00:00– Mais c'est consternant, c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:02on n'est plus capable d'avoir un débat politique,
00:05d'avoir des responsables, on a des gens qui s'amusent,
00:09et là avec des gamins, c'est-à-dire qu'on les prend
00:11en otage intellectuellement, et de là, on peut justifier
00:17l'intolérable, au nom de la République,
00:20on est dans l'appel à la révolte,
00:23il y a quelque chose de monstrueux,
00:25et sur quelque chose, au départ, oui, qui est fondé,
00:28parce que ça ne va pas, l'enseignement,
00:30on n'a pas arrêté de changer de ministre de l'éducation,
00:33dans les classes, on n'a pas les effectifs nécessaires
00:36pour proposer aux élèves quelque chose qui les enchante,
00:41on a une pédagogie qui s'est effondrée
00:44parce qu'il n'y a plus de formation des enseignants,
00:47et puis alors on a l'impression que les emplois du temps
00:49se font presque, je ne sais pas, moi,
00:51avec une mauvaise intelligence artificielle
00:53qui aurait été déréglée.
00:55J'ai trouvé, en lisant les témoignages des uns et des autres,
00:59par exemple, il y a un gamin, il est à Mantes,
01:01alors il dit, le vendredi, une semaine sur deux,
01:05je commence à 8h45 jusqu'à 18h45,
01:09il n'y a pas une pause,
01:10et on a également un cours d'espagnol,
01:15alors que moi, au départ, c'est un cours d'anglais,
01:17mais comme il n'y avait pas de prof d'anglais,
01:19on les a mis en espagnol.
01:21Vous vous rendez compte dans quel but ces enfants se trouvent ?
01:27C'est-à-dire que c'est un dérèglement.
01:31On est dans une situation où les gens viennent le matin,
01:37se disent qu'est-ce que l'on peut faire ou ne pas faire ?
01:40Il y a les professeurs qui ne se présentent pas
01:42parce qu'ils sont effondrés moralement.
01:45On nous a dit au début de la rentrée
01:48qu'apparemment, tous les postes étaient pourvus.
01:52Or, vous avez déjà, aujourd'hui, je ne sais combien d'élèves
01:55qui se retrouvent face à l'estrade vide.
01:58Donc, cet enseignement nous met en péril
02:00une jeunesse qui n'est pas prise en considération,
02:03une jeunesse qui n'a pas les mots,
02:06une jeunesse qui ne peut pas réfléchir
02:08est une jeunesse qui, demain, sera la menace pour notre pays
02:13et une menace pour elle-même.
02:16Et alors, au milieu de tout ça,
02:17vous avez des politiques qui prennent le désespoir
02:25et de ce désespoir, ils disent
02:28mais c'est normal de tout casser.
02:30C'est normal de pouvoir montrer
02:33que la situation est intolérable,
02:36alors allons-y et venons protéger nos enfants
02:40face à la police.
02:41Non, mais vous voyez un peu la situation.
02:43C'est-à-dire que non seulement on encourage
02:45les enfants à casser,
02:46on les met en situation d'être en danger
02:50vis-à-vis d'une répression policière
02:52qui peut, la plupart du temps, quand même se justifier.
02:56Répression policière ?
02:58Non, mais vous avez les responsables
03:03élus de la République
03:04qui se présentent avec leur bannière tricolore
03:08« Attention ! Attention !
03:10Pas attention de me toucher !
03:11Je représente la République ! »
03:16Là, nous avons donc cette manipulation immonde
03:22qui devrait inquiéter tout à chacun
03:26mais sans rien résoudre le vrai problème.
03:29Aujourd'hui, qui nous parle de l'enseignement ?
03:32Qui nous parle des problèmes pédagogiques ?
03:35Qui nous parle des programmes pédagogiques ?
03:38Qui nous parle de la façon de former des enseignants ?
03:42Comment demain, on va redonner un élan
03:44à cette jeunesse en perdition ?
03:47Il n'y en a pas.
03:48J'ai beau dresser l'oreille.
03:50Pour le moment, on se contente de commenter
03:53le mécontentement,
03:55mais plus grave, de l'encourager.
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