Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 minutes

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Alors ce matin David, on se projette sur la journée de demain.
00:02De nombreux services publics seront à l'arrêt.
00:04Journée de grève à l'appel d'une intersyndicale très large.
00:07Et notre invité Dimitri Millet-Fiori, bonjour.
00:09Bonjour.
00:09Vous représentez ce matin le syndicat CGT en tant qu'enseignant et membre de la CGT Éducation 42.
00:15La fonction publique est donc mobilisée.
00:17L'examen du budget va démarrer le 13 octobre.
00:20Le Premier ministre vise un effort budgétaire de 54 milliards d'euros.
00:24Ça passerait notamment par le gel du point d'indice des fonctionnaires pour la quatrième année de suite.
00:28On se trompe de cible ?
00:30Tout à fait, on se trompe complètement de cible.
00:32C'est-à-dire que les agents de l'État se sacrifient depuis 10 ans.
00:36On a une évolution de salaire qui est seulement de 5% alors que l'inflation,
00:40celles et ceux qui nous écoutent sont au courant, a augmenté de 24%.
00:43C'est-à-dire que les prix du carburant c'est plus 50 centimes le litre en seulement un an.
00:47Les loyaux qui ont explosé, 38% en 20 ans.
00:50Le fuel, le gaz, etc.
00:52Et les prix de l'alimentaire.
00:53Un Français sur trois qui n'arrive pas à manger correctement chaque jour
00:57et qui se prive selon le secours populaire.
00:59Donc en fait, nous on demande immédiatement des augmentations de salaire massives,
01:03c'est-à-dire plus de 10% de revalorisation du point d'indice,
01:07qui est gelé comme vous l'avez dit depuis 4 ans,
01:10et qui l'a mis notre pouvoir d'achat.
01:12On appelle donc à une manifestation,
01:14que ce soit à Saint-Etienne ou à Rouen,
01:15à Saint-Etienne à la poursuite de travail à 10h30
01:17et à Rouen devant l'hôpital à la même heure.
01:19On a souvent l'image des agents de la fonction publique
01:22qui ont une certaine stabilité dans leur travail.
01:24Aujourd'hui, on peut être agent de la fonction publique et pauvre ?
01:27Tout à fait. 862 000 agents et agentes de l'État sont en fait au niveau du SMIC.
01:33On a même des collègues qui, par exemple, je vais prendre les AESH,
01:36qui accompagnent les élèves en situation de handicap,
01:39qui sont payés aux alentours de 1 000 euros.
01:42Cette situation, elle est intenable, elle est inadmissible.
01:45C'est-à-dire qu'il est temps maintenant d'augmenter les salaires des agents et des agentes de l
01:50'État.
01:50Alors, il y a les salaires, il y a sans doute les conditions de travail
01:52qui, parfois, sont liées aux effectifs.
01:54J'imagine qu'aussi, ça, ça rentre dans les revendications de demain.
01:59Tout à fait.
01:59C'est-à-dire que nos conditions de travail, elles se sont détériorées,
02:03notamment à cause de la suppression des CHSCT.
02:06C'est cette instance qui prévenait les risques sur les lieux de travail.
02:11Dans l'hôpital, dans l'école, on manque de personnel.
02:14Je prends l'exemple de 3 000 postes supprimés dans l'éducation nationale,
02:1850 classes dans la Loire, des effectifs d'élèves qui explosent,
02:22dans l'hôpital, les urgences qui sont saturées,
02:2445 000 lieux qui ont été supprimés quand même ces dernières années,
02:27des urgences, on le sait, qui n'arrivent plus à accueillir les malades qui en ont besoin.
02:32C'est-à-dire que les services publics sont à l'agonie.
02:33Il est temps de les refinancer à hauteur pour pouvoir se soigner,
02:37pour pouvoir éduquer correctement, pour pouvoir assurer les transports,
02:40l'accueil, les crèches, etc.
02:42Alors ces positions que vous défendez ce matin au nom de la CGT
02:44et aussi de l'intersyndicale qui sera mobilisée demain,
02:47elles vont quand même à l'encontre des économies
02:50qui sont voulues par le gouvernement.
02:5254 milliards d'euros.
02:53Si on augmente les salaires, si on crée des postes,
02:56comment on fait pour économiser 54 milliards d'euros ?
02:58Je pense que les travailleurs, les travailleuses, les retraités, les étudiants,
03:01les privés d'emploi qui nous écoutent,
03:02savent comment on fait un budget.
03:04C'est-à-dire que quand il n'est pas à l'équilibre,
03:06on va chercher l'argent où il est.
03:08Il faut d'abord regarder du côté des recettes.
03:10C'est-à-dire qu'il y a les 500 plus grandes fortunes de France
03:13qui accumulent 1200 milliards d'euros à elles seules,
03:17500 familles seulement.
03:19C'est inacceptable.
03:20Il faut taxer les ultra-riches pour trouver de l'argent.
03:23Déjà, première chose, il faut taxer les héritages également.
03:26Mais taxer les héritages, bien sûr, sur les gros héritages.
03:29Également, on sait qu'il faut aller regarder du côté des dépenses.
03:32C'est-à-dire qu'il y a une dépense, moi, à la CGT, qu'on dénonce.
03:36C'est 211 milliards d'euros qui sont donnés aux entreprises
03:39sans contrôle, sans condition.
03:41C'est-à-dire qu'on ne demande même pas aux entreprises
03:43de créer de l'emploi ou de décarboner l'économie.
03:45On sait qu'il va falloir quand même d'urgence lutter
03:48contre le réchauffement climatique à un moment.
03:50Et cet argent, c'est simplement face à un braquage.
03:53C'est-à-dire qu'on prend de l'argent public
03:55et on le file au privé sans aucun contrôle, sans aucune condition.
03:57L'argent, il est là maintenant, il faut aller le chercher.
04:00Vous avez fait le calcul, je crois que c'est 6 700 euros par seconde
04:03qui sont dépensés en aide publique.
04:05Il y a cette menace, si on peut dire, en tout cas ce constat
04:08de Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT,
04:11qui dit attention à la manière dont ça va être reçu,
04:14la manifestation à la grève de demain.
04:15Sinon, je cite, l'hiver va mal se passer.
04:17Ça veut dire quoi ?
04:18On prévoit l'hiver, mais on prévoit aussi un automne bien chaud
04:21pour notre gouvernement.
04:23C'est-à-dire que la colère des Français est tellement importante
04:26que demain, on prévoit une grève massive d'infonction publique,
04:30mais qui touchera également le privé.
04:33Puisque nous voulons des salaires qui augmentent,
04:35on ne peut pas rester les poches vides
04:36alors qu'une minorité s'enrichit.
04:39Juste un mot peut-être sur les conséquences de demain.
04:42Effectivement, il y a un appel à la manifestation,
04:44mais vous êtes enseignant.
04:46Les retours, c'est quoi ?
04:47Dans les écoles, du département, ça va être suivi demain ?
04:50Bien sûr que ça va être suivi,
04:51puisqu'on n'en peut plus de nos conditions de travail.
04:53On veut être payé bien plus.
04:55C'est-à-dire que les services publics doivent être maintenant financés.
04:58Et pas seulement l'école, mais l'hôpital, les crèches.
05:00Et je pense également aux pompiers qui vont être à Paris
05:02et qui vont se mobiliser,
05:04puisqu'ils ont quand même lutté contre le feu tout l'été
05:06sans les moyens suffisants.
Commentaires

Recommandations