00:00Alors que le gouvernement a engagé depuis plusieurs semaines une offensive contre l'insalubrité dans le grand Libreville, une question
00:06financière revient avec insistance.
00:09Quelle utilisation est faite des milliards de francs CFA prélevés sur les consommations d'électricité pour financer notamment le ramassage
00:15des ordures ?
00:16Dans sa livraison du 21 septembre 2026, Direct Info Gabon évalue à près de 500 millions de francs CFA par
00:23mois les recettes tirées de ce prélèvement.
00:25Une interrogation d'autant plus légitime que les dépôts sauvages continuent de ponctuer le paysage urbain.
00:31Le paradoxe est difficile à éluder. Les ménages sont appelés à participer financièrement à l'amélioration de leur environnement à
00:37travers un prélèvement de 7% assis sur leur consommation d'électricité.
00:42Tandis que les pouvoirs publics mobilisent parallèlement communes, administrations et opérateurs pour tenter de débarrasser le grand Libreville de ces
00:49déchets.
00:50Derrière l'urgence sanitaire se pose donc une question élémentaire de reddition des comptes.
00:55Combien l'Etat encasse-t-il réellement au titre de cette contribution ? Combien est effectivement consacré à l'assainissement
01:01? Et quels opérateurs ou collectivités en bénéficient ?
01:06Comme le rappelle direct en Fogabon, la contribution pour les ordures ménagères avait été instituée par la loi numéro 047
01:12-2018 du 30 janvier 2019.
01:15Son taux était fixé à 7% du montant hors-taxe de la consommation d'électricité.
01:20Les distributeurs d'électricité étaient chargés de collecter cette taxe et de la reverser aux receveurs des impôts compétents.
01:27Tandis que l'article 22 prévoyait explicitement l'affectation de son produit au ramassage des ordures ménagères, au balayage des
01:34rues et au curage des caniveaux.
01:35Mais le cadre a changé en 2026. La loi de finances a abrogé dans un dispositif pour instituer la contribution
01:42pour l'amélioration du cadre de vie, dont le taux définitif demeure fixé à 7%.
01:47Son champ d'affectation est toutefois plus large.
01:50Les recettes peuvent désormais financer non seulement le ramassage des déchets, le balayage et le curage, mais également la construction
01:57des voiries et réseaux divers.
01:59Autrement dit, comparer mécaniquement les recettes actuelles aux seules dépenses de collecte des ordures serait incomplet.
02:06L'ordre de grandeur reste néanmoins considérable.
02:09Les projections budgétaires indiquaient que l'ancienne CEOM avait généré environ 5,7 milliards de francs CFA en 2025,
02:16soit une moyenne théorique de 475 millions de francs CFA par mois.
02:21Le projet initial pour 2026 envisageait même de porter le prélèvement à 9%, établé sur 8,3 milliards de recettes,
02:28avant le maintien du taux à 7% à l'issue de l'examen parlementaire.
02:32Dans sa publication du 21 septembre, Direct Info Gabon pose dès lors une question simple.
02:37Où vont les 500 millions de francs CFA prélevés chaque mois via l'EDAN ?
02:41Si la moyenne mensuelle avancée constitue une extrapolation des recettes annuelles et non la preuve d'un encaissement identique chèque
02:48au mois,
02:48elle donne néanmoins la mesure des ressources mobilisées.
02:51A titre d'illustration, sur une base taxable de 30 000 francs CFA, un prélèvement de 7% représente 2
02:57100 francs CFA,
02:59soit 25 200 francs CFA sur 12 mois.
03:02La question ne peut cependant se réduire à demander pourquoi 475 ou 500 millions de francs CFA ne suffirait pas
03:08à nettoyer Libreville.
03:10La contribution est nationale et son affectation a été élargie depuis 2026.
03:15En revanche, l'interrogation sur sa traçabilité reste entière.
03:19Quel est le montant effectivement encaissé depuis janvier 2026 ?
03:22Quelle part finance le ramassage des jordures ?
03:24Quelle part est consacrée au voirie, au balayage ou au curage ?
03:29Quels montants ont été décaissés et au bénéfice de quelles collectivités ou prestations ?
03:34C'est précisément là que l'offensive gouvernementale contre l'insalubrité gagnerait à être accompagnée d'une transparence budgétaire équivalente.
03:41Lorsque le citoyen contribue à chaque facture ou recharge d'électricité,
03:45il est fondé à pouvoir établir le lien entre le prélèvement acquitté et le service financé.
03:51Publié périodiquement, les recettes de cette contribution, leurs ventilations et les dépenses exécutées permettraient de déplacer le débat des soupçons
03:58vers les chiffres.
03:59Car, dans la bataille contre les ordures, la question n'est désormais plus seulement de savoir combien l'État collecte,
04:05mais de démontrer, document à l'appui, ce que chaque franc collecté permet effectivement de financer.
04:11Sous-titrage Société Radio-Canada