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  • il y a 7 minutes
Échaudées par un nouveau gel du point d'indice, les organisations syndicales représentatives de la fonction publique ont annoncé une journée de grève ce mardi 29 septembre, avec l'ambition de mettre la pression sur le gouvernement à quelques jours de l'annonce du budget 2027.

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Transcription
00:00Voilà, on va continuer d'évoquer cette journée de manifestation, cette journée de mobilisation, en particulier du côté des lycéens.
00:07Alors les cortèges sont toujours en cours, bien sûr. On a écouté tout à l'heure les demandes des pompiers,
00:12les demandes de la fonction publique.
00:14300 000 manifestants, c'est ce que dit la CGT. Mais le point de focalisation, ce sont les lycéens.
00:20Et nous sommes justement avec Manès Nadel, l'ancien président de l'Union syndicale lycéenne, parce qu'on a entendu
00:26un syndicat dire « il faut que ça continue ».
00:29Voilà, on donne rendez-vous jeudi, il faut que la lutte s'amplifie, et ceux qui peuvent être les porte
00:34-rapeaux, ce sont les lycéens. Vous êtes d'accord ?
00:36Oui, c'est remarquable que ce soit le mouvement lycéen qui ait vraiment donné cette première impulsion, et c'est
00:41aussi, à mon avis, très bien joué de la part de l'Union syndicale lycéenne,
00:44d'avoir posé ces dates de convergence avec l'idée de rejoindre le mouvement de la fonction publique, avec lesquelles,
00:50effectivement, il y a beaucoup de revendications en commun,
00:52puisque ce qui est en cause, c'est la manière avec laquelle l'État délaisse toute partie de ce qu
00:58'on attend de lui,
00:59c'est-à-dire, effectivement, de délivrer une éducation, un temps soit peu, correcte.
01:03On voit, par exemple, dans cette présidentielle, tous les candidats, absolument tous, parler de l'école comme de la chose
01:08la plus importante,
01:09alors que tous ont détruit ce système scolaire depuis des dizaines et des dizaines d'années.
01:14Donc, les revendications, elles sont assez claires de ce côté-là, elles ont la potentialité d'être partagées.
01:20– Mais FMTV a eu accès à une note des renseignements qui démontre que l'extrême-gauche,
01:28eh bien, à l'origine, ou en tout cas, infiltre les structures syndicales étudiantes
01:33pour essayer de faire naître ce mouvement, une stratégie d'embrasement de la part des structures syndicales et politiques
01:39parmi les plus radicales pour imposer leurs idées.
01:41Vous-même, lorsque vous étiez président de l'union syndicale lycéenne, cette infiltration existait,
01:46c'est l'extrême-gauche, finalement, qui poussait les lycéens à bloquer les lycées chaque année ?
01:52– Je pense que selon cette note, et peut-être selon vous, je ne sais pas,
01:55les syndicats lycéens sont eux-mêmes d'extrême-gauche, donc je ne vois pas d'où vient l'infiltration.
01:59Mais si votre question porte sur des militants politiques qui iraient dans des structures syndicales comme ça se faisait avant,
02:04non, ce n'est pas quelque chose qui existe tant que ça aujourd'hui.
02:07Il y a moins de militants politiques dans cette structure qui lient organisation de jeunesse et organisation politique que c
02:15'était le cas.
02:15– Mais ça ne vous gêne pas de voir des élus insoumis être vraiment à la récupération ?
02:19Ils ne s'en cachent pas, d'ailleurs.
02:21– Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, va carrément au-devant des lycéens pour leur dire de continuer.
02:25Louis Boyard également qui fait la tournée des lycées.
02:28Est-ce que ce n'est pas finalement la meilleure façon de tuer ce mouvement,
02:31qui a sans doute des revendications justes, en tout cas qu'il faut écouter ?
02:35– Je pense qu'il faut remettre les choses à leur place.
02:38Les revendications qu'ont ce mouvement, elles ont à être portées par des syndicats et aussi par des partis politiques,
02:43c'est leur rôle.
02:43Et les partis politiques ont selon moi un autre rôle,
02:45qui est effectivement de venir en appui, en soutien, mais pas en récupération de ces mouvements-là.
02:51Et j'ai remarqué aujourd'hui que beaucoup d'autres partis politiques, d'autres représentants,
02:55et également les syndicats, la CGT, les syndicats enseignants en particulier,
02:59qui ont appelé à soutenir, à entendre les revendications lycéennes qu'elles s'expriment d'elles-mêmes,
03:05et sans la répression policière qui s'abat contre elles.
03:07Donc je pense que le gouvernement devrait recevoir les lycéens, leurs organisations,
03:11plutôt que de mettre le focus sur cette prétendue instrumentalisation qu'on met en avant parce qu'on en a
03:16envie aussi.
03:17– Il faut rappeler que le budget d'éducation nationale, c'est le premier budget de France.
03:23– Oui, surtout ça sera la dette.
03:24– Il risque de passer derrière la charge de la dette, bien sûr.
03:26Parce qu'il y a le budget de l'éducation nationale, et puis il y a les lycéens qui se
03:31plaignent notamment,
03:32tout à l'heure on a entendu parler du problème des rideaux devant les fenêtres,
03:36et le bâti, en revanche, ça c'est les régions.
03:39Donc il y a deux choses qui se télescopent.
03:41– Il y a sans doute un problème de compétence, un problème d'infrastructure,
03:45mais si on essaye d'objectiver un peu les choses au-delà des feux de poubelle
03:48et des déclarations du type « l'État nous a laissé tomber »,
03:50en effet, il n'y a pas de baisse des dépenses en volume,
03:53et il n'y a pas de baisse par élève.
03:55Et si on reprend ce qu'a dit le ministre de l'Éducation nationale hier,
03:58en Seine-Saint-Denis par exemple, on dépense par élève 13% de plus,
04:01et les classes sont moins chargées qu'en moyenne…
04:04– Vous êtes en train de dire que la Seine-Saint-Denis,
04:06non seulement n'est pas mal traitée,
04:08mais parfois mieux traitée que d'autres départements français.
04:10– Est-ce qu'il y a des problèmes d'organisation ?
04:12Est-ce qu'il y a effectivement moins de gens devant les élèves ?
04:14Si on regarde le dépense total, on peut avoir plus de gens,
04:17mais pas assez de gens devant les élèves,
04:18c'est-à-dire en fait trop de bureaucratie, si vous voulez.
04:21C'est un des problèmes qu'on a, par exemple,
04:23est-ce qu'il y a une organisation qui ne…
04:24Alors, je n'ai pas compris d'ailleurs si les lycéens
04:26voulaient bosser plus ou bosser moins, je ne comprends pas tellement.
04:29Parfois, ils veulent plus d'heures de cours,
04:29et puis à la fin, ils disent qu'on a trop…
04:31– Dénonce la surcharge.
04:32– Ce qui est certain, c'est que le malaise, il est présent, il est objectif,
04:35c'est malheureusement les résultats bizarres.
04:37Quand on a une organisation qui est dans un tel effondrement,
04:40moi, je pense là encore qu'on est au bout d'un modèle
04:41et qu'il faudrait absolument tout réinventer.
04:43C'est peut-être que les lycéens ont raison, il faut tout remettre avant.
04:45– Olivier Babaud, vous êtes en train de dire
04:46qu'on devrait plutôt se mobiliser pour améliorer notre classement PISA.
04:50– C'est évident que derrière le classement PISA,
04:52il y a la capacité à l'innovation,
04:54il y a la capacité d'avoir des emplois, avoir une formation.
04:56C'est évidemment absolument dramatique pour les personnes concernées
04:58et pour le pays.
04:59– Monsieur le député.
05:00– Non mais c'est une évidence, on est ici aussi à la fin d'un modèle.
05:04On le voit sur les classements PISA,
05:06on le voit, les lycéens ont raison de dire
05:08que la formation des professeurs ne permet plus aujourd'hui
05:11qu'il y a la rémunération des profs d'avoir un prof dans chaque classe.
05:16On fait du speed dating encore au mois d'août pour recruter des profs.
05:20– C'est-à-dire que le niveau des profs a baissé aussi ?
05:21Parce qu'on a recruté un peu rapidement ?
05:23– Non, c'est pas que le niveau a baissé.
05:25– Dans certaines académies, on recrute avec six de moyenne.
05:28– Oui, mais on a recruté au niveau master, au niveau licence, etc.
05:31Le problème n'est pas là, c'est-à-dire que les profs
05:33ne sont pas formés à la pédagogie.
05:35Autrefois, on avait des écoles normales,
05:36et c'est ce qu'il faut recréer.
05:37Il y a des écoles normales qui forment les profs
05:40avec, derrière, une rémunération salarielle,
05:42il y a 30 ans, un prof, professeur des écoles,
05:46il gagnait 1,8 SMIC.
05:48Aujourd'hui, c'est 1,5 SMIC.
05:50Un professeur agrégé, il gagnait 2,3 SMIC.
05:54Aujourd'hui, c'est 1,8 SMIC.
05:55Donc les profs gagnent moins.
05:56Donc le métier est moins attractif.
05:58Donc essayons de revaloriser les salaires des profs.
06:01Essayons de faire en sorte qu'ils soient formés dans les écoles normales.
06:05Supprimons Parcoursup qui…
06:06– Mais comment vous augmentez les profs alors qu'il n'y a plus d'argent ?
06:08Parce que c'était beau de faire des promesses en dehors.
06:10– Mais pour une raison très simple.
06:11Parce que comme la démographie scolaire va baisser,
06:13vous aurez moins d'élèves.
06:15– Il faut en profiter.
06:15– Donc il faut moins de profs.
06:17Et ça veut dire que vous aurez la capacité de mieux payer les profs.
06:21– Ah, c'est la baisse de la natalité.
06:22On va mieux payer les profs.
06:23– C'est un paradoxe.
06:24– C'est une réalité.
06:25C'est une réalité démographique.
06:27Et donc il faut saisir ça pour refonder le modèle
06:29et avoir enfin une école qui fonctionne.
06:30– Donc ne faites pas d'enfants, on paiera mieux les profs.
06:32– Je n'ai pas dit ça.
06:34– C'était il y a 20 ans qu'il fallait prendre la décision.
06:38– Je trouve qu'il y a un problème à présenter l'éducation
06:40comme un poste de dépense massif qui ne cesserait d'augmenter.
06:44– C'est juste pour montrer qu'il n'y a pas de coupes.
06:48On n'a rien coupé.
06:49– Oui d'accord.
06:50Par exemple, je peux prendre simplement un exemple.
06:52Vous parliez des problèmes de niveau, PISA, etc.
06:54Parcoursup, vous l'expliquez comment ?
06:56Il n'y a pas assez de place créée dans les facs.
06:59– C'est tout simple.
06:59– On se refuse à faire une sélection sur les dépouchés
07:02et une sélection sur le baccalauréat qui est devenue une sorte de…
07:06– Non mais on ne l'a fait pas avant.
07:07– … qui est donnée à tout le monde.
07:08Et donc effectivement, à partir de ce moment-là,
07:10si je peux simplement terminer l'idée que je tente de déprimer,
07:14pas assez de place.
07:16Tous les 7 ans, l'éducation supérieure reçoit l'équivalent
07:19d'une nouvelle université à moyen constant,
07:21sans ouvrir de nouvelles facs.
07:22Plus d'élèves, moins de place,
07:26parcoursup, pression.
07:26Et comment vous voulez aujourd'hui arriver dans le monde du travail
07:28quand vous n'avez rien eu sur parcoursup CD ?
07:30Ça, c'est des réalités et c'est de l'argent à mettre sur la table.
07:32Donc effectivement, je suis d'accord,
07:33il y a des choix à faire de ce point de vue.
07:35– Mais ce qui est quand même terrible,
07:37là aussi, pardon, on arrive à Mandine
07:39à la fin de l'époque Macron.
07:4310 ans, il y a eu quasiment 10 ministres de l'éducation nationale.
07:48Alors il y en a un qui est resté longtemps au début,
07:49Jean-Michel Blanquin, puis après ça s'est allé accélérer.
07:51Aujourd'hui, c'est Édouard Geffray qui peut-être restera jusqu'au bout,
07:54on ne sait pas.
07:54Mais on se rend compte que le classement PISA,
07:58on n'a jamais été aussi mauvais.
08:00Il y a des besoins de moyens supplémentaires,
08:03en tout cas d'une organisation qui marche mieux.
08:06Ce n'est pas normal que des élèves démarrent l'année
08:07sans prof de français, sans prof de maths.
08:09Donc c'est quand même assez terrible.
08:11– Non, on a constaté à toutes les rentrées les mêmes problèmes,
08:14mais jamais franchement les moyens n'ont été mis en place.
08:18Et Emmanuel Macron avait commencé d'ailleurs par promettre
08:21qu'il revaloriserait nettement les professeurs comme le font aujourd'hui.
08:24– Ça a été un peu fait.
08:24– Les candidats macronistes à la présidentielle,
08:26enfin je disais nettement, ça a été un peu fait,
08:28mais pas du tout nettement.
08:29Ce qui fait en effet qu'aujourd'hui, la profession,
08:32il n'y a plus de désir d'être prof,
08:33c'est extrêmement compliqué de le faire dans les conditions qu'on voit
08:36avec des élèves qui sont de plus en plus difficiles bien souvent.
08:40le niveau a baissé, ça, ça n'a pas été pris en compte ou réglé, absolument pas.
08:47Il y a eu une valse comme jamais, c'est ce qu'on disait des ministres,
08:50enfin ça a été quand même absolument catastrophique,
08:52il n'y a eu aucune ligne directrice, avec même des changements,
08:56on est passé quand même de Papendiaï à Jean-Michel Blanquer,
08:59donc c'était absolument pas la même vision de l'éducation nationale.
09:03Donc tout est à refaire, tout est à reprendre.
09:05Et le problème, c'est qu'on a du mal à croire
09:09ceux qui aujourd'hui promettent une nouvelle fois,
09:12pour la centième fois, Édouard Philippe ou Gabriel Attal,
09:16des revalorisations vraiment importantes de plusieurs centaines d'euros
09:19s'ils arrivent au pouvoir.
09:20On a un cas concret, celui de Sandrine Tondeur qui est avec nous.
09:23Sandrine Tondeur, elle est maman avec un fils en seconde,
09:27c'est dans un lycée professionnel des Landes.
09:29Bonsoir Sandrine Tondeur.
09:30Et votre fils, justement, c'est ce qui explique aussi
09:34votre soutien aujourd'hui à la colère des lycéens,
09:36votre fils, il est en attente de prof.
09:40C'est ça, il est rentré en seconde, en début d'année,
09:45en seconde professionnelle, et il n'a pas de prof d'anglais,
09:50il n'a pas de prof de français, et il n'a pas de prof d'histoire géo.
09:54Mais où sont ses profs ?
09:57Alors, soi-disant qu'il y en a deux, deux malades,
10:01et un autre qui doit prendre normalement le...
10:06Quand on attend encore, on n'a pas du tout de nouvelles,
10:08qu'il devait prendre son poste et qu'il ne l'a pas pris.
10:10Et pourquoi ne sont-ils pas remplacés ? Qu'est-ce qu'on vous dit ?
10:14Alors, on a eu une réunion au niveau de l'établissement
10:16pour nous informer du déroulement de l'année avec les enfants,
10:20et quand on a demandé, on nous a juste répondu
10:23qu'eux demandaient au niveau de leur supérieur,
10:27mais qu'ils n'avaient pas de réponse.
10:28Alors, apparemment, il y en a un qui est malade,
10:31mais il n'y a pas de remplacement de prévu pour...
10:34Alors, vous parliez d'un de vos fils qui n'avait pas eu de prof de français,
10:37pas de prof d'histoire géo, prof d'anglais en arrêt maladie,
10:39mais vous avez un autre fils qui, lui, n'a pas eu de prof du tout,
10:42de prof de français, je crois.
10:44Voilà, c'est ça.
10:45La dernière année, lui, il était en bac pro-mélègue
10:47dans le même établissement, en lycée professionnel,
10:50et la dernière année, il n'a pas eu de prof de français du tout,
10:53en passant son bac à la fin de l'année.
10:56Mais c'est-à-dire que vos enfants, quand ils vont au lycée,
10:59ils ne savent pas précisément combien d'heures de cours ils auront, en quoi, en fait ?
11:02Voilà, c'est ça, clairement, pour vous donner un exemple,
11:05lundi dernier, mon fils avait une heure de cours.
11:08Donc, le lycée est à presque 17 kilomètres de notre domicile,
11:13donc ils prennent le bus le matin pour arriver à 8h30 à l'établissement,
11:17et il avait une heure de cours de 15h à 16h.
11:20Donc, clairement, il faudrait qu'il passe la journée complète au lycée
11:25en ayant une heure de cours de 15h à 16h,
11:27et reprendre le bus le soir après 17h.
11:31Votre histoire fait réagir nos invités,
11:34notamment M. le député Olivier Betch,
11:35et je rappelle l'ancien ministre d'Elisabeth Borne,
11:38est candidat à l'élection présidentielle.
11:40Là, il y a un problème d'organisation, de DRH.
11:42Mais évidemment.
11:42Comment est-ce qu'on peut encore piloter l'éducation nationale,
11:46d'un point de vue central, avec des rectorats, des inspections d'académie ?
11:50Osons faire ce qu'on n'a jamais fait dans notre pays,
11:53osons donner l'autonomie aux établissements scolaires,
11:56c'est-à-dire donnons aux chefs d'établissement
11:58la capacité qu'il y a de créer ces équipes pédagogiques,
12:01de recruter ces personnels, de les payer,
12:04d'anticiper les services.
12:05C'est d'anticiper, si vous voulez.
12:07Moi, je pense qu'il est temps dans ce pays
12:09de faire ce qu'on...
12:10Encore une fois, alors je sais que le mot est tabou.
12:12Révolution.
12:13Moi, je pense, non, le fédéralisme.
12:15Je pense qu'il faut aller dans ce pays.
12:18Alors, je ne dis pas à l'Allemande ou à la Suisse,
12:20mais je pense qu'il faut avoir un truc très simple,
12:22le pouvoir à ceux qui sont sur le terrain.
12:24Le pouvoir à ceux qui sont sur le terrain.
12:27On est en train de crever du centralisme, si vous voulez,
12:30de tout vouloir...
12:30Toute administration centrale ne voudra jamais donner le pouvoir.
12:33Non, mais d'accord, je ne dis pas que les administrations centrales
12:36seront d'accord de faire ça.
12:37Je dis simplement qu'à un moment,
12:38si les Françaises et les Français choisissent de dire,
12:41écoutez, maintenant, ça suffit,
12:42on arrête de tout diriger du haut de la pyramide.
12:45On fait en sorte que le pouvoir soit à ceux qui sont sur le terrain,
12:49c'est-à-dire qui mettent concrètement en œuvre
12:50l'action de l'État, des collectivités locales, etc.
12:54Franchement, moi j'étais...
12:55Oui, mais ça ne changera pas le fait
12:57qu'on n'arrive pas à recruter des profs aujourd'hui.
12:59Oui, mais il y a des profs qui en a.
13:00Oui, mais qu'on se tourne notamment vers les contractuels.
13:03Ce qui est assez terrible, parce que souvent,
13:06ils n'ont pas les profs.
13:06Il y a des dizaines de milliers de profs
13:07qui sont sans affectation à chaque année.
13:08Mais oui, pour une raison très simple,
13:09c'est qu'à un moment, vous avez un directeur d'école,
13:13que ce soit un directeur de trucs,
13:14un principal, un proviseur, etc.
13:17S'il a l'autonomie de recruter ces trucs,
13:18d'abord, il peut anticiper.
13:20Il sait ce qu'il va avoir,
13:22quelle est la masse salariale qu'il va avoir,
13:24et il va se dire, je vais recruter.
13:25Il me manque des gens.
13:27Il ne va pas le faire,
13:27il ne va pas commencer à recruter le 25 août
13:30pour une rentrée au 1er septembre.
13:32Il va voir ça dès avant l'été.
13:34Donc, il va faire ses entretiens en vol.
13:35Il faut flexibiliser,
13:36il faut retourner à l'efficacité.
13:38Regardez l'efficacité sur le terrain.
13:40Olivier Babaud, c'est possible.
13:41On a toujours promis la décentralisation,
13:44l'autonomisation.
13:45Ce n'est pas la décentralisation,
13:45c'est l'autonomie.
13:46Ça représente un peu ça aussi.
13:48Jean-Michel Blanquer, par exemple,
13:49en parlait déjà,
13:49alors c'est arrivé au Missin de l'éducation.
13:51La décentralisation dont on parle
13:53depuis les années 80,
13:53en réalité, elle est toujours en trompe-l'œil.
13:55C'est-à-dire que les administrations centrales
13:57n'ont jamais vraiment laissé.
13:58Ce qui fait que, finalement,
14:00on a plutôt empilé les couches.
14:01On n'a jamais laissé vraiment l'autonomie.
14:03C'est pas tellement dans notre culture
14:05depuis extrêmement longtemps.
14:06Pour le moment, on est encore avant.
14:08Ce serait nous forcer,
14:09mais ça n'est pas effectivement sans espoir.
14:10Mais vous avez tout à fait raison.
14:12Il est dramatique
14:13qu'il ne soit plus attractif
14:14d'être professeur qu'aujourd'hui.
14:15Il faut absolument revaloriser.
14:16C'est le salaire, mais pas seulement.
14:17C'est les conditions de travail,
14:19c'est l'évolution,
14:20c'est la gestion des ressources humaines,
14:20c'est tout ça.
14:21Parce que ce n'est pas possible
14:22qu'aujourd'hui, on n'arrive pas à trouver
14:23des gens, ce qui est vrai d'ailleurs,
14:25de fonction publique de façon générale,
14:26ce qui est le plus grand signal
14:27de la crise aujourd'hui de l'État.
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