- il y a 2 heures
Après la rediffusion, en août dernier, des toutes premières conversations de notre série, tournées voici dix ans dans les différentes demeures d’Alain de Benoist, nous sommes retournés le voir en septembre dernier dans sa maison de Normandie pour deux conversations inédites. Voici la seconde, par laquelle nous achevons ce long cycle - sans doute provisoirement... Il semble qu'une vie rangée, voire très réglée, à la campagne rende le fondateur de la Nouvelle Droite plus actif que jamais. Il publie environ deux ouvrages par mois - outre la supervision de plusieurs revues : Nouvelle Ecole (publication annuelle), Krisis (semestrielle), Eléments (bimestrielle) ! Plus actif et plus préoccupé que jamais sur le sort même de l’homme, confronté aux logiques conjointes du Capital et de la Machine. Choisissant quelques thèmes dans ce foisonnement intellectuel sans pareil, nous revenons avec lui sur le sens (et l’utilité) du mot souveraineté, la dialectique de la souveraineté nationale et de la souveraineté populaire, la résurrection possible des peuples entre dissolution du demos et révolte populiste. Sur quelle case s’arrêtera la boule noire ? D’un côté, Alain de Benoist entrevoit que la révolte des Gilets Jaunes ne fut peut-être qu’une "répétition générale" ; d’un autre, il constate la croissante aliénation des peuples et celle des "techniques d’ahurissement" - formule qui lui a déjà fourni, en 1963 (il y a plus de soixante ans !) le titre d’un de ses tout premiers articles. Le transhumanisme, dont il voit partout poindre les dangers, surgira-t-il de l’hébétude générale ? Dernière cette ultime conversation au ton amical, et d’aventure badin, beaucoup décèleront une lancinante angoisse, cette angoisse qui est sans doute le sentiment le plus largement, et secrètement partagé par nos contemporains.
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ÉducationTranscription
00:04Musique
00:24Alors cher Alain de Benoît, je suis presque triste
00:27parce qu'après tant et tant de conversations, je crois que nous abordons la dernière,
00:33à moins que, encore une fois, nous nous revoyons dans quelques années
00:36pour suivre le bout de votre vie.
00:40Enfin, quand même, vous disiez dans la conversation précédente
00:43que vous y pensez au bout de votre vie.
00:46C'est une idée qui vient.
00:48Je crois qu'aussi loin que je puisse avoir des souvenirs,
00:54je ne me souviens pas d'un seul jour de ma vie
00:56où je n'y ai pas pensé, non pas par morzité ou par assédie,
01:02comme on disait au Moyen-Âge,
01:05mais parce que je crois que la claire conscience de notre finitude,
01:11c'est le moteur même de la vie.
01:13C'est le moteur même dans la vie.
01:14Et si l'on n'est pas conscient qu'un jour nous ne serons plus là,
01:18nous ne serons plus du tout,
01:23alors la vie n'a plus de sens.
01:25Elle continue sans nous, mon cher Alain !
01:27C'est pour ça que les gens qui promettent la jeunesse éternelle,
01:31le transhumanisme,
01:33ou toutes sortes de choses
01:34qui nous conduiraient à interdire la mort,
01:40à la faire disparaître,
01:41sont des prophètes de malheur.
01:43C'est des prophètes de malheur.
01:44C'est des prophètes de malheur.
01:46Simplement, comme vous le savez,
01:48nous ne connaissons ni le jour ni l'heure,
01:50et par conséquent,
01:53ça peut être demain,
01:54ça peut être dans 10 ans,
01:55ça peut être dans 20 ans,
01:57ça peut être dans 6 mois.
02:00Mais c'est important.
02:02Je crois que les animaux,
02:04je ne suis pas tout à fait sûr de ce que je veux dire,
02:07les animaux, bien sûr,
02:08savent ce que c'est que la mort,
02:09ils voient leurs congénères disparaître,
02:13ou se faire manger,
02:14eux-mêmes sont des prédateurs,
02:18et mettent un terme à la vie des autres.
02:20Mais est-ce qu'ils savent tous que, eux,
02:22personnellement, ils mourront aussi ?
02:24Je n'en suis pas tout à fait certain.
02:25Ça peut se discuter, en tout cas.
02:27Au début de cette année,
02:28vous avez publié,
02:29c'est un de nos grands thèmes,
02:31un ouvrage,
02:33Souveraineté nationale et souveraineté populaire,
02:35chez Crisys,
02:36une de vos maisons d'édition,
02:38toujours la Bouligny.
02:39Ça existe toujours,
02:40les éditions du Labyrinthe, aussi ?
02:42Non, non, non,
02:42ça a disparu depuis très longtemps.
02:44Ouf, bon, tant mieux.
02:46Il y a du Labyrinthe chez vous, aussi.
02:48C'est un de mes symboles favoris.
02:50C'est un de mes symboles, oui.
02:51Alors, souveraineté,
02:55j'étais très content de vous lire là-dessus,
02:58très compréhensif
03:00pour ceux qui ont agité,
03:03j'en suis d'ailleurs,
03:04le thème de la souveraineté,
03:06pas simplement, d'ailleurs,
03:08face à l'Union européenne,
03:10mais face à une dépossession générale des peuples
03:13par la mondialisation
03:16et par ceux qui en sont les moteurs,
03:18c'est-à-dire les marchands,
03:20tout ce dont nous avons en horreur,
03:22en bon, j'allais dire,
03:24en bon catholique que nous sommes.
03:26Nous n'aimons pas l'argent,
03:27et vous n'aimez pas l'argent,
03:28ce qui est aussi un signe important.
03:31Vous savez, nous préférons Marie à Marthe
03:33pour reprendre les évangiles.
03:36Mais la souveraineté est une façon,
03:39évidemment, de ressaisir l'histoire
03:40pour des peuples qui sont désaisis
03:42de leur histoire.
03:44Et ils le sont de diverses manières,
03:46y compris dans la pire,
03:47c'est-à-dire dans un individualisme forcené
03:51qui les sort d'une aventure collective
03:55qui donne un aboutissement,
03:56en tous les cas,
03:57un sens à leur existence.
04:00Peut-être êtes-vous,
04:01dans ce livre,
04:02alors très instruit,
04:04parce que dès que vous touchez un sujet,
04:06c'est d'une érudition vertigineuse.
04:10Ce n'est pas l'érudition qui compte.
04:13Ce qui me préoccupe,
04:15ce qui m'a toujours préoccupé,
04:17c'est le sens des mots
04:20et la nécessité de ne pas employer
04:22un mot pour un autre.
04:24C'est la raison pour laquelle
04:25je suis très sourcilleux
04:27sur les règles de la langue française,
04:30qu'on est devant un mot
04:32qui a beaucoup servi,
04:33le mot de vocabulaire politique.
04:35C'est d'en faire la généalogie.
04:37Et ça, c'est la marque de Nietzsche,
04:39si vous voulez.
04:40La généalogie de la morale,
04:42ce qu'il propose.
04:43Mais la généalogie de n'importe quelle idée,
04:46voir comment ça apparaît,
04:48comment ça se développe,
04:49comment ça aurait pu se développer,
04:51mettre les problèmes
04:53avec leurs abscisses
04:55et leurs ordonnées.
04:57C'est ça qui compte.
04:58Plus l'érudition,
04:59l'érudition, après,
05:00elle s'ajoute.
05:01Maintenant, sur la souveraineté.
05:03Vous avez raison,
05:04c'est un livre dans lequel
05:05je fais un peu le point
05:06sur ce que je pense.
05:07et on ne sera certainement pas
05:08toujours d'accord.
05:11Mais je ne suis pas souverainiste,
05:13je n'ai rien contre les souverainistes,
05:14comme je n'ai rien contre la souveraineté.
05:16Et je pense, de toute façon,
05:18qu'il vaut mieux
05:19qu'un pays soit souverain
05:20plutôt que de ne pas être souverain.
05:22Donc on sera d'accord
05:23pour enfoncer
05:24quelques portes ouvertes.
05:26Maintenant,
05:27vous avez dit tout à l'heure,
05:29les peuples ont été désaisis.
05:32où les gouvernements ont été désaisis
05:34de leur souveraineté.
05:35Moi, je dirais,
05:37malheureusement,
05:38c'est plus grave que ça.
05:39Nous nous sommes désaisis.
05:41Ils se sont désaisis.
05:43On ne nous a pas mis le couteau
05:44sous la gorge
05:45pour nous imposer
05:46de signer
05:47des traités
05:48qui prévoyaient explicitement
05:50que nous n'aurions plus
05:51un autre mot à dire
05:52sur toute une série
05:55de procédures
05:55des décisions
05:56dans des domaines variés.
05:57Donc, il y a un côté suicidaire
06:00dans cette affaire.
06:01C'est le point sur lequel
06:02je voulais insister.
06:03Le deuxième,
06:04qui est le...
06:05Je peux objecter
06:06ou tout à l'heure ?
06:07Non, juste un mot.
06:07Tout à l'heure.
06:08Le deuxième,
06:08et on va en reparler,
06:10sur ce livre,
06:12c'est que j'ai remarqué
06:13qu'en général,
06:14les souverainistes,
06:15vous n'êtes pas visé
06:17particulièrement,
06:17quand il parle de souveraineté,
06:19il parle de souveraineté nationale.
06:20C'est celle à laquelle
06:21on pense le plus spontanément.
06:24Alors qu'il y a
06:25une autre souveraineté
06:25qui est une souveraineté
06:27liée à la définition même
06:29de la démocratie,
06:30c'est la souveraineté populaire.
06:32Si vous n'avez pas
06:33la souveraineté populaire,
06:34vous n'êtes pas en démocratie.
06:36La souveraineté nationale
06:37n'implique pas
06:38que vous ayez la démocratie.
06:39Absolument.
06:40Vous pouvez avoir
06:40une dictature
06:41qui cherche à être souveraine.
06:44D'autre part,
06:44la souveraineté est une chose,
06:45l'identité en est une autre.
06:47Vous pouvez avoir
06:48un pays qui aura
06:49le pire des régimes,
06:51celui que vous détestez le plus,
06:53celui que peut-être
06:54je déteste le plus,
06:55mais qui chercherait
06:56à devenir souverain.
06:57Ce n'est pas lié
06:59à une non-idéologie.
07:00de garder son identité
07:01sans avoir sa souveraineté.
07:03D'autre part,
07:03la souveraineté nationale
07:07est quand même
07:07un peu liée
07:08à la taille
07:09de l'entité politique
07:11parce que
07:11si vous êtes
07:12la principauté d'Andorre
07:14ou même l'Islande
07:15de 300 000 habitants,
07:17la souveraineté nationale,
07:19elle existe toujours
07:20si c'est pour frapper
07:21des timbres postes,
07:22mais dans la plupart des cas,
07:24vous n'avez pas les moyens
07:26de votre indépendance.
07:28vous êtes bien obligés
07:29de dépendre
07:29de ceux qui sont
07:30plus grands
07:30et plus puissants.
07:32Ce qui vaut
07:33pour des pays
07:33de la taille de la France
07:35ou de l'Allemagne
07:35ou de l'Espagne,
07:36etc.
07:37ne vaut pas
07:38de la même manière
07:39pour de très petits pays.
07:41En revanche,
07:42la souveraineté populaire,
07:43elle vaut même
07:44pour les très petits pays.
07:45Même si vous avez
07:46300 000 habitants,
07:47vous pouvez décréter
07:48qu'il y a une souveraineté populaire
07:50et c'est la comparaison
07:51de ces deux entités,
07:53la souveraineté nationale
07:55et la souveraineté populaire,
07:57qui m'a intéressé
07:58et qui justifie ce livre.
08:00Savoir comment
08:00ces deux formes
08:01de souveraineté
08:02sont au fond
08:04très différentes,
08:05est-ce qu'elles se complètent,
08:07est-ce qu'elles s'excluent
08:08mutuellement ?
08:09Ma réponse,
08:10c'est que dans l'idéal,
08:11elles se complètent,
08:12mais que dans les faits,
08:13elles se sont parfois exclus.
08:14Alors,
08:15je ne vais pas objecter,
08:16j'ai beaucoup d'objections à faire,
08:17mais je ne suis pas là
08:18pour faire des objections.
08:19Par exemple,
08:20sur l'Islande,
08:20une chose bien simple,
08:21Alain,
08:22dont nous pouvons convenir aisément,
08:24les Islandais ont peut-être
08:26une souveraineté rachitique,
08:27mais en refusant d'entrer
08:29récemment,
08:29quelques jours,
08:30avant que nous nous rencontrions
08:32ici en Normandie,
08:33chez vous,
08:34ils ont dit non à...
08:36Mais comment l'ont-ils dit non ?
08:37Par un acte
08:38de souveraineté populaire.
08:39Par un acte
08:40de souveraineté populaire.
08:41Mais vous savez,
08:41je suis assez gaulliste
08:42pour savoir,
08:44dès le début
08:45de mes fréquentations
08:47avec de Gaulle,
08:48qu'un des ressorts
08:49du gaullisme,
08:50c'est cette phrase
08:51que le général de Gaulle
08:52a plusieurs fois utilisée,
08:53la souveraineté populaire
08:54et la souveraineté nationale
08:57sont les deux faces
08:58d'une même médaille.
09:00C'est ce que ça devrait être,
09:02en tout cas.
09:02Voilà.
09:02Je vais vous horrifier peut-être
09:04avec cette mise au point.
09:06Je suis toujours,
09:08ne sursautez pas,
09:11profondément européen.
09:12Oui.
09:13Je crois que nous sommes
09:14à l'époque des États
09:16civilisationnels
09:17et que l'Europe
09:19ne peut être une puissance
09:21qu'à la condition
09:22de se faire politiquement
09:25en toute indépendance
09:27et en toute souveraineté,
09:28c'est-à-dire pour devenir
09:30autre chose qu'un marché
09:31mais une puissance
09:32qui soit en même temps
09:33un creuset de culture
09:35et de civilisation.
09:36Mais je pense que
09:39cette Europe politique
09:41que j'appelle de mes voeux
09:42n'implique absolument pas
09:43la disparition
09:45des entités nationales
09:47et de tout ce qui a été
09:48consacré par l'histoire,
09:49pas plus d'ailleurs
09:50que des entités régionales.
09:52Je suis convaincu
09:59que l'on peut reconnaître
10:00qu'il y a des composantes
10:02du peuple français
10:03parmi lesquelles
10:05le peuple breton
10:06et le peuple corse
10:07ce qui est impossible
10:08dans l'image actuelle
10:10de la République
10:11qui n'est indivisible.
10:13Je crois au niveau
10:14de subsidiarité.
10:16Moi, je me sens parfaitement
10:18normand, français, européen.
10:23Mais, évidemment,
10:26savoir si on est bien d'accord
10:28sur ce qu'est l'Europe aujourd'hui
10:32ou plutôt l'Union européenne
10:33parce qu'il ne faut pas
10:34confondre les deux.
10:35Moi, ce que je reproche
10:37essentiellement à l'Union européenne,
10:38c'est d'avoir dégoûté
10:39les gens de l'Europe.
10:41C'est d'avoir se présenté
10:43comme une solution au problème
10:44alors qu'elle n'a fait qu'à ajouter
10:46un problème final
10:49à tous ceux qui étaient déjà là
10:53et qu'elle n'a pris
10:54la souveraineté des nations
10:57que pour, non pas
10:58les transmuer
11:00à un échelon supérieur
11:01mais pour les faire disparaître
11:03dans une sorte de trou noir
11:05qui fait que l'Europe
11:06qui est informe,
11:07qui n'a pas de frontières,
11:08qui n'a pas de volonté,
11:09qui ne veut pas avoir
11:10d'identité,
11:11qui veut être porteuse
11:12de l'universel,
11:13c'est-à-dire de rien du tout,
11:15est en même temps dépendante
11:16pour toutes sortes de domaines.
11:19C'est très intéressant
11:20de voir aujourd'hui
11:21ce qui se passe
11:22depuis que le père eut bu
11:24de Washington,
11:25n'est-ce pas,
11:26je veux dire,
11:28monsieur Donald,
11:31Trump a décidé
11:33qu'il ne veut plus avoir
11:34d'allié.
11:34Il ne se cache pas
11:36de cela
11:37au grand délespoir
11:38des naïfs
11:39qui ont cru
11:40que le père
11:40n'est plus américain.
11:42Ils avaient protégé
11:43dans le passé
11:43ce que je n'ai évidemment
11:45jamais cru
11:46et vous non plus,
11:48je reconnais volontiers.
11:52Malgré cela,
11:54les anciens alliés
11:55européens,
11:57ils se jettent
11:59au pied
11:59de Trump
12:01en disant
12:02ne nous abandonnez pas.
12:04et puis
12:05Trump leur dit
12:06d'accord
12:07mais il faut que vous ayez
12:08une force de défense autonome.
12:10Oui,
12:10mais on continuera
12:11à acheter du matériel américain.
12:13Ils sont indécrottables.
12:15Et l'Europe
12:16qui, à vrai dire,
12:16ne s'est jamais faite,
12:18l'Europe pour moi
12:19est plus un projet d'avenir
12:20qu'une réalité
12:21du passé,
12:23se retrouve
12:24dans cet état
12:26actuel,
12:27dans une période
12:28typique
12:29de transition,
12:31transition d'époque,
12:32fin d'un cycle,
12:33début d'un nouveau cycle,
12:35« switchenreich »
12:36comme disent les Allemands,
12:37c'est-à-dire
12:38« interrègne »
12:39très précisément.
12:41Ça dure des siècles interrègne.
12:43Et dans un interrègne,
12:44qu'est-ce qui se passe ?
12:45On voit s'effacer
12:47les contours
12:48d'une culture
12:49et d'un monde
12:50qu'on a connu
12:51et parfois aimé.
12:52et puis on voit
12:53s'annoncer
12:54les contours
12:55également incertains
12:57de quelque chose
12:58qui vient
12:59et dont on ne connaît
13:00pas exactement
13:02la fine réalité.
13:04C'est pour ça,
13:05évidemment,
13:05qu'il faut être
13:06très vigilant
13:08sur tout ce qui annonce
13:09quelque chose d'autre.
13:11Maintenant,
13:11sur l'Europe,
13:12j'aimerais vous poser
13:12une question
13:15sur l'idée
13:16« est-ce qu'il faut
13:16la quitter ? »
13:17« est-ce qu'on peut
13:17l'aménager ? »
13:19Les événements actuels
13:21laissent entrevoir
13:22pour la première fois
13:23ce qui n'est qu'une possibilité.
13:25Je ne dis pas
13:26une probabilité,
13:27mais on peut imaginer.
13:29Je ne me prononce
13:31pas ici
13:32sur la valeur,
13:33l'intérêt,
13:34le programme
13:35de Mme Mélanie,
13:37de l'AFD en Allemagne,
13:39de Marine Le Pen
13:41en France,
13:42de Nigel Farage
13:44au Royaume-Uni,
13:45etc.
13:46Mais imaginez
13:47que par un coup
13:47de baguette magique
13:48qui, encore une fois,
13:49n'est pas impossible,
13:51même s'il reste
13:52un peu improbable,
13:53vous ayez demain
13:54une France
13:55dirigée par Mme Le Pen,
13:57une Allemagne
13:58dirigée par l'AFD,
13:59une Angleterre
14:00dirigée par
14:01un M. Farage
14:03et une Italie
14:04dirigée par Mme Mélanie.
14:06Est-ce que votre regard
14:08sur l'Europe
14:09en serait affecté
14:10ou non ?
14:11Penseriez-vous
14:12qu'il faut malgré tout
14:13la quitter
14:13sans tenir compte
14:15de ces éléments nouveaux
14:16qui permettraient peut-être
14:17de s'entendre
14:18sur une réforme
14:19dans le sens
14:20de plus de souveraineté ?
14:21Oui,
14:22d'abord parce qu'on resterait
14:24dans un schéma
14:25de statocratie
14:26et là,
14:26je rejoins tout à fait
14:27votre critique
14:27de l'assèchement culturel
14:29qu'a été le jacobinisme
14:31mais dans tous les pays
14:33en supprimant
14:34la vitalité des régions.
14:35j'ai pensé le contraire
14:36pendant très longtemps.
14:37On peut changer d'avis.
14:39Vous avez, je crois,
14:41lancé...
14:42Il est important
14:42même de changer d'avis
14:43chaque fois qu'on le fait sincèrement.
14:45Oui.
14:46C'est très sincèrement
14:47que vous me diriez
14:48aujourd'hui, par exemple,
14:49que vous ne lanceriez pas
14:50comme vous l'avez fait
14:51avec un certain
14:53Amoride Cognac,
14:55François d'Orstival,
14:56une revue
14:57qui était celle de l'OS.
14:58Bon, ça,
14:58vous ne le referiez pas.
14:59Une revue qui était ?
15:00Celle de l'OS.
15:01Non, ce n'était pas du tout
15:03la revue de l'OS.
15:04Il y avait des gens
15:05de l'OS qui collaboraient
15:06mais s'il y a eu
15:07une revue de l'OS,
15:08c'est plutôt
15:09l'esprit public
15:10de Philippe Héduit.
15:11Oui.
15:13Bon, bref.
15:14Peu importe.
15:15Je ne dis pas...
15:15Je dis ça simplement
15:16pour dire qu'on ne change
15:17de...
15:18Ah, mais bien sûr.
15:19De toute façon,
15:19cette époque,
15:20elle est derrière moi
15:20et c'est une époque
15:21avec laquelle j'ai rompu.
15:22C'est très agréable.
15:23Je vous dis ça en l'air.
15:24Moi, j'ai pensé
15:25exactement l'inverse.
15:26J'ai été jacobin
15:27en bon énarque
15:27pendant très longtemps.
15:28J'ai découvert
15:29que l'assèchement jacobin
15:31était le meilleur allié
15:32de la décadence
15:34ou de l'évaporation
15:35de la civilisation.
15:36On ne produit pas une force
15:36en additionnant,
15:38en instaurant partout
15:39des faiblesses.
15:40Oui.
15:41Et en supprimant.
15:42Bien sûr.
15:42Et en supprimant
15:42des socles culturels.
15:44C'est pareil pour l'Europe.
15:45Il ne faut pas supprimer
15:46des socles culturels.
15:47Donc, je pense que
15:47de toute façon,
15:49j'y suis opposé.
15:50J'y suis opposé aussi
15:51parce que j'ai été
15:52longtemps membre,
15:54j'ai même été vice-président
15:54d'un groupe
15:55dit souverainiste
15:56au Parlement européen.
15:58Il y avait
15:59Nigel Farage
16:00dont vous parlez justement.
16:02Je connaissais les positions,
16:04bien qu'ils fussent
16:04dans un autre groupe,
16:06des élus Front National,
16:07etc.
16:08Il y avait des Tchèques,
16:09des Grecs,
16:10des Espagnols.
16:11On n'était d'accord
16:12sur rien.
16:13Rien.
16:14Parce que justement,
16:15les idiosyncrasies
16:17profondes,
16:17peut-être à cause
16:18de la géographie.
16:19Parce que les Baltes
16:20ou les Espagnols
16:21ou les Grecs
16:22ou les Anglais
16:23n'ont pas la même géographie.
16:24On en revient à la nature.
16:26On est tout à fait d'accord avec ça.
16:27Et leur opposition
16:27est permanente
16:28parce qu'ils sont toujours
16:29placés sur un moins
16:30point de la planète.
16:31Ils ont les mêmes habitudes,
16:32les mêmes langues
16:32et ils ne coïncideront
16:34jamais,
16:34quel que soit leur dirigeant.
16:36Et puis,
16:36la Grande-Bretagne,
16:38restant goulien,
16:39ne sera jamais
16:39membre de l'Europe continentale.
16:41Oui.
16:42Et à quoi s'ajoute
16:42un regard différent
16:44entre tous ces prétendus
16:45souverainistes
16:46qui le sont si on veut
16:47sur l'essentiel,
16:48c'est-à-dire
16:48l'impérium américain.
16:50Certains l'acceptent,
16:51d'autres le refusent.
16:54Les grandes révolutions
16:55naissent de la conjonction
16:57de trois éléments.
16:58Des hommes,
17:00une idéologie
17:01ou une pensée
17:02structurée,
17:03une conception du monde
17:04et des circonstances.
17:06On a souvent
17:07un ou deux,
17:08pas trois,
17:09mais on aura peut-être
17:10les trois.
17:10C'est l'avenir.
17:11Maintenant,
17:11sur le jacobinisme,
17:13je pense que beaucoup
17:14de gens ont parcouru
17:15votre chemin
17:16en raison de l'émergence
17:18de ce qu'on pourrait appeler
17:19la nouvelle sociologie politique,
17:21l'opposition
17:23christianienne.
17:24Gustav Guilloui
17:24et les autres,
17:25entre la France périphérique
17:28qui reste méprisée,
17:31invisibilisée,
17:32qui est pour moi
17:32la France centrale,
17:33mais reste centrale
17:35et vivace,
17:36et une élite
17:39autoproclamée,
17:41cooptée,
17:42qui est en fait
17:42une élite d'oligarques,
17:44de bandits
17:46de grands chemins,
17:47de compradors,
17:49de menteurs professionnels,
17:51achetés,
17:52et si la centralisation
17:54a débouché là-dessus,
17:56il faut peut-être
17:57revenir un peu
17:59sinon en arrière,
18:00etc.
18:01Alors,
18:02il y a aussi
18:03ce point,
18:04encore une fois,
18:05tous les points
18:06que nous avons
18:06mériterait de longues
18:07conversations,
18:08mais il y a aussi
18:09ce point
18:11sur l'Europe,
18:13et là,
18:13je vous fais une concession,
18:14il y aurait une seule
18:16possibilité de créer
18:17l'Europe puissante,
18:17à mon avis.
18:18Vous avez écrit
18:19sous la pub
18:20de Robert de Nert,
18:21un magnifique éditorial
18:22il y a quelques années
18:23dans Élément,
18:24où vous dites
18:25pas de fédération
18:26sans fédérateur.
18:29Et il y avait
18:29un fédérateur possible,
18:31en réalité,
18:32qui était une idée,
18:34ce n'était pas
18:34un impérium,
18:35ce n'était pas
18:35un empereur
18:36à nouveau,
18:39un nouvel empereur
18:40surgit avec la chapelle,
18:43en espérant
18:44que cet empereur
18:45ne soit pas allemand,
18:46justement,
18:46bref.
18:47Ne commencez pas
18:48à mettre
18:48des exclusives.
18:51L'Allemagne,
18:52j'ai du mal,
18:52vous savez.
18:53Bon,
18:54cette idée
18:56fédératrice possible,
18:57c'était un refus
18:59de l'impérium américain,
19:00qui nous ronge,
19:02états-unien,
19:02américain du Nord,
19:03qui nous ronge
19:04jusqu'à la moelle.
19:05C'est ça qui pouvait
19:06réunir les peuples européens.
19:08Mais ça ne prend pas
19:10le sens du tout,
19:10pour l'instant.
19:11Cher Paul-Marie,
19:11vous avez eu
19:12un immense mérite,
19:13à mon avis,
19:14dans la déferlante
19:16trumpiste,
19:16c'est de vous accrocher
19:18à votre
19:19rocher
19:21salutaire
19:22comme les victimes
19:23du tsunami,
19:24comme les victimes
19:26du tsunami
19:26s'accrocher
19:27à un arbre
19:28qui flottait encore,
19:30et de ne pas partager
19:32ce délire
19:33trumpiste.
19:33Dans l'histoire,
19:34il y a des déclics.
19:35Oui.
19:36C'est lié
19:37à ce qu'on pourrait appeler
19:39la théorie
19:40de l'émergentisme.
19:43L'accroissement
19:44en degrés,
19:46à un certain moment,
19:47aboutit
19:47à un renversement
19:48qualitatif,
19:49qui fait que
19:50ce n'est plus
19:51une différence de degrés,
19:52c'est une différence
19:53de nature.
19:54Donc on arrive,
19:54c'est comme
19:57dans les foires,
19:58les grands trucs
20:00en huit,
20:00etc.
20:01On monte comme ça,
20:02comme ça,
20:03et on arrive en haut,
20:04et hop !
20:05L'histoire,
20:06c'est sourd,
20:07en fait,
20:08comme cela.
20:08C'est pour ça,
20:09d'ailleurs,
20:09qu'elle est imprévisible.
20:11Et comme disait
20:11Dominique Venère,
20:12qu'elle est toujours ouverte.
20:15Il n'est pas mal
20:17de cités
20:18le nom d'Éric Venère.
20:19Il n'était pas très
20:20spinglerien sur ce point,
20:21en tout cas.
20:22Bon.
20:23Écoutez,
20:25on fait exactement
20:26l'inverse,
20:26et ici se pose
20:27une question
20:27à propos de l'Europe.
20:29Moi,
20:29j'ai un autre fédérateur
20:30en tête,
20:30pour tout vous dire.
20:34cette opposition
20:35à l'impérium américain,
20:37elle aurait pu
20:39se construire
20:41sur une toute autre
20:42géographie de l'Europe.
20:44Et je voudrais
20:44vous consulter là-dessus,
20:45parce que je ne suis pas sûr
20:46que vous émule
20:47soient tous d'accord
20:48entre eux
20:49sur ce sujet,
20:51autour d'une conception
20:54pan-européenne
20:55au sens très large,
20:56qui incluait la Russie.
20:58Quelle est la géographie
20:59de l'Europe puissante ?
21:00J'ai toujours pensé
21:01qu'en inclure la Russie,
21:03qui est pris,
21:04faisons une petite provocation,
21:06qui est au fond
21:07le pays le plus puissant
21:08et le plus indépendant
21:09de l'Europe,
21:09et c'est peut-être
21:10tout ce qui reste
21:10de l'Europe indépendante
21:12aujourd'hui pour l'instant,
21:13le reste étant
21:14un salmigondi
21:17américolâtre.
21:18Est-ce que ce n'est pas là
21:19une clé de construction
21:21possible de l'Europe ?
21:22Si, bien sûr,
21:23mais avec toujours
21:24des précisions nécessaires.
21:26Je dois dire que là,
21:27je suis un peu une lutte
21:28contre deux fronts.
21:29Je m'oppose d'un côté
21:30à ceux qui veulent couper
21:32irrémédiablement
21:33l'Europe de la Russie,
21:34parce que je vois bien
21:35qu'elles sont,
21:36ce sont deux blocs
21:37très différents,
21:39mais parfaitement complémentaires,
21:40que ce soit sur le plan
21:41productif, énergétique,
21:42technologique, etc.
21:43et complémentarité encore plus grande
21:47entre les Russes et les Allemands,
21:49je vois ce que les pirates
21:51et les saboteurs
21:52aient détruit le Nord Stream,
22:00laissant les Allemands
22:01dans une consternation servile,
22:04parce qu'ils n'ont même pas
22:05osé protester.
22:06Ils n'ont même pas tiré les conséquences.
22:07Donc, il y a ceux-là.
22:08Et puis, il y a ceux qui disent,
22:09mais après tout,
22:10on peut englober la Russie
22:11dans la grande, grande Europe,
22:15de Dublin à Vladivostok,
22:17qui ne me paraît pas tout à fait
22:21la position concrètement réalisable.
22:24Moi, j'ai une opinion intermédiaire.
22:26Je suis pour resserrer les liens
22:29entre l'Europe et la Russie,
22:30mais je crois que la Russie
22:32est eurasiatique
22:34avant d'être européenne.
22:36Elle est européenne
22:37à Saint-Pétersbourg,
22:38mais dans le Interland,
22:41à Moscou,
22:42elle n'est déjà plus en Europe.
22:44Et ça ne me gêne pas du tout.
22:45Je pense qu'il y a un État
22:49civilisationnel russe
22:50qui existe
22:51et il y a un État civilisationnel
22:54européen en puissance
22:55qui se cherche
22:56en espérant qu'un jour
22:59elle se trouve.
22:59C'est pour ça que les autorités
23:00de Moscou tiennent vraiment
23:01à l'Ukraine.
23:02C'est parce que c'est leur part d'Europe
23:03à concessoire.
23:04Je crois que c'est les deux.
23:05Je connais pas mal d'amis russes.
23:07Je vois bien en courant
23:08ils ne sont pas européens.
23:10Et puis d'autres
23:11sont très très proches.
23:12On se va vers l'ouest.
23:13De toute façon,
23:14c'est comme en Ukraine,
23:16à Kiev,
23:17on est plus proche
23:18de l'Autriche-Hongrie
23:19et de la Pologne
23:20qu'on l'est dans le monde basse,
23:22évidemment.
23:23Mais cette guerre absurde
23:25qui aurait pu être évitée,
23:26c'est ce qui la rend totalement absurde.
23:28De quelle âge la regardez-vous ?
23:29De quel âge la regardez-vous cette guerre ?
23:32D'abord un œil consterné.
23:33Car je suis convaincu
23:35qu'elle aurait pu être évitée
23:38si on s'en était tenue
23:40aux premiers accords de Minsk
23:42et à différentes hypothèses.
23:43C'est-à-dire justement
23:45qu'on ait fédéralisé
23:48l'Ukraine
23:49en reconnant l'autonomie
23:51de fait de régions
23:52telles que le...
23:53De plusieurs régions incompatibles, en fait.
23:54Que le Danbass.
23:55Parce que là,
23:56un compromis aurait pu s'établir.
23:58Maintenant, c'est plus possible.
23:59Et le résultat,
24:01et c'est une deuxième raison
24:02de concernation,
24:03c'est que j'ai beaucoup
24:04d'amis ukrainiens,
24:05j'ai beaucoup d'amis russes,
24:07et franchement,
24:09ça me désole
24:10et désole
24:11est un mot trop faible
24:13pour dire ce que je ressens
24:14à les voir s'exterminer mutuellement.
24:16Les morts, les morts, les morts jeunes,
24:18ces jeunes qui partent
24:19en pleurant au front
24:21et qui...
24:21C'est abominable.
24:23Et quand je vois les gens
24:25qui disent
24:25il faut aider l'Ukraine
24:27qui, de toute façon,
24:27est battue à pleine couture
24:29en décomposition,
24:30vidée de sa population,
24:31Et durablement.
24:32victime de la corruption
24:33et de façon plus que dure,
24:35il faudra déjà 15 ans
24:36pour la déminer.
24:39Et on va encore
24:40leur donner des armes
24:41ou leur laisser croire
24:42qu'on va leur donner
24:43alors que ces armes
24:45nous n'en avons plus.
24:46On ne peut plus que prélever
24:47sur nos propres stocks,
24:49c'est-à-dire
24:50compromettre
24:50notre propre défense
24:52et le seul effet,
24:55ça sera le prolongé de la guerre
24:56alors que nous devrions,
24:57Henri Guénaud le disait encore
24:59tout récemment
25:00à la télévision,
25:01je suis d'accord avec lui,
25:02on devrait utiliser
25:04notre position
25:05de puissance tierce
25:08pour jouer les intermédiaires,
25:11essayer de mettre la paix,
25:13c'est-à-dire de trouver
25:14une issue politique
25:16et diplomatique
25:17à ce problème.
25:18La France ou la Troïque ?
25:19La France ou l'Europe
25:20ou n'importe qui.
25:21Mais si ce n'est pas nous
25:23qui le faisons,
25:23peut-être que d'autres
25:24le feront.
25:25Et ce sera
25:25un autre détriment.
25:26C'est ce qui nous différencie,
25:29ce qui différencie
25:30la diplomatie européenne
25:32traditionnelle
25:33de la méthode américaine.
25:36Les Américains
25:37sont la plus grande
25:38puissance militaire du monde.
25:40Et depuis 1945,
25:42ils n'ont connu
25:43que des défaites,
25:43quasiment.
25:45Pourquoi ?
25:46Deux raisons.
25:47La première,
25:48ils ont cru que la technologie
25:51répondait à tout.
25:53Et de même
25:54qu'au Vietnam,
25:56les bombardiers
25:57qui lâchaient du napalm
25:59à la tonne
26:00sur le pays
26:01allaient venir à bout
26:02sans difficulté
26:03de ces petits microbes
26:04de fourmis asiatiques,
26:06n'est-ce pas ?
26:07La même méthode
26:09est employée récemment
26:10contre l'Iran
26:10dans une attaque
26:12injustifiable.
26:13On a bombardé,
26:14on a bombardé
26:15et on a dit
26:16on va gagner
26:16parce qu'ils vont
26:17se déculotter.
26:18Et, miracle
26:19ou surprise,
26:20il y a des poppes
26:21qui ne se déculottent pas.
26:23Les Iraniens
26:24ne sont jamais déculottés
26:25de toute leur histoire.
26:26Les Russes non plus.
26:27Les Russes non plus.
26:29Et la deuxième raison,
26:31ce n'est pas seulement
26:32que la technologie
26:33n'emporte pas tout,
26:34même si elle joue un rôle,
26:35bien entendu,
26:36c'est qu'ils n'ont pas compris
26:37que dans une guerre,
26:39l'important,
26:39c'est de préparer
26:40the day after,
26:41le jour d'après.
26:43C'est-à-dire
26:44qu'une guerre se termine
26:46lorsque
26:46on a
26:48conclu
26:48les accords
26:49politiques et diplomatiques
26:50qui ont permis
26:51d'en effacer les causes.
26:53Or,
26:54les Américains,
26:55ils n'ont pas de stratégie,
26:57ils n'ont qu'une tactique.
26:58Et la tactique,
26:59c'est le programme de frappe.
27:00Et on voit
27:03Donald Trump
27:04commettre exactement
27:06les mêmes erreurs
27:07que ses prédécesseurs
27:08et ça se terminera
27:09de la même manière.
27:10Alors la guerre en Ukraine.
27:11Alors même
27:12que son électorat
27:13ne veut
27:14à aucun prix
27:14de cette guerre
27:15et même
27:15l'ensemble des Américains.
27:16Ici se pose une question
27:18qui n'est pas
27:18une question politique.
27:20Si elle est politique,
27:21elle est affreuse
27:23et incontournable,
27:26insoluble,
27:26c'est la question
27:27de l'absurde.
27:29C'est-à-dire ?
27:31En Ukraine,
27:33en Iran,
27:34on a affaire à une situation
27:35qui échappe à l'entendement,
27:38qui échappe à la rationalité
27:40et on arrive
27:41à une situation
27:42où l'humanité
27:45provoque l'absurde
27:46ou se satisfait
27:48ou vit avec l'absurde.
27:50Oui, c'est vrai.
27:51Cette absurde-là,
27:52c'est peut-être ça
27:53qui vous consterne.
27:55La consternation,
27:55elle vient d'un sentiment
27:56de l'absurde.
27:58Oui, on vit plus ou moins
27:59dans l'absurdistance,
28:00n'est-ce pas ?
28:01C'est ça.
28:02Mais ce qui se passe
28:04dans l'absurdistance,
28:05ce qui est frappant,
28:07c'est le degré
28:08de sidération,
28:09je crois que c'est le mot exact
28:11qu'on peut nous rappeler,
28:13de sidération
28:14avec lequel
28:15le reste du monde
28:16regarde ça.
28:19Les fantasmes humanitaires,
28:21on importe la paix,
28:22la démocratie,
28:23enfin, on connaît ça.
28:23Tout le monde s'en fout.
28:25Aujourd'hui,
28:26Trump a eu au moins l'avantage
28:27de jeter le masque
28:29en disant
28:30« Moi, je me conduis
28:31comme un joueur de Monopoly
28:35qui n'achète pas
28:36la rue de la paix,
28:36mais il achète le Groenland,
28:37la bande de Gaza,
28:40le Canada,
28:41pourquoi pas ? »
28:41C'est très angoissant.
28:42C'est-à-dire qu'on est devant
28:44un psychopathe infantile.
28:47L'assidération,
28:48parce que
28:50on ne sait plus
28:51comment agir,
28:52quels sont les leviers.
28:53Alors, les événements
28:54se continuent d'eux-mêmes.
28:57La guerre à Gaza
28:58va se poursuivre
29:00jusqu'à ce que le dernier
29:01palestinien
29:02ait été expulsé.
29:05en Ukraine,
29:06les occidentaux
29:07vont mourir
29:07jusqu'au dernier ukrainien.
29:09Et puis,
29:10on regarde les choses,
29:12il n'y a plus rien,
29:12il n'y a plus l'alternative.
29:13Gaza et l'Iran,
29:15c'est moins absurde
29:16parce qu'il y a
29:16une intention rationnelle
29:17derrière
29:18qui est la construction
29:20d'un mythe
29:21qui est à la fois
29:21juif et préjuif
29:23d'une certaine façon
29:24parce qu'il y a
29:24un pressionnisme
29:26protestant
29:29évangélique
29:31qui est la construction,
29:33alors là,
29:34je vous rejoins
29:34sur les délires religieux,
29:36la construction
29:36de la terre promise,
29:39la terre promise,
29:40l'avènement,
29:42l'avènement de Yahvé
29:44et le grand Israël
29:46qui en est la base
29:47de départ.
29:48Vous avez la recette
29:49du bouillon de sorcières
29:51au Proche-Orient.
29:52Oui.
29:52parce que vous avez
29:53l'affrontement triple
29:55du suprémacisme israélien,
30:00du messianisme
30:02évangélique américain
30:03qui est un suprémacisme aussi
30:04et de l'islamisme radical.
30:09Vous avez plusieurs peuples
30:11candidats
30:11à avoir
30:13Jérusalem
30:14comme capitale.
30:16Ça ne peut pas marcher.
30:17Ça se terminera.
30:19Ce sont des guerres
30:20métaphysiques.
30:23Netanyahou
30:24ne l'a pas caché
30:25en disant
30:26le Hamas
30:28c'est Amalek.
30:29Les Israéliens
30:30savent ce que ça veut dire.
30:31Amalek
30:32doit être détruit
30:33jusqu'à la 7ème génération.
30:35Les Amalécites.
30:36Massacre.
30:37Livre de Josué, etc.
30:39Et
30:40par conséquent
30:41ça se terminera
30:43soit
30:43jamais
30:44soit
30:45par
30:45l'expulsion
30:47de tous les Juifs
30:48ou l'expulsion
30:49de tous les Palestiniens.
30:50Il est évident
30:50au regard
30:51des événements actuels
30:53que c'est plutôt
30:54la deuxième option
30:55qui se profile
30:55à l'horizon.
30:56Aucune ne sera
30:57intellectuellement
30:58très satisfaisante
30:59bien entendu.
31:01Puis alors j'ajoute
31:02que
31:04les Etats-Unis
31:05aujourd'hui
31:06rejettent
31:07leurs alliés européens,
31:09rejettent
31:10leurs alliés du Golfe
31:11qu'ils n'ont absolument
31:12pas protégés.
31:13Tous ces pays du Golfe
31:14qui bombaient le torse
31:15en disant
31:16on est la modernité
31:17de l'Emirat
31:19regardez comme on est
31:20beaux et clinquants
31:22et puis on a
31:23pris nos précautions
31:24on a accepté
31:26les bases américaines.
31:27Les bases américaines
31:28c'est ce qu'ils ont
31:29de recevoir
31:29des mucines iraniens
31:31du soir au matin.
31:32Donc le calcul
31:33n'était pas très fameux.
31:34Alors il reste
31:35Israël.
31:36La question
31:36qu'on peut se poser
31:39on voit bien
31:40qu'à la suite
31:40de ce qui s'est passé
31:42depuis deux ans
31:47la cote morale
31:48d'Israël
31:49a fortement baissé
31:51dans le monde
31:51et notamment
31:52et ça c'est
31:54quelque chose
31:55d'extraordinaire
31:56au niveau
31:56aux Etats-Unis.
31:58Vous avez vécu
31:59aux Etats-Unis
31:59vous avez vu
32:00l'époque
32:01où on ne pouvait pas
32:02glisser un cheveu
32:04de différence
32:04entre la politique
32:06américaine
32:06et la politique
32:07israélienne.
32:08Là
32:08les liens
32:10se maintiennent.
32:11Netanyahou
32:11a quand même réussi
32:12à convaincre
32:14Trump
32:15contre son électorat
32:17et contre son pays
32:18d'attaquer
32:20unilatéralement
32:21l'Irak
32:21avec des résultats
32:22promis
32:23escomptés
32:23qui ne se sont
32:24absolument pas
32:25réalisés.
32:26Donc il y a des choses
32:27qui subsistent.
32:28Mais à échéance
32:29de quelques années
32:30si j'étais
32:31l'État d'Israël
32:32il n'y a pas de risque
32:33mais on peut toujours
32:34imaginer
32:36je me méfierais
32:38quand même
32:38beaucoup
32:38je me méfierais
32:39quand même
32:40beaucoup
32:40parce que si un jour
32:42le monde entier
32:43a lâché Israël
32:44à l'heure actuelle
32:45quasiment
32:46sauf les mêmes
32:48l'Angleterre
32:49parce que c'est
32:50l'Angleterre
32:51l'Allemagne
32:51parce que le passé
32:52les États-Unis
32:54parce que
32:55il y en a eu
32:58beaucoup déjà
32:58dans le passé
32:59etc.
33:00Mais le monde entier
33:02aujourd'hui
33:02tout ce qui est
33:03en train de monter
33:04dans un monde
33:05qui va se révéler
33:06de plus en plus
33:07multipolaire
33:08pas du tout
33:09pro-israélien.
33:10Si les États-Unis
33:11devaient lâcher Israël
33:12la chute
33:13serait très dure
33:15et voyez déjà
33:16le nombre
33:17de gens
33:17en Israël
33:18qui filent
33:19on ne le dit pas
33:21beaucoup
33:22mais le nombre
33:23des yordimes
33:25c'est-à-dire
33:25de ceux qui
33:26disent
33:27bon maintenant
33:27on a vu
33:28et on s'en va
33:30excède
33:31celui
33:31des
33:32des olimes
33:34de ce qui est
33:35produit par
33:36l'immigration
33:38vers Israël
33:38c'est-à-dire
33:39Mais vous l'aviez prévu
33:40Alain de Benoît
33:41vous l'aviez prévu
33:42de très long date
33:44que ça ne tiendrait pas
33:45dans l'élément
33:45on avait aussi prévu
33:46la chute
33:47du rideau de fer
33:48on a presque indiqué
33:49la date
33:51Mais la déréliction
33:52israélienne
33:53vous l'aviez prévu
33:54Oui je pense
33:55je pense
33:55parce que ça ne durera
33:56pas éternellement
33:58Je crois d'ailleurs
33:59ça vous a dit
34:00Et après Trump
34:01on verra ce qui vient
34:02mais ceux qui croient
34:03qu'après Trump
34:04on va avoir
34:06forcément le retour
34:07des sympathiques
34:08Joe Biden
34:09Hillary Clinton
34:10et autres
34:12avatars d'Obama
34:13je pense qu'ils se trompent
34:14beaucoup
34:15S'il y a le vice-président
34:18JD
34:18Vance
34:19n'est-ce pas
34:21c'est James
34:22je ne sais plus quoi
34:23bon
34:23n'importe
34:25il y aura peut-être
34:26les qualités de Trump
34:27sans en avoir
34:28les défauts
34:29et Vance
34:30ne porte pas
34:31dans son cœur
34:32l'état d'Israël
34:33Oui donc
34:34on ne sait pas
34:34qui
34:37un diplomate égyptien
34:38m'avait dit
34:39Israël et les Etats-Unis
34:40c'est la queue
34:41qui rebue le chien
34:42mais on ne sait pas
34:43qui est l'élément moteur
34:46Washington ou Israël
34:47on ne sait pas
34:48dans une période
34:49dans une période de transition
34:51les choses atypiques
34:53prédominent
34:54la guerre hybride
34:55le rôle des diasporas
34:57qui va devenir
34:58de plus en plus capital
35:01les cyberattaques
35:03le spatial
35:05le jour où vous avez commencé
35:07à avoir des pays
35:08qui vont faire tomber
35:09des satellites
35:10en tirant dedans
35:10pouf
35:11pour que ça tombe
35:12on va avoir beaucoup de choses
35:14et les robots
35:15et les soldats robots
35:16les chiens robots
35:17etc
35:19on n'en a pas parlé
35:20mais
35:21je veux dire
35:22l'entrée dans l'air
35:23de
35:24l'intelligence artificielle
35:27rend périmée
35:28et obsolète
35:28quantité de scénarios
35:30y compris
35:30les scénarios de guerre
35:31auxquels on était habitué
35:34on a vu le tout début
35:36avec le rôle pris
35:37par les drones
35:37par exemple
35:38quand la guerre en Ukraine
35:40a commencé
35:41personne n'a attaché
35:42une importance formidable
35:43aux drones
35:44et finalement
35:44ça a pris
35:45ça a pris
35:46une importance
35:46énorme
35:47ce qui est amusant
35:48c'est que vous ayez
35:49souvent raison
35:50y compris sur l'affaire israélienne
35:51je me souviens très bien
35:52que vous étiez
35:53assez raide sur le sujet
35:54si vous avaliez
35:55une réputation
35:56d'antisémitisme
35:57alors vous ne faisiez
35:58qu'avoir raison
35:59et voir avant tout le monde
36:00c'est terrible
36:01oui
36:01il y a beaucoup de vrais
36:03moi je ne discute pas du tout
36:06les propos de Pierre-André Taghev
36:08quand il dit
36:09que l'antisionisme
36:10sert de masque
36:12souvent
36:13à l'antisémitisme
36:14le problème
36:16c'est qu'il n'est pas toujours
36:17un masque de l'antisémitisme
36:18et que par conséquent
36:19la question se pose
36:20de savoir
36:22jusqu'où on peut critiquer
36:23et à partir de quel moment
36:25on ne peut plus critiquer
36:27sous peine d'être dénoncé
36:28par l'antisémitisme
36:29les israéliens
36:30jouent un rôle
36:31très dangereux
36:32regardez la façon
36:33dont Netanyahou
36:34chaque fois qu'une puissance
36:35importante
36:36prend
36:37ne serait-ce que
36:38la moindre distance
36:39vis-à-vis de lui
36:40Macron
36:42Erdogan
36:42Erdogan
36:43en Turquie
36:44dit
36:45c'est des gouvernements
36:46antisémites
36:47espagnols
36:47alors faire passer
36:50faire passer le gouvernement
36:50Macron pour un gouvernement
36:51antisémite
36:52c'est un peu gros
36:53quand même
36:54et à ce moment-là
36:55que valent
36:55ces accusations
36:56si ça peut toucher
36:58n'importe qui
37:00alors
37:01finissons par la grande question
37:04il y en a deux
37:05mais je commence
37:06par la plus grave
37:07à mon avis
37:11nous touchons tout de même
37:12y compris
37:15quand
37:17le développement
37:18de messianisme
37:19qui donne
37:19une explication
37:21aux choses
37:22vers un monde
37:24qui touche
37:24à l'absurde
37:25qui a perdu le sens
37:27où les hommes ne comprennent plus
37:28ce qu'ils font
37:29vous disiez à propos
37:30de la souveraineté
37:30que nous avons nous-mêmes
37:32abandonné notre souveraineté
37:33on pourrait discuter
37:34j'ai failli le faire
37:35sur le fait
37:36qu'il y a au moins deux
37:37référendums
37:38d'abandon de souveraineté
37:40celui de 93
37:41et celui de 2005
37:42où le peuple français
37:43n'a pas dit oui
37:44il n'a même pas dit oui
37:45en 92
37:46bien sûr
37:46mais vous avez vu
37:47ce qu'on a fait
37:47de l'opinion du peuple français
37:49dans son traité de Lisbonne
37:49donc ce n'était pas
37:50un suicide volontaire
37:51contre moi ce que vous dites
37:52c'est qu'il y avait quand même
37:53mais il y a eu
37:54mais il y a une ébêtue
37:55c'est un suicide volontaire
37:56de la part des dirigeants
37:58des dirigeants
37:58car ceux
38:00qui ont été suicidés
38:02ceux qui ont organisé
38:03ce référendum
38:05auquel le peuple français
38:06a dit non
38:07espérait bien
38:08que le peuple français
38:08dirait oui
38:09oui oui
38:10tous les médias
38:11en 92
38:12la majorité des français
38:13n'ont pas dit oui
38:13et même pas la majorité
38:14des votants
38:15tous les médias
38:16disaient oui
38:16tous les partis
38:17quasiment
38:17disaient oui
38:18oui c'est ça
38:19et puis
38:20les petits gaulois
38:21ils n'ont pas voulu
38:21ils ont dit non
38:22mais malgré tout
38:23et puis on en a tiré
38:25la leçon
38:25c'est à dire
38:26qu'on s'est promis
38:26de ne plus jamais
38:28les consulter
38:29sous cette forme
38:31sur de tels sujets
38:32c'est la raison
38:33pour laquelle
38:33le traité de Lisbonne
38:34a été entériné
38:35par la voie
38:36strictement parlementaire
38:37ça ne répétons pas
38:38ce que tout le monde sait
38:39mais ce qui est important
38:42c'est qu'il y a malgré tout
38:43une hébétude des peuples
38:44et je voudrais qu'on finisse
38:45là dessus
38:45c'est une grande question
38:48vous savez qu'il y a
38:48des études assez nombreuses
38:50qui décèlent
38:50un déclin cognitif
38:52y compris
38:53dans les sociétés
38:54techniciennes
38:55et surtout
38:55dans les sociétés
38:56techniciennes
38:56l'homme devient
38:59hébété
39:00la machine
39:02ahurie
39:04idiot
39:05imbécile
39:06comme disait Bernardo
39:07dans la France
39:07contre les robots
39:09c'est un mot
39:11que j'aime beaucoup
39:11l'imbécilité
39:12c'est moins méprisant
39:14mais c'est
39:15renversant
39:16beaucoup d'études
39:17montrent
39:17qu'à mesure
39:18que les peuples
39:19entrent dans l'ère
39:19des machines
39:20ils deviennent bêtes
39:21parce que les machines
39:22résolvent tellement
39:23de questions
39:24qu'ils se dispensent
39:26de réfléchir
39:27et qu'ils sont
39:28soumis
39:29à la machine
39:30vous savez
39:30je vous fais une confidence
39:32l'un des tout premiers
39:34articles
39:34que j'ai écrits
39:35dans ma vie
39:35j'étais très jeune
39:36ça devait être
39:37c'était pas la semaine
39:38dernière
39:39ça devait être
39:40vers 1963-64
39:42dans la revue
39:43les cahiers universitaires
39:44que dirigeait
39:45François d'Orsiva
39:47c'est un texte intitulé
39:49les techniques
39:50d'ahurissement
39:51c'est vrai
39:53les ahuris
39:54je l'ai relu
39:55il y a pas longtemps
39:55il y a beaucoup
39:56de main d'adresse
39:57de style
39:57comme dans les écrits
39:59de jeunesse
39:59mais finalement
40:00c'était pas si mal vu
40:02parce qu'on est toujours
40:03dans l'effet de sidération
40:05des techniques
40:06d'ahurissement
40:07alors par ailleurs
40:09je considère
40:11je mets au plus haut
40:13la considération
40:15que j'éprouve
40:15pour les peuples
40:16et le peuple
40:18en même temps
40:19je ne l'idéalise pas
40:21de manière romantique
40:23je sais bien
40:23qu'il en a reçu
40:24derrière les oreilles
40:26tellement
40:27qu'il n'a pas pu
40:28échapper totalement
40:29au conditionnement
40:32à la propagande
40:33dans certains cas
40:34et de façon plus subtile
40:36aux aliénations diverses
40:38de la société
40:39du divertissement
40:40et du spectacle
40:40j'ajoute que malheureusement
40:43les goûts
40:45de la France
40:46périphérique
40:47en matière
40:48de divertissement
40:49de musique
40:50de films
40:51sont très largement
40:53américanisés
40:54y compris
40:55chez les plus jeunes
40:55ça ne faut pas
40:56se faire
40:57c'est ça la conservation
40:57non je ne l'idéalise pas
40:59mais je vois bien
41:00c'est l'invasion
41:01de la bêtise
41:03que les peuples
41:04sont aujourd'hui
41:04le sujet historique
41:06de notre temps
41:07il y a toujours
41:07un sujet historique
41:08du temps que l'on vit
41:10les peuples
41:11sont le sujet historique
41:12de notre temps
41:14mais il reste beaucoup
41:16à faire
41:16pour qu'ils puissent
41:18non seulement faire entendre
41:20leur voix
41:22mais lancer des projets
41:26résultant
41:26de leur pouvoir
41:27en matière
41:29de souveraineté
41:30politique
41:31y compris
41:32de pouvoir
41:33constituant
41:34il y a un immense
41:36champ qui s'ouvre
41:37à la réflexion
41:39je vous le cache pas
41:40ce que j'attends
41:41c'est la seconde révolution
41:42française
41:44c'est peut-être pas la seconde
41:45il y en a eu beaucoup
41:46en réalité
41:47il n'y en a eu
41:48qu'une
41:49qui a eu un effet mondial
41:51alors
41:54là nous se parons
41:56sur ce point
41:56j'ai une autre hypothèse
41:58qu'un de vos auteurs
41:59dans ce numéro d'éléments
42:00qui est paru
42:01en août dernier
42:02notre meilleur ennemi
42:04les Etats-Unis
42:04de l'oncle Sam
42:05au phénomène Trump
42:07il y a plusieurs contributions
42:08de vous
42:09plusieurs contributions
42:10de votre équipe
42:13d'éléments
42:14alors il y en a une
42:15qui a retenu
42:16mon intention
42:16et qui est due
42:18à Pierre Saint-Servant
42:20qui se penche
42:21sur l'éco-terroriste
42:23le plus célèbre
42:24des Etats-Unis
42:25la bombère
42:26alors il n'ose pas le dire
42:28mais c'est autre chose
42:30qu'une révolution ça
42:31et à mon avis
42:31c'est diablement efficace
42:33il trouve une certaine
42:35légitimité
42:36à ce qu'il appelle
42:37le terrorisme
42:40comme interruption
42:41de l'hébétude collective
42:43vous n'allez pas me dire
42:44que c'est la solution
42:45je n'ai pas voulu dire
42:46non ce n'est certainement pas
42:47la solution
42:48et je ne pense pas
42:50que Pierre Saint-Servant
42:51voulait prôner le terrorisme
42:53mais son observation
42:54est très fine
42:57objectivement parlant
42:58il y a des actes
42:59que nous pouvons
43:01regretter et condamner
43:02mais qui peuvent jouer
43:05un rôle de révélateur
43:06à supposer
43:07que les circonstances
43:08soient présentes
43:10pour l'entendre
43:11dans le cas de
43:12Ouna Bomber
43:13il a envoyé
43:14quelques bombinettes
43:16c'est tombé à plat
43:16c'est mort
43:17c'est forcément
43:18tombé à plat
43:19de la même manière
43:20que les anarchistes
43:21de l'époque
43:22de Ravachol
43:23qui posaient une bombe
43:24à la chambre des députés
43:27finalement
43:27il y avait un côté
43:28bien sympathique
43:29mais ce n'était pas bien
43:29quand même
43:30alors la question
43:31Alain Benoit
43:31pour finir
43:32hélas il va falloir
43:33que nous concluons
43:33c'est dommage
43:35la violence n'a de sens
43:37que lorsqu'elle est efficace
43:41non pas selon l'élimination
43:43des personnes
43:44ou des biens visés
43:46mais selon le projet politique
43:48qu'on veut lancer
43:49l'erreur
43:51qu'ont fait des tas de gens
43:52à commencer par
43:53les zozeaux d'action directe
43:56par exemple
43:56c'est d'avoir rendu
43:58par leurs attentats
43:59et leurs assassinats
44:00leur cause encore plus réprouvée
44:02qu'elles ne l'étaient avant
44:03c'est très contre-productif
44:05mais nous arrivons
44:07à une période
44:08où les circonstances
44:10pourraient justement
44:11être plus favorables
44:12y compris en France
44:14oui c'est le déclic
44:17dont je vous parlais
44:17le déclic
44:18est-ce que le déclic
44:19c'est une hypothèse
44:21ça ne sera pas
44:22l'an prochain
44:23l'impasse politique
44:25terrible
44:25dans lequel se trouvera
44:27dans laquelle se trouvera
44:29le peuple français
44:30qui que soit
44:32qui remporte
44:33l'élection prochaine
44:35est-ce que nous sommes
44:36d'accord là-dessus
44:36que ce soit Mélenchon
44:37que ce soit Marine Le Pen
44:38que ce soit M. Philippe
44:40que ce soit n'importe qui
44:41il sera dans l'impossibilité
44:43parfaite d'exercer
44:44le pouvoir
44:45et même ne serait-ce
44:45que d'avoir un gouvernement
44:46il y a un moment
44:47et là
44:48les français
44:49seront devant
44:50une impasse telle
44:52que tout peut arriver
44:53y compris
44:53des actes de violence
44:55peut-être plus d'instruits
44:56qu'on ne le croit
44:58et qui peuvent déboucher
44:59sur un autre monde
44:59je suis d'accord
45:00avec moi
45:01c'est le phénomène
45:02de la marmite
45:03ça boue
45:04ça boue
45:05ça boue
45:05puisqu'au moment
45:06où ça explose
45:08lorsque
45:09il y a eu
45:10les manifestations
45:12superbes
45:12à mon avis
45:13des gilets jaunes
45:15j'ai bien vu
45:16que ça devait retomber
45:18mais j'ai dit
45:19en même temps
45:19c'est la répétition générale
45:22c'est la répétition générale
45:24le déclic
45:26il peut être
45:27politique
45:28sociologique
45:29économique
45:30on ne peut pas
45:32entasser de la dette
45:32comme ça
45:33jusqu'au ciel
45:36une crise
45:37d'un capitalisme
45:40confronté
45:41à ses contradictions
45:42internes
45:43et qui par certains aspects
45:44est en train
45:46de connaître
45:47un stade terminal
45:48au sens
45:48où la valeur
45:50qui est son moteur
45:51se dévalorise
45:52une crise écologique
45:53on ne peut pas
45:54l'exclure totalement
45:56une crise financière
45:57une guerre mondiale
45:58enfin je veux dire
45:59il y a beaucoup
45:59de scénarios
46:00les scénarios
46:01ce qui est dommage
46:03avec eux
46:03et surtout
46:04pour les futurologues
46:06qui les énoncent
46:07c'est qu'on ne peut jamais
46:08les affecter
46:09d'un coefficient
46:09de probabilité
46:11décisif
46:11mais on sait
46:13que c'est possible
46:13voilà
46:14possible c'est une chose
46:15probable
46:16c'en est une autre
46:17bien Alain Benoît
46:18on sait très bien
46:19que nous n'en finirons
46:20jamais
46:21et c'est peut-être
46:23heureusement
46:23c'est peut-être
46:24ce que l'on peut dire
46:25à propos
46:26du sujet
46:27qui ouvrait
46:28cette discussion
46:29sur le sentiment
46:30de la mort
46:30il faut lui répondre
46:31à la mort
46:32que nous n'en finirons
46:33jamais
46:33et j'ai même envie
46:35de vous proposer
46:35une phrase
46:36avant de vous laisser
46:37le dernier mot
46:38qui est une phrase
46:39très amusante
46:40à laquelle vous me faites
46:41toujours penser
46:42de Henri de Monterland
46:43la vieille ne voulait
46:45pas mourir
46:46car elle en apprenait
46:47tous les jours
46:48quand je pense
46:49au torrent de pensées
46:53que vous avez maîtrisées
46:54au fil du temps
46:55et découvrant il y a
46:57trois minutes
46:58que vous aviez déjà
47:00en 63
47:01découvert
47:02que
47:03les techniques d'ahurissement
47:06nous glissions
47:07vers les techniques
47:08d'ahurissement
47:09quand je pense
47:10que vous prévoyez
47:11ce qu'on appelle
47:12les bétudes
47:14générales
47:14mondiales
47:15de l'homme
47:15aujourd'hui
47:17ahurie
47:18ça c'est plus
47:20que de la prévision
47:21c'est du prophétisme
47:23c'est le titre
47:24du beau livre
47:25de Gunther Anders
47:26l'obsolescence
47:28de l'homme
47:29vous répondez quoi
47:30obsolète l'homme
47:31ou
47:32c'est une question
47:33qu'il ne faut jamais
47:34se poser
47:35il ne faut jamais
47:36se poser la question
47:37non plus
47:37de savoir
47:38si ce qu'on fait
47:38sert à quelque chose
47:40parce que là
47:40on est dans une démarche
47:43utilitariste
47:43et franchement
47:44il n'y a que les crétins
47:46pour décider
47:47de s'abstenir
47:47de ce qu'ils pourraient faire
47:48parce qu'ils craignent
47:49que ça ne marche pas
47:53la libido
47:54c'est d'abord
47:56une libido
47:56c'est d'abord
47:57une libido
47:58et ça permet aussi
47:59d'approcher la mort
48:00de façon assez sereine
48:01d'aller à sa rencontre
48:03j'aime beaucoup
48:03cette idée de rencontre
48:05c'est pas la mort
48:06qui s'empare de vous
48:07vous l'avoir rencontrée
48:09et vous mourrez vivant
48:10c'est très important
48:12de mourir vivant
48:13merci Alain Benoît
48:15merci
48:16cher Paul-Marie
48:17et à bientôt
48:18c'est un grand regret
48:19de vous quitter
48:19mais nous ne nous quittons pas
48:21merci encore
48:22merci
48:24merci
48:24merci
48:25merci
48:27merci
48:28Sous-titrage FR ?