00:007h, 9h, Europe 1 matin.
00:02Et place à votre première signature Europe 1 du vendredi.
00:05Bonjour Catherine Ney.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:08Catherine, Emmanuel Macron s'est adressé aux Français hier depuis l'Elysée,
00:12interrogé par Gilles Boulot et Caroline Roux.
00:14C'était quoi son message ?
00:16C'était n'ayez pas peur, je suis là, je vous protège.
00:20Prévu pour une demi-heure, l'entretien a duré 40 minutes.
00:23Pour une fois, le maître des horloges avait gardé sa montre.
00:26Un grand merci, on a eu tellement peur.
00:28Bon, d'abord la menace de drones russes qui depuis des bateaux fantômes
00:31viendraient frapper l'Allemagne, la France, l'Italie,
00:34ce scoop à grand bruit rapporté par un journal espagnol
00:37qui le tiendrait de la CIA, c'est fake news, c'est faux.
00:41Donc on respire pas trop tout de même.
00:43On peut être attaqué, dit le président.
00:45Ça peut arriver parce que les Russes pensent que l'Europe,
00:47c'est l'Ukraine en profondeur.
00:48Mais au passage, ils rappellent que l'opération spéciale de Poutine
00:52qui devait durer trois semaines, quatre ans plus tard, ça n'affonce pas,
00:54le front est bloqué, ça lui a coûté plus d'un million de morts,
00:59une tragédie russe en fait.
01:00Il faut aider l'Ukraine à résister, dit-il.
01:03Et il a une idée, pour une pause, ce serait un double moratoire.
01:06Les Ukrainiens arrêteraient de détruire les raffineries en Russie,
01:09ce qui contribue à faire monter le prix du pétrole.
01:13Et les Russes arrêteraient de détruire les sources énergétiques de l'Ukraine,
01:16privant le pays d'électricité et de chauffage.
01:18Et il va faire moins 20 degrés l'hiver à Kiev.
01:20Oui, bonne idée, mais qui ne dépend pas que de lui.
01:23Ben non, mais comme il dit, il continue à agir diplomatiquement
01:27pour faire baisser la pression.
01:28En attendant, il promet jusqu'à la fin des années
01:30qu'il n'y aura pas de pénurie, on a des stocks de pétrole et de gaz.
01:34Et la France va sécuriser aussi le terminal du pipeline saoudien,
01:38Mer Rouge, qui est la seule sortie du brut,
01:40qui vient d'être attaquée par les Houthis du Yémen.
01:43Mais depuis trois ans, la France participe avec l'Union Européenne
01:46a l'opération Aspides en réponse aux attaques des Houthis
01:49contre les transports maritimes internationaux en Mer Rouge.
01:52Alors cette fois, elle va installer à Yunbus, sur le sol saoudien,
01:56des moyens anti-drônes et anti-missiles.
01:58Et notre industrie de l'armement en a les capacités.
02:02Mais le pipeline saoudien est hors d'usage, au moins pendant un mois.
02:06Mais ça, c'est l'œuvre de l'Iran via des milices irakiennes.
02:09Alors Emmanuel Macron ne nous a pas dit combien de temps cette hausse des prix du pétrole,
02:14du gasoil notamment, elle est durée pour les Français ?
02:17Non, alors d'abord il ne veut pas baisser les taxes,
02:19parce que comme il le dit, avant d'avoir baissé les dépenses,
02:23ça ferait monter les taux d'emprunt.
02:25Alors vu notre endettement, vous voyez, il est prudent.
02:28Donc on attendra le vote du budget.
02:30Mais il n'exclut rien non plus.
02:32Il ne craint pas le mouvement social non plus,
02:34parce qu'il n'y a pas de débouchés, il n'y a pas d'argent.
02:36C'est-à-dire qu'au moment des gilets jaunes, on pouvait s'en prendre au gouvernement,
02:40mais pas là, parce que là, c'est la cause à la géopolitique.
02:43Vous voyez, ce n'est pas bibi, comme il dit.
02:45Et il n'y aura pas de dissolution ?
02:47Non, parce que ce serait mauvais, celle-là,
02:50qu'est-ce que ça bloquerait le futur président.
02:52Belle façon de relégitimer la première prise en conscience, dit-il.
02:56On avait une majorité relative, j'ai remis le pouvoir aux Français.
02:59C'était tout de même bizarre de la déclencher le soir
03:03où il avait reçu une raclée aux Européennes.
03:05Mais pas si démocrate que ce qu'il le croit.
03:07Car il n'a pas respecté la Constitution, article 12.
03:11Le président peut dissoudre,
03:13mais après avoir consulté le Premier ministre
03:16et les présidents des deux assemblées.
03:18Bon, ils ont été avisés.
03:20Une heure avant, son annonce aux Français,
03:22sa décision était déjà prise.
03:24C'est le choix des Français, dit-il.
03:26On est passé d'une majorité relative au bordel dans l'hémicycle.
03:30Avec LFI, le parlementarisme est mort.
03:32Il faut arrêter de culpabiliser, dit-il encore.
03:35C'est pas Bibi.
03:36On le regardait hier soir.
03:38Après la décourageante primaire socialiste,
03:40on se disait, pour l'intellect,
03:43le leadership, c'est quand même lui le plus fort.
03:46Pour l'incarnation aussi.
03:47Maintenant qu'il a une belle gueule tourmentée de bientôt qu'un cas.
03:50Ça n'est plus le premier communiant de 2017.
03:53Macron, jamais coupable, toujours brillant,
03:56mais tout de même, quel gâchis aussi.
03:58Signature Europe 1, Catherine Ney.
04:00Merci beaucoup Catherine.
04:01Il est 8h43, dans un instant,
04:02Jénie Bastier, Olivier Delagarde et Pascal Praud.
04:04A tout de suite.