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  • il y a 2 semaines
Les combats à fleuret moucheté, il connaît, mais davantage sur les pistes d'escrime que dans l'hémicycle. Suppléant d'une députée devenue ministre, Alim Latrèche a mis sa carrière professionnelle en pause pour siéger à l'Assemblée. Il est membre du groupe Ensemble pour la République.

Pourquoi s'engage-t-on en politique ? Comment tombe-t-on dans le grand chaudron de l'Assemblée ?
Clément Méric, dans un entretien en tête à tête de 13 minutes, interroge un parlementaire sur les personnalités, les évènements - historiques ou personnels - qui l'ont conduit à choisir la vie publique.
Car on ne naît pas politique, on le devient !

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Transcription
00:00Les combats à fleurs et mouchetés, il connaît, mais davantage sur les pistes des scrims que dans l'hémicycle.
00:06Suppléant d'une députée qui est devenue ministre, mon invité a dû tout laisser tomber pour siéger à l'Assemblée
00:12au sein du groupe Ensemble pour la République.
00:30Bonjour Alim Latrèche.
00:32Bonjour.
00:33Alors quand je reçois des députés en général, je commence souvent par diffuser de leurs interventions dans l'hémicycle.
00:39Avec vous, on va faire un peu différemment.
00:40On va regarder un combat d'escrime à Londres, un combat aux Fleuret en 2012.
01:06Je ne cache pas, j'espérais plus, mais j'ai fait une super demi-finale contre le Chinois.
01:10Il a été plus fort que moi, mais ça se présentera autrement une autre fois.
01:16Et là, je remporte cette médaille de bronze, du coup, super content.
01:19C'était donc une médaille de bronze aux Jeux Paralympiques de Londres en 2012.
01:24Ça vous fait quoi de revoir ces images ?
01:26C'est beaucoup d'émotions, notamment ces Jeux de Londres qui ont été très intenses pour moi.
01:33Je me revois complètement dedans, j'ai vraiment ces images de la compétition.
01:37Il y a un palmarès qui ne se résume pas à cette médaille.
01:40Vous avez en tout quatre médailles paralympiques, dont une en or, deux titres de champion du monde, un titre de
01:45champion d'Europe.
01:45Tout cela en escrime dans un fauteuil roulant.
01:48J'imagine que ces médailles, c'est le fruit de beaucoup de sacrifices pour vous, d'entraînements longs sur la
01:54durée ?
01:55Oui, alors c'est, on va dire, le quotidien du sportif de haut niveau.
02:01Beaucoup d'entraînement, beaucoup de préparation.
02:04Et si on veut atteindre le haut niveau, c'est nécessaire.
02:09Cette aventure sportive, elle trouve ses racines dans un drame que vous avez vécu à l'âge de 18 ans,
02:14je crois.
02:15Une chute quand vous étiez chez vous.
02:17Vous avez perdu l'usage de vos jambes.
02:19Et alors là, c'est un kiné qui vous a dit, mais Alim, il faut vous mettre au sport.
02:25Il y a des sports, vous pouvez faire du sport.
02:26Et c'est ça qui vous a aidé à remonter la pente ?
02:29Voilà, entre autres.
02:30Alors moi, j'étais, du coup, suite à cet accident hospitalisé.
02:33Ensuite, je suis allé dans un centre de rééducation.
02:37Où, en fait, moi, ma volonté principale, c'était de pouvoir remarcher.
02:41Et en fait, j'ai appris que je n'allais pas pouvoir remarcher.
02:44Et dans ce centre de rééducation, on m'expliquait que ce n'est pas parce qu'on est en fauteuil
02:49roulant,
02:49ce n'est pas parce qu'on ne peut plus marcher, que la vie est finie.
02:53Il y a beaucoup de choses à faire.
02:55Et alors, j'ai eu, entre guillemets, cette chance.
02:57J'ai eu mon accident en décembre 97.
03:00Et début d'année 98, avaient lieu les Jeux de Nagano.
03:05Et à ces Jeux, j'ai pu découvrir le handisport.
03:09Et ma volonté, par rapport à ces kinés, ce personnel soignant qui m'a bien accompagné,
03:15ma volonté, c'était de m'essayer au sport et notamment au ski.
03:19Ah, au ski. D'accord.
03:20Et j'ai commencé par le ski.
03:21Vous avez pratiqué beaucoup de sports différents.
03:22Le ski, le basket, je crois, aussi.
03:24Le basket, c'est ça aussi.
03:25Et les scrims, donc.
03:26Et d'autres.
03:27Alors, avant votre accident, vous vous destiniez, j'ai découvert ça, à devenir cuisinier.
03:31Et alors, après, vous avez repris vos études.
03:33Vous avez fait une école de commerce.
03:35Vous avez enchaîné avec une carrière brillante dans un grand groupe français, Schneider Electric.
03:39Et aujourd'hui, vous êtes député.
03:41Ça vous inspire quoi ?
03:43En fait, c'est un parcours qui n'est peut-être pas original.
03:49Un petit peu, quand même.
03:52Il peut ne pas l'être, parce qu'en fait, c'est, on va dire, pour moi, c'est un
03:56parcours de vie où, certaines fois, on est confronté à des situations bloquantes.
04:01Moi, toutes ces situations bloquantes, je ne me suis pas arrêté là, je ne suis pas revenu en arrière.
04:05J'ai souvent...
04:06Alors, ce que j'aime dire, c'est contourner et trouver d'autres chemins.
04:10D'autres voies.
04:10D'autres voies, exactement.
04:11pour avancer.
04:13Donc, ce n'est pas original dans le sens où on avance, en fait.
04:17Même si on ne prend pas un chemin ou une direction qui est très droite, on continue d'avancer.
04:21Et alors, pendant toutes ces années, celle de sport de haut niveau, celle de cadre en entreprise,
04:26quelle place avait la politique dans votre vie ?
04:29La politique, dans ce cadre-là, elle s'est construite.
04:34En faisant des médailles au jeu, j'ai eu l'honneur de pouvoir être accueilli à l'Elysée,
04:40être accueilli par les présidents de ces différentes époques.
04:44Et on va dire, d'un côté, c'est ma première roue dans la politique,
04:50sans pour autant être vraiment de la politique, mais ça faisait partie de la politique.
04:54Et après, en prenant la présidence du club d'escrime, voilà, j'étais dans une politique qui était locale,
05:00une politique qui était associative et une politique qui était liée nationalement au sport, aux thématiques du sport.
05:06Parce que vous avez développé le sport, notamment pour des personnes qui pouvaient être confrontées à des maladies.
05:14C'est ça ?
05:14Et dans ce cadre-là, vous avez travaillé avec des associations.
05:17Et c'est ce qui vous a amené aussi à rencontrer celle dont vous êtes devenue le suppléant,
05:23Camille Galliard-Mignier, c'est comme ça que ça s'est fait ?
05:25Pas vraiment.
05:26En fait, en travaillant chez Schneider, une fois que je suis rentré dans l'entreprise, en 2006,
05:33dans la même équipe, le même service que moi, il y avait une personne, Vincent Mignier,
05:38qui était aussi sportif, et on a bien sympathisé, bien échangé.
05:44Et il s'avère que cette personne est le compagnon et le mari de Camille Galliard-Mignier.
05:51Et pour des événements sportifs liés au handicap, au milieu associatif, elle m'a sollicité.
05:58Et de fil en aiguille, elle a fini par vous proposer d'être son suppléant.
06:03Lors d'une législative partielle au mois de janvier 2025, elle a été élue, vous avez été élue suppléant,
06:09vous avez repris votre vie normale.
06:11Et puis alors là, un an plus tard, 26 février, Camille Galliard-Mignier est nommée ministre.
06:15Et là, vous devenez député, vous étiez préparé à ça ?
06:20Alors, je n'étais pas du tout préparé, sachant que Camille était plutôt récente, on va dire, dans la politique.
06:27Et en fait, l'idée qu'on avait construite ensemble, c'est de se dire, moi j'apprends en tant
06:32que suppléant,
06:33et elle, elle se développe en tant que députée.
06:35Sauf que les choses sont allées très vite, quand même.
06:37En un an, elle rentre au gouvernement, ministre en charge des personnes en situation de handicap.
06:42C'est ça.
06:43De l'autonomie et des personnes handicapées.
06:45Et en fait, elle n'avait pas prévu ça.
06:48Et vous non plus, j'imagine.
06:49Et moi non plus.
06:50Pour vous, la politique, c'est ça ?
06:52C'est un défi en plus dans votre vie à relever ?
06:56Comment vous vivez les choses ?
06:58On peut l'appeler défi.
07:00Au début, c'était la curiosité pour en savoir plus, parce que...
07:03Alors, je ne menais pas de combat, dans le sens proprement dit, du combat,
07:08ou même dans le sens de l'escrime,
07:11mais je voulais apporter quelque chose et apporter mon engagement
07:17que je fais au quotidien dans le sport ou même dans la vie associative.
07:21Et alors, après quelques semaines passées à l'Assemblée,
07:23vous avez expliqué dans une interview de l'extérieur,
07:25on a l'impression que tout est lent à l'Assemblée,
07:27mais vu de l'intérieur, il y a énormément de choses à faire.
07:30Ça veut dire quoi ?
07:30Ça veut dire que vous n'attendiez pas à ce rythme de travail ?
07:34Je ne m'attendais pas à ce rythme au niveau de tous les textes.
07:38Je me disais qu'on suivait un texte, ça prenait du temps,
07:40il y avait des discussions.
07:42Les gens, de façon générale, les députés, les politiques,
07:45prenaient énormément de temps.
07:46Et en fait, je m'aperçois, en arrivant,
07:49qu'il y a énormément de sujets, de textes,
07:51tout est préparé,
07:53et les personnes sont multi-sujets.
07:55Et en plus, vous, vous arrivez,
07:57vous devez monter dans un train en marche,
07:59parce que tout le monde, tous les députés sont lancés depuis quelques temps,
08:01ils connaissent la maison, le fonctionnement,
08:03et vous, vous arrivez là-dedans.
08:05Exactement, un défi comme un autre.
08:08Vous êtes le deuxième député en fauteuil roulant,
08:11assiégé à l'Assemblée.
08:12Sébastien Peytavi vous a précédé de quelques années.
08:16Vous avez échangé avec lui à votre arrivée,
08:18il vous a un peu accompagné, comment ça s'est passé ?
08:20En fait, j'ai échangé avec lui, même avant mon arrivée.
08:22Parce qu'il m'a accompagné, justement,
08:25et il était en contact avec Camille, justement,
08:27qui l'a prévenu de mon arrivée,
08:29et il s'est offert de m'expliquer comment ça fonctionnait.
08:32On le voit, là, sur la photo.
08:33On le voit sur les photos.
08:34Et je le remercie, déjà,
08:36de ce qu'il a pu faire pour moi,
08:38et m'expliquer,
08:39et il est disponible pour moi.
08:43Donc, actuellement, vous siégez,
08:44tout en bas de l'hémicycle, on le voit,
08:45sur ces images, à côté de Sébastien Peytavi,
08:48sur un espace qui a été aménagé pour vous.
08:52Est-ce que vous avez espoir
08:54de pouvoir siéger un jour avec votre groupe,
08:57qui est situé plus en hauteur, on va dire, dans les gradins ?
09:00Alors, c'est plus qu'un espoir,
09:01parce qu'actuellement,
09:03l'Assemblée est en train de mettre en place
09:06un emplacement dédié pour moi,
09:09mais pour, de façon générale,
09:10les personnes en situation de fauteuil roulant.
09:13Est-ce que vous attendiez,
09:15en arrivant ici, au Palais Bourbon,
09:17à ce que le bâtiment ne soit pas tout à fait
09:19aux normes PMR, comme on dit,
09:21pour les personnes à mobilité réduite ?
09:23Je ne suis pas surpris.
09:24C'est un bâtiment qui fait partie du patrimoine,
09:27et de façon générale, en France,
09:29les bâtiments qui font partie du patrimoine,
09:31on a toujours cette difficulté d'aménagement.
09:33Est-ce qu'on change le bâtiment ?
09:34Mais c'est quand même un bâtiment public,
09:35c'est la maison du peuple ?
09:36Exactement.
09:37Ça ne vous a pas surpris ?
09:38Je n'ai pas été surpris,
09:40parce que, de façon générale,
09:42je ne vais pas dire que c'est le quotidien,
09:44mais ça arrive.
09:45Donc, je n'ai pas eu cette surprise.
09:47Vous avez expliqué, en arrivant,
09:48que vous ne vouliez pas être cantonné
09:49aux sujets qui sont liés au sport
09:52ou au handicap.
09:54Pourquoi ?
09:55Vous aviez peur d'être réduit à cela ?
09:57Non, c'est exactement l'inverse.
09:58C'est pour montrer plus large.
10:00Parce qu'en fait,
10:01on a souvent tendance à juste centrer
10:06ou identifier juste la partie handicap
10:08ou juste la partie sport.
10:10Mais en fait,
10:10ça va bien au-delà de ça.
10:11Et c'est pour ça que j'ai choisi
10:12la Commission des affaires sociales,
10:13parce qu'elle englobe énormément de sujets.
10:16Et dans le sujet de la Commission des affaires sociales,
10:18on peut aborder les sujets du sport
10:20et le sport...
10:21Mais vous ne vous en privez pas,
10:21quand même,
10:22parce que vous avez une vraie légitimité
10:23sur ces deux sujets.
10:24Bien sûr, bien sûr.
10:25Bien sûr.
10:25Mais du coup,
10:26je les associe à d'autres thématiques.
10:28Par exemple,
10:29quand on parle d'handicap,
10:30on parle d'éducation,
10:31on parle de travail,
10:32on parle d'associatif,
10:34c'est assez large.
10:35Et pour le sport,
10:35c'est exactement la même chose.
10:37En devenant député,
10:38vous avez donc mis en pause
10:39tout le reste de votre vie
10:40et de votre vie professionnelle,
10:41notamment.
10:43Le jour où Camille Galliard-Mignet
10:44quittera le gouvernement,
10:46elle redeviendra députée
10:48et vous,
10:48vous devrez abandonner ce mandat.
10:50Est-ce que ce n'est pas compliqué
10:51de se projeter dans le mandat de député
10:53quand on sait que du jour au lendemain,
10:55tout peut s'arrêter ?
10:56Alors,
10:57je m'y suis préparé également.
10:59Je ne dirais pas,
11:00je suis prêt à 100%,
11:00mais avant même
11:02d'avoir pris mes fonctions
11:04de député,
11:05quand j'ai appris
11:06que Camille était ministre,
11:09du coup,
11:09j'ai essayé d'imaginer
11:10ce parcours,
11:11sachant qu'il allait être
11:13relativement court,
11:14relativement dense.
11:15Donc,
11:15imaginez ce parcours
11:17en politique
11:18et le après.
11:19Et l'après,
11:20dans l'après,
11:20la politique,
11:21elle restera dans votre vie
11:22ou vous le vivez
11:22comme une simple parenthèse,
11:24aussi passionnante
11:25qu'elle soit,
11:26une parenthèse ?
11:27Alors,
11:27aujourd'hui,
11:28je le vis comme une opportunité
11:30d'apprendre,
11:31de pouvoir apporter
11:33ce que j'ai apporté,
11:34de pouvoir apporter
11:35mon expérience.
11:36Je le vis vraiment
11:36comme une opportunité
11:37et je vais construire
11:39sur cette opportunité.
11:40Demain,
11:41je ne saurais pas vous dire,
11:42mais en tout cas,
11:42aujourd'hui,
11:43je veux vraiment profiter
11:44de chaque instant
11:45pour pouvoir partager
11:46ce que j'ai à partager.
11:47On va passer à notre quiz
11:48de fin d'émission,
11:49le quiz de la politique et moi.
11:50Vous allez donc devoir compléter
11:51des phrases
11:52que je vais vous proposer.
11:54En escrime
11:54comme en politique,
11:56on joue sur différents sujets.
11:59On registre aussi.
12:01On registre,
12:01exactement.
12:02Et il y a
12:03une certaine stratégie.
12:04En escrime
12:05comme en politique.
12:06La salle d'armes
12:07de l'Assemblée.
12:08Ah,
12:09c'est dommage.
12:10Car il y en a une.
12:11Il y a une salle d'armes,
12:13il y a un maître d'armes.
12:14J'aurais aimé partager
12:15cette salle d'armes
12:16avec mes collègues députés
12:18et leur présenter
12:19ô combien ce sport est magnifique.
12:21Et vous ne pouvez pas ?
12:22Aujourd'hui,
12:22je ne peux pas.
12:23Je ne peux pas.
12:24Il n'y a pas d'accès
12:25justement à cette salle de sport.
12:28Elle est dans un sous-sol
12:29de l'Assemblée
12:29et il n'y a pas d'ascenseur.
12:30Il y a des escaliers
12:32pour y accéder.
12:33Elle n'est pas accessible
12:33à une personne en fauteuil roulant.
12:35Ce qui manque le plus
12:36depuis que je suis député ?
12:38Plus de temps pour le sport.
12:39Ah oui ?
12:40C'est ce qui me manque.
12:41Je pratique beaucoup de sports
12:43divers et variés.
12:44Et aujourd'hui,
12:45ce qui me manque vraiment,
12:46c'est plus de temps pour le sport
12:47et quand même,
12:49deuxième chose,
12:49plus de temps aussi
12:50pour ma famille et mes amis.
12:51Ah oui,
12:51ça tous les députés le disent.
12:53Ce sera le mot de la fin.
12:55Merci beaucoup,
12:56Alim Latrej,
12:56d'être venu dans
12:57La politique et moi.
12:58Merci bien.
12:58Sous-titrage Société Radio-Canada
13:02Sous-titrage Société Radio-Canada
13:06Sous-titrage Société Radio-Canada
13:07Sous-titrage Société Radio-Canada
13:11Sous-titrage Société Radio-Canada
13:13Sous-titrage Société Radio-Canada
13:14Sous-titrage Société Radio-Canada
13:15Sous-titrage Société Radio-Canada
13:18Sous-titrage Société Radio-Canada

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