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  • il y a 1 heure
Elif Eralp, arrivée en tête des élections régionales à Berlin, pourrait bientôt devenir la nouvelle maire de la capitale allemande. Pour cela, elle devra réussir à bâtir une coalition avec les Verts et le SPD. Mais pourquoi cette juriste, qui a fait du logement son cheval de bataille, est-elle classée dans la "gauche radicale" ? A cette question posée en commentaire d'une de nos publications, nous apportons cet éclairage sur son programme et le positionnement de son parti politique, Die Linke.

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Transcription
00:00Elle, c'est Elif Eralp, bien placée pour devenir la maire de gauche radicale de Berlin.
00:06Mais son programme est-il si radical que ça ?
00:09Cette question, vous nous l'avez posée en commentaire de cette publication, on vous répond.
00:12Pour commencer, il faut savoir qu'Elif Eralp place le logement au centre de ses priorités.
00:17Si vous zoomez sur ce pendentif qu'elle porte lors de ses apparitions publiques,
00:21vous y lirez même « Mittendecke » qui signifie « plafonnement des loyers ».
00:24Et sur ce sujet, les propositions d'Elif Eralp se situent effectivement très à gauche.
00:29Elle veut par exemple nationaliser 220 000 logements en expropriant les grands groupes immobiliers qui les détiennent.
00:34Une mesure spectaculaire qui se situe parfaitement dans la ligne anticapitaliste de son parti Die Linke,
00:43mais qui divise le SPD, le grand parti allemand de centre-gauche.
00:47La juriste tient aussi un discours offensif sur les hauts revenus.
00:50Elle milite pour le retour de l'impôt sur la fortune,
00:53souhaite augmenter les taxes sur les résidences de luxe
00:55et veut renforcer la lutte contre l'évasion fiscale.
00:58Sur le plan international, Die Linke soutient la cause palestinienne
01:01et dénonce un génocide à Gaza.
01:03Un positionnement qui figure parmi les marqueurs de la gauche dite « radicale »,
01:07même si elle n'en a pas l'exclusivité.
01:09En lien avec ce sujet, le parti a d'ailleurs traversé plusieurs controverses
01:12qui lui ont valu des accusations d'antisémitisme.
01:14De son côté, Elif Eralp s'est attachée à lever toute ambiguïté.
01:22Autre point à souligner, Die Linke s'oppose historiquement à l'OTAN,
01:26ce qui le différencie des autres partis progressistes en Allemagne.
01:29Toutes ces prises de position, tant au niveau local qu'au niveau international,
01:33placent Elif Eralp et Die Linke très à gauche sur l'échiquier politique allemand.
01:37Mais ce qui est annoncé comme une victoire de la gauche radicale appelle aussi à être nuancé.
01:41Car si certaines de ces idées font l'effet d'un électrochoc,
01:44d'autres sont partagés par les formations de gauche.
01:47Par exemple, les Verts et le SPD sont eux aussi favorables
01:49au rétablissement de l'impôt sur la fortune.
01:51Par ailleurs, Elif Eralp porte plusieurs propositions sur le coût de la vie
01:54qui trouvent un large écho au centre-gauche,
01:57comme la baisse du prix des transports publics
01:58ou la gratuité de la collecte des encombrants.
02:01Et il faut aussi se rappeler l'importance des coalitions en Allemagne.
02:04Pour pouvoir gouverner sa région, Elif Eralp doit d'abord se mettre d'accord avec d'autres partis.
02:09Die Linke, qui assume d'appartenir à la gauche de gouvernement,
02:12a d'ailleurs déjà participé à ce type d'alliance.
02:14Elif Eralp est donc encore loin d'avoir les mains libres
02:17pour appliquer l'intégralité de son programme.

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