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Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s'exprimait à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies ce samedi. Il s'est également exprimé sur la situation au Moyen-Orient.
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00:00Une attaque russe pourrait-elle avoir lieu sur le sol français ?
00:03Oui, a affirmé Emmanuel Macron sans détour.
00:06C'était cette semaine avec d'ailleurs d'autres déclarations
00:09autour de la vulnérabilité des sites stratégiques français.
00:12Ce soir, Sergei Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe,
00:16indique que la Russie atteindra ses objectifs en Ukraine,
00:20peu importe les circonstances. Écoutez-le.
00:27Les objectifs de notre opération militaire spéciale seront atteints
00:30et les menaces pesant sur notre sécurité seront éliminées.
00:34La paix règnera à nouveau. Cela se produira malgré tout ce qui pourrait se passer.
00:41Et justement, on part tout de suite à Kiev pour vous retrouver, Igor Saheri.
00:45Igor, cette déclaration, évidemment, chaque Ukrainien l'a écoutée et l'a suivie.
00:50et forcément, elle a ce soir une résonance particulière.
00:56Écoutez, cette déclaration se vérifie par les faits.
00:59Depuis une semaine, Samy, les attaques de drones et de missiles balistiques venant de Russie
01:05tuent et tuent beaucoup, beaucoup de civils et de jours comme de nuit.
01:11Les alertes se comptent par dizaines du matin, au soir et de la nuit.
01:16Il y a eu 10 morts aujourd'hui et plusieurs blessés dans l'ensemble de l'Ukraine.
01:21Il y en a eu 7 hier.
01:23Et ce que vise l'armée russe, ce sont des infrastructures civiles,
01:28essentiellement des espaces de stockage d'aliments,
01:31des data centers, comme on les appelle aujourd'hui encore à Kiev.
01:36Un data center a été visé et détruit trois mercredis.
01:40Et le problème de ces cibles-là, c'est que ça empêche les habitants de Kiev, par exemple,
01:45d'obtenir Internet et d'avoir des informations critiques.
01:48Autrement dit, de savoir quand les alertes retentissent
01:51ou quand les drones et les missiles se rapprochent.
01:55Voilà où on en est, voilà la situation.
01:57Et la problématique aujourd'hui à Kiev et dans l'ensemble du pays,
01:59c'est que les forces ukrainiennes ont beaucoup moins de missiles intercepteurs
02:04et d'intercepteurs tout court contre ces fameux drones à réaction
02:07beaucoup plus rapides et beaucoup plus puissants que les précédents
02:10et qui transpercent la défense ukrainienne
02:13et qui font donc, je vous l'ai dit, beaucoup de morts, essentiellement civiles.
02:17Merci infiniment, Igor Saheri, avec Chloé Berthaud du côté de Kiev en direct pour BFM TV.
02:23On va décrypter tout cela avec mes invités, bien sûr.
02:25Thierry Arnaud, David Rigolet-Rose, Robin Gastaldi et le général Philippe Sidos.
02:30Peut-être qu'on commence ensemble, Thierry.
02:31Ainsi, cette déclaration de Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe,
02:36qui finalement fait assez écho à ce que disait le chef de l'État français cette semaine.
02:41C'est-à-dire que la Russie, en tout cas, compte aller jusqu'au bout et ne s'arrêter.
02:46En tout cas, on a encore vécu 10 nouvelles victimes en 24 heures.
02:49A ce que disait aussi Vladimir Poutine lui-même il y a quelques heures,
02:52Samy, on sent bien qu'il y a dans les mots et dans les actes de la part de la
02:56Russie
02:56la volonté de passer à un stade supérieur de ce conflit.
03:00Alors, pour partie, ça traduit le fait qu'au moment où on se parle,
03:04la Russie est toujours tenue en échec par les Ukrainiens.
03:07Le fond ne progresse pas, mais elle inflige effectivement des frappes de plus en plus douloureuses à l'Ukraine.
03:15On pourra d'ailleurs relever au passage qu'elle ne cherche même plus à prétendre aujourd'hui,
03:19comme elle l'a très longtemps fait, qu'elle ne visait que des cibles militaires avec des objectifs précis.
03:24Aujourd'hui, on admet de manière explicite qu'on vise des cibles de manière générale
03:32avec la volonté de faire mal, y compris à la population civile.
03:37Et parallèlement à ce qui se passe en Ukraine,
03:40il y a effectivement une série de menaces et une série d'actes hostiles
03:44qui sont effectivement constatés dans les pays européens.
03:48On pense évidemment à ce qui s'est passé du côté de l'aéroport de Leipzig,
03:51en particulier avec ces drones qui ont été interceptés à la dernière minute
03:55avant d'aller frapper des avions qui avaient pour destination l'Ukraine.
03:59Ça aurait pu créer des dégâts considérables.
04:02Toute une série de manœuvres qu'on a constatées en Pologne notamment, et pas seulement.
04:06Donc oui, il y a une sorte de montée en puissance de l'hostilité russe
04:11qui vise, sur ces deux fronts à la fois,
04:15de créer pour la Russie des circonstances plus favorables
04:18pour débloquer cette situation,
04:20essayer de sortir de cette espèce de drôle de guerre
04:24et de cette situation de blocage pour enfin arriver effectivement,
04:27comme le disait Lavrov, à atteindre les objectifs que la Russie s'est fixée.
04:31Général Tidot, c'est vrai que la visite du pape a un peu éclipsé les mots
04:34d'Emmanuel Macron qu'il a prononcés cette semaine lors d'une interview dans un 20h.
04:39Évidemment, sur la question de la sécurité et notamment la sécurisation de nos sites stratégiques,
04:44comme le disait Thierry à l'instant,
04:46il y a ce soir une accélération, une intensification de la menace russe,
04:50à la fois en Ukraine mais également dans les capitales européennes.
04:54Emmanuel Macron a été très clair sur cette question.
04:56Ce qui s'est passé à Leipzig avec ce drone qui aurait pu faire des victimes
05:00pourrait arriver dans n'importe quelle des capitales françaises ou en tout cas européennes.
05:04De toute façon, il faut reprendre très précisément les termes du président Macron
05:07parce qu'on est quand même dans une situation de crise réelle.
05:10Et donc, j'ai envie de dire, par légitimité ou je suis un peu dans mon rôle de fidélité à
05:16l'État
05:17comme officier, on est quand même obligé d'écouter la parole présidentielle
05:20qui s'inscrit d'ailleurs dans une longue tradition initiée depuis les années 60.
05:25Alors, il a été très prudent dans son vocabulaire.
05:27Il a dit qu'il n'y a pas d'adversaire ou pas d'ennemi.
05:29On a essayé de lui tendre la perche mais il l'a dit.
05:32Il a bien précisé qu'il y avait énormément en France,
05:34c'était surtout des attaques cyber, des attaques informationnelles.
05:37Bon, mais ça, après, chacun écoute ce qu'il a envie d'écouter.
05:39Mais surtout des attaques cyber.
05:41Alors, on a eu des alertes cette semaine.
05:43On a parlé de Dassault, on a parlé de matériaux nucléaires.
05:46On reviendra sur la question du raphaire.
05:49Mais effectivement, le vrai problème que l'on a, nous, ce sont des attaques cyber.
05:52Alors, pourquoi on n'est pas directement attaqué sur des attaques matérielles ?
05:55C'est parce qu'on a eu une puissance nucléaire.
05:57Et qu'il y a quand même...
05:59Les Russes se méfient.
06:00Ils savent à qui ils parlent.
06:02Ils savent à qui ils s'adressent.
06:03Ils s'adressent effectivement sur un temps beaucoup plus dur contre les Polonais.
06:07Mais là, il y a un échange.
06:08On est dans la grande tradition historique.
06:10Les Allemands sont également à peu près en première ligne.
06:13Ils ont énormément renforcé leur armée.
06:16Ils ont besoin de renforcer leur armée.
06:18Ils n'ont pas puissance nucléaire.
06:19Ils dépendent énormément des Américains sur ce domaine-là.
06:22Donc, leur stratégie est un peu différente.
06:24Donc, nous, les Russes savent très bien ce que l'on a en tête.
06:26Ils savent très bien les capacités qu'on a.
06:28L'extension de notre dissuasion nucléaire, c'est quand même un argument également.
06:32Ça aussi, c'est du concret.
06:33Oui, mais avant le seuil nucléaire, il y a quand même toute une panoplie, finalement,
06:36de conventionnels qui peuvent être utilisés.
06:38Alors, de toute façon, le nucléaire s'appuie sur le conventionnel.
06:41Ça, c'est une tradition goulienne.
06:43Il ne faut pas en être dupe.
06:44Alors, on a énormément sacrifié sur le conventionnel.
06:46Mais néanmoins, depuis quelques années, l'OTAN a énormément agi.
06:50Il ne faut jamais oublier ce barrage de l'OTAN qui s'est installé face à l'Est,
06:54qui est sur le flanc Est et qui couvre la Pologne, qui couvre les Pays-Baltes.
06:57Ça, c'est une réalité.
06:58Il y a un certain nombre de battlegroups, ce sont des brigades de combat,
07:01qui se renforcent progressivement grâce à l'apport de toutes les nations européennes.
07:05Et c'est ça qui est très intéressant dans l'OTAN.
07:07Il ne faut jamais l'oublier.
07:08C'est que si un allié se sent un peu timide et faibli,
07:12il y a les autres qui lui rappellent qu'il est là dans une cohésion d'alliance.
07:16Et puis, c'est un lien politico-militaire, l'OTAN.
07:19Et ça, c'est très important à voir.
07:21Alors, le président n'en a pas énormément parlé de l'OTAN.
07:23Il a surtout parlé de ce qui nous intéressait directement.
07:26Mais c'est un sujet qui reste quand même très important à préciser.
07:30– T'as vu de rigoler sur cette question, bien sûr,
07:32parce qu'encore une fois, les mots du chef de l'État étaient quand même assez forts cette semaine.
07:36Est-ce qu'il y a une menace russe ? Oui.
07:38Sur notre sol, oui. Il a été très clair.
07:40– Oui, oui. Ils sont à la fois assez forts et très mesurés dans leur cadrage,
07:44justement pour éviter d'alimenter une effervescence qui serait malvenue.
07:49Mais oui, on prend la mesure de la gravité de la situation.
07:53C'est incontestable.
07:54Alors, il se trouve qu'effectivement, ça ne concerne pas que la France.
07:57C'est tous les pays.
07:58On l'a vu encore dernièrement avec des interceptions d'aéronefs russes en Baltique
08:03par des avions de l'OTAN, justement.
08:06Donc, il y a une coordination qui se renforce.
08:09Mais le problème, c'est qu'on sent monter quand même quelque chose incontestablement du côté de Moscou.
08:15C'est-à-dire comme s'il fallait enjamber l'impasse stratégique ukrainienne par une fête en avant ailleurs.
08:21Et c'est ce qui inquiète tout le monde, clairement.
08:23Et ça n'exclut pas la phase préalable, dite phase zéro, sous le seuil dans laquelle on est, en réalité.
08:31C'est-à-dire avec des sabotages, des attaques cyber, ce qui sont coutumière aujourd'hui, des vols, etc.
08:37Et puis des menaces sur des personnels.
08:39Alors, la question, il y a aussi, puisque le président a évoqué la protection des infrastructures,
08:44mais c'est aussi les personnels.
08:45Il faut avoir à l'esprit qu'en Allemagne, il y a deux grands patrons d'usines d'armement qui
08:49ont été visés spécifiquement.
08:53C'est Armin Papager pour le Rheinmetall depuis 2024.
08:57Et puis le dernier, c'est Stéphane Tumann pour l'entreprise Donenstall,
09:03qui fait des interviews avec...
09:05Enfin, je veux dire, il est super protégé parce qu'il sait très bien qu'il est dans le viseur,
09:10dans le collimateur.
09:10Et c'est vrai à l'échelle européenne.
09:12Donc, on voit bien qu'il y a une prise de conscience à l'échelle continentale
09:16de quelque chose qu'on pressent se mettre en place et qui inquiète effectivement tout le monde.
09:21– Robert Gastaldi, vous partagez ce décryptage, cette accélération finalement dans la menace.
09:29Et je trouve que cette comparaison est assez juste.
09:31Vous la rejambez, c'est un pas stratégique en Ukraine pour...
09:36D'ailleurs, le président de la République a démenti cette information de nos confrères espagnols,
09:41Lelmando, sur la CIA qui alerquait sur des drones peut-être,
09:45qui décollaient d'une flotte fantôme du côté de la Méditerranée.
09:49Il n'y a pas de fumée sans feu pour autant.
09:51Ça reste peut-être une option.
09:53– Je trouve que l'image de l'enjambement est très juste.
09:56Aujourd'hui, comment l'Ukraine fait pour résister ?
09:58On a dit pendant un temps que c'était l'aide américaine.
10:01Certes, on a un renseignement américain, mais l'aide aujourd'hui est européenne.
10:04L'aide française est extrêmement limitée.
10:06C'est quelques centaines de millions d'euros hors prêts, si on ne parle que des dons.
10:11Mais si on regarde l'Allemagne, c'est des milliards, c'est plus de 10 milliards d'aides.
10:14Donc c'est 12 milliards pour la Norvège, c'est 3 milliards ne serait-ce que pour les Pays-Bas.
10:20Donc on a une aide européenne qui est massive,
10:22et ça c'est sans parler de 90 milliards d'euros d'aides de l'Union européenne
10:25financées par les avoirs russes gelées.
10:27Dit autrement, l'argent qui finance la machine de guerre ukrainienne est européen.
10:30Mais ça ne dissuade pas pour autant le président russe ?
10:32Alors, non, ça ne dissuade pas, mais l'objectif n'est pas dissuadé.
10:35L'objectif, c'est de faire en sorte que les Ukrainiens ne se fassent pas massacrer jusqu'au dernier.
10:38Et jusque-là, les Ukrainiens ont un front qui tient,
10:40grâce à la technologie européenne, grâce à l'argent européen.
10:42C'est pour ça qu'on parle d'enjeublement.
10:43Aujourd'hui, tant que l'Europe aide l'Ukraine, l'Ukraine ne s'effondre pas.
10:46Et Poutine se dit, comment je fais pour empêcher les Européens de me faire perdre la guerre ?
10:51Aujourd'hui, il y a les sabotages.
10:52On a parlé des tentatives d'assassinats,
10:54il y a eu des attaques directes contre des sites en Italie,
10:56il y a potentiellement eu des déraillements en France.
10:58C'est très difficile, parce que c'est une guerre secrète,
11:00c'est des sabotages, ce n'est pas signé.
11:02L'objectif, c'est de mettre à mal cette machine européenne
11:05qui finance et qui arme l'Ukraine.
11:07Mais on pourrait aller plus loin.
11:08Et je pense qu'on en parlera plus tard,
11:09mais il y a un risque d'une attaque directe,
11:11pas forcément sur le sol français,
11:13même si je lis comme vous ces menaces de drones.
11:15On parle de sabotage jusque-là, par exemple, de câbles sous-marins.
11:19Mais ça pourrait aller demain sur une attaque sur un pays de l'OTAN,
11:21comme les pays baltes, comme les pays nordiques,
11:24comme d'autres pays à proximité de la Russie.
11:26Et justement, certains du renfinement militaire,
11:28Thierry, redoutent ce qu'on appelle,
11:30et le général Cito se confirmera, la surprise stratégique,
11:33c'est-à-dire une attaque qui n'était absolument pas prévue
11:36par les autorités françaises.
11:38Oui, même si, bien sûr, depuis des mois maintenant,
11:41et ça devient de plus en plus intensif,
11:44on ne cesse que de préparer des scénarios
11:47et de voir là où pourraient effectivement intervenir les attaques.
11:51Et comment est-ce qu'on s'y prépare ?
11:54Avec une attention particulière, effectivement,
11:56portée sur les Pays-Baltes,
11:57pour des raisons géographiques évidentes.
11:59Et lorsqu'on entend, comme c'était le cas il y a quelques heures à peine,
12:03Vladimir Poutine se plaindre du traitement
12:06des populations russophones dans les Pays-Baltes,
12:09on se souvient que c'est exactement le même langage,
12:12quasiment mot pour mot,
12:13qu'il employait à propos de l'Ukraine
12:15à quelques semaines de son intervention,
12:17qu'il a justifié comme ça.
12:18Et il a justifié en expliquant qu'il fallait aller,
12:21en réalité, défendre et protéger
12:23les minorités russophones en Ukraine
12:25qui étaient persécutées.
12:28Donc vous voyez que ça ajoute au faisceau d'indices,
12:31effectivement, qui justifie le fait
12:32que dans les capitales occidentales,
12:36dans tous les services de renseignement,
12:37qu'ils soient civils ou militaires,
12:39le travail d'arrache-pied pour élaborer...
12:42Essayer d'anticiper, en tout cas,
12:43le moindre scénario...
12:45Et élaborerait des scénarios de ce qui pourraient être des attaques
12:49et de la manière dont on pourrait y riposter.
12:51Est-ce qu'il faut bien comprendre, Général Sido,
12:53qu'on n'est plus vraiment en paix,
12:55mais on n'est pas non plus en guerre ?
12:56Ah oui, mais c'est tout paradoxe de notre époque.
12:58C'est cet équilibre et c'est...
12:59Oui, c'est un paradoxe absolument incroyable.
13:02Il y a une guerre absolument incroyable
13:04qui se déroule dans le Donbass,
13:05une guerre classique,
13:07avec de la tactique à évoluer,
13:08mais avec, disons, les grandes méthodes
13:10de 14-18 et 39-45,
13:11rien de tout mélanger,
13:12avec des matériels modernes,
13:14avec une tentative d'économie des pertes,
13:16mais avec des offensives locales, quand même.
13:18Le front bouge, pas de beaucoup.
13:19Il y a une belle petite offensive ukrainienne
13:21au courant du mois d'août-septembre,
13:23l'opération Vivaldi.
13:24Il faut voir la suite.
13:25Mais pendant que les Ukrainiens
13:26ont l'opération Vivaldi,
13:27les Russes contre-attaquent ailleurs.
13:28Il y a des progressions.
13:29C'est très lent.
13:30Ça avance doucement.
13:31Et c'est là où on voit
13:32toute la résolution et la fermeté
13:34du discours russe
13:35qui se concrétise sur le terrain du Donbass.
13:38C'est ça qui est très intéressant.
13:39Donc il y a la guerre du Donbass qui se poursuit.
13:41Et puis il y a cette guerre géopolitique
13:43dans laquelle on est directement impliqué.
13:45Alors c'est à la fois une guerre du dialogue,
13:47une guerre des mots,
13:47et puis une guerre des matériels
13:49et de la résolution et de la volonté.
13:50Et autant il y a de la volonté
13:51et des demi-légérants sur le terrain du Donbass,
13:54autant il y a effectivement
13:55une volonté géopolitique du côté des Russes,
13:58une volonté chez les Polonais,
14:00chez les Allemands c'est certain,
14:01et puis on entend des petites musiques
14:04de faiblesse effectivement.
14:06Et là il y a un début d'atteinte
14:07parce que c'est l'usure,
14:08on est à quatre ans et demi de guerre.
14:09Donc forcément on se lasse,
14:11on se demande où sont les résultats.
14:12Et c'est là où il y a eu un article très intéressant
14:15du général Petraüs à son retour de Pologne
14:17où il était dans l'affaire du missile
14:18qui avait frappé un train,
14:20où il explique quelle est la victoire.
14:23Quelle est la victoire du côté russe
14:24et quelle est la victoire du côté ukrainien ?
14:25Comment on la détermine ?
14:27Mais en fait le problème,
14:28et c'est là où c'est très embêtant
14:29à comprendre pour un esprit occidental
14:31qui n'a pas envie,
14:32qui veut une victoire rapide,
14:34qui voudrait un peu un scénario,
14:35j'ai envie de dire entre guillemets,
14:36à la patonne ou à la budérienne de 40.
14:38Vous voyez, on veut un truc très rapide.
14:40Ben non, c'est pas comme ça que ça marche.
14:42Ça va durer, ça peut encore durer un an,
14:44ça peut encore durer deux ans.
14:45Et alors il y a les belligérants
14:47et puis il y a les soutiens.
14:48Voilà.
14:49Alors les Russes, ils ont des soutiens,
14:50il ne faut pas être dupes,
14:51ils ont des soutiens chinois,
14:52ils ont des soutiens iraniens,
14:54ils ont des fronts secondaires.
14:55Le front du Proche-Orient
14:56est un front secondaire pour eux,
14:58mais qui rentre dans leur logique.
14:59Et nous aussi,
15:00on leur souffre de ce front secondaire
15:02au Proche-Orient.
15:05Ça, il faut l'expliquer,
15:06il faut le faire comprendre.
15:07Alors, moi je vois bien,
15:08le président Macron,
15:08il essaie d'expliquer
15:09que ça se réduit au prix du litre d'essence.
15:12Non, c'est pas que ça.
15:13Le problème, c'est qu'il faut vraiment
15:14élever le débat,
15:14il faut le faire comprendre
15:15et qu'on est engagé
15:17et on ne peut pas reculer.
15:18Donc on est quelque part
15:20cobelligérant,
15:20même si ce n'est pas admis
15:23en tout cas par les autorités.
15:24On n'est pas cobelligérant
15:26parce qu'on n'a pas tué tous les jours.
15:27Non, mais je veux dire...
15:28Mais on est cobelligérant
15:29parce qu'on est mouillé jusqu'au cou.
15:31Voilà, et David Rigoleroz,
15:32les missiles Flamengo
15:33sont équipés justement
15:34de guidages
15:35vraisemblablement français.
15:36C'est connu,
15:37il n'y a pas de mystère là-dessus.
15:38Donc voilà,
15:39on est en tout cas
15:39dans cette situation-là.
15:41Maintenant,
15:42il faut aussi comprendre
15:43ces Français peut-être
15:44qui se posent la question,
15:45tout ce qu'on a fait jusqu'à présent
15:47n'ont pas empêché
15:48Vladimir Poutine
15:49d'aller vers cette escalade.
15:50Ils ont empêché
15:51Vladimir Poutine
15:52de prendre l'Ukraine.
15:54Ce qui était quand même
15:55l'objectif premier.
15:57Et c'est bien ça
15:58qu'il faut se remettre
15:59ça en perspective.
16:00Mais oui, c'est aussi ça.
16:01S'il n'y avait pas eu ce soutien,
16:03l'Ukraine serait tombée,
16:04clairement.
16:06Puisqu'aujourd'hui,
16:07le soutien européen
16:08s'est substitué
16:09au soutien américain
16:11à l'offre
16:12en termes financiers et militaires.
16:13Donc vous évoquez
16:14effectivement
16:14des pièces détachées,
16:15etc.
16:16Il y a une expertise aussi
16:18et puis du renseignement.
16:20Donc oui,
16:21le problème c'est que ça valide
16:22le narratif russe
16:23en disant que les Européens
16:25sont co-belligérants
16:26dans la mesure
16:26où ils ont empêché
16:27finalement sa prise de guerre.
16:30Et c'est le vrai problème.
16:31Il y a toute une partie
16:32de l'équation
16:32qui est très importante
16:33mais qui est très difficile
16:34à évaluer.
16:35Pourquoi est-ce que la Russie
16:36devient soudainement
16:37beaucoup plus agressive
16:38dans les mots
16:38et dans les actes ?
16:39D'une part,
16:40on l'a dit
16:41parce qu'elle est en situation
16:42d'échec en Ukraine.
16:44Elle n'arrive pas à progresser,
16:45elle n'arrive pas
16:46à atteindre ses objectifs.
16:47Mais d'autre part,
16:48on peut aussi se poser la question
16:49et je n'ai pas la réponse
16:50mais il y a certainement
16:52une partie de la réponse
16:52qui se trouve
16:53dans les difficultés
16:55que ce conflit
16:56a créé pour la Russie.
16:57L'économie russe,
16:58elle souffre sans doute
16:58davantage
16:59que ce que la Russie
17:01veut bien dire.
17:04Les frappes ukrainiennes
17:05sur les capacités
17:07de production d'énergie
17:08et en particulier
17:09de carburant raffiné
17:11de l'Ukraine
17:12en profondeur,
17:13ça a fait très mal.
17:15Ça a perturbé
17:15l'économie russe.
17:17et ça génère sans doute
17:18des tensions
17:19politiques aussi
17:22qui sont encore une fois
17:23très difficiles
17:24à évaluer
17:24avec précision
17:25parce que
17:27tout ça n'est pas
17:28évidemment
17:29déballé
17:30sur la place publique.
17:31Mais c'est sans doute
17:33aussi une partie
17:34de la réalité
17:36qui fait que
17:37du côté russe,
17:38la pression monte également
17:39et c'est la raison
17:40pour laquelle
17:40il faut obtenir
17:41des résultats rapidement.
17:41C'est très juste
17:43aujourd'hui.
17:43On a l'économie russe
17:45qui souffre des frappes
17:46sur les raffineries.
17:46On a un effort de guerre
17:48russe qui patine
17:48et surtout on a Poutine
17:49qui a donné l'objectif
17:50à ses armées
17:51de prendre l'ensemble
17:51du Donbass
17:52d'ici fin septembre.
17:53Cet objectif,
17:54c'est la septième
17:54ou huitième fois
17:55que ça a été donné
17:55depuis le début de la guerre
17:56et très récemment
17:57la Russie vient de perdre
17:58plusieurs centaines
17:59de kilomètres carrés.
18:00Il y a une offensive ukrainienne
18:01qui s'appelle
18:01l'offensive Vivaldi
18:02qui est en train
18:02de faire reculer les Russes.
18:03Mais j'aimerais revenir
18:04sur la question
18:05de la co-belligérance.
18:06On peut la définir
18:07de plein de façons différentes
18:08mais à la fin,
18:09c'est Poutine qui décide
18:10de faire de son ennemi
18:11un belligérant.
18:12Moi, on parle beaucoup
18:13de la co-belligérance française
18:14dans nos actions.
18:15Moi, je pense qu'on est
18:15sous-belligérant.
18:16C'est-à-dire que le budget
18:17militaire français,
18:18c'est 57 milliards d'euros.
18:19C'est important d'avoir
18:20des armées puissantes.
18:21Et face à nous,
18:21si on considère
18:22que la guerre en Ukraine
18:23est une guerre vitale,
18:24nous, on donne
18:24quelques centaines de millions
18:25par an.
18:26On envoie des avions
18:27pour protéger l'Arabie Saoudite,
18:28pas pour protéger l'Ukraine.
18:29On envoie une fraction
18:30de notre budget militaire
18:31à l'Ukraine.
18:31On envoie des armes
18:32qui sont les plus vieilles
18:33et en sortie de service
18:33à l'Ukraine.
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