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  • il y a 21 minutes
Le QG du rire. 100% humour, 0% stress. Des gags, du fun et de la détente au programme. Abonne-toi pour ne rien rater !

Catégorie

🎈
Amusant
Transcription
00:00Bonsoir et merci d'être avec nous. Ce soir, je reçois Dieudonné.
00:03Dieudonné, c'est un plaisir pour moi.
00:05Moi aussi aussi.
00:06Alors, c'est Dieudonné, Mbala, Mbala.
00:09Est-ce que je l'ai bien dit ?
00:10Oui, Mbala, Mbala.
00:11Mbala, Mbala.
00:12Parce qu'il y a des fois, en fonction de la manière dont le mec le prononce,
00:15j'ai lu que tu sentais si c'était…
00:17Ouais, c'est vrai. Des fois, je fais attention.
00:19Attention, je ne sais pas où on va.
00:21Mbala, Mbala.
00:22Dis-moi comment il ne faut pas le prononcer, par exemple.
00:26Euh… Bamboula.
00:27Ouais, ça, c'est vraiment, carrément, ils se foutent.
00:29C'est une petite modification.
00:30Si tu veux, mais j'ai eu le droit, j'ai eu le droit.
00:32Ouais, j'ai eu le droit.
00:33Ah ouais, bah moi, Marc, on m'a bien fait le coup de tapisser contre le mur quand j'étais
00:37petit.
00:38Tu t'imagines ?
00:39Ouais.
00:39Moi, je me balade, je…
00:42Avec Mbala, il y en a pas mal aussi, le baladeur.
00:45Oui, je me emballe pas mal.
00:46Le tapis, ça doit être pas mal aussi aussi.
00:47Ta mère est bretonne ?
00:48Ouais.
00:49Et ça ne se voit pas ?
00:50Non.
00:51Sauf que ton papa, lui, il est Camerounais.
00:54Voilà.
00:54Et là, ça se voit.
00:55Ça se voit un peu plus.
00:56Mais bon, si.
00:57Enfin, la mère, il y a…
00:59Quand on regarde bien et qu'on connaît un peu les deux parents, oui, on peut trouver des
01:03ressemblances.
01:04Ils se rencontrent où ?
01:06À Nantes.
01:07Où ils font leurs études, tous les deux.
01:09Ouais.
01:10Et puis ensuite, ils immigrent à Paris.
01:12Et puis je nais, peu de temps après.
01:14Ouais.
01:14Et frère-sœur ?
01:16Ouais, j'ai un frère, Jacques-Olivier.
01:17Puis après, mon père s'est remarié.
01:18Et là, j'ai sept demi-frères et sœurs qui sont à Lille.
01:21Et tu rencontres à l'école ?
01:24Ouais.
01:24Où t'es pas…
01:25En terminale.
01:26T'es pas le plus fort.
01:27T'es pas non plus le plus mauvais.
01:29Non, non, mais non, j'ai pas mal vécu.
01:31J'ai été…
01:33Non, incarcéré, quoi.
01:33Je luttais contre le sommeil.
01:35T'aimes pas ça.
01:35Non, je me souviens vraiment de combats acharnés, de bagarres et de batailles infernales
01:40contre le sommeil.
01:41Pour pas dormir.
01:42Vraiment.
01:43Il n'arrivait pas à m'intéresser.
01:45Comment ça se fait ?
01:46Je sais pas.
01:46Je sais pas, je…
01:47Toutes les matières ou en particulier les maths ou les trucs comme ça ?
01:51Enfin, je suppose que…
01:52Non, parce que j'étais plutôt…
01:53Enfin, j'étais…
01:54J'étais pas mauvais.
01:55J'ai passé mon bac, que j'ai pas eu d'ailleurs.
01:58Enfin, je l'ai passé.
01:59Donc, doucement, j'ai…
02:00On m'a…
02:01On m'a fait suivre.
02:03J'étais un élève médiocre, moyen, quoi.
02:05Et puis…
02:06Et puis, après, dès que j'ai pu, à 18 ans, m'enfuir…
02:08Tu faisais marrer tout le monde, déjà.
02:09T'étais clown un peu.
02:10Ça, par contre, oui, j'avais opté pour ce point de vue sur la vie.
02:12T'aimais bien ça.
02:13Ouais.
02:13C'était pas aussi une façon, pour toi, de… bah, de montrer que t'existais,
02:17puisque t'arrivais pas à exister avec tes notes.
02:19C'est sûr.
02:20Avec tes notes…
02:21Enfin, j'existais, hein.
02:22Ouais.
02:22On a tous une existence dans un…
02:24T'étais le genre…
02:25Le prof, il savait ton nom au deuxième jour, quoi.
02:28Ouais.
02:28Ouais, ouais, ouais.
02:28Parce que, tu sais, t'as remarqué, t'as des mômes, et on en est au quatrième mois,
02:32et le prof dit encore, vous, là, là, vous allez arrêter de faire l'angouir, hein ?
02:37Toi, non.
02:37Deuxième jour, c'est…
02:38Mais j'étais délégué de classe, c'est-à-dire que les premiers jours…
02:40Bien sûr.
02:40Oui, parce que j'étais…
02:42Ça m'amusait, j'étais…
02:44Chaque début d'année, j'avais vraiment ma trousse avec mes stylos, tout…
02:48Je me disais à chaque fois…
02:49Cette année, là, c'est à bon…
02:49Non, non, cette année, c'est fini.
02:50C'est fini.
02:50C'est fini, on rigole plus, là.
02:52Et puis, bon, on rigole plus, donc finalement…
02:54On rigole quand même.
02:55Et puis, bon, je suis devenu mon professionnel, on va dire.
02:57Voilà, et alors, tu rencontres ton pote…
02:59Élie.
03:00Élie.
03:00En 91, ouais.
03:01C'est sa première scène.
03:03Ouais.
03:03Et là, alors, c'est…
03:04Vraiment, à la sortie du bac, quoi, grosso modo, on écrit…
03:07Bon, ça met un peu de temps à démarrer, il y a 4, 5…
03:093, 4 ans où on cherche, on se voit de façon épisodique,
03:13et puis à un moment donné, et puis c'est parti.
03:14C'est parti, c'est pratiquement le succès tout de suite, hein, je crois.
03:17Ouais, on n'a pas trop galéré, non.
03:18Donc, un premier succès, un premier…
03:21Ensuite, on passe à 97.
03:23Moi, ce qui m'intéresse, c'est les dates essentielles.
03:25Ouais, ouais.
03:25C'est ton premier rôle seul, 97, dans Le Déménagement.
03:30C'est ça.
03:31Et tu fais un grand spectacle au Palais des Glaces avec une tournée en 98.
03:35C'est ça, en fait, voilà, c'est…
03:36Ça, c'est la première apparition de Dieudonné en solo.
03:40Ouais.
03:40En 99, tu tournes dans Vive Nous…
03:44Ouais.
03:44Et tu fais tes débuts dans Pardon Judas.
03:46Ouais.
03:46Ouais.
03:47Alors là, ça devient quelque chose qui sort du comic seul, quoi.
03:51Ouais, ouais.
03:52Alors, parle-moi un peu de ça, là.
03:53Pardon Judas, comment s'est né ce truc ?
03:55Pardon Judas.
03:55En fait, jusqu'à ce spectacle, avec Eli, on faisait surtout des…
03:59des sketchs sur un thème plutôt social, bon…
04:04la fracture sociale…
04:05La banlieue, ce que tu connais.
04:06La banlieue, voilà.
04:07D'où on vient.
04:08D'où on venait.
04:09Et puis, bon, en travaillant un petit peu, je me suis interrogé sur les raisons, les
04:16causes, en fait, de cette situation.
04:18Alors, avec mon analyse, mes outils à moi, ma réflexion, mon raisonnement, je me suis
04:22aventuré sur ce qu'est le garant des valeurs et de la morale.
04:26Pourquoi un homme noir, dans ce système, n'a pas la même valeur qu'un homme blanc ? Pourquoi,
04:30quand on va chercher du boulot, quand on va chercher un logement, eh bien, bon, systématiquement,
04:34il y a une discrimination qui s'opère.
04:38Pourquoi le yabon banania, le noir qui est représenté systématiquement à la télévision,
04:42notamment sur TF1, un petit peu comme le bon nègre, le grand enfant, celui qu'on
04:46aime bien, celui qui s'amuse, qui court vite et qui danse.
04:49Alors bon, j'ai… et puis, j'ai fait des recherches pour travailler, pour écrire,
04:53et puis là, je suis tombé sur la controverse de Valladolid.
04:57Lors de cette controverse, bon, l'Église catholique a décidé de dire que l'Indien
05:04d'Amérique avait une conscience, ils les avaient massacrés dans leur quasi-totalité,
05:10mais ils ont décidé quand même, bon, allez, les Indiens d'Amérique ont une conscience,
05:14alors sous la pression des industriels de l'époque, ouais, mais alors comment on va faire,
05:17parce que la main-d'œuvre à zéro franc, à zéro balle, on la trouve où ?
05:20Et donc là, ce sont les éclésiastiques qui ont dit, bon, alors, aller chercher à ce moment-là des nègres.
05:26Eux n'ont pas de conscience, on est sûr, on en est persuadés.
05:30Donc de là, commencer le commerce…
05:31Si ils en ont une, ça se saurait.
05:32Voilà, et donc de là a commencé le commerce des esclaves,
05:34qui a duré pendant presque 400 ans,
05:38plus de 100 millions de personnes,
05:41dont pas loin de la moitié qui sont morts dans les océans.
05:45Le plus grand génocide par le nombre d'individus et puis par la durée.
05:48Et donc voilà, donc étant issu de cette minorité,
05:51je me suis dit que pardon Judas,
05:53parce que je trouve que cette Église garante des valeurs et de la morale qui accorde le pardon,
05:58qui met le pardon comme valeur suprême dans la conscience humaine,
06:01c'est vrai que le pardon c'est un truc superbe,
06:03c'est très difficile d'arriver à pardonner.
06:05J'y arrive parfois, mais c'est dur.
06:09Et je me suis dit pourquoi on n'a pas pardonné à Judas ?
06:12Cet homme ne peut pas apporter à lui seul le poids de l'infamie.
06:14Il aurait fait une bise au Christ et puis…
06:17Bon c'est pas…
06:18Pour moi ça n'a jamais été très cohérent.
06:20Je trouve qu'entre lui et le Christ, Judas et le Christ,
06:24je crois qu'ils sont à eux deux en fait l'œuvre en fait, la révélation chrétienne.
06:29Je pense qu'il y en a un qui…
06:31En fait, le moins ne peut s'exprimer que s'il a un point de repère.
06:36Et puis le plus n'a de sens que s'il est confronté au moins.
06:40Quelle vie de con s'il n'y avait que des qualités sur la terre ?
06:43Alors avant de revenir sur le principe même de ton pardon Judas,
06:49j'ai lu deux trois trucs qui…
06:52que je ne comprends pas bien compte tenu de ce que tu es,
06:55en tout cas d'image que j'ai.
06:56Bon, alors l'image rationnelle, mariée, trois enfants,
07:00tu fais du judo pendant quinze ans,
07:03tu joues du saxo, tu fais du clavier,
07:06bien ou…?
07:07Non, pas très bien.
07:08Mais bon ça me fait…
07:09Ouais j'adore le jazz.
07:11Et d'un coup ça y est, tu dis,
07:13derrière chaque rire, il y a une forme de message,
07:15le mien s'inscrit dans une volonté de société mélangée
07:18avec un projet communautaire comme la paix sur cette planète.
07:22Bon, c'est ça ?
07:24Je pense que c'est une traduction d'une phrase que j'ai dû dire
07:27parce que là je ne la comprends pas dans la structure,
07:29je ne la comprends pas tout à fait.
07:30Mais enfin bon oui, c'est vrai que le métissage,
07:33le grand concept des Nations Unies, du mélange, du brassage,
07:37je crois que c'est la grande direction dans laquelle on s'inscrit, c'est vrai.
07:40Je crois.
07:41Et tu dis par ailleurs que tu aimerais en fait être le représentant
07:45de tous, en fait, de tous ceux qui ne sont pas blancs.
07:48Je pense que noir, blanc, juif, musulman, catholique, fondamentalement ça n'existe pas.
07:57Je pense que blanc…
07:57C'est pas ce que tu dis hein.
07:58Oui mais fondamentalement je dirais on va vers…
08:02je crois qu'on est… je suis dans un sentiment,
08:05ma relation à l'humanité est de dire que nous faisons partie de l'humanité
08:08et bon, unis dans la diversité.
08:11Non mais ça je suis… au contraire moi c'est ce que je pense.
08:14Mais tu vois regarde, je regarde cette phrase.
08:15Alors vas-y.
08:16Ambassadeur à l'ONU, on le sait.
08:18Enfin on le sait, pas beaucoup le savent, moi je le sais.
08:21Je suis le porte-parole de ceux qui ne sont pas blancs.
08:23Non déjà, je suis le porte-parole…
08:26Ce sont des phrases, ce sont des phrases fortes,
08:28Mais qui ne sont pas dites par toi.
08:30Non, non, ce sont des traductions de ce que j'ai dit.
08:32Et la suprématie de la secte blanche est inquiétante.
08:34Ça par contre, je peux trouver dans mon discours des choses qui se rapprochent de ça.
08:40Mais tu vois que ça c'est un peu contradictoire avec une notion que moi je défends,
08:45selon laquelle c'est impossible de continuer de faire les clivages de cette manière-là.
08:50Je suis d'accord.
08:50Maintenant, on est obligé de constater que le fait que certains individus se considèrent comme blancs,
08:59ça définit une population.
09:03En fait, les blancs, personne n'est blanc.
09:04C'est aussi l'histoire de…
09:06C'est pour ça, ça n'existe pas.
09:07Oui mais n'empêche qu'à partir du moment où l'on représente le représentant de Dieu,
09:11on lui met un visage blanc, blond, un peu genre Brad Pitt, un peu sec.
09:15Bon, j'aurais bien gaolé.
09:16Non mais ce n'est pas parce que moi je suis gros que je considère qu'il n'est pas
09:19mon Dieu.
09:20Si tu veux, il y a autant de différences entre un gros et un maigre qu'entre un blanc et
09:23un noir.
09:25Oui.
09:25Donc moi, tu vois, tous les gros ressentent Jésus comme le leur.
09:29Oui.
09:29Même s'il est maigre.
09:30Moi, je ne peux pas ressentir Jésus comme…
09:33Le tient parce qu'il est blanc.
09:34Ça n'est pas possible.
09:36Eh bien tu vois, c'est là où tu fais quand même une différence.
09:38Non, je ne fais pas de différence parce que pour moi, il n'était pas blanc.
09:41Je pense que c'est un mensonge.
09:42Ah d'accord.
09:43C'est-à-dire que c'est… c'est pour ça que je parle de secte.
09:45Je pense qu'il y a eu…
09:46On a blanchi la perfection et la performance.
09:49Cette société judéo-chrétienne occidentale s'est appropriée le message du Christ.
09:52Oui.
09:53Et on a, au cours des siècles, blanchi en permanence.
09:57D'ailleurs, pourquoi le blanc c'est la pureté ?
09:59Pourquoi le blanc c'est la colombe ?
10:01Et le noir c'est les ténèbres ?
10:02Pourquoi ?
10:02C'est symbolique.
10:03C'est symbolique, elles viennent d'une volonté de blanchir la perfection et la performance.
10:08Et je dis que c'est une secte qui fait ça parce que ces gens-là ne sont pas blancs,
10:13mais il s'approprie tout d'un coup une sorte de direction et qui nous exclut évidemment
10:17d'emblée, nous, les gens à la peau noire.
10:20Alors, tu vois, quand un homme de couleur qui a 60 ans, 55 ans, qui a vécu les après-guerres,
10:29qui a vécu le début de la révolution industrielle avec ses classes dans lesquelles on trouvait
10:32forcément parmi les plus défavorisés les gens de couleur parce que les moins nombreux,
10:37parce que les moins cultivés, parce que les moins connaissants, et uniquement pour ça.
10:43Ça ne correspond plus, et c'est pour ça que je suis surpris, ça ne correspond plus à la vision
10:48de ceux qui aujourd'hui, 14, 15, 16 ans, et qui sont dans les cités aussi bien que dans les
10:54universités.
10:55Et je vais même dire quelque chose qui va peut-être pas avoir ton accord,
10:59mais je sens plutôt maintenant le contraire.
11:02Il y a une certaine forme de modernisme, de mode d'être pas tout à fait comme les autres.
11:10Et c'est pour ça qu'actuellement les groupes de rap, c'est pour ça que les footballeurs,
11:15c'est pour ça que les artistes peintres, c'est pour ça que les musiciens,
11:19on commence à leur donner, tu vois, l'autre côté de la médaille.
11:23Ça devient presque un privilège.
11:25Quand t'as un jeune blanc qui vient de l'avenue Victor Hugo,
11:29qui va chez Universal pour dire, attendez, j'ai fait un truc de rap,
11:33pauvre coq, tu vois, c'est impossible, il va pas sortir.
11:35C'est vrai, alors d'un côté, si tu veux, moi j'associe plus ça à un contenu,
11:39c'est une charge, c'est un truc qui doit sortir.
11:40Donc un mec qui chante aujourd'hui et qui a envie de dire des choses,
11:43ben oui, il est plus bronzé, il est plus noir parce qu'il vigne la discrimination,
11:47je crois, de façon quasi quotidienne.
11:50Je suis désolé, le problème corse, il a pas été réglé de la même façon
11:54que le problème canaque.
11:55C'est-à-dire que, est-ce qu'on aurait, comme on l'a fait en Nouvelle-Calédonie,
11:59exécuté 21 corses, par exemple ?
12:02Jamais.
12:02La valeur de l'homme noir, il faut être très clair.
12:06Regarde, tu sais, quand tu vas dans Paris et que tu vois que,
12:10sur les 4 millions de mal logés, il y a une grande partie de gens
12:12qui sont originaires d'Afrique, tu t'aperçois que,
12:17là, en l'occurrence, on travaille avec les gens du droit au logement, du DAL,
12:22les expulsions l'hiver, ce sont essentiellement des familles noires.
12:25Pourquoi ?
12:25Je pose cette question.
12:26Pourquoi ?
12:27Alors, il y a peut-être 2-3 chanteurs, si tu veux, qui nous font dire,
12:29bon, les choses vont mieux.
12:30Non, non, non, c'est pas ça.
12:30Mais sur le terrain, il y a une discrimination, tu vois, on est obligé de le dire.
12:34Tu peux me dire la même chose en prison, puisque en prison, c'est la même chose.
12:37Regarde, en prison, mais sans papiers, tu crois que c'est normal ?
12:39Ce n'est pas la cause.
12:40La cause, c'est le bas de la société.
12:43Le bas de la société est confronté à tous les problèmes que tu décris dans les banlieues,
12:47ou en prison, ou dans les sans-logis, ou dans les sans-papiers.
12:51Le bas de la société.
12:52Mais le bas de la société pour les uns, c'est pas la même chose que le bas de la
12:57société pour les autres.
12:58Je veux dire par là qu'en Haïti, c'est aussi des gens de couleur qui sont en haut de
13:02la société
13:03et qui méprisent les gens qui sont en bas de la société.
13:05Tu sais bien, pour avoir côtoyé des gens qui sont en haut de la société,
13:08qu'il y a beaucoup de marionnettes dans ce haut de la société dont tu parles.
13:12Ce sont des arguments, si tu veux.
13:14C'est pour dire, voilà, vous êtes en démocratie.
13:15Tu sais bien qu'en Afrique, par exemple, on l'a vu avec le cas Mitterrand,
13:18ce sont tous des gens qui sont placés par des gros pétroliers.
13:21Ce sont des marionnettes.
13:22Ce sont des gens qui viennent pleurer pour avoir des armes.
13:24Mais c'est pour expliquer.
13:24Non mais c'est pour dire que le haut, même si tu parles des chefs d'État africain,
13:29ça n'est pas le haut.
13:30On ne parle pas du haut.
13:31Ce sont des marionnettes de l'Occident.
13:33Le haut de la société sont ceux qui détiennent le savoir, le pouvoir, l'argent.
13:39Or, les gens de couleur, parce qu'ils sont allés à l'école plus tard,
13:45parce qu'ils viennent de pays qui sont développés...
13:47Parce qu'ils sont descendants d'esclaves.
13:48Voilà.
13:48C'est pour ces raisons-là qu'ils revendiquent à juste titre le droit d'appartenir haut,
13:52mais qui n'y sont pas encore parvenus.
13:54Et quand tu mets des petits Bretons dans les mêmes conditions d'existence qu'un petit Malien,
13:59il fait les mêmes conneries que le petit Malien,
14:01mais il est traité par la société pareille.
14:03C'est ça que j'essaie de te dire.
14:05Le petit Malien, il est maltraité, il est traité pareil.
14:07C'est clair, mais aujourd'hui, c'est pour ça que moi, mon combat, il est sourd.
14:11Moi, je parle de mon point de vue, de mes...
14:14Je raconte mon histoire, mon parcours, il a un début, des racines,
14:18et il va vers un futur que j'espère meilleur.
14:21Donc, je suis obligé de prendre pour référence mon parcours et mon vécu.
14:25Donc, je te parle...
14:26Il est admirable, sauf que je voudrais t'entendre dire que pour toi,
14:31le petit môme qui a eu son père mineur polonais,
14:36qui est mort dans la mine dans la région de Tinkerck,
14:40et qui vit dans une cité pourrie à Béthune,
14:43il faut qu'il sente que Dieudonné a autant envie de le prendre en compte...
14:50Alors, voilà, là, je lui réponds oui.
14:52T'as compris.
14:52Il est descendant d'esclaves, comme moi.
14:54Voilà, et l'esclavage n'est pas le fait de la couleur,
14:57c'est le fait de la minorité.
14:59Non.
14:59Et le fait de ne pas avoir les arguments pour se défendre.
15:03Je suis d'accord, mais si ce n'est que dans le haut de ce panier,
15:06dans ces gens qui dirigent, je parle encore de...
15:09On est dans des cours de récréation, tu le sais bien mieux que moi,
15:13où, finalement, il y a des communautés, il y a des choses,
15:16et la communauté que je représente n'est pas représentée.
15:19Ce qui fait que, quand tu descends, justement, s'il y a une hiérarchie,
15:24si tu descends la pyramide, je dirais que le fait qu'il n'y ait pas de noir à la
15:29télévision,
15:29par exemple, ou que, bon...
15:31Il y en a, il y en a.
15:32Oui, mais ça fait bien souvent des arguments qui sont faits
15:35pour servir des stéréotypes un peu caricaturaux, tu vois,
15:38le mec, il court bien, il danse bien, la zouk,
15:40mais il y en a très peu, ce qui, toi, des postes clés de responsabilité.
15:44Les intellectuels noirs, c'est vrai, n'ont pas vraiment la parole.
15:47Il danse bien, il chante bien, il court bien, c'est quand même vrai.
15:51C'est vrai.
15:52On ne va pas les peindre en blanc pour qu'on évite...
15:55Non, mais à vous...
15:56Tu vois, il faut quand même...
15:56Tu sais que ce sont les seules portes d'expression qui te sont tolérées.
15:59Alors, ouvertes...
16:00Il faut les prendre toutes.
16:01Alors, il faut les prendre toutes.
16:02Il faut les prendre toutes.
16:03Moi, j'ai connu dans mon équipe des mecs qui s'appelaient Bolli,
16:06qui s'appelaient De Sailly, qui s'appelaient Angloma, qui s'appelaient Pelé.
16:08Ils ont fait bander une population qui était à 40% votant Le Pen.
16:14Ouais, ouais.
16:15Donc, ça veut bien dire qu'il y a deux manières de convaincre les gens
16:18qui sont à côté de leur pompe qu'ils ont tort.
16:21Il y a, tu leur dis...
16:23C'est vrai.
16:23Voilà, vous êtes des...
16:23Puis il y a, regardez, venez voir Bolli, vous allez voir le mec fabuleux que c'est,
16:26et après, il ne peut plus jamais être raciste.
16:29Donc, tu vois...
16:29Non, mais toi, le travail, je comprends tout à fait, je vois tout à fait.
16:33Je pense qu'en plus de ça, sincèrement, tu as été pour beaucoup aussi une porte,
16:39une possibilité d'expression.
16:41Oui, je suis d'accord.
16:42Mais moi, je parle de quelque chose qui est à l'intérieur de l'individu.
16:47C'est-à-dire quelque chose qui...
16:50Tu vois, on a beaucoup parlé, et c'était horrible,
16:54cette déportation des Juifs pendant la guerre,
16:56et c'est normal qu'on en ait parlé autant.
16:57Parce que c'est des choses qui ne peuvent pas se reproduire.
17:00Mais le fait que le commerce des esclaves n'ait pas intégré l'histoire de ce pays,
17:07c'est quelque chose que nous vivons difficilement.
17:09Et il faut que je me batte pour ça.
17:10Il faut que je le dise, parce que qui va le faire ?
17:12Bien sûr.
17:13C'est pour ça que je le fais.
17:14Je sais que c'est chiant.
17:15Non, c'est pas chiant.
17:17Simplement, il faut être efficace.
17:19Voilà.
17:19Moi, je considère toujours que, lorsque, comme toi,
17:22tu as une forte notoriété, tu as beaucoup de crédit,
17:25et il y a autour de toi beaucoup d'amour,
17:27beaucoup d'amitié qui règne,
17:29ne serait-ce que par le talent que tu as,
17:31et où les gens sont, comme l'était Coluche,
17:34comme le sont tous ceux qui savent des proches, etc.,
17:37qui savent utiliser la bêtise,
17:40qui savent utiliser l'outrance, la caricature,
17:42pour nous interpeller un peu.
17:45Bon. Donc, de ce point de vue-là,
17:46tu as une énorme carte à jouer,
17:48et tu as beaucoup de crédibilité.
17:54J'ai vu quelque part, tu dis, mon mètre 90 m'a mis à l'abri...
17:57Le mètre 32.
17:58Ouais, m'a mis à l'abri des colibènes racistes, etc.
18:01Mais c'est vrai qu'il y a plein de mecs qui en souffrent,
18:03et qui n'en peuvent plus, qui ont envie que ça n'existe plus.
18:06Mais, je dis qu'aujourd'hui, on est dans un...
18:08Dieu merci, on est dans une espèce d'évolution,
18:11qui nous permet de penser, dans ce pays en particulier,
18:13qu'on est en train de respirer un peu plus,
18:16et que c'est, à la limite, plus le combat principal.
18:19Le combat principal sur les inégalités sociales,
18:22me semble-t-il,
18:24dont souffre une grande majorité des gens qui sont comme toi,
18:27des gens issus de...
18:29que le fait de cette couleur-là.
18:31Je suis d'accord.
18:32Mais comment expliques-tu que 95% des biens des terres aux Antilles
18:36appartiennent encore aux descendants d'esclavagistes ?
18:39Pour la même raison que 95% des biens dans ce pays,
18:43appartient à 100 familles.
18:47C'est pas la peine d'aller en Guadeloupe.
18:49Moi, je te parle de la Guadeloupe.
18:50Mais sur la France, c'est pareil.
18:51Ce sont des gens qui ont travaillé pendant 300 ans sans verser leur salaire.
18:55Comment il n'y a aucune reconnaissance de la dette de ce travail ?
18:58Comment ça se fait ?
19:00Sur la terre entière, les 90% de la richesse...
19:04Tu comprends aussi que mon combat, il est aussi de dire...
19:06Il est universel.
19:07Et tu vois, tu confirmes ce que je te dis, c'est un combat plus social que raciste.
19:11Mais bien sûr, mais il ne faut surtout pas...
19:13Voilà !
19:14C'est un combat qui doit évidemment...
19:16Alors, de là, évidemment, ça m'amène à...
19:19Parce que moi, j'apprécie les mecs qui vont au-delà du simple discours,
19:22du simple galéjade.
19:24Là, tu dis, bon, et puis maintenant, finalement, je vais y aller, moi !
19:27Tu me présentes.
19:28Et donc, tu te présentes.
19:28Et ça, c'est ce qu'il faut faire, évidemment.
19:30Le reste, c'est facile.
19:31Oui, oui.
19:32Là, tu y vas.
19:33Bon.
19:33Alors, tu vas d'abord à Dreux.
19:35Oui.
19:3697.
19:37Là, il y a Stirbois.
19:38Oui.
19:38Là, c'est quelque chose.
19:40C'est une caricature, on peut dire.
19:41C'est un concentré de tout ce qu'on dit qui n'est pas bien.
19:45Le Front National est né à Dreux.
19:47C'est là où le premier élu a siégé au sein d'un conseil.
19:50Donc, tu y vas et tu fais 7%, je crois.
19:527,74.
19:52Qu'est-ce que tu racontes aux gens, comment ça se passe ?
19:54Je ne sais pas, à ce moment-là.
19:55Je ne sais pas, j'arrive.
19:57Je revenais de Marseille.
20:00Je ne sais pas si tu te souviens de cette...
20:01Il y avait une marche silencieuse pour le jeune Ali Ibrahim
20:03qui s'était fait tuer par un colleur d'affiches.
20:05Je croise son frère dans cette marche silencieuse.
20:07Il me dit qu'est-ce qu'on peut faire.
20:08C'est un comorien.
20:09Ouais.
20:10Je ne sais pas quoi lui dire.
20:11Je le regarde.
20:12Je partage ses pleurs.
20:16Je ne sais pas quoi lui dire.
20:17Je rentre à Dreux, chez moi.
20:19L'autre se dissout l'assemblée.
20:20Je ne sais pas quoi.
20:21Je me présente.
20:23On a le système associatif.
20:27Abattiez-vous sur le terrain, les jeunes.
20:28Sur le système associatif.
20:29Essayez de faire bouger les...
20:30Bon, ça, ce n'est pas pour moi.
20:32Donc, on va aller directement pour être député du coin.
20:35Pour faire changer les choses.
20:37Et donc, j'y suis allé.
20:39J'ai raconté, comme je suis en train de te le raconter,
20:41avec cette spontanité, sans vraiment connaître le jeu politique.
20:44Mais en étant animé d'une réelle soif de justice.
20:50Simplement de justice.
20:52Pourquoi on abasse cet enfant dans la rue ?
20:54Et je sais pourquoi.
20:55Parce que, tu vois, là, tu viens me dire, oui, c'est parce qu'il était noir.
20:59Ils n'auraient jamais tiré sur un blanc.
21:00Jamais.
21:01Non, parce que le blanc ne fait pas peur.
21:04Oui, mais tu vois, c'est parce qu'il est noir, ce petit enfant.
21:06Ce jeune.
21:06Non, mais c'est pour ça que moi, je suis d'autant plus touché à ce moment-là que je
21:09fais...
21:10Merde.
21:10J'ai des enfants.
21:12Donc, j'y vais.
21:14Je suis.
21:15Et tu fais partie de ceux avec qui, je ne sais pas si tu en es conscient,
21:19on peut aborder ces thèmes-là.
21:20Non, mais attends.
21:22C'est très difficile d'en parler à d'autres politiques.
21:24C'est très difficile.
21:25Ils ne veulent pas en entendre parler.
21:27C'est pas qu'ils veulent pas.
21:27C'est la République.
21:28On est tous...
21:29Non, non.
21:30Livre.
21:30Liberté, égalité, fraternité.
21:31Il n'y a pas de différence.
21:32Mon cul.
21:33C'est-à-dire que quand je vais moi chercher du boulot, il y a une différence.
21:36Il faut en tenir compte.
21:37Il y aurait marqué sur le tutu, chapeau pointu.
21:39Sur les pièces de la monnaie, ça serait pareil.
21:41Liberté, égalité, fraternité.
21:42C'est un projet que j'ai envie, dont j'ai envie de croire.
21:46Franchement, je pense que c'est une utopie.
21:49Superbe, magnifique, certainement.
21:50Un rêve qui me fait penser que l'humanité a un objectif.
21:53C'est trop génial l'utopie parce que c'est en fait...
21:56J'ai lu le parti que tu veux créer.
21:58Alors tu dis, je vais créer le parti de l'utopie.
22:02Tu te sers d'ailleurs d'un extrait du livre Tom Amour pour dire ce que c'est,
22:06et rappeler ce que c'est que l'utopie.
22:09Je te laisse le plaisir de nous dire l'origine du mot.
22:12Parce que dans l'origine du mot, on y trouve quand même déjà beaucoup de sens.
22:15Ouais, utopia, c'est ça ?
22:18Vas-y, vas-y, lis-le le truc.
22:19Utopos, qui veut dire nulle part.
22:21Ou utopos, qui veut dire lieu de bonheur.
22:23Ouais, c'est ça.
22:23Alors, moi j'ai envie de te demander, l'utopie, pour toi, c'est quoi ?
22:28Moi je vais te faire chier encore.
22:30Pour toi, non, c'est quoi l'utopie ?
22:32Voilà.
22:34Pour moi, la vraie utopie, celle qui est mon moteur, c'est de rester debout, quoi qu'il arrive.
22:46Malgré les pires humiliations, je prends toujours cet exemple de...
22:49Je suis désolé parce que c'est mon histoire, de ce mec qui est enfermé au fond d'un cale
22:52d'un bateau.
22:53Il y a la moitié qui va se jeter à bord.
22:56Nous, nous sommes descendants de celui qui reste.
22:58Il ne sait pas où il va, c'est des coups de fouet, c'est les autres noyés dans leur
23:01vomi à côté.
23:02Il y va, il continue à vivre.
23:05Ça, c'est l'utopie.
23:06Il rêve.
23:07Mais ça, c'est-à-dire...
23:08C'est une ambition, ce n'est pas une utopie.
23:09Moi, je crois que c'est le sens même de la vie.
23:11C'est d'avoir...
23:12C'est l'espoir.
23:13L'utopie, c'est l'espoir.
23:14Alors, regarde.
23:15Est-ce que tu es d'accord pour dire que l'utopie n'est valable lorsque l'espoir est supérieur
23:22au possible ?
23:24L'espoir est plus grand que le possible.
23:26Oui.
23:27Et il y a un moment, tu n'as pas l'impression qu'on est dans une société où c
23:30'est le contraire.
23:31J'ai l'impression, moi, qu'on est dans une société où le possible est plus fort que l'espoir.
23:36Je te donne un exemple.
23:37Aujourd'hui, tout ce qu'on nous amène et tout ce qu'on donne à la population, c'est l
23:41'éventualité de nous cloner des cellules qui vont nous guérir du cancer.
23:45C'est de donner aux aveugles des molécules qui leur permettront de voir.
23:51Autrement dit, ce n'est plus de l'utopie, c'est de la science-fiction.
23:54On est en train de nous faire rentrer dans le monde de la science-fiction.
23:58Et ce qui est important, c'est que cet espoir, il n'y a que les populations dont tu parles
24:04qui en sont porteurs.
24:06Les seules utopies sont celles des populations qui n'ont pas le minimum, c'est-à-dire pour qui le
24:11possible est très inférieur à l'espoir.
24:15Mais c'est une richesse colossale, ça.
24:17Je suis content de te l'entendre dire, c'est la richesse. C'est ma richesse. Mon espoir, c'est
24:25ma richesse.
24:26Et ça, c'est quelque chose...
24:27C'est ça qu'il faut faire partager.
24:29Donc cette utopie, évidemment, le môme qui est gavé, qui a tout à sa disposition, les grands auteurs,
24:36qui a les grands artistes, qui va à New York aussi facilement qu'au Guatemala.
24:42Sa seule perspective d'espoir maintenant, lui, c'est de vivre 25 ans de plus sans cancer.
24:46Tu te rends compte d'une utopie ?
24:48C'est-à-dire qu'on n'est plus du tout dans une société utopique.
24:51Alors c'est pour ça qu'il faut... Cela dit, tu vas en prendre plein la tête.
24:54Parce que je te signale qu'on n'accepte pas les hommes de l'utopie.
24:57Parce qu'il réveille, tu comprends ? Tu comprends ?
25:00Le môme qui, derrière, au dernier rang de sa classe, fait chier,
25:05il emmerde le professeur qui fait ses cours à des ballots qui l'écoutent.
25:09Donc tu vas en prendre plein la poire.
25:10C'est vrai.
25:11Tu t'en doutes, hein ?
25:12Mais je sais, mais en même temps...
25:13Et c'est là où... Bon, il y a eu le parcours de Coluche, il y a eu le tien.
25:16Il y a eu...
25:18Moi, c'est pour ça que je me raccroche aussi à la charge d'émotion qui est derrière moi.
25:24Ce jeune Ali Ibrahim, lui, il n'y a plus d'utopie.
25:29Moi, j'ai des enfants.
25:31Ce n'est pas possible.
25:32Ce n'est pas possible.
25:32Alors aujourd'hui, je crois qu'il faut se battre pour ça.
25:36Et puis il y a des sondages qui viennent de sortir.
25:3873% des Français sondés, enfin des gens, des sondés, qui prétendent ne plus avoir confiance et ne plus croire.
25:45Alors bon, ce sont des sondages...
25:47Mais c'est significatif d'un malaise dans la classe politique, dans le discours politique.
25:53Donc la crise de l'utopie qu'ils sont en train de traverser...
25:55Parce qu'eux, ils n'ont plus du tout l'utopie.
25:57C'est un, deux, trois soleils.
25:58On ne bouge plus.
25:59On a l'impression qu'avant les présidentielles, les mecs qui sont comme ça, ils ne bougent plus.
26:01Moins on en fait, mieux on se porte.
26:03C'est-à-dire que l'objectif, leur utopie, c'est de gagner des fonctions, des titres, des...
26:10Moi j'ai envie de dire, il faut les amnistier, il faut les laisser dans un coin qui reste, qui
26:14soient tous présidents à la limite.
26:16Tous présidents, chevaliers de la Légion d'honneur, pape s'ils veulent.
26:20Alors là...
26:21Mais qu'ils aient une tonne de décorations et puis qu'ils nous laissent parce que nous n'avons pas
26:25à subir...
26:26Nous devons être indépendants vis-à-vis de ces amnisties.
26:28Oui, mais alors attends.
26:28Ça, là, on aborde. L'autre sujet, c'est celui de la traduction, j'allais dire, sociologique de ton combat.
26:36C'est-à-dire comment on l'inscrit juridiquement, pratiquement.
26:39Bon, ça c'est autre chose parce que là, je ne partage pas ton point de vue sur la classe
26:43politique.
26:44La classe politique, elle est ce que le public est. Elle est rien d'autre. Je vais t'expliquer...
26:49Moi, ce ne sont pas les individus que je critique. C'est la méthode qui est sclérosée, qui, à mon
26:53avis, le système.
26:55Le pays est comme ça.
26:57La preuve, c'est que dès que tu fais un discours qui est très différent, tu ne vas pas casser
27:01la baraque, je te le dis, tu vas voir.
27:03Mais ça ne fait rien, ça fait avancer quand même. Là, par contre, tu fous un coup terrible à ce
27:10projet dès lors que...
27:12J'ai vu, moi, un article qui m'a fait beaucoup de peine.
27:15Dequel ?
27:17Justement, dans VSD. Il m'a fait de la peine parce que, d'un seul coup, j'entends parler de
27:22ta candidature et je dis, c'est bien.
27:25Ça ne va pas être comme Coluche. Coluche n'aurait jamais été au bout. Coluche, c'était un moyen de
27:30leur montrer leur propre connerie comme il montrait.
27:32Je dis, lui, non, il va y aller. Il va aller au bout, il a une culture déjà, il commence,
27:37il arrive, et là-dessus, je vois ton gouvernement idéal.
27:40Non, mais ça, c'est de la connerie. On n'a pas le droit. Interdit. Tu ne peux pas faire
27:47un projet qui soit ridicule.
27:49Non, mais je pense que, si tu veux, ce gouvernement idéal, il est plus, là, il est en réponse, c
27:55'était pour, on va dire, démarrer un comité de soutien, on va dire, plus qu'un gouvernement.
28:01C'est tous ces gens qui se sont manifestés en premier, ce n'était pas évident, les djamels et tout,
28:07ils m'ont dit, bon, je suis Premier ministre.
28:08Je ne sais pas, mais d'accord, si tu veux. C'est un comité de soutien coloré et puis qui
28:14vient de l'univers de l'humour, quoi. Et donc, je crois que c'est chacun qui s'est présenté
28:19un peu, si tu veux.
28:20Alors, est-ce que, justement, on en arrive, et ça, c'est très important, on en arrive à une question
28:24qui est fondamentale.
28:25Est-ce qu'on peut être crédible sur les choses essentielles de la vie en prenant le parti pris du
28:31rire ?
28:33Je crois que oui. Je crois que quand le doute s'installe, l'autodérision, c'est certainement une façon d
28:38'accoucher, en fait, d'une certaine sagesse, quoi, et d'un certain recul.
28:43L'autodérision, c'est vraiment une façon de désamorcer des tensions, des nœuds.
28:49Tu crois, toi, que toutes les grandes avancées philosophiques ou sociologiques et politiques ont quand même été le fait d
28:57'actes qui étaient des actes où l'humour, peut-être, mais en tout cas pas la rigolade était présente,
29:02parce que ce n'est pas des sujets avec lesquels on peut badiner, si tu veux.
29:07Je trouve que le sérieux...
29:08Peter King, c'est quand même plus efficace que Coluche.
29:15Tu vois ce que je veux dire ?
29:16Moi, je pense que l'humour, le recul, je pense que, sincèrement, pour avoir écrit un spectacle sur le religieux
29:23et sur le monde prophétique,
29:25je crois que c'était des gens qui étaient doués d'un certain humour qui n'a jamais été retranscrit.
29:29Je suis persuadé que le trop sérieux me gonfle, moi.
29:34C'est-à-dire que, déjà, à l'école, je m'endormais, mais je trouve que les gens qui portent
29:38le sérieux avec ce côté sacré du sérieux,
29:41le manque de recul, c'est-à-dire que l'humoriste, il a simplement le recul nécessaire pour dire, pour
29:46relativiser.
29:47Toi, c'est Einstein qui invente la relativité, qui pose en photo, qui signe des autographes sur un mec qui
29:54tire la langue.
29:54Parce que, voilà, le sérieux, il s'accompagne aussi d'une farce.
29:58Parce que, sinon, on n'est pas dans l'humanité.
30:01On n'est pas... L'humain, il n'est pas... C'est pas recta.
30:03C'est pas... C'est à peu près.
30:05C'est... Ça avance.
30:07Et je trouve que l'humour, aujourd'hui, peut, effectivement, permettre de relativiser, en fait, le côté sacré du politique,
30:15du militaire, du religieux.
30:17C'est-à-dire que, si on introduit une notion de recul et d'autodérision vis-à-vis de ce
30:25genre de personnage,
30:26je crois que, déjà, on pourra simplement refamiliariser une certaine partie de l'opinion publique avec la politique, la religion
30:32et puis l'autorité.
30:34Parce que l'autorité, tu vois, ces mecs, ces CRS, c'est vrai qu'ils seraient plus efficaces s'ils
30:41avaient un peu d'humour.
30:41Ils seraient plus efficaces.
30:42– Mais c'est justement là, la question que je me pose. C'est est-ce que l'humour n
30:46'a pas son sens et n'a pas toute sa plénitude,
30:49lorsqu'il est là pour dénoncer, lorsqu'il est là pour mettre en scène, lorsqu'il a pour avoir une
30:53allure impertinente et satirique,
30:55mais est-ce qu'il est aussi capable d'être crédible quand il est dans la suggestion, dans la proposition,
31:00dans le voyage, quoi ?
31:01Est-ce qu'il est crédible à ce moment-là ? C'est là où il faut faire attention.
31:05– Regarde, pour l'emporter, chaque candidat aux différentes élections qu'on peut voir, ceux qui ont un peu de
31:10charisme,
31:11ils sont toujours à la recherche de la formule humoristique, celle qui va faire marrer et qui va, de toute
31:15façon, donner un côté humain aussi aux personnes.
31:17Je pense que c'est un mélange des deux.
31:19Ça ne peut pas être que de la fantaisie et un dictionnaire des blagues que tu ouvres.
31:22Et puis bon, pour moi, attends, j'en ai une bonne, ça ne peut pas être celle-là.
31:26Mais ça peut être aussi une façon d'introduire dans un discours et dans un projet un recul en disant,
31:33bon, je ne sais pas trop comment ça va se goupiller.
31:36Je ne sais pas si je pourrais tenir ou conduire ou prendre les rênes du pouvoir.
31:41Enfin, moi, j'ai le permis B au départ. On verra bien comment ça se passe.
31:43En tout cas, les mecs qui sont pour l'instant aux commandes, visiblement, encore une fois, ce n'est pas
31:48une histoire d'individus.
31:49J'en suis persuadé. Il y a des gens bien là-dedans.
31:50Mais je crois que c'est le système dans le calisson qui est dépassé.
31:54Et je crois que la population survivra, évidemment.
31:58Mais ils ont du mal à se remettre en question et je crois qu'ils vont s'isoler d'eux
32:02-mêmes.
32:02Bon, ça, c'est mon point de vue.
32:09Tout au long des différentes lectures que j'ai pu faire ici ou là, on revient assez souvent, même toi
32:15-même, tu t'en moques.
32:17Parce que ça prouve que toi-même, tu as une petite défaillance de ce côté-là.
32:21Tu vois de quoi je vais parler. La Mercedes, la 500, la société qui gagne des thunes, etc.
32:27Et on a l'impression que quelque part, tu as quand même pris le cul entre deux chaises.
32:31D'un côté, c'est le moment de le dire, le cul dans ta Mercedes que tu aimes bien.
32:34Parce que c'est quand même mieux dans une Mercedes que dans une Clio.
32:38On a des kilomètres depuis.
32:39Mais c'est vrai qu'elle est confortable.
32:41Et puis, d'un autre côté, tu te dis, merde, quand même, m'attacher à des trucs comme ça.
32:45Peut-être que par rapport au discours que je mène, je me mets un peu hors jeu.
32:50Je me disqualifie pour aimer moi-même ce que je reproche à ceux qui nous gouvernent,
32:55en fait, d'être animés que par le désir du luxe, du confort et de l'argent.
32:59J'espère, ma soif de liberté m'incite à te répondre que j'espère ne pas être esclave de ce
33:06genre de choses.
33:08C'est vrai que le confort, je pense que c'est plus un rêve d'enfant.
33:11Ma mère avait une R8.
33:12On a toujours rêvé de voir les voitures passer.
33:15Et puis, le jour où j'ai eu les moyens.
33:17Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, plus ça va.
33:18Et plus je sens, je crois que c'est dans la nature de chacun.
33:22Moi, tu as envie d'être dedans.
33:24Non, mais je sens que ma richesse, ce n'est pas là.
33:26De toute façon.
33:27Je le sens.
33:28Après, c'est facile à dire.
33:30Mais je le sens.
33:31Je le sens.
33:32Parce que tu es bon en business.
33:33Tu as fait un beau truc à la campagne.
33:35J'ai lu comment ça se monte un peu comme une...
33:37Oui, on a des petits studios.
33:39Un studio, puis un truc de création, puis une boîte de production.
33:42Bon, ça, ça commence à faire un beau truc.
33:44Non, mais là, ils sont bons.
33:45Le fait de s'engager en politique, tu le sais.
33:48Ils vont dégommer tout ça.
33:50Et ils ont commencé.
33:51Surtout, je crois,
33:53puisque tu veux ouvrir une brèche.
33:57Bon, la première des choses, à mon avis,
33:59que les gens attendent,
34:01et je te le dis par expérience,
34:03même si ça rend le combat plus dur,
34:06ça ne décourage pas les gens que tu défends
34:09parce que tu te mets à leur niveau.
34:11Moi, quand le fossé A, il était amarré en face,
34:14la mairie de Marseille,
34:16c'est les petits gens des quartiers nord
34:18qui se faisaient photographier devant
34:20quand ils mariaient leur fille.
34:21Parce que quand je l'ai fait fabriquer,
34:23je l'ai fait fabriquer au chantier naval de Marseille
34:25par des Marseillais.
34:26Et il avait le pavillon français,
34:27pas taïwanais.
34:28Ce n'est pas le fait d'avoir un bateau
34:30qu'ils vont critiquer.
34:31C'est le fait que tu as les moyens d'en avoir
34:32et que tu l'as planqué sous un pavillon étranger.
34:35Non, ça, je n'ai jamais planqué.
34:36Non, mais c'est pour t'expliquer.
34:38J'ai senti, quelque part, à plusieurs...
34:41Alors là, c'est le début de la mascarade.
34:45Si tu as envie d'une Mercedes,
34:47parce que ça te fait plaisir,
34:48comme jamais elle a eu envie de sa caisse,
34:51comme Nelk a envie de sa Ferrari,
34:53au contraire, putain, soyez vous-même.
34:55Et là, je te sens...
34:56Non, mais moi, je vais être honnête.
34:58Tu es d'accord ?
34:58Non, non, mais je ne pense pas
35:00que ce soit trop vis-à-vis du regard des autres.
35:03C'est que je me mets personnellement...
35:06Je viens d'un milieu plutôt modeste
35:09et je m'aperçois que mon intérêt,
35:16fondamentalement,
35:17ça n'est pas forcément dans ce genre de choses.
35:19Ton centre d'intérêt.
35:20Mon centre d'intérêt.
35:22Que c'est plus du divertissement, si tu veux,
35:24des choses, des fantasmes
35:25que je n'ai pas eus, que j'accomplis.
35:27– Mais c'est toujours ça.
35:28– Oui, mais...
35:31Donc, communiquer autour d'une réussite
35:34dans ce domaine-là...
35:38– Ah oui, mais c'est de montrer tel que tu es.
35:40– C'est de montrer tel que je suis.
35:41– Avec toutes tes facettes.
35:42– C'est pour ça que doucement,
35:43je suis en train d'évoluer.
35:44– Et en particulier avec tes capacités à faire.
35:46– Oui, mais c'est pour ça que je suis un petit peu
35:47en train d'évoluer.
35:48Non, moi, je...
35:49Non, au contraire, je n'ai jamais eu...
35:50Moi, j'assumais son problème.
35:52– Bien sûr.
35:52– Mais avec le temps, si tu veux,
35:57je vois bien ces genres de bagnoles,
35:58les mecs les rayent.
35:59Alors, à chaque fois que tu as une rayure,
36:00tu fais « Pourquoi il y a une rayure ? »
36:02Alors, d'accord, d'accord, d'accord.
36:03Tu comprends un petit peu mieux.
36:05Et soit ça t'excite, au contraire,
36:07à les repousser, à te dire...
36:08Non, c'est de dire aussi...
36:11C'est con, il faudrait que tout le monde
36:12roule dans ce genre de bagnoles.
36:13– Ce serait bien.
36:14– C'est ça, c'est ça le projet.
36:16Mais bon, après, je ne suis pas là
36:18pour agresser non plus
36:21par mon attitude et mon comportement.
36:23Et puis...
36:24Mais je suis...
36:25Non, je pense qu'on peut se comprendre là-dessus.
36:28C'est un truc...
36:29C'est vrai que c'est amusant.
36:30– Je voulais savoir, en gros,
36:31est-ce qu'il l'assume
36:34parce que ça lui plaît
36:35et donc il va aller au bout de ça ?
36:38Ou bien est-ce qu'ils vont réussir
36:40à le convaincre qu'il faut
36:41qu'il ait la panoplie du connard
36:43pour qu'on croit qu'il ait fauché,
36:45comme les mecs politiques aujourd'hui ?
36:47Alors, présidentielle, ça y est.
36:48Moi, je lis le mot, ça y est.
36:50On me dit qu'il est à la présidentielle.
36:51Donc, si tu évites, fais des comités de soutien,
36:54mais fais plus des gouvernements à la con.
36:56– Non, non, ça, c'était une plaisanterie.
36:58– Alors, 500 signatures,
37:00comment tu le sens, le coup ?
37:01– Bon, ben là, dans le calendrier,
37:03on est plutôt pas mal.
37:04T'as vu les sondages aussi,
37:05ils sont plutôt pas mal.
37:07Donc, on va peut-être leur mettre
37:08la pression entre les deux tours.
37:09On pourra appeler à s'abstenir,
37:13à voter blanc dans certaines régions
37:14un peu sensibles.
37:15– Mais d'abord, tu penses régler
37:15le problème des 500 signatures ?
37:16– Entre les deux tours au municipal,
37:19là, on va leur mettre la pression
37:21pour obtenir nos signatures.
37:22– Ah, voilà, j'ai compris.
37:23– Tu vois ?
37:23– Ah, d'accord.
37:23C'est-à-dire, tu dis,
37:24ben écoutez, on peut peut-être…
37:25– Ben, dans des situations
37:25où c'est un peu limite
37:26où on nous demande,
37:27parce que là, plus ça va
37:28et plus on nous demande
37:28de venir donner un coup de main…
37:30– Qui te le demande le plus ?
37:32– Oh, ben, je pense que ça va être
37:34les listes gauche plurielles,
37:37parce que, bon, c'est vrai
37:38qu'il y a une tradition,
37:38bon, rapprochement avec certains
37:42courants verts, quoi,
37:43notamment la troisième gauche verte,
37:44on s'est bien entendu,
37:45ma mère, Danny Cohn-Bendit
37:47et Paucrin,
37:48bon, et cela dit,
37:48je n'ai pas ma carte au parti,
37:49moi, je suis un indépendant,
37:51un utopiste,
37:53mais par contre, je sens
37:54qu'ils n'ont pas maîtrisé
37:56la crise de confiance
37:57qu'ils étaient en train
37:57de traverser, cette gauche plurielle.
37:59Ils se comportent un petit peu
38:00comme la reine d'Angleterre
38:01pour l'instant,
38:02donc il faut leur laisser le temps
38:03de comprendre que la crise
38:04est profonde
38:04et que l'utopie doit rester
38:06dans le discours politique
38:07et s'ils s'assoient comme ça
38:09à une table,
38:09simplement en essayant
38:10de ne plus bouger,
38:12ils vont perdre des voix
38:14et puis entre les deux tours,
38:15donc tous ceux
38:16qui voudront notre soutien
38:17devront nous apporter
38:18une signature et puis...
38:19– Alors, si tu n'as pas
38:20la signature,
38:21si tu n'as pas les 500 signatures,
38:22– Eh bien, on appellera
38:23à ce moment-là,
38:24je pense, à voter blanc.
38:27Pas de consigne
38:28entre les deux tours,
38:29voilà,
38:30et on est...
38:32– C'est un coup pour rien,
38:33alors là.
38:35– Si les blancs,
38:37si les votes blancs
38:38sont majoritaires,
38:41on verra comment ça se passe.
38:43– Tu vois, là,
38:44je pose un problème.
38:45– Non, non, non, non,
38:45mais tu sais,
38:46ce sont des règles du jeu
38:47qui sont fixées.
38:48Si nous n'obtenons pas
38:49les 500 signatures
38:50malgré les sondages
38:51qui sortent
38:51et qui prouvent
38:51qu'a priori,
38:52on représente déjà
38:54une intention de vote,
38:55bon, il faut voir,
38:56avec les signatures,
38:57ça sera d'autant plus présent,
39:00ça sera plus amusant.
39:02Si on n'obtient pas,
39:05c'est que le jeu politique
39:06tel qu'il est fait aujourd'hui
39:09verrouille à chaque instant
39:10et que nous ne sommes pas
39:11en démocratie
39:11et que nous sommes
39:11dans un pays totalitaire,
39:13eh bien chacun...
39:14– Je pense que ça ne t'a pas échappé,
39:15ça, quand même.
39:16– Évidemment,
39:16puisque là,
39:17on est en plein dedans.
39:18Bon, il y a les...
39:20– Je te sens content
39:21de la règle du jeu,
39:22toi, ça n'échappe pas
39:23à l'un ou à l'autre,
39:24c'est un coup toi,
39:25un coup moi.
39:26Quand c'est toi,
39:26ce n'est pas grave,
39:27moi, j'y serai le coup d'après.
39:28– Si tout le monde,
39:29s'il y a un grand,
39:29un gros volant de vote blanc
39:31qui s'exprime,
39:33si tu veux,
39:33ça peut être intéressant.
39:35Si au premier tour,
39:36il y a, je ne sais pas, moi...
39:37– Les Verts,
39:38ils n'ont pas envie de...
39:39Non, ils ont déjà
39:41leurs propres candidats.
39:43Pas tous.
39:44– Les Verts,
39:45oui,
39:46le problème des Verts,
39:48aujourd'hui,
39:48c'est que, voilà,
39:49ils doivent se positionner,
39:50soit ils restent...
39:51Soit ils reproduisent
39:52le schéma
39:55du politiquement correct,
39:57soit ils restent
39:57dans l'utopie
39:58et dans le projet.
39:59– Alors, on rêve,
40:00t'as tes 500 signatures,
40:02tu te présentes
40:02au premier tour,
40:04pourquoi pas,
40:05tu fais X pour cent.
40:06Allez,
40:088,5%.
40:108,5%,
40:11une présidentielle,
40:13ça veut dire
40:142 millions presque
40:16d'électeurs.
40:171,8 million.
40:17Est-ce que tu crains pas,
40:18d'abord,
40:19que tu sois
40:20le candidat
40:21de ceux qui votent pas ?
40:24– C'est possible.
40:26Le candidat
40:27d'une partie des gens
40:28qui ne se sent pas.
40:29– Oui,
40:30qui ne se sentent pas
40:30non plus concernés,
40:32qui ne veulent plus dépendre
40:33d'un système répressif,
40:35difficile à vivre,
40:36des gens qui sont,
40:37qui sont, dire,
40:38comme faisant partie
40:39d'un groupe d'indésirables.
40:41Donc, bon,
40:42bah oui, oui.
40:42– Non, non,
40:42t'as plein de mecs
40:43qui sont pas inscrits,
40:44qui s'en foutent,
40:45qui s'intéressent pas
40:45et moi, j'en ai...
40:46– Donc, allez vous inscrire.
40:47À ceux-là, je leur dis ça.
40:48Allez vous inscrire.
40:48– Voilà, ça,
40:49c'est la première des choses.
40:50Donc, si t'es candidat,
40:51je crois que ton premier boulot,
40:53c'est de foncer
40:55pour que les gens aillent
40:55s'inscrire.
40:56– C'est pour ça que,
40:57si tu veux,
40:57même si l'idée de ce gouvernement
40:59était un peu,
41:01un petit peu un gag,
41:02un petit peu fragile,
41:03je pense que Jamel
41:05et Guillaume Depardieu
41:06étaient là pour sensibiliser
41:07aussi une certaine catégorie
41:09de gens qui ne se sentent pas
41:10du tout concernés
41:11par les élections
41:13et qui peut-être,
41:13par notre présence,
41:15vont l'être.
41:15– On risque d'être concernés
41:17et tu fais 7%
41:18et au premier tour,
41:20qu'est-ce qui se passe après ?
41:23– Dans la stratégie,
41:24je parle,
41:25je ne me permettrais pas
41:25de te demander
41:26pour qui ça ne me regarde pas.
41:28En plus,
41:28tu ne le sais pas forcément.
41:29– Non, moi,
41:30je ne parle pas de consigne.
41:31– Est-ce que tu as une vision
41:32de ton exigence ?
41:34Parce que, attention,
41:35tu deviens obligatoirement exigeant
41:37ou alors tu fais croire
41:38à des gens
41:39que ça a été
41:40un énorme gag,
41:41marrant,
41:42mais qui a servi
41:42à ta vanité personnelle
41:44et à rien d'autre.
41:45Si dès le maintenant,
41:46on ne sait pas
41:46à quoi ça va servir
41:48qu'à devenir un peu impertinent
41:50ou à faire chier
41:51le jeu politique.
41:51– Non, mais il y a 2-3 points,
41:53la régularisation
41:54de certains sans-papiers,
41:55l'illibération des médias
41:59qui libère,
42:00lequel des deux
42:01libère les sans-papiers
42:02qui sont un des deux en prison.
42:03– Donc, ça veut dire
42:03que tu dois jouer
42:04au contraire
42:05le report des voix
42:05sur un des deux.
42:06– Non, mais je vais,
42:07à ce moment-là,
42:08organiser,
42:08je te le demande,
42:09organiser,
42:10organiser,
42:11mais nous,
42:12les candidats
42:13et face à face.
42:14– Parce que ça n'a de sens,
42:15ça n'a de sens,
42:16cette candidature.
42:17Pas par rapport
42:18à ton passé politique
42:19ni à ton côté militantiste,
42:21mais simplement
42:22parce que tu peux être
42:23celui qui va aller
42:24porter la note.
42:25– Oui.
42:26– Tu vois,
42:27dans un resto,
42:28il y a le mec
42:28qui a la cuisine
42:29et puis il y a le mec
42:30qui vient t'apporter la note.
42:32Monsieur,
42:32c'est l'addition, ça.
42:33Bon, et puis toi,
42:34il faut que tu amènes
42:35l'addition au candidat
42:36de la finale.
42:37– Alors,
42:38l'addition, c'est…
42:39– Je sens que tu as des idées,
42:41il faudra qu'on se voit
42:41à ce moment-là.
42:43Tu pourras peut-être
42:43qu'elle est pour moi.
42:44– Et comme tu n'es pas
42:45l'homme de la combine
42:46ni de la magouille,
42:47évidemment,
42:48ça ne se fera pas
42:48dans les secrets,
42:50machin,
42:50mais ça se fera
42:51officiellement au grand jour.
42:53– Oui, oui.
42:53– Voilà, tu diras,
42:54moi, je demande officiellement
42:55à messieurs,
42:56ça, ça, ça,
42:57et qu'ils nous répondent
42:58ce qui se passe
42:59face à ces problèmes-là.
43:00– C'est clair.
43:00– On est d'accord,
43:02ça me fait marrer
43:03ce que tu vas faire là,
43:04c'est vrai.
43:05Et si tu l'inscris
43:06dans une perspective
43:07comme celle-là,
43:08il me semble que tu devrais
43:09arriver à avoir
43:10tes signatures,
43:11aussi bien à gauche
43:12qu'à droite.
43:13Parce que cette espèce
43:15d'envie de mettre
43:16un coup de latte
43:17dans le machin
43:18où il y a les fourmis,
43:19ce n'est pas seulement
43:21une envie farouche
43:22et une gourmandise
43:23de la gauche,
43:24c'est une gourmandise
43:25de tous ceux
43:26qui ont compris
43:26que les Lourdes étaient…
43:29Tu vois,
43:29il y a des cadenas,
43:30des machins,
43:30des trucs
43:31et tu peux essayer
43:32de passer,
43:32tu peux…
43:33– C'est là où je te dis,
43:34je pense avoir
43:35derrière la charge émotionnelle
43:37qui fait que mon bâton
43:38de berger à moi,
43:39c'est l'injustice
43:40aussi de tout un peuple.
43:41Je n'ai rien à perdre.
43:42Ils ne perdront pas.
43:43De toute façon,
43:44ces gens-là,
43:44nous vivons de la discrimination
43:45depuis le départ
43:46face à ce système.
43:48Donc moi ou un autre,
43:50il y en aura un enfant
43:51dans 20 ans,
43:52dans 30 ans,
43:52je ne sais pas.
43:53Mais moi,
43:53de toute façon,
43:54mon combat,
43:54il faut le savoir,
43:55a priori,
43:56il est perdu d'avance.
43:57Mais…
43:57– Et j'ai lu dans un…
43:59Bon, alors je ne sais pas
44:00si c'est un livre,
44:01si c'est un manuscrit.
44:01– On a travaillé.
44:02– Je crois que tu as travaillé
44:03et moi je me le suis tapé
44:04parce que je me suis régalé.
44:06Ça se situe
44:07dans un monde imaginaire
44:09qui serait quelque chose
44:10comme le paradis, quoi.
44:11Et au paradis,
44:13toi tu fais un rêve,
44:14c'est que t'y vas,
44:14mais t'es vivant.
44:16T'as le bol, putain.
44:17Ça c'est pas grave.
44:19Parce qu'on a tous envie
44:20de connaître le paradis,
44:21mais on se dit merde,
44:21parce que si c'est pas
44:22ce qu'on croit,
44:23ça va…
44:23– Une sorte de joker,
44:25parce que t'y vas,
44:26mais t'es vivant.
44:27Mais là tu rencontres des mecs,
44:29évidemment,
44:30de temps en temps,
44:31ils te font pas de cadeaux.
44:32Et ça prouve
44:33que t'as à la fois de l'humour,
44:34de l'autodirégation
44:35et que t'es lucide.
44:36Alors, j'ai lu parmi ça,
44:37tu me dis ce que tu penses de ça.
44:39Alors, il y a par exemple
44:40Coluche qui te dit
44:41« Te fous pas de ma gueule,
44:42je sais parfaitement
44:43combien tu gagnes. »
44:45C'est quand même moi
44:45qui ai fait exploser
44:46le plafond des salaires de comiques.
44:50Depuis, vous vous gavez tous
44:51sur le malaise social
44:52et la crise,
44:53bande d'enfoirés.
44:53Vous êtes des bourges mondains
44:55et cupides
44:56qui collaborent
44:57sans aucune pudeur
44:58avec le système
44:59un vrai ramassis de connards
45:00dont tu fais partie.
45:01Bon, Coluche,
45:02il te dit ça.
45:03C'est vrai,
45:04mais il a parfaitement raison
45:05de me dire ça.
45:05Ça, c'est de moi ça.
45:06Bah oui.
45:07Donc t'es conscient quoi.
45:08Bah oui,
45:09mais attends,
45:09c'est pas normal,
45:10c'est pas normal.
45:11C'est pas normal de vivre
45:13aussi grassement
45:14en faisant marrer les gens
45:16sur une situation catastrophique.
45:18On fait marrer les gens
45:19sur la misère
45:21et on renvoie jamais
45:22l'ascenseur.
45:23Et ce mec-là,
45:24les Restos du Coeur,
45:25c'est quoi d'autre
45:25que renvoie l'ascenseur ?
45:27Lui, il a dit,
45:27je vais vous faire marrer
45:28mais je vais vous faire
45:29becquer quand vous n'avez plus
45:30le quoi.
45:31Mais c'est clair
45:31et puis c'est pas une blague.
45:34Il l'a fait.
45:34Et bon, moi,
45:36étant donné que...
45:37il faut que tu fasses un truc.
45:39Moi, j'avais fait un truc
45:40qui s'appelait
45:40la maison des citoyens.
45:42C'est mort avec mon ministère
45:43mais il n'y a personne
45:45qui l'a repris.
45:46La maison du citoyen,
45:47c'est l'endroit
45:48où le môme y va
45:48quand il a quitté l'école
45:50et qu'il ne sait plus
45:50où aller.
45:52Bah tu vas voir,
45:52il y a plein de gens
45:53partout qui ont envie
45:54de faire la maison du citoyen.
45:55C'est une bonne idée.
45:56Fais la maison de Biodonné.
45:58Bon, pour conclure,
46:00tu ne vas pas arrêter,
46:01évidemment,
46:02de faire ton boulot.
46:03Ton prochain spectacle,
46:05c'est la traduction
46:06de ton utopie.
46:07Oui.
46:07Je suppose.
46:08Donc tu nous le fais au théâtre,
46:09tu nous le fais en tournée,
46:11tu nous le fais comment ?
46:12Quel que tu as prévu nous faire ?
46:13Là, je suis un petit peu
46:13parti en tournée
46:14avec Pardon Judas
46:16et puis je...
46:18Donc en tournée
46:19un peu partout.
46:19Il y a deux films qui sortent.
46:20Il y a Voyance et Manigance
46:23ou Voyant Lumineux.
46:24Le titre est encore provisoire
46:25avec Emmanuel Béart
46:26et Anne Emonne,
46:27un film d'Éric Fourniole
46:28qui sort là
46:29au mois d'avril.
46:30Un film assez drôle
46:31sur la voyance aussi.
46:33Et puis HS,
46:34un film de Jean-Paul Lilian Phil
46:35qui sort lui au mois de juin,
46:36donc ça n'arrête pas.
46:38Avec Lambert,
46:41Wilson...
46:41À chaque fois,
46:42est-ce que...
46:43Qu'est-ce que tu ressens
46:44dans les rôles contre Phil ?
46:46Non, c'est bien là.
46:47Je suis content
46:47parce que j'ai bien...
46:48Enfin, j'ai choisi...
46:49Les gens sont venus me voir
46:49pour les bonnes raisons.
46:51Voilà, c'est ça
46:51que je voulais te faire dire.
46:52Ce qui n'est pas toujours
46:53le cas à la télé,
46:54d'après ce que j'ai cru comprendre.
46:57Oh, la télévision.
47:00Sur R,
47:00t'es le neuf,
47:02t'as une cote d'enfer.
47:04C'est ça,
47:05merci.
47:05Je te jure, c'est vrai.
47:07Et tu veux que je te lise,
47:08elle est vraiment méritée.
47:09En plus.
47:10Merci.
47:11À bientôt.

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