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00:07Générique
00:08...
00:21Bonsoir à toutes, bonsoir à tous, bienvenue sur Moselle TV.
00:24Merci de nous rejoindre pour votre rendez-vous politique hebdomadaire,
00:27le tour de la question.
00:29Chaque semaine, avec notre invité, nous abordons les sujets qui font l'actualité,
00:33qui sont des enjeux pour les Mosellans comme pour les Français à l'approche de la présidentielle.
00:37Et nous tentons de décrypter les grandes questions politiques du moment.
00:41Et justement, cette semaine, nous avons choisi d'aborder un thème
00:44qui a été au centre de la dernière campagne municipale
00:47et qui continue à faire parler l'insécurité, les incivilités.
00:50C'est une problématique qui touche directement la politique locale.
00:54Et pour certains élus, c'est même encore pire.
00:57Il y a quelques semaines, le maire PS de Famec, Michel Lipgott,
01:00a été à nouveau la cible d'un colis piégé qui a blessé deux des mineurs.
01:04Lui a connu une quinzaine d'attaques similaires, mais ce n'est pas le seul.
01:07En France, on dénombre 2500 agressions envers les élus.
01:09Un chiffre qui tend à se réduire cependant,
01:12mais qui donne peut-être une tendance plus globale sur les problèmes d'incivilité
01:15que les collectivités doivent gérer, surtout à l'ère du numérique,
01:18en plus de l'insécurité classique.
01:19De plus en plus de maires sont directement confrontés à leurs contradicteurs,
01:23tout comme les associations, les mairies, les services publics.
01:26C'est d'ailleurs sur ces réseaux sociaux qu'en août dernier s'est joué l'adulation
01:30d'un grand festival à Étanche Grande, après une polémique,
01:34insécurité, incivilité et démocratie.
01:36On va faire le tour de ces questions avec Roland Balcerzac, notre invité.
01:40Bonsoir.
01:40– Bonsoir.
01:42– Et justement, on parle de ces incivilités.
01:45Roland Balcerzac, vous êtes le maire Les Républicains d'Étanche Grande depuis 2014,
01:50conseiller régional du Grand Est,
01:52désormais président de la communauté de communes de Quatre Noms et Environ.
01:55Je voulais vous recevoir sur ce sujet pour plusieurs raisons qu'on va évoquer,
01:59mais la première, c'est cette conférence débat
02:01qui s'est tenue vendredi dernier dans votre communauté de communes.
02:05La démocratie à l'épreuve des insécurités
02:08en présence de Jean-Michel Fauvergue, ancien chef du RAID.
02:12Pourquoi cette conférence ?
02:14– Écoutez, le sujet de la sécurité ou de l'insécurité
02:19touche nos populations.
02:22Et dans mes fonctions, je suis confronté à cette thématique, bien évidemment.
02:27Bien que nous soyez sur un territoire plutôt épargné.
02:32Épargné parce qu'il y a un excellent travail des forces de sécurité,
02:37en l'occurrence la gendarmerie nationale.
02:40Épargné aussi parce qu'on y a mis des moyens en termes de vidéosurveillance
02:43qui permettent de résoudre des sujets.
02:47Mais l'insécurité, vous le devinez,
02:49elle se traduit aussi par d'autres phénomènes.
02:52Les réseaux sociaux, par des menaces qui peuvent exister,
02:55j'en ai été l'objet il y a quelques jours d'ailleurs.
03:00Et ce qui m'a emmené pour la première fois à faire un dépôt de plainte.
03:05Et donc, ayant eu une vie professionnelle avant d'être élu,
03:10j'avais la chance de connaître ce grand chef,
03:15ce grand patron d'unité d'élite de la police nationale,
03:18en l'occurrence Jean-Michel Fauvergue,
03:20que j'ai souhaité faire venir sur le territoire
03:23pour une intervention devant les élus et devant un public qui a été ravi.
03:27– Vous dites que vous avez été confronté à ces menaces,
03:31c'était des menaces sur les réseaux sociaux.
03:33Dans votre commune aussi, au quotidien,
03:35vous vous êtes confronté à ce genre d'insécurité ?
03:38– Vous savez, quand vous êtes maire, il vous arrive d'intervenir.
03:41Moi, j'ai été confronté au coupeur de bois,
03:45à un véritable fléau sur notre secteur.
03:48Il s'avère qu'il y a quelques jours, j'ai été l'objet d'une demande
03:52et derrière, j'ai eu un enchaînement de menaces téléphoniques
03:55et de propos plutôt désobligeants, assez fort,
03:58assez fort, ce qui m'a conduit à déposer plainte.
04:01– Comment, quels sont les pouvoirs finalement du maire aujourd'hui ?
04:04Comment on arrive à résorber cette insécurité ?
04:07– Moi, à titre personnel, je maîtrise la situation,
04:12je le vis pas trop mal,
04:15mais ça résulte sans doute de mon expérience professionnelle du passé.
04:20J'imagine et j'ose imaginer que d'autres collègues élus ont des difficultés
04:25face à ces intonations qui peuvent les impacter,
04:32mais aussi impacter leur famille.
04:33– On sait, certains maires ont même décidé aux dernières élections municipales
04:37de ne pas repartir à cause de ces problématiques,
04:40c'est quelque chose qui touche aujourd'hui de plus en plus de monde finalement.
04:43– Oui, les tons changent, le maire qui était le notable de la commune
04:48est vu comme une éminente personnalité aujourd'hui,
04:53est confronté à des sujets divers et variés, ceux de la sécurité,
04:57mais qui l'emmènent en contact direct d'ailleurs avec la population.
05:03et vous intervenez à la fois sur des problèmes de sécurité,
05:08sur les problèmes d'implantation de gens du voyage par exemple,
05:13ou d'autres domaines qui ont trait à des incivilités.
05:17Et automatiquement, en étant confronté, vous pouvez être malmené.
05:23Alors malmené physiquement c'est une chose,
05:25malmené aussi sur les réseaux sociaux c'en est une autre.
05:27– Est-ce qu'aujourd'hui on ne demande pas trop finalement aux maires
05:32de régler des problèmes sur lesquels finalement ils ont assez peu de prise ?
05:37– Être maire est une noble tâche.
05:41Je crois qu'il faut remettre au niveau qui est le sien,
05:45ce rôle prépondérant qui assure un maillage,
05:48qui assure un équilibre social.
05:52Et on est véritablement des régulateurs de la vie de la société,
05:57on l'a vu à l'époque sur la crise des Gilets jaunes,
06:00on l'a vu au moment de la crise Covid.
06:05Donc je crois qu'on vit des difficultés comme d'autres citoyens,
06:08il ne faut pas non plus donner plus d'envergure à ça.
06:11L'important est que le statut de maire soit également sous protection,
06:15si nécessaire, mais autrement je préfère prendre quand même le côté positif
06:20et tout ce que ce rôle peut m'apporter en termes de richesse,
06:24richesse humaine, richesse professionnelle, et puis de réussite.
06:29De réussite parce que la volonté d'un élu c'est avant tout de réussir des choses.
06:32– Vous avez reçu le petit boîtier que certains élus ont eu de la préfecture,
06:36le boîtier d'alerte qui permet de prévenir ses proches,
06:40prévenir les autorités en cas d'attaque ?
06:42– Non, à titre personnel je ne le souhaite pas.
06:47Je gère ma sécurité moi-même et je vous dis,
06:50mon expérience professionnelle, que je ne veux pas remettre ici en évidence,
06:54mais il se trouve que j'ai pu agir sur tous les terrains du monde,
06:59fait que je me sens plutôt assez serein par rapport à ces situations.
07:04– Alors je le disais justement, je vous invite aussi pour une autre raison,
07:07c'est que vous êtes retraité de la police nationale,
07:10vous avez connu des problèmes de sécurité sur le terrain national et international,
07:15qu'est-ce que votre parcours justement, ce parcours-là vous a apporté en politique ?
07:20– Le respect, l'humilité, et puis une façon de gérer ces phénomènes,
07:28je pense que le terme de sérénité est propre,
07:32c'est le bon qualificatif dans ma situation,
07:35qui m'amène quand même à avoir un raisonnement plutôt très correct par rapport à ces situations.
07:43– Est-ce que vous pensez que votre regard sur l'insécurité justement
07:47est différent de celui d'un maire qui n'aurait jamais été dans les forces de l'ordre,
07:52qui n'aurait jamais exercé cette carrière ?
07:55– Oui, parce que je pense que dans toutes les crises qu'un maire peut connaître,
08:02et là je suis beaucoup plus large dans le panel,
08:06la crise Covid, une crise, un incendie, un problème d'incivilité, un problème de menace,
08:13je vais le gérer graduellement et je vais essayer de faire partager une forme de raison.
08:22et donc je pense que cette aptitude, elle découle de mon expérience professionnelle.
08:28– Alors on va revenir sur cette thématique de l'insécurité,
08:30à l'épreuve de la démocratie qui était au cœur du débat organisé vendredi.
08:36Concrètement, à quel moment vous considérez que l'insécurité,
08:40ou par ce que disait aussi M. Fauvergues,
08:43à quel moment vous considérez qu'elle devient un problème démocratique selon vous ?
08:48Quelles sont les bornes à ne pas dépasser finalement ?
08:50– C'est un vaste sujet, c'est un sujet sociologique,
08:54c'est un sujet que vous vivez au niveau des communes.
08:59Je suis arrivé personnellement dans une commune où, avant d'être maire,
09:04elle avait connu un chiffre assez extravagant de 103 cambriolages.
09:10Aujourd'hui, je suis à moins d'une quinzaine de cambriolages, ou tentatives.
09:16Il y a les incivilités qui sont un autre problème.
09:19Il y a des comportements irrespectueux qui peuvent se traduire,
09:22et vous le voyez au volant d'une voiture.
09:24Aujourd'hui, vous êtes un simple automobiliste,
09:26un simple regard peut provoquer et faire dégénérer une situation.
09:30Je crois que c'est un contexte, un problème de voisinage.
09:38des valeurs irrespectueuses en termes de voisinage,
09:42des nuisances sonores peuvent entraîner aussi des conflits.
09:45Et je crois que quand vous êtes maire, vous êtes absolument à la place centrale,
09:51bien qu'il ne faut pas confondre le pouvoir de police,
09:54qu'on veut bien vous aborder, et l'action de police.
09:57Le pouvoir de police, il se traduit essentiellement par des arrêtés,
10:01des délibérations éventuelles, mais l'action, chacun a sa place.
10:05Il y a l'action de la police nationale, l'action de la gendarmerie nationale,
10:09l'action également des magistrats et du parquet.
10:12Je pense que c'est une addition, et quand on coordonne tout ça,
10:17on arrive à des résultats tout à fait satisfaisants.
10:19– On parlait tout à l'heure des menaces, des milliers d'agressions
10:23dont sont victimes les élus en France aujourd'hui.
10:26Est-ce qu'en tant que maire, élu, on hésite aujourd'hui davantage
10:30à prendre certaines décisions, peut-être, lorsqu'on sait qu'on peut être pris à partie,
10:35notamment sur les réseaux sociaux ?
10:36Une certaine pression de la rue, finalement ?
10:39– Ce n'est pas mon cas, ce n'est pas mon cas.
10:43La parole est libre, la plus mes servent, non, je ne trouve pas de barrière,
10:50mais je crois que l'élu a aussi valeur d'exemple,
10:54et qu'il ne doit pas apparaître sur des excès,
10:59il doit réussir à se contrôler, ce qui n'est pas toujours facile.
11:03Ce qui n'est pas toujours facile.
11:04– On vous voit d'ailleurs, vous faites des vidéos sur les réseaux,
11:07par exemple les vœux sur les réseaux sociaux,
11:10d'autres maires utilisent Facebook, Youtube,
11:14vous n'apprénendez pas les insultes, les menaces qui peuvent,
11:17et parfois les campagnes de harcèlement qui peuvent arriver ?
11:20– J'ai été épargné, je pense qu'on a des réseaux qui sont propres,
11:24on l'explique par une charte de fonctionnement,
11:28nous donnons une information, nous donnons des informations,
11:32nous ne partons pas non plus, et qui n'appellent pas à des commentaires désobligeants.
11:38Après c'est à nous également, par nos services, de réguler les réseaux sociaux.
11:43Et au même titre que vous n'invitez pas chez vous
11:47quelqu'un qui a une attitude déplaisante,
11:50vous n'allez pas accepter sur des réseaux sociaux
11:53des gens qui ont des attitudes déplacées.
11:56– On entend beaucoup de discours politiques sur l'insécurité,
12:00notamment souvent des questions de la droite, voire de l'extrême droite.
12:05Qu'est-ce qui manque aujourd'hui, puisque c'est souvent ça dont on parle,
12:08qu'est-ce qui manque dans les réponses de l'État face à l'insécurité aujourd'hui ?
12:12Je sais que Jean-Michel Fauvergue, vendredi, nous disait
12:15qu'on constate la perte d'autorité de l'État et des pouvoirs publics.
12:19– C'est une réalité, c'est une réalité.
12:25Je crois que dans les discours, oui je suis de droite républicaine.
12:30Je suis de droite républicaine et je défends des valeurs.
12:34Parmi celles-ci, celles de la démocratie.
12:37Je crois qu'en tant qu'homme politique, on doit être attentif aux propos qu'on tient.
12:46Et certains propos, par des partis politiques, sont dangereux pour la société.
12:52Ils peuvent exacerber des débats.
12:54Je pense que ce n'est pas le rôle d'un homme politique de conduire à des excès.
13:01Ensuite, le débat de l'insécurité ou de la sécurité est un thème central dans la vie française,
13:06qui n'est pas nouveau.
13:08Vous reprenez les débats de 1981, 1981, ça existait déjà.
13:13Vous prenez même les lois sur la sécurité anti-casseurs sous M. Perfit à l'époque en 1976 ou 1977.
13:21Ça veut dire que les problèmes de sécurité ou d'insécurité existaient.
13:25Ça se traduisait même par des chansons.
13:28Michel Sardou chantait « Dans les villes de grande solitude » en 1976.
13:33Vous voyez qu'à chaque époque, ces problèmes perdurent.
13:37Alors, il n'y a pas de recette miracle.
13:39Il y a le problème de l'éducation à la maison.
13:42Il y a le problème de l'enseignement dans les écoles.
13:46Il y a le problème aussi et le sujet de la vie en société.
13:49Ensuite, il y a les garde-fous, la justice, la police, la gendarmerie, les élus également.
13:57Et puis le législateur.
13:58Le législateur qui a un rôle prépondéraux pour mettre en place des lois préventives ou répressives.
14:03– Vous êtes plutôt favorable à l'éducation que la répression, si je vous entends bien ?
14:08– Au départ, on doit parler d'éducation.
14:12L'éducation doit se faire à la maison.
14:15Ce n'est pas le rôle de la police, ce n'est pas le rôle des enseignants.
14:18L'enseignement, ensuite, poursuit une tâche qui est la sienne.
14:23Celle de la police, celle de la gendarmerie et de prévenir.
14:27Mais éventuellement, de procéder à des interpellations si nécessaire
14:32et des poursuites judiciaires s'il y a des attitudes complètement indécentes.
14:38– Juste une question aussi, vous êtes dans une commune et une collectivité
14:42qui est frontalière avec deux pays, en lien avec le Grand-Duché notamment.
14:47Jean-Michel Fauvert nous parlait du narcotrafic,
14:49mais aussi de tous les autres trafics, la cigarette de contrebande,
14:53le protoxyde d'azote qui viennent de ces pays.
14:55Vous êtes en lien avec ces autres pays dans votre communauté de communes
14:58pour lutter contre ces problématiques ?
15:01– Pas pour notre part, on voit ces mobilités
15:05et on est tributaires de ce qui se passe avec une liberté d'aller et venir.
15:11C'est d'ailleurs un principe de base des libertés publiques,
15:17la liberté d'aller et venir.
15:19Donc on est en lien parce qu'on subit à certains moments
15:22et le trafic de drogue, le trafic de cigarettes
15:25ou le protoxyde d'azote à l'heure actuelle
15:30sont à la base de beaucoup de dégâts.
15:33Et je crois que là, le législateur a un rôle important à jouer.
15:39– Alors on parlait des réseaux de la démocratie juste avant,
15:42c'est aussi un sujet qui était en lien avec cette actualité
15:45dans votre commune cet été.
15:47Le festival Étange Grande qui se tient donc à Étange Grande
15:51a été annulé après une campagne de harcèlement sur les réseaux.
15:55Est-ce que vous pouvez juste nous raconter ce qui s'est passé exactement ?
15:58Comment on en est venu à annuler ce festival ?
16:00– Vous avez sur ce festival du livre la traduction même
16:06de la nocivité de la politique des extrêmes.
16:12Nous avons un festival du livre, Étange Grande, géré par une association.
16:19Un festival qui prend une part prépondérante sur le territoire national
16:23avec 7 000, 8 000 visiteurs, 6 000 livres vendus.
16:29– Un des plus grands festivals de littérature aujourd'hui.
16:31– Une centaine d'auteurs et 25 à 30 éditeurs.
16:357 000 livres vendus, entrées gratuites, donc une raison d'exister populaire.
16:40– Et puis d'un seul coup, vous avez des extrêmes,
16:46et en l'occurrence l'extrême gauche se lève en découvrant
16:50qu'un auteur aurait pu publier chez un éditeur
16:54qui serait proche de l'extrême droite sur une parution des années 2010.
17:02À partir de là, les réseaux sociaux s'en emparent
17:06et l'extrême gauche engage un process de communication nocive
17:13qui atteint les organisateurs et les organisateurs sont terriblement touchés
17:18par les propos qu'on tient à leur égard.
17:21Et vous avez l'extrême droite de l'autre côté qui en rajoute.
17:26Je dirais que ça crée un climat détestable.
17:30Et l'annulation du festival n'est la conséquence que de l'attitude des extrêmes.
17:38La victime, c'est la culture, parce que le festival a dû être annulé.
17:44Et je trouve qu'à quelques mois de l'élection présidentielle,
17:49ça doit amener à la réflexion de nos concitoyens qui iront voter
17:55sur la valeur de ce que représentent les extrêmes
18:03en entachant la culture, en entachant un festival
18:07et d'une certaine manière en mettant un terme à ce festival.
18:13Voilà le résultat aujourd'hui, il est contestable, il est une réalité.
18:16Je dois prochainement rencontrer l'association pour l'assemblée
18:22et j'espère peut-être qu'on va réussir à redynamiser
18:26d'une manière ou d'une autre ce festival.
18:28– Est-ce qu'on aurait pu faire autrement ?
18:29Ou est-ce qu'il y a eu un moment où vous avez senti
18:31que c'était la bonne décision à prendre ?
18:34Alors c'est une décision qui a été prise par l'association,
18:36pas par la collectivité ?
18:38– Absolument.
18:40La collectivité n'est entrée en jeu qu'à la demande de l'association
18:43pour prendre connaissance de la volonté de l'association d'arrêter.
18:49On ne pouvait pas faire autrement.
18:51On risquait juste le jour de l'inauguration d'avoir une manifestation
18:56d'une extrême le matin et d'une extrême l'après-midi
18:59pour tirer profit de ce qui s'était passé.
19:02La grande majorité des auteurs sont très tristes de la situation.
19:05La grande majorité des éditeurs, bien sûr, sont des victimes indirectes.
19:10Et puis les visiteurs de ce salon sont tristes
19:14d'avoir vu le salon de cette année annulé.
19:19– C'était un problème de sécurité publique pour vous d'éviter d'avoir des…
19:23– Ça pouvait le devenir.
19:24– Oui.
19:24– Ça pouvait le devenir et à l'échelle de notre commune,
19:26on n'avait pas le moyen de le tenir.
19:28– Vous visez particulièrement les extrêmes,
19:32mais aujourd'hui sur les réseaux sociaux,
19:34est-ce qu'on peut vraiment savoir d'où viennent ces pressions ?
19:37Est-ce qu'on est sûr que c'est l'extrême droite, l'extrême gauche
19:40qui était derrière cette…
19:42– Nous avons pu identifier, il y a une traçabilité,
19:46il y a une identification, mais moi je les mets au même niveau.
19:50Ces gens-là n'ont pas été raisonnables.
19:53Mais à la fin, c'est le festival qui est victime,
19:57c'est la culture qui est complètement impactée par leur attitude.
20:03On peut être très fortement mécontent et les pointer du doigt.
20:09– Je me fais l'avocat du diable, mais est-ce que c'est pas ça la démocratie,
20:12finalement de suivre un peu la vie de la rue,
20:17qui s'exprime à travers les réseaux aussi,
20:19et qui a demandé à l'annulation pour leurs raisons,
20:22mais voilà, c'est une partie de la démocratie qui s'exprime ?
20:24– Écoutez, moi je représente d'une autre façon et d'une autre manière la démocratie.
20:30J'aime mon pays, j'aime la République, j'aime la démocratie, j'aime la liberté.
20:35Je suis d'une droite républicaine et j'essaye simplement d'être raisonnable
20:39par rapport à des phénomènes complètement irrationnels et des gens irrationnels.
20:45– On va sortir de cette thématique de l'insécurité
20:49pour parler rapidement aussi de votre communauté de communes,
20:53Cattenham et Environ.
20:55Durant la campagne, vous disiez,
20:59on peut prendre soin de la nature sans oublier les hommes,
21:02ça c'était lors de la campagne municipale,
21:06en parlant notamment par exemple de la nouvelle maison de la nature et du tourisme
21:09qui venait d'être inaugurée.
21:10Est-ce que les projets qui arrivent dans la CCCE,
21:13notamment autour de l'énergie,
21:15sont tenus par cette ligne conductrice environnementale ?
21:19– Nous sommes la communauté de communes de Cattenham et Environ.
21:25Elle représente 22 communes, 30 000 habitants,
21:29avec un site, le CNPE, sur place.
21:32Ce site fait vivre 2300 personnes directes, plus des sous-traitants.
21:38Aujourd'hui, il est parfaitement intégré à notre bassin de vie.
21:45On a des éléments qui sont porteurs,
21:49avec la volonté de créer un réseau, par exemple, de chaleur fatale.
21:53Chaleur fatale, dite décarbonée également,
21:57qui pourrait alimenter nos bâtiments publics sur notre territoire,
22:00à Étonge-Grande, à Cattenham,
22:02mais également sur Tionville, sur Tionville-Fence-Allomération.
22:05Et pour cela, nous travaillons étroitement,
22:08et je travaille étroitement avec Pierre Cuny,
22:10le maire de Tionville, le président de TEFA.
22:13– Chaleur fatale qui est la chaleur dégagée par les réacteurs,
22:17– C'est ça, la récupération de la vapeur d'eau.
22:20Et donc, c'est l'un des projets.
22:23Après, nous sommes particulièrement attentifs.
22:25Je dirais que samedi, lors du séminaire,
22:28nous avons annoncé une quantité de mesures
22:31et de fléchage politique en matière environnementale
22:35qui porte sur la gestion de l'eau.
22:38La gestion de l'eau va être l'élément clé des prochaines années.
22:42Et je crois que nous devons être visionnaires
22:44pour les 100 prochaines années.
22:45Nous avons de l'eau, il ne faut pas en perdre,
22:48et il faut pouvoir alimenter l'ensemble de nos territoires.
22:52Je crois que c'est une question clé
22:54qui ne se passe plus à l'échelle d'une commune,
22:57ni même peut-être d'une intercommunalité.
22:59Le raisonnement doit être bien plus large.
23:01Et nous avons entamé des discussions avec Tionville sur ce sujet.
23:06– Sur Catnom, juste pour revenir aussi,
23:08un point sur l'après-Catnom.
23:09On essaye d'avoir, je sais, dans la communauté de communes,
23:13la délégation, en tout cas la concession jusqu'à 2060.
23:18Il y a ce projet, il y a aussi le projet d'EPR,
23:21c'est ça les prochaines étapes pour Catnom ?
23:25– Soyons très précis sur ce sujet.
23:28Président de l'intercommunalité depuis le 9 avril,
23:32j'ai pris la décision au mois de juin d'essayer de regrouper,
23:37de fédérer l'ensemble des présidents d'intercommunalité
23:39de ce bassin de vie.
23:42L'ensemble des présidents d'intercommunalité
23:45ont signé un courrier commun avec les députés,
23:47avec le président du département également,
23:50pour soutenir l'idée de l'implantation d'un EPR.
23:55Notre premier objectif est de pérenniser le site
23:58et de proroger le site.
24:00Je pense que c'est en bonne voie.
24:03Ensuite, sur notre bassin de vie, sur notre secteur,
24:06il y a un poids diplomatique.
24:08Il ne faut pas se le cacher.
24:11Notre voisin luxembourgeois et les Allemands,
24:14nos voisins luxembourgeois et allemands,
24:16ont un regard plutôt inquiet sur la présence du CNPE.
24:21À nous d'affirmer notre situation,
24:25à nous de démontrer que cette énergie décarbonée
24:29est absolument nécessaire, nous le faisons.
24:31Pour l'EPR, je tiens à être précis,
24:35l'engagement de la grande région est clair.
24:37Le président Franck Leroy soutient nos gens
24:41avec la remise du Livre blanc,
24:45qui, je le rappelle, a été faite à partir de 2023,
24:49mais n'écarte absolument pas la situation de Cattenham
24:52et soutiendra le processus qui est enclenché à Cattenham.
24:56À nous de réaliser, peut-être de nous inspirer
25:00de la méthodologie qui a été faite à nos gens
25:03avec la composition d'un Livre blanc.
25:06Mais je l'affirme ici,
25:08et j'ai eu des échanges avec Franck Leroy
25:10et la majorité régionale,
25:12la région Grand Est est derrière le site de Cattenham
25:15et derrière le CNPE de Cattenham
25:17pour l'implantation éventuelle d'un EPR,
25:21mais en premier lieu pour proroger la durée de vie du site.
25:24– On suivra ces dossiers sur Moselle TV, évidemment.
25:26Merci Roland Balcerzac, vous avez fait le tour de la question,
25:29mais ce n'est pas terminé,
25:30on reste encore ensemble une petite minute
25:32pour faire le tour du cadran.
25:33Alors vous ne pouvez là répondre que par vrai ou faux
25:36à une liste d'affirmations pendant ces 60 secondes.
25:39Vous avez le droit à un joker éventuellement.
25:41Est-ce que vous êtes prêts ?
25:42– On est prêts.
25:43– C'est parti.
25:45Le rôle de maire n'est pas estimé à sa juste valeur aujourd'hui.
25:49– Vrai.
25:50– Un maire devrait avoir davantage de pouvoir de police.
25:54– Oui.
25:55– Vous avez déjà regretté d'avoir publié quelque chose sur les réseaux.
25:59– Oui.
26:00– Une manifestation ne devrait pas être annulée
26:02par la pression des réseaux sociaux.
26:05– Oui, mais la raison doit l'emporter à la fin.
26:10– L'avenir de la CCCE passe par le développement des énergies renouvelables.
26:15– C'est une direction, c'est une option.
26:19– Cattenham peut prétendre à l'arrivée d'un nouvel EPR.
26:23– Mon rôle est de défendre Cattenham.
26:26– Pour notre souveraineté énergétique, il faut du nucléaire.
26:30– Oui, nous payons cher l'erreur de Fessenheim.
26:33– Les élus sont trop souvent laissés seuls face aux problèmes d'insécurité.
26:40– Pas en ce qui me concerne, parce que nous sommes bien entourés par la préfecture,
26:44par la sous-préfecture.
26:47– Voilà.
26:48– On va finir juste les deux dernières.
26:49La sécurité est une thématique de droite ?
26:51– La droite défend bien ses sujets,
26:56et c'est un sujet régalien que la droite défend.
27:00– Et les Républicains peuvent gagner la présidentielle 2027 ?
27:03– Point d'interrogation.
27:05– Le joker est utilisé.
27:07– Merci Roland Balcerzac, maire d'Étange Grande
27:10et président de la communauté de communes de Cattenham et environ,
27:13d'avoir fait le tour de la question avec nous.
27:15– Merci à vous.
27:16– Nous, on se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel invité politique.
27:21Et dès maintenant, vous pouvez revoir cette émission en replay sur Moselle.tv.
27:24Tout de suite, l'actualité continue sur Moselle.tv.
27:27Bonsoir.
27:29– Sous-titrage ST' 501

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