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  • il y a 21 minutes
Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, affirme que si les propos antisémites attribués par Mediapart à Jordan Bardella sont "exacts", ils "démontrent que l'antisémitisme est l'ADN de l'extrême droite française". Il exprime, par ailleurs, son soutien aux blocus de lycées.

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Transcription
00:01France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale.
00:07Dans le grand entretien, nous recevons donc le coordinateur de la France Insoumise et député des Bouches du Rhône.
00:13Bonjour Manuel Bompard.
00:14Bonjour.
00:15Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter et avec les auditeurs qui sont les bienvenus, comme tous
00:20les matins, au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France.
00:24Alors on va évidemment parler de la mobilisation des lycéens que vous soutenez et que le gouvernement vous accuse d
00:31'instrumentaliser, de la situation internationale et notamment de l'aide à l'Ukraine et puis de la campagne de votre
00:36candidat Jean-Luc Mélenchon.
00:37Mais d'abord Manuel Bompard, il y a ses propos antisémites attribués à Jordan Bardella dans une enquête de Mediapart.
00:44Le président du RN les aurait écrits en 2013 dans des conversations privées.
00:49Il avait 17-18 ans, il commençait à militer au Front National.
00:52Parmi les extraits révélés, on trouve les phrases suivantes.
00:56Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler.
01:00Les banques sont toutes tenues par des juifs.
01:02Alors Jordan Bardella dénonce des faux grossiers.
01:06Il annonce qu'il a porté plainte pour diffamation contre Mediapart.
01:09Mais vous, Manuel Bompard, quelle a été votre réaction en découvrant ces informations, ces écrits ?
01:15Une réaction évidemment de stupéfaction.
01:18Ses propos sont absolument révoltants.
01:20révoltants.
01:21Et s'ils sont exacts, et c'est ce qu'affirme le journal Mediapart,
01:26ils démontrent une nouvelle fois que l'antisémitisme est l'ADN de l'extrême droite française,
01:32et que toutes celles et ceux qui, en quelque sorte, ont voulu ces dernières années exonérer le Rassemblement national sur
01:37ce sujet,
01:38ou l'amnistier en quelque sorte, se sont lourdement trompés.
01:41Et si ses propos, encore une fois, sont avérés, je crois que Jordan Bardella doit en tirer absolument toutes les
01:47conséquences,
01:48et qu'évidemment, il ne peut pas jouer un rôle majeur dans la vie politique française.
01:51Ça veut dire, Manuel Bompard, que si ses propos sont avérés, vous dites comme Marine Tondelier qu'il doit se
01:56démettre de toutes ses fonctions ?
01:58Je ne vois pas comment un responsable politique qui prétend exercer des responsabilités nationales très importantes...
02:04Il y a quelques semaines, on parlait encore de lui comme candidat à l'élection présidentielle,
02:09ou il y a quelques jours, de lui comme candidat à la fonction de Premier ministre.
02:13Je pense que le peuple français doit comprendre que, évidemment, ce serait une folie de confier le pouvoir à une
02:21famille politique comme est le Rassemblement national aujourd'hui.
02:24Il n'y avait pas besoin de ses propos pour le savoir, mais ses propos, à mon avis, en donnent
02:28une nouvelle démonstration.
02:30Et quand le président du CRIF, le conseil représentatif des institutions juives de France,
02:34dénonce l'illustration des limites de la dédiabolisation du Rassemblement national, cette fois, vous êtes d'accord avec lui ?
02:40C'est précisément ce que je disais moi-même à cette instance, c'est-à-dire que depuis maintenant plusieurs
02:44années,
02:45il y a eu quand même un certain nombre d'élus et de responsables politiques du Rassemblement national,
02:50qui pourtant ont été pointés du doigt pour des propos, des actes ou des faits antisémites.
02:55Je pense à un député qui siège à l'Assemblée nationale et qui est maire maintenant, M. Boccaletti,
03:00qui tenait une librairie dans laquelle on vendait des ouvrages antisémites et négationnés.
03:04Je pense à la députée Caroline Parmentier qui a été pointée du doigt pour des écrits antisémites.
03:09Et c'est vrai que j'ai trouvé pendant ces dernières années qu'il y avait une manière de considérer
03:15que le Rassemblement national d'aujourd'hui n'était plus le Rassemblement national d'hier.
03:18Et de qui, quand vous dites ça, parce que vous parliez tout à l'heure d'exonérite, qui est-ce
03:21que vous faisiez ?
03:22Dans le champ politique de manière générale et parfois même dans une partie du champ médiatique
03:28où on a considéré que le Rassemblement national avait changé.
03:31Je rappelle que quand même M. Bardella lui-même, et je crois que c'était face à vous d'ailleurs,
03:35M. Duhamel,
03:36avait refusé de dire une évidence qui a été prouvée, y compris par la justice, qui était que Jean-Marie
03:40Le Pen était antisémite.
03:41Et il était revenu sur ses propos par la suite, mais c'est vrai qu'il avait...
03:44Je trouve pas que ça avait généré l'indignation que ses propos auraient dû mériter, voilà.
03:48Manuel Bonpar, il faut qu'on parle du mouvement de blocus des lycées.
03:52180 établissements concernés hier, avec des violences notamment en Ile-de-France.
03:57164 interpellations, 12 membres des forces de l'ordre blessés, 12 lycéens, 8 personnels enseignants,
04:02ce sont les chiffres que donne le ministre de l'Intérieur.
04:05Je rappelle que cette mobilisation est soutenue par un syndicat lycéen, l'USL, et par la France Insoumise.
04:11Est-ce que c'est le rôle de responsable politique d'encourager des lycéens à bloquer leurs établissements,
04:17a fortiori quand ça engendre des violences ?
04:19D'abord, moi je veux saluer la mobilisation des lycéens.
04:23Je trouve que c'est assez formidable et assez exemplaire de voir des jeunes gens dans notre pays,
04:28dont d'habitude, quand on en parle, c'est plutôt pour les pointer du doigt ou les stigmatiser,
04:33et qui se battent et se mobilisent, tout simplement pour demander des conditions d'éducation qui soient dignes,
04:39pour demander qu'il y ait des enseignants en phase 2 dans leur collège ou leur lycée en l'occurrence,
04:44qu'il y ait des personnels d'éducation, qu'il y ait des psychologues scolaires.
04:47Je trouve qu'on devrait tous saluer cette mobilisation lycéenne.
04:52Pour le reste, la France Insoumise partage les revendications qui sont posées par l'union syndicale lycéenne
04:57qui a appelé à la mobilisation.
04:59Et donc oui, on l'appuie, on le soutient.
05:00Et évidemment, c'est notre rôle d'appuyer et de soutenir des revendications quand elles sont légitimes.
05:04Manuel Bonpart, quand on écoute les propos de la France Insoumise,
05:07quand on écoute Louis Boyard, par exemple, le député,
05:10il l'appelle à soutenir et à faire en sorte que ce mouvement s'étende.
05:13Est-ce que là encore, c'est la responsabilité d'un parti, la France Insoumise,
05:17que de relayer ces appels à une extension du mouvement ?
05:21Oui, quand on partage les revendications d'une mobilisation,
05:24c'est normal qu'on l'appuie, qu'on la soutienne et qu'on appelle à ce qu'elle s
05:27'amplifie.
05:27Pourquoi ? Parce que quand ces lycéens demandent davantage de moyens dans nos collèges,
05:32dans nos lycées, dans nos établissements scolaires de manière générale,
05:35en face, ils ont un mur, ils ont un gouvernement qui refuse même d'ouvrir le dialogue avec eux.
05:40Donc pourquoi vous voulez vous étonner que les lycéens se disent
05:44dans ce cas-là, il faut qu'on amplifie la mobilisation pour qu'on soit enfin entendus ?
05:47Sauf que Manuel Bonpart, cette mobilisation, Florence le disait,
05:49elle s'accompagne d'un certain nombre de violences.
05:50Ce sont les chiffres qui ont été donnés par le ministre de l'Intérieur hier.
05:54Je les rappelle encore une fois, 12 membres des forces de l'ordre qui sont blessés,
05:5612 lycéens, 8 personnels enseignants.
06:00Est-ce que vous appelez au calme les lycéens qui, là encore, vont se mobiliser aujourd'hui
06:06et peut-être encore dans davantage d'établissements ?
06:09Est-ce que vous, vous les appelez au calme ?
06:11Monsieur Duhamel, comme d'ailleurs le disent les représentants syndicalistes lycéens
06:16qui appellent à cette mobilisation, comme l'ont dit d'ailleurs l'ensemble des élus insoumis
06:20qui se sont rendus devant des lycées, on a dit, il faut que cette mobilisation, elle soit pacifique,
06:25il faut faire attention, il faut faire preuve de prudence, il ne faut pas répondre, y compris aux provocations,
06:29parce que parfois il peut y avoir des provocations, et c'est ce que nous avons dit depuis le premier
06:34jour.
06:34Quand on tire aux mortis sur les torts de l'ordre, ce n'est pas exactement des provocations,
06:38c'est juste des violences, Emmanuel Beaubar.
06:39Je vous dis, parfois il peut y avoir des provocations, monsieur Djam.
06:42Pour le reste, vous avez peut-être entendu Balibagayoko, qui était hier le maire de Saint-Denis,
06:46sur un point de blocage, et c'est précisément ce qu'il a dit, en discutant y compris avec les
06:51lycéens eux-mêmes.
06:52Mais si les lycéens, vous leur reposez des portes closes,
06:54si les lycéens, vous leur dites on ne parle pas, on ne discute pas,
06:57et bien oui, malheureusement, ça produit un contexte qui est inflammable.
07:01Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut ouvrir le dialogue,
07:03il faut écouter et entendre leurs revendications.
07:05Et je veux dire aussi, quand même, parce que vous parlez de situations qui peuvent être des situations de tension,
07:11qu'on parle de jeunes gens qui ont 15 ans, 16 ans, 17 ans,
07:14qui peuvent être, pour les gens qui nous écoutent, parfois leurs enfants,
07:17et bien on n'envoie pas des policiers avec des lanceurs de grenades lacrymogènes,
07:22comme ça s'est passé dans le Val-d'Oise.
07:24On ne plaque pas des lycéens au sol, on les écoute, on les entend, on discute avec eux.
07:28Et donc, nous, on a un devoir aussi, en tant que responsable politique,
07:31c'est de protéger aussi nos jeunes quand ils se mobilisent.
07:34Donc moi, j'appelle, et comme l'a fait d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon hier,
07:37l'ensemble des militants insoumis aussi, à venir sur ces points de blocage,
07:40y compris pour protéger les lycéens.
07:42J'ai vu parfois des personnels éducatifs se mettre en grève et dire,
07:45et s'interposer, protéger les lycéens qui se mobilisent.
07:48C'est notre devoir de le faire.
07:49Parce qu'effectivement, vous relayez une nouvelle fois ce qu'a pu dire Jean-Luc Mélenchon hier
07:53sur les réseaux sociaux, où il faisait une sorte d'injonction aux élus, aux militants,
07:57la France insoumise, interposez-vous partout où vous le pouvez.
08:00S'interposer entre les policiers et les lycéens ?
08:03Ça veut dire empêcher les forces de l'ordre de faire leur travail, de faire respecter l'ordre ?
08:08Non, non, non, monsieur Duhamel.
08:10Tirer une grenade lacrymogène dans le visage d'un lycéen,
08:14c'est pas faire son travail quand on est policier.
08:16Et plaquer des lycéens au sol, c'est pas faire son travail quand on est policier.
08:20Et donc moi j'appelle...
08:20Quand il y a des violences de l'autre côté, Manuel Bonpart, c'est pas des tirs gratuits de la
08:24part des forces de l'ordre.
08:24Mais monsieur Duhamel, je lisais hier le communiqué du rectorat de Créteil et de Versailles,
08:30qui sont en gros les deux académiques qui ont été les plus concernées hier par la mobilisation.
08:33Il parlait de dégradation de matériel de manière très occasionnelle.
08:37Donc s'il y en a, évidemment je les désapprouve et je les déplore.
08:42Mais honnêtement, on ne peut pas résumer une mobilisation qui est une mobilisation de lycéens
08:46qui s'engagent pour des causes qui sont des causes justes à quelques situations.
08:50S'il y a ces situations, il faut tout faire pour les empêcher, évidemment.
08:53Mais maintenant, on ne peut pas caricaturer comme ça un mouvement
08:56et essayer de le délégitimer alors qu'il porte des motivations qui sont justes
08:59et qui devraient faire notre fierté à tous quand même.
09:01Que nos jeunes gens demandent à avoir des moyens pour pouvoir être éduqués,
09:06et travailler dans des bonnes conditions.
09:07C'est un objectif qu'on devrait tous partager.
09:09Mais quand le gouvernement vous accuse de l'instrumentaliser ce mouvement,
09:13vous répondez quoi ?
09:13Je réponds que c'est encore une fois faire preuve de mépris.
09:16Enfin pardon, mais quand cette mobilisation est née la semaine dernière,
09:20elle est partie d'un lycée à Créteil,
09:22de mémoire le lycée Saint-Exupéry de Créteil,
09:24dans lequel vous avez quasiment la moitié de l'équipe éducative qui n'est pas là.
09:29Vous avez des enseignants qui ne sont absents,
09:31qui ne sont pas remplacés.
09:33Vous n'avez pas de psychologue scolaire,
09:34vous n'avez pas de proviseur adjointe.
09:35Ce n'est pas la France Insoumise qui est responsable de cette situation.
09:38Et donc si des jeunes se sont mis en mouvement,
09:40c'est parce que cette situation est insupportable pour eux.
09:43Il n'y a pas eu besoin que la France Insoumise leur demande de le faire.
09:46Donc il ne faut pas mépriser les jeunes.
09:47Si on prend là encore un exemple précis sur cette accusation
09:50qui vous est opposée d'instrumentalisation.
09:51Vous parlez il y a un instant du maire de Saint-Denis,
09:53Bali Bagayoko.
09:54On a vu hier des images de lui se rendre devant un lycée de sa ville,
09:56le lycée Paul-Éloard,
09:58lycée où par ailleurs des violences ont été commises,
10:00notamment des tirs de mortier.
10:01Mais dites la vérité, qu'est-ce qu'a dit Bali Bagayoko là-bas ?
10:03Il a dit, faites attention, soyez prudents,
10:06il a éteint un feu de poubelle.
10:08Manuel Bonpar, vous avez raison,
10:09mais on a aussi vu des vidéos de lui étant acclamé par les lycéens
10:12qui étaient en train de manifester.
10:14Là encore, est-ce que...
10:14Vous lui reprochez d'être populaire, monsieur Duhamel ?
10:16Non, je ne pense pas d'être populaire.
10:17Je pose la question de savoir si c'est le rôle d'un édile
10:20que de se rendre devant un établissement
10:21où par ailleurs il y a eu ce type de débordement.
10:23Mais c'est précisément son rôle,
10:25y compris pour empêcher qu'il y ait ce type de débordement, monsieur Duhamel.
10:28Ça c'est pas le rôle de la police, non ?
10:29Mais évidemment que...
10:30Mais non, mais quand il y a des revendications
10:32qui sont des revendications politiques,
10:34le rôle des représentants, des élus,
10:36c'est d'être présent pour justement ouvrir des canaux de discussion,
10:41produire un climat qui est un climat de dialogue
10:43et de mobilisation pacifique.
10:44Donc maintenant c'est incroyable,
10:46on reproche à Bali Bagayoko d'être acclamé par des lycéens.
10:48Moi je suis content que Bali Bagayoko soit acclamé par des lycéens.
10:51Maintenant je propose qu'on parle peut-être des revendications
10:53et de qu'est-ce qu'on peut faire pour y répondre.
10:56Donc il y a un problème.
10:57Vous avez des annonces budgétaires qui sont celles du gouvernement
11:00qui va encore faire des économies sur le budget de l'éducation nationale.
11:03On a déjà eu des postes d'enseignants qui sont supprimés.
11:06Il y avait une étude des syndicats en cette rentrée
11:10qui disait que dans un établissement public sur deux,
11:13il y avait des professeurs qui étaient manquants
11:15et quasiment deux tiers des établissements
11:17dans lesquels les équipes éducatives ne sont pas au complet.
11:19Et on va encore faire des économies dans le budget de l'éducation nationale.
11:22Donc c'est ça qu'il faut changer.
11:23Donc zéro coupe dans le budget de l'éducation nationale,
11:26les renforts enseignants qui sont nécessaires,
11:28les renforts en psychologue scolaire,
11:30les renforts en AESH pour nos élèves en situation de handicap.
11:33Pardon, moi je suis député de Marseille,
11:35je ne vais pas devant une école où on ne vient pas me dire
11:37qu'on a un problème pour nos élèves en situation de handicap,
11:40il n'y a pas d'AESH pour les prendre en charge.
11:42Et d'ailleurs j'en profite et j'en termine par là
11:45pour vous annoncer qu'à la fin du mois,
11:46dans notre niche parlementaire,
11:48nous les députés insoumis nous soumettrons une proposition de loi
11:50pour titulariser les AESH,
11:52pour créer un corps d'AESH fonctionnaire
11:54pour qu'enfin nos élèves en situation de handicap
11:56soient pris en charge dans des bonnes conditions.
11:58Alors il faut qu'on parle d'une autre colère qui est massive
12:03en ce moment, c'est celle des Français
12:05face à la hausse des prix des carburants.
12:08Vous continuez à demander le blocage des prix,
12:10mais on ne comprend pas très bien ce que vous voulez faire
12:12avec l'entreprise Total.
12:14Jean-Luc Mélenchon, mercredi dernier, il dit
12:16on ne pense pas que la nationalisation punition
12:19soit une solution.
12:21Or, en avril dernier, vous aviez déposé une proposition de loi
12:25pour nationaliser Total Énergie.
12:28Il faut nationaliser ou pas ?
12:29Mais ce que dit Jean-Luc Mélenchon, et il a absolument raison,
12:31c'est qu'aujourd'hui, face à cette explosion des prix des carburants,
12:34ce n'est pas la nationalisation de Total
12:36qui est un processus, si on devait l'engager,
12:38qui prendrait quand même un certain nombre de temps,
12:40qui permettrait de réduire le problème en urgence.
12:42Donc pour réduire le problème en urgence,
12:44qu'est-ce qu'il faut faire ?
12:45Il faut mettre en place une mesure de blocage des prix,
12:47puisque vous me posez la question de savoir
12:49qu'est-ce qu'on a l'intention de faire vis-à-vis de Total.
12:51Je veux quand même faire remarquer ici
12:53que contrairement à ce qu'a dit le Président de la République
12:55devant tous les Français la semaine dernière à la télévision,
12:57Total fait des marges en France,
12:59les raffineurs font des marges en France,
13:01ces marges ont été multipliées par 7,5
13:03depuis le début de la crise,
13:05et que si vous bloquez ces marges,
13:07immédiatement vous baissez le prix des carburants à la pompe.
13:09Alors Manuel Bopar, c'est vrai que vous proposez le blocage des prix,
13:11et là-dessus vous faites preuve d'une forme de constance,
13:13mais sur la question de la nationalisation de Total,
13:15quand on réécoute bien ce qu'était votre discours
13:17et ce qu'était cette proposition de loi en avril,
13:18c'était aussi pour répondre à une situation
13:20de flamber des prix du carburant
13:22et de présomption de profits excessifs.
13:24Quelle est la position de la France insoumise aujourd'hui ?
13:26Est-ce que si vous accédez au pouvoir,
13:28vous nationalisez ou pas Total ?
13:30Mais Total, c'est beaucoup d'activités très différentes.
13:32Sur les activités de raffinerie,
13:34on a dit, moi y compris,
13:35il me semble que c'était sur cette antenne,
13:37France Inter, d'ailleurs,
13:37j'avais dit que c'était une question
13:39qui était légitime et qui pouvait se poser.
13:40Aujourd'hui, je réponds clairement à votre question,
13:42il n'y a pas dans le programme
13:43que l'on défend pour l'élection présidentielle
13:45la nationalisation de Total.
13:48Et donc, qu'est-ce qui a changé ?
13:49Parce que, là encore,
13:50je vais relire ce qui était dans la proposition de loi.
13:51Je ne sais pas pourquoi vous voulez
13:52à tout prix nationaliser Total, M.Dial.
13:54Parce que c'était ce que vous disiez,
13:55la nationalisation de Total,
13:56l'énergie constitue, ouvrez les guillemets,
13:58une nécessité.
13:59Ça, c'est avril 2026.
14:00Et donc là, ce matin, vous dites,
14:01bon, en fait, ce n'est pas dans notre programme.
14:02Non, mais je n'ai pas dit qu'on considérait
14:04que cette proposition de loi était illégitime.
14:06Vous m'avez interrogé sur notre programme
14:08pour l'élection présidentielle
14:09et sur comment on fait face immédiatement,
14:12aujourd'hui,
14:12à cette situation d'augmentation des prix des carburants.
14:16Et je considère, je vous le redis si vous voulez,
14:18que pour répondre immédiatement à cette urgence,
14:20ce n'est pas la bonne mesure et la bonne proposition.
14:23Donc maintenant, au fond,
14:23vous êtes moins à gauche que Fabien Roussel
14:25qui lui dit qu'il faut nationaliser Total.
14:27Eh bien, très bien.
14:27Si Fabien Roussel veut porter cette proposition
14:29dans la campagne présidentielle,
14:31il le fera.
14:31Il n'y a pas de difficulté sur ce sujet.
14:33Mais encore une fois,
14:34si on cherche plutôt à être utile à notre pays,
14:37parce que, excusez-moi,
14:38c'est ce que j'essaye de faire
14:38en répondant à votre question aujourd'hui,
14:40j'ai l'impression que l'urgence,
14:41c'est plutôt comment on fait en sorte
14:43que les prix du carburant
14:44ne dépassent pas demain les 3 euros le litre.
14:46Et pour le faire,
14:47peut-être que c'est intéressant
14:48qu'on discute plutôt de notre proposition.
14:50Et notre proposition,
14:51c'est d'avoir une mesure immédiate
14:53avec une conséquence directe
14:55avec une baisse immédiate des prix des carburants
14:57qui est la seule mesure qui permet
14:58de régler le problème,
14:59c'est de bloquer les prix des carburants
15:01à la baisse à 1,70€.
15:02Ce à quoi le président de la République vous répond
15:04qu'il faut agir à l'échelle internationale.
15:06Il a annoncé en fin de semaine dernière
15:08l'envoi de moyens militaires en Arabie Saoudite
15:09pour protéger le site pétrolier de Yambou
15:12visé par les outils du Yémen,
15:14précisément pour tenter d'agir à la baisse
15:15sur les prix de l'énergie.
15:17Vous avez demandé à la France Insoumise
15:18qu'un vote ait lieu à l'Assemblée nationale
15:21sur ce sujet.
15:22Si ce vote avait lieu,
15:24Manuel Bopard,
15:24est-ce que vous voteriez
15:25pour l'envoi de ces moyens militaires ?
15:27Est-ce que vous êtes favorable à cette...
15:28D'abord, on souhaite qu'il y ait un vote, oui.
15:32J'ai écouté M. Barraud disant
15:34oui, ce n'est pas une obligation, etc.
15:36mais ce n'est pas parce que c'est une obligation
15:37qu'on ne peut pas le faire.
15:38Et on considère quand même
15:39qu'une décision d'une telle importance...
15:40Il a même dit, Jean-Noël Barraud,
15:41il y avait une réunion à l'Elysée
15:42et Jean-Luc Mélenchon aurait été bien...
15:44Oui, moi j'étais présent, M. Duhamel,
15:46à cette réunion à l'Elysée.
15:47Et dans cette réunion à l'Elysée,
15:48le président de la République
15:49ne nous a pas demandé notre avis
15:50pour savoir si on était favorable ou pas
15:52à envoyer des troupes françaises
15:54en Arabie Saoudite.
15:55Donc maintenant, je réponds à votre question.
15:57Pour ma part, je considère que cette décision
15:58est une décision extrêmement dangereuse
16:00pour une raison simple
16:01que tout le monde peut comprendre.
16:03C'est que si vous envoyez des troupes
16:04en Arabie Saoudite
16:06et que ces troupes subissent une attaque
16:07ou une offensive de l'Iran
16:10ou des Houthis,
16:11puisque manifestement,
16:12il y a eu des bombardements
16:13sur cet oléoduc
16:14qui traverse l'Arabie Saoudite,
16:15qu'est-ce que vous faites ?
16:16Vous rentrez en guerre contre l'Iran ?
16:18Vous rentrez en guerre contre les Houthis ?
16:19Même si c'est faux pour faire baisser les prix,
16:21ça ne vaut pas le coup ?
16:21Non mais attendez,
16:22et il y a d'autres mesures
16:23pour faire bloquer les prix que celles-là.
16:24Et puis ça me fait un peu sourire,
16:26pardonnez-moi,
16:26même si ce n'est pas drôle,
16:27qu'on vienne me dire ça à moi,
16:29parce que pardonnez-moi,
16:30mais quand les États-Unis,
16:32Donald Trump et Benyamin Netanyahou
16:34ont décidé de déclencher la guerre
16:36contre l'Iran,
16:37à l'époque,
16:37il n'y avait pas grand monde
16:41dans le champ politique français
16:42pour dire que c'est inacceptable,
16:43il faut condamner cette agression
16:44parce que c'est une folie
16:45et c'est irresponsable.
16:46On était un peu les seuls,
16:48y compris le président de la République
16:49qui avait des mots très timides à l'époque.
16:50Mais Manuel Bopart,
16:52c'est bien de déplorer à la fin
16:53les conséquences d'interventions militaires
16:56qu'on n'a pas été capables de condamner
16:57quand elles ont été déclenchées.
16:58C'est intéressant l'argument
16:59que vous utilisez,
17:00qui est de dire
17:01si les moyens militaires français
17:03sont attaqués,
17:03on risque d'être dans une situation
17:04de co-belligérance
17:05et donc de répliquer.
17:06Il y a en ce moment,
17:07en mer rouge,
17:08une mission internationale
17:08qui s'appelle la mission ASPIDES
17:10avec des moyens militaires français
17:12qui sont déjà positionnés
17:13pour sécuriser
17:14un certain nombre d'approvisionnements.
17:16Je ne vous ai pas entendu protester
17:17contre cette mission de sécurisation.
17:19Or, la question
17:19de ce que feraient
17:21ces moyens militaires français,
17:22à l'aventure,
17:22ils étaient frappés
17:23par des forces iraniennes
17:24ou pro-iraniennes,
17:25se posent de la même manière.
17:26Très bien,
17:27mais là, en l'occurrence,
17:28on parle de troupes au sol,
17:29M. Djamal,
17:30qui est peut-être une légère différence.
17:31Vous avez des frégates
17:32qui sécurisent
17:33un certain nombre de bateaux.
17:34Je vais aller jusqu'au bout,
17:35si vous voulez.
17:35Un, on parle de troupes au sol,
17:36on ne parle pas d'interventions navales.
17:38Ça n'a pas été précisé.
17:39Du moyen militaire,
17:40on ne parle pas de troupes au sol.
17:41En tout cas,
17:41je ne sais pas
17:42si vous avez entendu
17:42quelqu'un parler de troupes au sol.
17:44Voilà, exactement.
17:45Ah, mais bon,
17:46quand vous avez des avions
17:47qui volent au-dessus,
17:47il faut quand même
17:48qu'ils soient positionnés.
17:49Il n'y a pas d'oeuvre.
17:49Mais c'est déjà clair,
17:50parce qu'ils ont protégé
17:51les pays du Golfe.
17:52Attendez,
17:52il y a des moyens de défense,
17:53on ne va pas rentrer
17:54peut-être dans la technique,
17:54mais il y a peut-être
17:56des troupes autour
17:56pour les protéger.
17:58Enfin bon,
17:59mais il y en a déjà en fait.
17:59Attendons les détails
18:01si vous voulez.
18:02Mais la petite différence
18:03entre la mer rouge
18:03et l'Arabie saoudite,
18:04c'est que précisément,
18:05l'oléoduc dont on est en train
18:06de parler
18:06a été bombardée
18:08il y a quelques jours
18:09et c'est précisément
18:10d'ailleurs la raison
18:10pour laquelle
18:11le président de la République
18:12veut y envoyer
18:12des moyens militaires
18:13pour empêcher
18:14qu'elle soit bombardée
18:14à nouveau
18:15de son point de vue.
18:16Donc entendez,
18:17évidemment que tout le monde
18:18veut faire en sorte
18:19que cette situation s'arrête
18:21et que les canaux
18:22d'approvisionnement
18:23soient réouverts.
18:24Mais c'est très dangereux
18:25que la France se mette
18:26dans la possibilité
18:27d'être dans une situation
18:28de co-billigérance,
18:29tout simplement.
18:30Ça paraît être
18:30une position raisonnable
18:31et à minima
18:32qu'on puisse en débattre
18:33à l'Assemblée nationale
18:34et qu'on puisse voter
18:34parce que ça fait depuis
18:36maintenant moi 5 ans
18:37que je suis député
18:37à l'Assemblée nationale,
18:38il n'y a pas une intervention
18:39militaire sur laquelle
18:40on nous a demandé notre avis.
18:41Manuel Bompard,
18:42sur la question de l'Ukraine,
18:43on avait envie ce matin
18:44de clarifier les positions
18:44de la France insoumise
18:45avec 3 points très précis
18:47pour tenter de comprendre
18:49ce qu'est votre position.
18:50La première,
18:50sur l'aide financière à l'Ukraine.
18:52On a entendu Marine Le Pen dire
18:53« si je suis élu,
18:53l'aide financière à l'Ukraine
18:54c'est terminé,
18:54même si on pourra continuer
18:55à former des soldats,
18:56à envoyer des armes. »
18:57La France insoumise,
18:58Jean-Luc Mélenchon,
18:59élu président de la République,
19:01est-ce que l'aide financière
19:02à l'Ukraine continue ?
19:04Nous on a toujours dit
19:04la même chose,
19:06c'est qu'évidemment
19:06il faut soutenir l'Ukraine
19:08jusqu'à qu'on crée
19:09les conditions d'un accord de paix
19:10et que cette guerre s'arrête.
19:12La seule exception
19:13ou nuance qu'on a pu poser
19:15sur ce sujet,
19:16c'est quand les plans d'aide
19:17au niveau européen
19:18étaient parfois conditionnés
19:19à ce qu'on appelle
19:20des réformes,
19:21par exemple d'ajustement structurel
19:22ou des choses comme ça
19:23parce que ça revenait
19:23à imposer une politique
19:24qu'on ne voulait pas.
19:25Mais donc l'aide financière continue
19:27si la France Insoumise
19:28est élue ?
19:28Jusqu'à ce qu'on crée
19:29les conditions d'un accord de paix.
19:30Oui mais attendez,
19:31ce n'est pas anecdotique
19:33parce que la question
19:34qui nous est posée
19:35c'est est-ce qu'on soutient
19:36l'Ukraine en se disant
19:38en les soutenant
19:39et en continuant notre soutien
19:41l'objectif c'est qu'à la fin
19:43il y ait une victoire militaire
19:44ou est-ce qu'on soutient
19:46en se disant
19:46il faut qu'ils puissent résister
19:47pour arriver à la table
19:48des négociations
19:49de telle sorte qu'ensuite
19:50on crée les conditions
19:51d'un accord de paix.
19:52Et donc on ne doit pas agir
19:54uniquement en soutien,
19:55on doit aussi agir
19:57en ouvrant des canaux
19:58qui sont des canaux diplomatiques
20:00et qui permettent
20:00de mettre tout le monde
20:01à la table des négociations.
20:03Voilà ce qu'il faut faire.
20:04Deuxième question précise
20:05Manuel Bompard
20:05sur les missiles scalp
20:07qui sont les missiles
20:08qui permettent de frapper
20:09en profondeur la Russie.
20:11Est-ce que si vous êtes élu,
20:13si Jean-Luc Mélenchon est élu,
20:14la France continue
20:15de livrer ce type de missiles ?
20:17Sur ce sujet
20:17on avait exprimé
20:18notre opposition
20:19au monsieur Duhamel
20:20vous le savez
20:20quand ces missiles
20:23avaient été livrés.
20:24tout simplement parce que
20:25même logique
20:26d'un certain point de vue
20:27que ce que je vous disais
20:28tout à l'heure
20:29c'est prendre le risque
20:31de participer
20:31d'une certaine forme
20:32d'escalade.
20:33Plus de missiles scalp.
20:34Et pardonnez-moi
20:34et pardonnez-moi
20:35à monsieur Duhamel
20:35mais je voudrais préciser
20:36un point
20:37parce que j'ai vu
20:37que certains
20:38cherchaient des noises
20:39à Jean-Luc Mélenchon
20:39parce qu'il a dit
20:40attention au risque
20:42d'escalade.
20:43Il a dit
20:46personne ne fait le lien
20:47entre la menace russe
20:48qui s'aggrave
20:49et le fait qu'il y ait
20:49des frappes en profondeur
20:50sur le territoire russe.
20:51Alors ça me permet
20:52quand même de préciser un point.
20:54Ce n'est pas parce que
20:55vous dites
20:56attention l'escalade
20:57est dangereuse
20:57et elle peut nous amener
20:58dans une guerre généralisée
20:59que vous exonérez
21:01l'agresseur
21:02qui en l'occurrence
21:03est l'agresseur russe
21:04qui a violé le droit international.
21:05Les missiles scalp
21:06c'est terminé.
21:07On n'en livre plus.
21:07Attendez monsieur Duhamel
21:08je vous ai donné mon point de vue.
21:10Je vous ai dit
21:10qu'on a une cohérence
21:11de positionnement
21:12qu'on était opposé
21:13à cette livraison.
21:15Maintenant si Jean-Luc Mélenchon
21:16est élu président de la République
21:17ça sera dans 8 mois
21:18et moi si vous voulez
21:19mon avis sur ce sujet
21:20je forme le vœu
21:22cette guerre elle se soit arrêtée
21:23et que plutôt on agisse
21:25pour faire en sorte
21:25de l'arrêter le plus rapidement possible
21:26parce que tout le monde
21:27parle sur les plateaux de télévision
21:29mais je vous rappelle
21:29qu'il y a déjà
21:30un million de pertes côté russe
21:31500 000 pertes côté ukrainien
21:33et que chaque jour qui passe
21:34c'est des vies qui sont brisées
21:36des gens qui meurent
21:37et donc l'objectif
21:38ça doit quand même être
21:39de mettre un terme
21:39à cette guerre
21:40le plus rapidement possible.
21:41Allez-y
21:42j'essaye d'être le plus précis possible.
21:43Est-ce que pour vous
21:43Volodymyr Zelensky
21:44est un président légitime
21:46puisque je rappelle
21:46qu'en août 2025
21:47Jean-Luc Mélenchon
21:48parlait de lui
21:48comme d'un président de rien ?
21:49Est-ce qu'il est légitime
21:50à la tête de l'Ukraine ?
21:51Il a été élu président de la République
21:52si on est absolument factuel
21:54mais son mandat
21:55normalement a expiré
21:57et donc je pense
21:58assez légitime
21:59de se dire
21:59qu'il devrait y avoir
22:00à terme de nouvelles élections
22:02puisque c'est aux Ukrainiens
22:03de décider.
22:04Vous savez qu'il y a
22:04une incompatibilité constitutionnelle
22:06entre la tenue d'élection
22:07et le fait que la guerre
22:08est pour vous.
22:08Donc vous me posez une question
22:09je vous réponds
22:10d'un point de vue factuel
22:10le président de la République.
22:11Donc est-ce que c'est
22:11un président légitime ?
22:12Mais je vous réponds
22:13sur la base
22:13des éléments tels qu'ils sont
22:15le président Zelensky
22:16a été élu président de la République
22:18donc c'est un président légitime ?
22:19Évidemment
22:20il a la légitimité électorale
22:22des urnes
22:22maintenant son mandat
22:23a expiré aujourd'hui
22:25et je pense légitime
22:26de dire que c'est les Ukrainiens
22:27qui doivent décider demain
22:28de par qui ils sont dirigés.
22:29Très rapidement
22:30pour terminer
22:30Manuel Bompard
22:31plusieurs sondages
22:32font état d'une dynamique
22:34de votre candidat
22:36Jean-Luc Mélenchon
22:36le dernier pour l'Institut Harris
22:38le positionne
22:38comme se qualifiant
22:39au second tour
22:41face à Marine Le Pen
22:43et ce même sondage
22:44qui le teste
22:45au second tour
22:46lui donne
22:4731%
22:48à Jean-Luc Mélenchon
22:49contre 69%
22:51pour la candidate
22:52du RN
22:53qu'est-ce que vous répondez
22:54à ceux
22:54qui disent que
22:55Jean-Luc Mélenchon
22:56c'est le meilleur candidat
22:57du premier tour
22:58mais le pire
22:59pour le second ?
23:00Alors d'abord
23:00juste avant de vous répondre
23:01parce que je pensais
23:02qu'on en parlerait
23:02on n'aurait pas eu le temps
23:03je veux quand même
23:03soutenir les mobilisations
23:05du jour
23:05dans la fonction publique
23:07des pompiers
23:07qui seront dans la rue
23:08aujourd'hui
23:08et appeler massivement
23:09à y participer
23:10maintenant pour répondre
23:11à votre...
23:12Très rapidement
23:12Oui très rapidement
23:14c'est compliqué
23:15je vous rappelle juste
23:17je vous rappelle juste
23:18une chose
23:19il y a des sondages
23:20qui maintenant
23:21quasiment Jean-Luc Mélenchon
23:22à 20% des voix
23:23au premier tour
23:24c'est inédit
23:25depuis 10 ans
23:25en France
23:26qu'un candidat de gauche
23:27soit au-delà de 20%
23:28ou à 20%
23:29dans les sondages
23:30donc c'est évidemment
23:31une dynamique
23:32et une dynamique extraordinaire
23:33la question du second tour
23:34si on avait eu
23:35ce même raisonnement
23:36au lendemain
23:36de la dissolution
23:37de l'Assemblée nationale
23:37après les élections européennes
23:39tous les sondages disaient
23:40que l'extrême droite
23:40allait gagner
23:41qu'elle allait avoir
23:42une majorité absolue
23:42à l'Assemblée nationale
23:43on a fait campagne
23:44c'est pas ce qui s'est passé
23:45François Mitterrand
23:46Là l'écart est très large
23:47quand même
23:47François Mitterrand
23:48en novembre 1980
23:49était annoncé
23:51battu à 40-60
23:52contre Valéry Giscard d'Estaing
23:54il a gagné
23:54pendant les dernières élections
23:55municipales
23:56le maire de Lyon
23:57Grégory Doucet
23:58à 6 mois de l'élection municipale
24:00il était annoncé perdant
24:01il faisait 30 ou 35% des voix
24:03au deuxième tour
24:04contre Jean-Michel Aulas
24:04Il a gagné
24:05Sur les sondages de premier tour
24:07là quand ils sont bons
24:08vous les prenez
24:09tels qu'ils sont
24:09quand ils ne sont pas bons
24:10vous dites que les sondages
24:11ça compare
24:11Pas du tout monsieur Duhamel
24:12je compare des sondages
24:14à des sondages
24:14tout simplement
24:15et maintenant je vais vous dire
24:16une dernière chose
24:17je ne crois absolument pas
24:18ces sondages de deuxième tour
24:19et je vais vous dire pourquoi
24:20et je vais vous dire pourquoi madame
24:21parce que
24:22si vous appliquez
24:24les reports de voix
24:25tels qu'ils ont été
24:26au second tour
24:27des élections législatives
24:28dans un second tour
24:28entre un candidat du Rassemblement National
24:30et d'un candidat insoumis
24:31si vous appliquez
24:31les mêmes reports de voix
24:32au sondage de premier tour aujourd'hui
24:34vous avez 50-50 au deuxième tour
24:36faites le calcul
24:37vous verrez
24:37il n'y a pas 70-30
24:38ça n'existe pas
24:39donc on va faire campagne
24:41on va mobiliser
24:42et aujourd'hui
24:43Jean-Luc Mélenchon
24:43est le seul candidat
24:44qui est en mesure
24:44de l'emporter au second tour
24:46et donc j'appelle
24:46toutes celles et ceux
24:47qui nous écoutent
24:48à venir nous aider
24:48nous rejoindre
24:49vous pouvez signer
24:50sur Mélenchon2027.fr
24:51et ensemble
24:52on va faire une belle campagne
24:53et on va battre l'extrême droite
24:54et ouvrir une nouvelle page
24:55de l'histoire de France
24:56Merci d'être venu au micro
24:57de Sciences Inter
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