06:01Et alors, c'est très bien,
06:02il faut avoir une vision,
06:03des perspectives à long terme,
06:04il ne faut pas être court-termiste
06:05comme on dit.
06:06Il se trouve qu'il y a une crise
06:07maintenant, tout de suite.
06:08Donc, avec votre expérience,
06:11vous feriez quoi ?
06:13Vous baissez les taxes ?
06:14Vous bloquez les prix ?
06:16Ou vous faites ce que fait
06:17le gouvernement ?
06:18Je fais déjà un scénario
06:22plus grave que la situation d'aujourd'hui.
06:23C'est-à-dire que je prépare
06:24le coup dur de décembre
06:25si on n'a pas de fait.
06:26C'est-à-dire que je mets déjà
06:27les gens sur une situation de réaction.
06:29Je donne déjà de la profondeur
06:30au sujet.
06:31Qu'est-ce qui se passe ?
06:31Qu'est-ce qu'on peut faire ?
06:32Et quelle solution ?
06:34Moi, je pense qu'il faut
06:36qu'on trouve soit une économie,
06:38soit une recette.
06:39Et donc, je pense qu'il faut
06:40engager un certain nombre
06:41de réflexions pour la participation.
06:44En un mois, quoi, en gros.
06:45En un mois de se dire
06:47comment est-ce qu'il faut faire.
06:48Par exemple,
06:49quelle est la participation
06:50des sociétés d'autoroutes
06:51à une grande crise
06:51si on en avait une ?
06:53Ah oui.
06:54Non, mais je lance
06:55un sujet de cette nature.
06:56Je pense qu'il faut donner
06:57de la profondeur au sujet.
06:59Et les grandes sociétés pétrolières ?
07:01Par exemple, aussi,
07:02essayez-le pas.
07:03Il faut faire très attention
07:04à ne pas fragiliser
07:06nos outils économiques.
07:07Nous avons très peu
07:08de puissance aujourd'hui.
07:09Nous sommes dans un monde
07:10où la force remplace le droit.
07:12Le droit recule,
07:13la force avance.
07:13Les grands groupes
07:14sont très puissants.
07:15Il ne faut pas fragiliser
07:16nos grands groupes.
07:17Néanmoins, entre fragiliser
07:18et puis contribuer,
07:20il y a quand même des discussions.
07:20En tout cas,
07:21ce que nous devrions faire,
07:22c'est comment on réagit
07:25à une aggravation d'une crise.
07:28Et après, de là,
07:29comment est-ce qu'on traite
07:30aussi les médias ?
07:31Je pense que si on ne se donne
07:32pas de profondeur,
07:33on va courir derrière les problèmes.
07:34Les gens seront toujours,
07:35j'ai entendu les réactions,
07:36le mécontentement,
07:37parce qu'il faudrait plus.
07:39Et puis, c'est vrai,
07:40on ne peut pas donner
07:41ce qu'on n'a pas.
07:42Mais en fait,
07:43dans l'histoire,
07:43on a toujours fait ça.
07:44Qu'est-ce que c'est que la dette ?
07:45C'est donner ce qu'on n'a pas.
07:46Donc, on est dans cette situation-là.
07:49Je crois qu'il faut trouver
07:50une dynamique
07:51qui est une dynamique
07:52de profondeur.
07:52Parce que là,
07:53la crise n'est pas dépendante
07:55directement de nous.
07:56Donc, il nous faut des scénarios.
07:57Elle est un peu dépendante
07:58de ce qu'on n'a pas fait
07:59auparavant.
08:00Pardonnez-moi,
08:00quand on compare
08:01aux autres pays européens,
08:01le 2-3-d'Hormuz,
08:02ce n'est quand même pas nous.
08:03Je suis d'accord.
08:05L'Espagne, l'Italie,
08:06la Pologne, l'Allemagne
08:07arrivent à agir sur les prix.
08:09L'État-Véa, pas nous.
08:10Mais sur ce qui va se passer
08:11dans les 2-3 mois qui viennent,
08:12ça ne dépend pas que de nous.
08:13C'est vrai que si on était
08:15plus musclé,
08:16ce serait meilleur.
08:17Dans cette cour,
08:17on réagirait mieux.
08:18On est plus fragile.
08:20Néanmoins,
08:20ce qui va se passer
08:21ne dépend complètement de nous.
08:22Donnons de la profondeur.
08:23Je salue la présence
08:24d'Ulysse Gosset
08:25qui nous a rejoint
08:26avec Laurent Joffrin,
08:27avec Arthur Berda.
08:28Bonsoir à vos listes.
08:29Bonsoir.
08:29Puisque vous parlez
08:30de profondeur et d'histoire,
08:31M. le Premier ministre,
08:33est-ce qu'on peut comparer
08:34cette crise à celle de 1973
08:35après le premier choc pétrolier
08:37lorsqu'à cette époque
08:38il y avait de la profondeur ?
08:40Pompidou avait appelé
08:41les Français.
08:42Mais écoutez cet extrait,
08:43il est incroyable.
08:44Il avait appelé les Français
08:46à économiser l'essence,
08:48l'électricité,
08:49le chauffage.
08:50Moi, je me demande
08:50s'il y a aujourd'hui
08:51un responsable à la télévision
08:52de dire ça,
08:53ce qui va se passer dans les rues.
08:54Regardez.
08:56Économisons l'essence,
08:58économisons l'électricité,
09:02économisons le chauffage.
09:04Et cela seul suffira
09:06à diminuer notre consommation
09:08et par la même.
09:10À parer à quelques difficultés
09:14d'importation
09:15et aussi à atténuer les effets
09:20sur la hausse des prix
09:21et sur notre commerce extérieur.
09:25Comment vous réagissez ?
09:26Je trouve que c'était une période
09:29où on savait encore
09:30appeler à la responsabilité
09:32des Français.
09:32Je crois qu'il y a deux phénomènes
09:34qu'il faut amener simultanément.
09:36La solidarité avec les plus fragiles,
09:38les gros rouleurs,
09:38tout ce qui fait,
09:39mais aussi la responsabilité des gens.
09:41Je suis assez frappé
09:42de voir que dans notre société,
09:44partout,
09:45on chasse la responsabilité.
09:46Vous entrez dans la pharmacie...
09:48Les Français roulent beaucoup moins.
09:49Ils ont diminué de 30%
09:51leur kilométrage.
09:52C'est pas mal, c'est genre ?
09:53Oui, ils roulent moins.
09:54Puis aussi, il y a une heure de queue
09:55sur les stations totales
09:56qui bloquent les prix.
09:57Il y a aussi une difficulté
10:00d'accès maintenant aux produits.
10:01Ce que je veux dire,
10:02c'est qu'on chasse complètement...
10:04Qu'est-ce que fait Pompidou ?
10:05Pompidou, il appelle
10:05à la responsabilité.
10:07Nous, on refuse d'appeler
10:08à la responsabilité aujourd'hui.
10:10Vous allez chez le pharmacien,
10:11vous verrez quand vous serez grand,
10:12vous aurez votre ordonnance
10:16tous les mois à aller chercher.
10:17Vous ne savez pas
10:18quel est le médicament
10:19qui est à 2 euros,
10:20quel est le médicament
10:20qui est à 50 euros.
10:21Vous ne le savez pas.
10:22Quand vous êtes maire,
10:23aujourd'hui, vous dépensez
10:24l'argent de l'État.
10:25Quand celui qui engage la dépense
10:27n'est pas celui qui paie,
10:28on est dans des systèmes irresponsables.
10:30On voit partout
10:31l'irresponsabilité.
10:32Mais qui a dit
10:32cette irresponsabilité ?
10:34Tout le monde sort son parapluie.
10:35J'en perdra pas.
10:35Vous voyez, mais ce discours
10:36de Pompidou, il est très clair.
10:38Il dit économiser.
10:39C'est-à-dire,
10:40la réaction importe aussi
10:41sur nos épaules
10:42et nous, personne ne veut le dire.
10:44Le discours était accepté
10:45à l'époque par les Français
10:46précisément parce que l'État
10:47ne se mêlait pas
10:48d'absolument chacun
10:49des pans de leur vie quotidienne
10:50comme ça a pu être le cas aujourd'hui
10:51et où il y avait
10:52un consentement
10:53à la parole de l'État
10:54qui aujourd'hui,
10:56qu'on le veuille ou non,
10:57a reculé,
10:58notamment en lien
10:59avec ce qu'il s'est passé
11:00durant le Covid
11:00et avec ses fameuses attestations
11:01qui ont provoqué
11:02chez les Français
11:03une forme de rejet.
11:04On peut l'approuver,
11:04on peut le déplorer,
11:05mais c'est quand même une réalité.
11:06Et donc, je crois qu'à l'époque,
11:07il y avait aussi une adhésion
11:08à la parole publique
11:09ou en tout cas un consentement,
11:10si je puis dire,
11:11à la parole publique.
11:11Mais on osait appeler.
11:12Aujourd'hui,
11:12on n'ose pas changer l'électeur.
11:13Emmanuel Macron, il a essayé,
11:14il a parlé de sobriété,
11:15souvenez-vous.
11:16Il avait dit,
11:16réglez vos thermostats.
11:18Alors attendez,
11:19quel serait le discours
11:20de vérité aujourd'hui
11:21si vous étiez aux responsabilités ?
11:23Est-ce que vous pourriez venir
11:24à la télévision,
11:24regarder les Français
11:25droit dans les yeux
11:26et leur dire,
11:26écoutez,
11:27on ne peut plus dépenser
11:28l'argent qu'on n'a pas.
11:29On peut,
11:29je vous encourage même
11:30à un confinement énergétique
11:32parce que je ne peux pas,
11:33moi, avec mes petits bras
11:34et la France aujourd'hui
11:35avec sa perte malheureusement
11:36d'influence,
11:37résoudre les crises
11:37du détroit d'Hormuz
11:38et les autres.
11:39Est-ce qu'on peut dire cela
11:40et ne pas passer,
11:42pardonnez-moi,
11:42pour un président
11:43totalement impuissant ?
11:45Écoutez,
11:46l'éthique de responsabilité,
11:48c'est quelque chose
11:48de très important.
11:49L'éthique de conviction,
11:51c'est la mienne.
11:51Aujourd'hui,
11:51je ne suis pas au pouvoir
11:52et je ne serai pas au pouvoir
11:53et on ne peut pas mélanger
11:54éthique de conviction
11:55et éthique de responsabilité.
11:56Vous êtes au responsabilité,
11:57vous avez toutes les manettes,
11:58je n'ai pas toutes les manettes,
12:00je suis incapable,
12:01incapable de dire aujourd'hui
12:02ce qu'il faudrait faire.
12:03C'est honnête de dire.
12:04Je n'ai pas les manettes
12:04et je n'ai pas,
12:06j'ai des convictions
12:07mais il y a un moment
12:08où je n'ai pas de majorité,
12:10de groupe parlementaire
12:11à se tenir compte,
12:12je n'ai pas tout ça.
12:12Mais vous savez,
12:13Jean-Pierre Raffarin,
12:14que la crise va durer.
12:15On est au début de la tempête
12:17et les temps s'aggravent.
12:19Vous savez très bien
12:19que les tours d'Hormuz
12:20ce n'est pas fini.
12:21Aujourd'hui encore
12:22à la tribune des Nations Unies,
12:24Donald Trump a menacé
12:25à nouveau
12:26d'anéantir l'Iran.
12:27Vous permettez
12:28qu'on l'écoute Ulysse
12:29et ensuite vous...
12:30Exactement,
12:30vous voyez comment on est synchro
12:31et puis vous poursuivez
12:32votre question.
12:33Écoutons-le donc
12:34à la tribune
12:34de l'Assemblée générale
12:36des Nations Unies.
12:38J'ai une décision importante
12:40à prendre.
12:42Va-t-on conclure un accord
12:44avec l'Iran
12:44qui lui permettra
12:45de se reconstruire
12:46et de devenir un pays
12:47bien plus puissant
12:48qu'il ne l'a jamais été,
12:49peut-être l'un des plus grands
12:50du Moyen-Orient,
12:51voire du monde ?
12:58Ou bien dois-je anéantir
13:00la République islamique
13:01et le faire rapidement
13:02sans jamais lui donner
13:03la possibilité de tuer
13:05et de détruire à nouveau
13:06des populations et des pays ?
13:07Dois-je la précipiter en enfer
13:09sans aucune chance de survie
13:11ni aucun espoir
13:12de grandeur future
13:13ou de génération à venir ?
13:15Et nous sommes sur place
13:17avec notre journaliste
13:18Antoine Eulard sur place.
13:20Antoine, là on a entendu
13:21un discours avec...
13:22Bon, un discours aussi
13:23à la manière de Donald Trump.
13:25On va aussi voir la réponse,
13:27elle ne va pas tarder,
13:28du président français
13:29Emmanuel Macron.
13:34Exactement,
13:34et ce sera d'ailleurs
13:35le dernier discours
13:36d'Emmanuel Macron
13:37à la tribune de l'ONU.
13:38Un discours en forme de bilan,
13:40un discours en forme
13:41de chant du cygne,
13:42c'est en tout cas
13:42ce que titre
13:43le New York Times
13:44aujourd'hui.
13:46Alors Emmanuel Macron,
13:47depuis qu'il est arrivé
13:48à New York,
13:49on le voit,
13:49cherche à s'attaquer
13:50notamment aux racines
13:52du problème
13:53de la flambée
13:54des prix du carburant.
13:55Ça a été très marquant
13:57hier,
13:57notamment dans l'entretien
13:58qu'il a eu
13:59avec Donald Trump,
14:00au cours duquel
14:01il a soumis
14:02deux idées
14:02au président américain
14:03pour essayer
14:05de calmer
14:06les tensions
14:06sur les marchés
14:06pétroliers.
14:07La première,
14:08c'est une proposition
14:09de résolution
14:10qui sera transmise
14:11au Conseil de sécurité
14:12de l'ONU
14:12pour rouvrir
14:13le détroit d'Hormuz,
14:15ce qui pourrait permettre
14:16d'avoir un cadre
14:17finalement
14:17pour que,
14:18dans un deuxième temps,
14:19la marine française
14:21puisse intervenir
14:22notamment dans des opérations
14:23de déminage.
14:23Et puis,
14:24l'autre information,
14:25l'autre proposition
14:26d'Emmanuel Macron,
14:27c'est que la France
14:30intervienne militairement
14:31pour protéger
14:32les installations
14:33pétrolières
14:33d'Arabie saoudite
14:34parce qu'au-delà
14:35du détroit d'Hormuz,
14:36il y a désormais
14:36un problème
14:37en mer rouge
14:38avec les Houthis,
14:39ce groupe rebelle,
14:40armé,
14:40allié à l'Iran
14:41qui attaque
14:42les infrastructures
14:43pétrolières saoudiennes,
14:44les pipelines,
14:45les tankers,
14:46les ports.
14:46Et donc,
14:47dans ce contexte,
14:47la France pourrait intervenir.
14:49Alors,
14:49on nous dit une intervention
14:50purement défensive,
14:51il ne s'agit pas
14:52d'aller faire la guerre
14:52avec les Houthis,
14:53mais l'idée derrière ça,
14:54ce serait de rétablir
14:57le trafic
14:58en mer rouge
14:59pour calmer
14:59les tensions
15:00sur les marchés pétroliers.
15:01Donc,
15:01on imagine que tout cela
15:02sera abordé
15:03par Emmanuel Macron
15:04tout à l'heure
15:05à la tribune
15:06de l'ONU.
15:07On sait aussi
15:08que le président français
15:09veut mettre l'accent
15:11sur la Palestine
15:12et la solution
15:13à deux États,
15:14un sujet qui était
15:15très important
15:16l'année dernière
15:16pendant cette
15:17Assemblée Générale
15:18de l'ONU
15:18à l'initiative
15:19de la France
15:20et c'est un sujet
15:21qu'Emmanuel Macron
15:22veut encore mettre
15:24sur le tapis
15:24aujourd'hui.
15:26Merci Antoine,
15:27merci pour toutes
15:27ces précisions.
15:28Évidemment,
15:29nous suivrons
15:29le discours du président
15:30à la tribune
15:31avec quand même
15:32des choses importantes
15:33qui se sont passées
15:34et qui ont été
15:34dédites,
15:35Ulysse.
15:36Oui,
15:36il faut bien voir
15:37la situation
15:37telle qu'elle est
15:38aujourd'hui.
15:39L'Amérique
15:40refuse d'aider
15:41l'Arabie Saoudite
15:41contre les Houthis
15:42qui contrôlent
15:44d'une certaine manière
15:44le deuxième des trois,
15:45celui de Bab el-Manded.
15:47Et on a la France
15:47qui propose son aide,
15:49c'est le monde
15:49à l'envers quand même.
15:50L'Arabie Saoudite,
15:51c'est un accord
15:51qui date depuis 1945
15:53entre le roi Ben Saoud
15:54et le président Roosevelt.
15:56Qu'est-ce qui se passe
15:57dans ce monde
15:57qui devient un peu fou ?
15:58Jean-Pierre Raffarin,
15:59vous qui avez l'expérience
16:01de l'exercice du pouvoir.
16:03Et puis l'autre nouvelle
16:04qui est considérable
16:05à mes yeux,
16:06c'est qu'on voit
16:06un petit pays balte
16:08qui dit
16:09je suis d'accord
16:10pour être sous
16:11le parapluie nucléaire
16:12de la France.
16:13On sait que des pays
16:14comme la Finlande
16:15ou l'Allemagne,
16:16la Pologne
16:16sont en train
16:17d'y réfléchir,
16:18ça veut dire
16:18que la France
16:19serait, je dirais,
16:20le grand protecteur
16:21grâce à son arme nucléaire.
16:22Est-ce que ça vous
16:23semble dangereux ?
16:24Est-ce que c'est quelque chose
16:26qu'il faut faire ?
16:27Quel est votre avis là-dessus ?
16:28C'est évidemment
16:29très difficile.
16:30Je pense que c'est
16:31une de nos rares forces
16:34aujourd'hui
16:34qui est ce parapluie nucléaire.
16:36Et je pense
16:37qu'il faut le consacrer
16:38à un élément majeur
16:40et pour le moment
16:40à ce seul élément
16:42qu'est la relation
16:42avec l'Allemagne.
16:44Je pense qu'il ne faut
16:45surtout pas
16:45s'engager dans une
16:47perspective européenne
16:48à ce jour.
16:49La question c'est
16:50comment on remet
16:51ensemble
16:52stratégiquement,
16:53politiquement
16:53la France et l'Allemagne.
16:55Pourquoi aujourd'hui
16:56nous avons des difficultés
16:57si fortes en Europe ?
16:58On n'a pas de leadership
16:59européen.
16:59Pourquoi on n'a pas
17:00de leadership européen ?
17:01Parce qu'on a fait l'Europe
17:02pour la paix
17:03et que l'économie
17:04et la politique
17:05ne sont pas dans
17:06les mêmes mains en Europe.
17:07Contrairement à Xi Jinping
17:08ou contrairement à Trump
17:09qui a le dollar d'un côté
17:11et qui a en même temps
17:12la politique.
17:14le nucléaire
17:14c'est de la politique.
17:16Ce sont les nations.
17:17Et aujourd'hui
17:17il faut redonner
17:18un leadership
17:18à l'Europe.
17:19Et ça ne peut être
17:20que par un noyau
17:21franco-allemand
17:22peut être
17:23progressivement
17:23contre l'élargissement
17:24d'autres pays.
17:25Je pense que
17:26notre seule force
17:28aujourd'hui véritable
17:29qui est cette capacité
17:30stratégique,
17:31il faut la mettre
17:31au service
17:32d'un rapport de force
17:33franco-allemand en Europe.
17:34Sinon on dilue
17:36c'est le projet
17:38du président français.
17:40sans véritable rapport
17:41de force.
17:42Là ce que vous dites
17:43c'est majeur
17:44Jean-Pierre
17:44par rapport
17:45au projet
17:46du déminé de Macron.
17:47Il va avoir
17:48le problème
17:49de ses voitures
17:50il a le problème
17:51de son énergie
17:52il n'a plus le gaz russe
17:53donc les Allemands
17:53ils ne sont pas
17:54en si bonne situation
17:55que ça
17:56donc ils ont besoin
17:56et nous
17:57naturellement
17:57ils nous regardent toujours
17:58avec une certaine
17:59condescendance
17:59avec nos déficits
18:00et nos déficits.
18:00Et vous savez
18:01que ça ne va pas très bien
18:01avec l'Allemagne
18:02et c'est pour ça
18:05que je crois
18:06que la situation internationale
18:07donne à la France
18:08une carte
18:09qui est d'avoir
18:10une discussion
18:10avec l'Allemagne
18:11pour avoir
18:12des politiques communes
18:13on construit
18:14l'Union européenne
18:14on continue
18:15mais il nous faut
18:15des politiques communes
18:16qui soient des politiques
18:17franco-allemandes
18:18quand vous voyez
18:19que vis-à-vis des Chinois
18:20aujourd'hui
18:20sur le Mercosur
18:22on est contre
18:23les Allemands sont pour
18:23sur le véhicule électrique
18:25les Allemands sont contre
18:26et nous nous sommes pour
18:27quel est notre rapport
18:28de force internationale
18:29quand on est dans cette situation
18:30on a besoin
18:31d'un rapport de force
18:31en Europe
18:32il faut un leadership
18:32ce leadership
18:33il est à la base
18:34ça ne suffira pas
18:35il faudra l'élargir
18:35mais à la base
18:36il est à la base
18:37et là on a une occasion
18:38de rapprochement
18:39avec l'Allemagne
18:40l'Allemagne qui pour son armée
18:42alors là n'attend pas
18:43de savoir ce qu'on pense
18:44pardonnez-moi
18:45mais après c'est un sujet
18:45qu'on passe sous la table
18:46c'est pas rien
18:48l'armée allemande
18:48c'est pas rien
18:50mais ça risque d'être
18:52dans 5 ans
18:52ou dans 10 ans
18:53bien plus grave
18:53qu'aujourd'hui
18:54si on prend
18:54la situation
18:55et le soutien
18:56à l'Arabie saoudite
18:56est également
18:57un tournant absolument majeur
18:59ça veut dire que la France
19:00joue le rôle
19:00je dirais de la police
19:02du Détroit
19:03aux côtés
19:04des Saoudiens
19:05alors que Donald Trump
19:06lui s'en va
19:07c'est un des mérites
19:08du président de la République
19:08dont on a beaucoup
19:09attendez de voir
19:10c'est un des mérites
19:10du président de la République
19:11d'être lui
19:11loyal avec ses alliés
19:13ce que n'est pas
19:13le président américain
19:14et le fait nouveau
19:15vous disiez que j'avais
19:16connu beaucoup de choses
19:16mais j'ai quand même connu
19:17pour un certain nombre de choses
19:18des américains
19:19quelquefois très loyaux
19:20là aujourd'hui
19:21on est dans un monde
19:21où les américains
19:22ne sont pas loyaux
19:23avec leurs alliés
19:25on parlait de la démonétisation
19:27de la parole publique
19:28mais alors
19:29Donald Trump
19:29ça fait 4 fois
19:30qu'il menace
19:31de détruire l'Iran
19:325 fois
19:33il nous a annoncé
19:34qu'il y aurait un accord
19:35et qu'est-ce que vous voulez
19:35une bombe sur le pays ?
19:37pas du tout
19:37je pense que c'est assez compliqué
19:39ce qu'il dit
19:40n'est pas audible
19:41il dit n'importe quoi
19:43quel est le pays
19:44pardonnez-moi
19:45le président américain
19:46qui est intervenu
19:48en Iran ?
19:49il a engagé une guerre
19:51dont il ne connait pas
19:52ni les buts
19:53ni la fin
19:54et qui a déclenché
19:56un désordre mondial
19:57indescriptible
19:58indescriptible
19:58parlons du désordre mondial
19:59et notamment de la
20:00c'est de la faute de Trump
20:01et Netanyahou
20:02de la menace
20:03de la menace russe
20:04que répondez-vous
20:05Jean-Pierre Raffarin
20:06à ceux qui affirment
20:07qu'il y a une part
20:08de communication
20:08et même de diversion
20:11de la part
20:12d'Emmanuel Macron
20:13qui dramatiserait
20:14les enjeux
20:15qui sont sérieux
20:16mais qui les dramatise
20:18à outrance
20:19sur la menace russe
20:21franchement
20:22je suis très libre
20:23je peux critiquer
20:24Macron sans problème
20:26mais je ne le crois pas
20:28quand vous discutez
20:29avec les anglais
20:30aujourd'hui
20:30l'opinion publique anglaise
20:32et les anglais
20:32les leaders anglais
20:33sont vraiment persuadés
20:34qu'on va avoir
20:35un clash avec les russes
20:36un clash
20:37on est quand même
20:38dans une situation
20:39oui
20:40il faut se préparer
20:42si les anglais
20:42retournent leur veste
20:44par rapport aux Etats-Unis
20:45comme ils sont en train
20:46de le faire
20:46c'est quand même
20:47assez étonnant
20:47dans toute leur histoire
20:48moi on m'avait toujours
20:49expliqué qu'avec les anglais
20:50ils pouvaient prendre
20:51des libertés
20:51mais à la fin
20:52ils étaient toujours
20:52à côté
20:53tel le jeu
20:53carré
20:54ils retrouvaient toujours
20:54dans la boîte américaine
20:56à l'arrivée
20:57et là on voit bien
20:58que les anglais
20:59aujourd'hui
21:00sont très inquiets
21:01de la situation européenne
21:01se rapprochent du continent
21:03parce qu'ils sont très inquiets
21:04et quand on voit
21:05naturellement
21:05les Pays-Bas
21:06quand vous voyez
21:06que les Suédois
21:07distribuent des papiers
21:08sur quelle est l'attitude
21:09qu'on doit avoir
21:10en situation de guerre
21:11on voit quand même
21:12qu'il y a une préoccupation
21:14en Europe
21:14de la tension
21:15sur cette guerre
21:17et dont il faut tenir compte
21:19et quand on parle
21:19de principe de précaution
21:20on met le principe de précaution
21:21dans notre constitution
21:22mais on ne le met pas
21:23sur les menaces
21:24de politique étrangère
21:24vous parlez de risque
21:25de clash
21:25avec les russes
21:27c'est ce que vous avez dit
21:28exactement
21:28vous croyez qu'il y a
21:29une possibilité
21:30pas simplement
21:31de confrontation cyber
21:32comme elle a lieu aujourd'hui
21:33mais vraiment
21:34d'arrontement
21:35armé
21:35militaire
21:36il peut y avoir
21:37un clash
21:38y compris d'ailleurs
21:40ça c'est souvent dans l'histoire
21:42des erreurs
21:43dramatiques
21:43vous avez vu
21:44je ne sais pas
21:44ce qui s'est passé
21:45à Lepsik
21:46mais c'était quand même
21:47extrêmement dangereux
21:48ce qui s'est passé
21:48donc on ne sait pas
21:50comment les choses
21:51peuvent se passer
21:51donc je crois
21:52qu'il peut y avoir
21:53un incident
21:54qui deviendrait
21:54un accident
21:55très grave
21:56qui pourrait
21:56nous poser des questions
21:57quelque chose
21:58qui serait sur les Pays-Baltes
21:59par exemple
22:00une initiative
22:01la plupart des guerres
22:02dans notre histoire
22:03ont commencé comme ça
22:04d'ailleurs
22:04sur un événement
22:05un incident
22:08je pose quand même
22:09la question
22:09parce que pardonnez-moi
22:10communiquer
22:11vous avez été
22:12Premier ministre
22:13communiquer
22:13au sortir
22:14du bunker
22:15de l'Elysée
22:16où vous avez convié
22:16les différents chefs de parti
22:17les responsables
22:18des renseignements
22:19de la sécurité
22:20intérieure et extérieure
22:21vous envoyez un message
22:23également au peuple français
22:24vous au pouvoir
22:25est-ce qu'il faut un message
22:26de mobilisation
22:27est-ce que là
22:28de responsabilité
22:29il faut responsabilité
22:30on s'en sortira
22:32à tous les niveaux
22:33on remet de la responsabilité
22:34soyons lucifs
22:36est-ce qu'il a diffusé
22:37de la peur
22:38selon vous
22:38mais la situation
22:39est inquiétante
22:39c'est normal
22:41permettez qu'on pose la question
22:42vous vous le pensez
22:43peut-être que d'autres
22:44ne le pensent pas
22:44mais ils ont tort
22:45moi je pense
22:46que la situation
22:47est préoccupante
22:48je crois qu'il faut
22:49éviter la peur
22:50est toujours mauvaise conseillère
22:51donc il ne faut jamais
22:52lever la peur
22:53ça je suis bien d'accord
22:53avec vous
22:54mais clairement
22:54la gravité
22:55on parlait tout à l'heure
22:56de la gravité
22:56la situation
22:58cette guerre
22:59on voit bien que
23:00Poutine ne peut pas gagner
23:01pour l'Europe
23:02pour nous tous
23:03il ne peut pas gagner
23:04il ne peut pas perdre
23:06parce que vous dites
23:07il ne doit pas
23:07il ne doit pas
23:08mais ils nous feront tout
23:10pour qu'il ne gagne pas
23:11oui mais vous ferez tout
23:12il y a une élection
23:13ça ne vous a pas
23:13évidemment échappé
23:14dans quelques mois
23:15il y a certains candidats
23:16même s'ils ont opéré
23:17un revirement
23:18dernièrement
23:19je parle du Rassemblement National
23:20avec un communiqué
23:21qui lève sans doute
23:23certaines ambiguïtés
23:24enfin ils veulent interroger
23:26l'aide à l'Ukraine
23:27ça vous choque ?
23:28moi ça me choque
23:29oui parce que
23:29je crois vraiment
23:31que nous sommes engagés
23:32parce que
23:33l'identité européenne
23:35de mon point de vue
23:35est attaquée
23:37par Poutine
23:38et donc dans cette identité
23:40je pense que
23:40c'est là où
23:42vieille histoire
23:43pour un homme politique
23:44quand est-ce qu'on parle
23:45avec l'ennemi
23:45la paix
23:46j'ai fait une organisation
23:47pour la paix
23:48c'est parler avec l'ennemi
23:49mais quand est-ce qu'on parle
23:50avec l'ennemi
23:50et quand est-ce qu'on ne parle
23:51plus avec l'ennemi
23:51quand est-ce qu'on devient
23:52résistant
23:53et quand est-ce qu'on évite
23:54d'être collaborateur
23:55c'est quand on est
23:56c'est quand on est
23:57attaqué dans son intégrité
23:58moi personnellement
23:59aujourd'hui
24:00j'ai le sentiment
24:01que Poutine attaque
24:02mon identité d'européen
24:04donc je suis résistant
24:05vis-à-vis
24:06c'est lourd de sens
24:08résistant
24:08et de l'autre côté
24:09il y aurait alors
24:10des municois
24:11c'est-à-dire ceux
24:12qui remettent en cause
24:13aujourd'hui
24:14l'aide à l'Ukraine
24:15ou demain
24:15je ne les qualifie pas
24:16je pense que
24:17face aux résistants
24:17qu'est-ce qu'il peut y avoir ?
24:18Monsieur le Premier ministre
24:19vous avez dit discours
24:20de vérité
24:21de responsabilité
24:22De Gaulle nous a montré
24:23qu'il parlait à tout le monde
24:24mais à un moment
24:25qu'il tracait une ligne
24:26qui était la ligne
24:26de la résistance
24:27j'ai cherché à savoir
24:28comment on définit cette ligne
24:29moi qui parle avec les Chinois
24:30je ne suis pas pro-Chinois
24:32mais je parle avec Chinois
24:33Certains vous l'ont reproché
24:34Mais bien sûr
24:35On est dans un monde
24:37où
24:37Je n'ai jamais fait de faute
24:38et je suis très attentif
24:39Il suffit d'avoir des relations
24:40des discussions
24:40pour être considéré
24:41comme pro-régime
24:43Non, non
24:43c'est quand vous avez
24:44votre intégrité
24:45qui est attaquée
24:47par une offensive
24:48qui est très claire
24:48ce qui est le cas
24:49de mon point de vue
24:50sur l'Ukraine
24:51donc je me sens résistant
24:53donc là
24:53je ne parlerai jamais
24:54avec les Russes
24:55dans ces circonstances
24:55Est-ce que dans les candidats
24:56de capacité
24:57de l'emporter en 2027
24:58puisqu'on est dans une période
24:59d'élection présidentielle
25:00donc on ne va pas faire semblant
25:00d'éviter le sujet
25:01Est-ce que dans les candidats
25:02qui sont en capacité
25:03de l'emporter
25:03il y en a principalement deux
25:04d'un côté Marine Le Pen
25:05de l'autre Édouard Philippe
25:06Est-ce qu'il y en a un des deux
25:07une des deux
25:07si on se parle franchement
25:08qui selon vous
25:10serait une menace
25:11incarnerait un risque
25:12pour cette ligne de résistance
25:13que vous appelez de vos voeux ?
25:14Écoutez
25:15je pense que
25:16le Rassemblement National
25:17a été très ambigu sur tout ça
25:19mais le parcours
25:20est encore très lent
25:21la campagne
25:22vous savez
25:22tout ce qui se passe aujourd'hui
25:27donc on va avoir des secousses
25:28on va avoir des difficultés
25:29là on va avoir des gens
25:30tu penses que les choses
25:30peuvent s'aggraver
25:31ou se régler d'ici le mois mai ?
25:32Bien sûr
25:32qu'on va avoir
25:34des clarifications
25:35qui vont apparaître
25:35il y a des gens qui vont
25:37aujourd'hui
25:38il faut une certaine sobriété
25:39sur le terrain politique
25:40il y a un moment
25:40il va falloir s'engager à fond
25:41là on est dans la présélection
25:43on est dans la périphérie
25:44du problème
25:45Oui mais pardonnez-moi
25:46il y a des sondages
25:47Jean-Pierre Raffarin
25:48il y a quand même deux pôles
25:49aujourd'hui
25:49qui sont installés
25:50dans le paysage politique
25:51il y a le Rassemblement National
25:53il y a la France Insoumise
25:54mais vous voyez venir
25:56oui
25:56mais pardonnez-moi
25:57s'il y a
25:58s'il y a Rassemblement National
25:59face à LFI
26:01que fait Jean-Pierre Raffarin ?
26:02j'imagine que vous n'allez pas
26:03à la pêche
26:05Je ne sais pas forcément
26:06d'aller à la pêche
26:07on peut très bien
26:07aller voter blanc
26:08on peut très bien
26:09ça m'est déjà arrivé
26:10pour vous le dire
26:11la dernière fois
26:11Donc entre Marine Le Pen
26:12et Jean-Luc Mélenchon
26:13Jean-Pierre Raffarin
26:14ne décide pas
26:15Je n'ai pas voulu voter
26:16je n'ai pas voté
26:17entre LFI
26:19et déjà dans le
26:20Mais est-ce que l'un
26:21est plus dangereux que l'autre
26:22pour la France ?
26:23Je pense que pour mes électeurs
26:24aujourd'hui
26:25pour ceux avec qui
26:26j'ai fait mon combat politique
26:28ça compte quand même
26:28dans la vie
26:29d'être fidèle un peu
26:30à ce qu'on est
26:31c'est clair que le front républicain
26:33qu'on a toujours vécu
26:34aujourd'hui
26:35c'est transféré
26:36il est contre
26:37dans l'électorat de droite
26:38il est contre Mélenchon
26:39Donc il y a beaucoup de gens
26:40y compris de mes propres amis
26:42je ne suis pas là
26:43je ne suis pas là
26:44et il y a beaucoup d'amis
26:45qui me disent
26:46contre Mélenchon
26:47je voterai
26:47contre la Décision
26:48Ce qui n'est pas votre cas donc
26:49Non mais moi je vous pose action
26:50À ce jour je ne suis pas
26:51Jean-Pierre Rappin
26:52Je me garde
26:53Vous avez dit discours de responsabilité
26:55Quel est entre les deux
26:56le plus grand danger pour la France ?
26:59Je pense qu'il y a un danger
27:01de court terme
27:02qui est un grave danger
27:03qui est le danger
27:04de casser la France
27:06comme le fera Mélenchon
27:08L'autre danger
27:09c'est un danger de dérive
27:11Je ne crains pas
27:12celui forcément
27:13qui vote Le Pen aujourd'hui
27:14mais je me souviens très bien
27:16parce qu'il y aura des blocages
27:18parce qu'il va y avoir des tensions
27:19et parce qu'un certain nombre
27:20de braves gens soutiendront
27:22Mme Le Pen à ce moment-là
27:23et qu'il y aura une radicalisation
27:24que la violence montera
27:25et c'est la dérive
27:26qui est conduite au fascisme
27:27Ce n'est pas l'instant T
27:29C'est progressivement
27:30Marine Le Pen
27:30fasciste ?
27:32Pas forcément aujourd'hui
27:33Ce que je crains
27:35Demain alors ?
27:35Les extrêmes
27:36Les extrêmes
27:36Attendez
27:37Le mot est fort
27:38Jean-Pierre Rappin
27:39Est-ce que vous avez vu
27:40Est-ce que vous avez vu
27:41des extrêmes
27:43Est-ce que vous avez vu
27:44des extrémistes
27:44évoluer vers le centre ?
27:46Est-ce que vous avez vu
27:46dans l'histoire
27:47des extrémistes
27:48qui évoluent vers le centre ?
27:49Oui, en Italie
27:51Mme Mélanie
27:51n'est-elle pas en train
27:52d'appliquer une politique
27:53de centre droit ?
27:55Non
27:55Pas vraiment
27:57Je vais essayer
27:57de vous donner un exemple
27:58Si on a bien une
27:59qu'on appelait néofasciste
28:00Je ne sais pas
28:01Je vais avoir main dans la main
28:02avec Ursula von der Leyen
28:03Je pense que le danger
28:05de Mme Le Pen
28:06c'est une dérive
28:07droitière
28:07C'est une dérive
28:08qu'on a connue
28:09Chercher à établir
28:10une forme d'équivalence
28:11entre le RN et les filles
28:12à laquelle vous-même
28:13vous semblez ne pas croire
28:14M. le Président
28:15Je sais ce que c'est
28:16que la violence
28:17Je peux vous dire
28:18que le jour
28:18où vous bloquez une fac
28:20les gens qui vont voter
28:22pour un démocrate
28:23et qui auront leurs enfants
28:24qui ne pourront pas aller
28:25aux facs
28:25parce qu'on ne respectera pas
28:26Mme Le Pen
28:27parce qu'il y a des gens
28:28qui par conviction
28:29ne voudront pas respecter
28:30Mme Le Pen
28:30Vous avez un engrenage
28:32de violence
28:32Vous craignez Jean-Luc Mélenchon
28:35et vous craignez
28:36les répercussions
28:36que pourrait avoir
28:37l'élection de Marine Le Pen
28:38Ce que je crains
28:39c'est ce tandem
28:40parce que l'intérêt
28:41de l'instabilisation
28:43et l'intérêt de l'autre
28:44ce sera la dérive
28:45Vous votez blanc
28:48Vous, ancien Premier ministre
28:49responsable politique
28:50avec le parcours
28:51à la carrière
28:51que vous êtes
28:51vous votez blanc
28:52dans un moment aussi important
28:56Vous permettez
28:57que je relance
28:58M. Geoffrin
28:59ou quand une réponse
29:00vous plaît
29:00on doit arrêter
29:01un entretien
29:01Non
29:03Je vous remercie
29:04Vous êtes trop bon
29:04Ce que je vous dis
29:05D'abord
29:06il ne faut jamais
29:07la différence
29:08entre la politique
29:10et le citoyen
29:11c'est que la politique
29:12y pense le jour
29:13de l'élection
29:14Ce qu'il faut
29:15c'est que je rencontre
29:16l'électorat
29:16un certain dimanche
29:17entre 8h et 20h
29:18et donc je vous dirai
29:19dans ces moments-là
29:20ce que je ferai
29:21le moment venu
29:21parce que je crois
29:22qu'il va se passer
29:23beaucoup de choses
29:23et que je peux
29:24être contraint
29:25de changer d'avis
29:26parce qu'il va passer
29:27beaucoup de choses
29:27si aujourd'hui
29:28il y avait un vote
29:29aujourd'hui
29:30je voterais blanc
29:31je ne voterais pas
29:32Mais c'est la fin
29:34Pardonnez-moi
29:34Arthur Berber
29:35il est 20h
29:36merci Jean-Pierre Raffarin
29:38donc vous reviendrez
29:39vous nous direz
29:39dans les circonstances
29:40voilà pourquoi il faut
29:42toujours relancer
29:42les responsables politiques
29:43à la fin on a quand même
29:45un élément de réponse
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