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  • il y a 3 heures
Une semaine après son accouchement, la cheffe des écologistes et candidate à la présidentielle Marine Tondelier a participé à sa première manifestation pour le climat à Arras, ce samedi 26 septembre, avec son bébé. Elle raconte au HuffPost comment elle imagine la suite de cette campagne en post-partum.

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Transcription
00:00Je suis là aujourd'hui parce que la sage-femme est passée hier à la maison,
00:02que tout se passait bien, qu'elle m'a dit que c'était une bonne idée par ailleurs
00:05de sortir de chez soi et de rencontrer des gens,
00:07d'aller marcher un petit peu aussi, pas trop.
00:09Et ce n'est pas parce que je suis là aujourd'hui que ça marque mon grand retour
00:12comme si de rien n'était pour tous les jours qui suivront.
00:14C'est une parenthèse de manif à laquelle je serais venue,
00:17que je sois candidate à la présidentielle ou pas.
00:19J'aurais été à cette manif, en vrai, je me connais, je le sais.
00:21Tiens, ça va ?
00:22Est-ce qu'il faut une félicitation ?
00:23Oui, je t'ai fait un bisou.
00:24Ça fait longtemps que je t'ai pas vue.
00:25Bonjour.
00:27Belle charrette.
00:29On peut mettre des bébés dedans ?
00:32C'était au cas où ?
00:36Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d'abord
00:39seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires,
00:42les familles précaires dans des logements sans isolation,
00:44les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules ?
00:49Vous avez choisi de faire votre première apparition publique
00:52dans une manifestation pour le climat.
00:54C'est tout un symbole ?
00:56En fait, ça s'est organisé comme ça
00:58parce que cette marche climat était prévue aujourd'hui
01:00qui était normalement la date de terme.
01:01C'était aujourd'hui que je devais accoucher.
01:03Et donc, je ne savais pas si je pourrais y être,
01:06mais j'avais toujours dit que si j'accouchais un petit peu avant,
01:09ce qui a été le cas, ou un petit peu après,
01:11ce qui était possible,
01:12c'est que mon fils était né cinq jours après terme.
01:13Alors, si ma santé le permettait, je serais là.
01:16Et pour la petite histoire, en fait, mon fils est né en décembre 2018,
01:18mon premier,
01:19et c'était déjà la première de la grande série de marche climat.
01:22Et donc, je l'avais vécu depuis la maternité.
01:24C'était un peu émouvant de voir que partout dans le pays,
01:26ça se réveillait sur le climat
01:28et qu'il y avait ce truc de « je ne peux pas y être,
01:29mais je suis contente que ça ait lieu ».
01:31Et là, du coup, c'est assez émouvant aussi de pouvoir y être, pour le coup.
01:33Vous avez souvent entendu que vous ne feriez pas avec Mme Rachida Dati
01:36en revenant cinq jours après sur Talon Aiguille.
01:38Je n'ai pas de Talon Aiguille, premièrement.
01:40Vous êtes bientôt une semaine après.
01:42Non, mais premièrement, j'avais dit ça en rigolant
01:43parce que toute la grossesse, les gens disaient
01:45« est-ce que vous allez faire venir Paris Match dans la chambre de maternité ? »
01:48Est-ce que vous allez faire…
01:49Parce que ce n'était pas juste Talon Aiguille,
01:50c'était Conseil des ministres en Talon Aiguille
01:53et reprise du rythme comme si de rien n'était.
01:55Et ça, franchement, c'est…
01:57Enfin, moi, je ne peux pas.
01:58Et là, je fais ça parce que c'est à côté de chez moi
02:01que je peux venir avec le bébé.
02:02Moi, je pense que chacun fait comme il l'entend.
02:04Moi, ça, je ne sais pas faire.
02:05Ce que j'avais dit à tout le monde, c'est
02:07« ne me demandez pas au bout de combien de temps je vais revenir. »
02:09Je n'en sais rien.
02:10Ça dépend de comment…
02:10À quelle date j'accouche,
02:12de dans quelles conditions j'accouche,
02:13comment ça se passe.
02:14Je vous passe les détails,
02:15mais c'est toujours un peu acrobatique.
02:17Et puis, comment va le bébé ?
02:18Est-ce que c'est un bébé qui est sécurisé ?
02:20Il y a des bébés, vous les mettriez dans cette atmosphère-là,
02:22ils seraient complètement perdus.
02:23Voilà.
02:23Moi, bon, après, il a fait beaucoup de manifs in utero,
02:26donc peut-être que c'est son écosystème naturel.
02:28Mais vous voyez, il faut s'adapter à ça.
02:30C'est-à-dire qu'au jour le jour,
02:33on voit ce qui est possible ou pas
02:34et on ne met pas en difficulté son bébé
02:36et on ne se met pas en difficulté soi-même.
02:37Donc là, je suis là aujourd'hui
02:38parce que la sage-femme est passée hier à la maison,
02:40que tout se passait bien,
02:41qu'elle m'a dit que c'était une bonne idée par ailleurs
02:42de sortir de chez soi
02:44et de rencontrer des gens,
02:45d'aller marcher un petit peu aussi, pas trop.
02:47C'est pour ça que je suis à la manif d'Arras
02:48à côté de chez moi
02:49et pas à celle de Lille ou de Paris cet après-midi.
02:51Donc voilà, c'est une adaptation au quotidien.
02:53Et ce n'est pas parce que je suis là aujourd'hui
02:55que ça marque mon grand retour
03:00à laquelle je serais venue,
03:01que je sois candidate à la présidentielle ou pas,
03:03j'aurais été à cette manif.
03:04En vrai, je me connais, je le sais.
03:07Ah, pas mal les drapeaux !
03:11En fait, quand j'ai annoncé ma grossesse,
03:13déjà, on a beaucoup parlé du coup d'infertilité.
03:15Ça concerne un couple sur cinq en France
03:17et on n'en parle jamais.
03:18Et j'ai eu énormément de messages,
03:19de gens qui disaient merci
03:20parce qu'on n'en parle jamais
03:20et nous, ça nous fait plaisir en fait
03:23que quelqu'un s'en empare politiquement
03:24ou se sent moins seul.
03:25Et vous savez que la solitude,
03:26c'est aussi un sujet sur lequel je travaille.
03:29Le postpartum, c'est pareil.
03:30C'est une femme sur trois,
03:32deux mois après son accouchement,
03:33qui est en souffrance psychique.
03:34On n'en parle jamais.
03:35C'est-à-dire qu'en France,
03:36quand vous êtes enceinte,
03:37on s'occupe quand même plus ou moins bien de vous.
03:38On vous laisse passer à la caisse,
03:40on vous donne une place assise
03:41dans les transports en commun.
03:42Et à partir du moment où le bébé est né,
03:44tout le monde est sur le bébé
03:45et vous, vous n'existez plus.
03:46Alors que c'est parfois plus dur.
03:47Moi, je peux vous dire,
03:48dans ma situation personnelle,
03:48et chacun est différent,
03:50c'est plus dur après la naissance
03:51que vous avez vu que je sortais de l'Elysée
03:53quelques heures avant d'accoucher.
03:55Personne, y compris moi,
03:56n'aurait pensé que j'accouchais le soir même.
03:58Donc chaque grossesse est différente,
03:59chaque postpartum est différent,
04:01mais je note quand même une différence d'attention
04:04entre avant et après.
04:06Et par exemple,
04:07il n'y a pas de vrai service public
04:09du postpartum en France.
04:10C'est-à-dire que si vous avez la chance,
04:11et c'est mon cas,
04:12et je le reconnais,
04:12ça n'empêche pas les dépressions postpartum.
04:14Mais moi, j'ai la chance d'être très accompagnée.
04:15J'ai mes parents qui habitent à 500 mètres.
04:17J'ai mon conjoint qui n'a pu
04:19pas prendre de vacances cet été
04:21pour les garder pour la naissance,
04:22pour être là un peu plus présent.
04:23Et c'est super,
04:24mais ce n'est pas le cas de tout le monde.
04:25Et on est un peu livré à soi-même.
04:27Et là, par exemple,
04:27sur l'allaitement, c'est pareil.
04:29Chacun fait ce qu'il veut.
04:30Il y a des gens qui veulent allaiter,
04:31des gens qui ne veulent pas allaiter.
04:32On respecte toutes les décisions.
04:34Mais pour les gens qui veulent allaiter,
04:36les recommandations de l'OMS,
04:36c'est quand même six mois d'allaitement.
04:38Et le début, la mise en place,
04:40c'est toujours un peu difficile.
04:41Et tout d'un coup,
04:41on vous laisse tomber au milieu,
04:42en mode reprends le travail,
04:43fais comme ci, fais comme ça.
04:45Et tu es un peu livré à soi-même.
04:46Donc l'allaitement,
04:47c'est aussi un sujet politique.
04:48Est-ce que justement,
04:48vous avez un petit peu peur
04:49de la misogynie de cette campagne ?
04:50Il y a une caricature de Charlie Hebdo
04:51qui a beaucoup fait parler.
04:52Oui, alors après,
04:54la campagne,
04:54elle est misogyne avec ou sans enfant.
04:56Donc je le dis,
04:56ce n'est pas un hasard
04:57s'il y a aussi peu de femmes
04:58en politique à haut niveau.
04:59Je suis la seule femme
05:00chef de parti aujourd'hui en France.
05:01À part Marine Le Pen,
05:02je suis la seule à être candidate
05:03à la présidentielle,
05:04enceinte ou avec un nouveau-né.
05:06Je n'en parle même pas.
05:06Je pense que ce n'est jamais trop vu
05:08ni en France ni ailleurs.
05:09Et il y a des raisons à ça.
05:10Donc après,
05:11est-ce que du coup,
05:11on se dit,
05:12du coup, on ne le fait pas ?
05:12Non, on n'est pas du genre
05:13à baisser les bras chez les écolos.
05:14On va ouvrir un chemin
05:16et montrer que c'est possible.
05:17Et encore une fois,
05:18sans mettre de pression
05:18à d'autres femmes.
05:19C'est-à-dire que des fois,
05:20les gens disent,
05:20vous êtes un modèle,
05:21comment vous arrivez à faire ça ?
05:22Mais les femmes qui ont solo
05:23plusieurs autres enfants,
05:25qui travaillent dans des postes de nuit,
05:27dans des postures pénibles,
05:28qui vivent avec un mec apocalyptique
05:29qui leur fait subir des violences,
05:31il y a plein de cas
05:32pour lesquels c'est tout aussi difficile.
05:34Et donc,
05:35chacun fait comme il peut.
05:36C'est sans jugement.
05:38Et courage à toutes les femmes
05:39qui se battent.
05:39Voilà.
05:40C'est ça qu'on va raconter
05:40dans cette campagne.
05:41On va essayer d'ouvrir
05:41des nouveaux droits
05:42pour toutes les femmes.
06:04Sous-titrage Société Radio-Canada

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