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  • il y a 10 minutes
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:01Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Bonjour avec Julie William Goldnadel, avec Jean-Michel Salvatore, avec la ministre Eleonore Carroi.
00:10Le pape est parti et on est orphelin.
00:13On est revenu à, on vient d'en parler, à la fois les boules puantes en politique, à la fois
00:19les blocages des lycées.
00:21Vous voyez ce qui se passe, on va emprunter 340 milliards d'euros sur les marchés en 2027.
00:26On est revenu dans le marasme français alors qu'on a eu 4 jours suspendus.
00:31Qu'est-ce que vous retenez de ces 4 jours, Eleonore Carroi ?
00:34Moi je retiens qu'il y a eu des démonstrations de foi, une envie d'espoir de la part de
00:40beaucoup de français,
00:41d'ailleurs pas forcément que des catholiques.
00:43Et on voit bien qu'on a une envie d'espérance, une envie de croire en quelque chose et de
00:49se projeter.
00:49Vous l'avez noté ça, vous avez vu chez les gens qu'il y avait, même pour ceux qui ne
00:54croyaient pas,
00:54une forme d'espoir en ces d'espoirs.
00:56J'ai senti ça, un besoin de communion, d'unité, quand même, je crois, 600 000 à 800 000 personnes
01:03mobilisées.
01:04C'était impressionnant.
01:05800 000 en tout cas le samedi, et puis après vous ajoutez Lourdes, vous ajoutez Messe, vous ajoutez à chaque
01:11fois les...
01:12Et quelque part je pense que ça envoie un message aussi assez positif.
01:16On est dans un moment de multiplication des crises.
01:18On n'a pas eu autant de guerres et de crises depuis la Seconde Guerre mondiale.
01:23On est dans un moment de très forte incertitude.
01:25On voit bien que le détroit d'Hormuz continue à bloquer quand même l'économie mondiale et avoir un impact
01:32sur nous tous.
01:33On voit bien que beaucoup de choses inquiètent nos concitoyens.
01:36Le climat aussi, dont on parle pas suffisamment.
01:39Et donc ce besoin de se retrouver, d'avoir des motifs d'espérance, moi je pense qu'il faut l
01:44'entendre.
01:45Et que justement, on parlait à l'instant de celles et ceux qui soufflent sur les braises, qui incitent à
01:50la division.
01:53Encore une fois, c'est irresponsable.
01:54Mais quand le pape, par exemple, à Metz, dit au président de la République,
01:59qu'il lui explique qu'on est en guerre contre la Russie, qu'on est là en soutien de l
02:05'Ukraine,
02:06et que le pape lui dit que c'est tout l'inverse qu'il faut faire, parce que justement, il
02:09ne faut pas entrer en guerre.
02:11Comment est-ce que vous l'avez apprécié vous-même ?
02:13Mais la France n'est pas en guerre.
02:15La France, justement, fait tout pour éviter la guerre.
02:18Et d'ailleurs, j'étais, moi, la semaine dernière aux Nations Unies, avec le président de la République, avec la
02:22délégation française.
02:23Et notre action, c'est une action résolument de résolution des conflits.
02:28Si vous voulez résoudre la guerre avec la Russie, il faut qu'il y ait une paix durable,
02:33une paix qui donne des garanties de sécurité à l'Ukraine,
02:36parce qu'on a vu ce qui s'est passé avec les paix de Minsk 1, Minsk 2,
02:40on a vu les crises successives qui n'ont pas abouti, finalement,
02:44et on voit une violation du droit international, du territoire de l'Ukraine,
02:50et cela, il faut évidemment faire respecter la souveraineté du peuple ukrainien.
02:57Comment ? En étant co-belligérant dans ce conflit, du coup ?
02:59Mais nous ne le sommes pas. Nous ne le sommes pas, justement.
03:01En envoyant des armes, en envoyant de l'argent, en envoyant des formateurs,
03:05est-ce qu'on ne l'est pas, d'une certaine manière ?
03:07On ne l'est pas. C'est assez simple, en fait.
03:09La France n'est pas en guerre contre la Russie,
03:11et en revanche, la France, parce qu'elle soutient l'Ukraine,
03:14parce qu'elle la remet dans l'étape de négociation,
03:16y compris lorsque certaines grandes puissances cherchent à le retirer,
03:20alors qu'il s'agit du destin des Ukrainiens et des Ukrainiens,
03:23la France, justement, permet à l'Ukraine d'avoir des garanties de sécurité,
03:28une paix qui soit durable.
03:30La paix pour la paix n'est pas souhaitable,
03:32si c'est pour avoir une guerre quelques mois plus tard,
03:34si c'est pour avoir des velléités d'expansion russe dans d'autres...
03:38Tout ça, c'est hypothétique.
03:39Tout ça, on l'a quand même vu au cours des dernières années.
03:42Je pense qu'il ne faut pas avoir la mémoire courte
03:43sur ces visées expansionnistes de la Russie.
03:45Jean-Michel Salvatore.
03:46Malgré tout, le pape, il a dit quand même une chose assez forte.
03:49Il a dit qu'en fait, il fallait savoir faire des concessions
03:52si on voulait la paix.
03:54Est-ce que ce n'est pas quelque chose que vous voudriez intégrer,
03:56vous, dans vos raisonnements ?
03:58Parce que, pour l'instant, vous voulez la paix
04:00au détriment intégral de la Russie.
04:03Est-ce qu'il ne faut pas essayer d'avoir une démarche
04:05peut-être un petit peu moins arrogante
04:07pour essayer de trouver un terrain d'entente avec les Russes
04:11plutôt que de se dire c'est tout ou rien ?
04:13Et l'on a carrément ?
04:14Alors moi, je conteste très formellement
04:17cette accusation d'arrogance.
04:19Je pense qu'il y a finalement une situation qui est assez simple.
04:22Vous avez un État qui a violé la souveraineté d'un autre État
04:27et qui mène une guerre d'agression.
04:28Et il y a eu des discussions qui ont été entamées.
04:31Il y a eu des pourparlers.
04:32Et l'avantage de l'ONU, c'est que même lorsque vous êtes en guerre,
04:36vous arrivez à vous asseoir et à voter, à discuter.
04:40Donc il y a des canaux de communication.
04:43Mais ce qui est inacceptable, c'est d'accepter que l'on puisse décider
04:46du jour au lendemain d'envahir un pays et de violer sa souveraineté
04:51et que finalement, ça n'ait pas de conséquence.
04:53Parce que ce qui peut se passer après, c'est que cela se passe avec d'autres pays européens
04:57et là, pour le coup, se retrouver...
04:59Et vous avez cette crainte, vous, au gouvernement,
05:02que ça se passe sur les pays baltes ou sur des pays de l'Est de l'Europe.
05:05Moi, je vous parle depuis Paris,
05:08mais lorsque vous parlez avec nos alliés européens,
05:12la crainte, elle est tout à fait réelle,
05:14parce qu'eux sont beaucoup plus prêts et ils l'aperçoivent.
05:16Donc il faut parler aux Polonais, il faut parler aux dirigeants baltes
05:19et je pense qu'il faut respecter cette crainte qui est légitime.
05:22Gilles William.
05:23Vous m'autoriserez à vous dire gentiment que
05:25si vous étiez avec M. Macron à New York,
05:29qu'aux Nations Unies, vous auriez bien fait de lui dire
05:31qu'il y a toujours eu le Hamas en Cisjordanie,
05:34contrairement à ce qu'il avait l'air de penser.
05:36Et que de faire un discours sur le double standard,
05:39en mettant en question Israël,
05:42il faut le faire quand on sait le double standard
05:44qui est appliqué à Israël dans le monde.
05:46Ceci, la parenthèse étant refermée,
05:49moi, je crois qu'effectivement,
05:52les gens qui sont allés à la rencontre du pape,
05:55ce n'étaient pas forcément tous des catholiques,
05:59ni même des chrétiens.
06:00J'étais moi-même bouleversé par la scène de Marie-Harrance
06:05et avec ses parents adoptifs.
06:07Je ne suis pas prêt de m'en remettre au niveau de l'émotion,
06:11mais je crois que ce n'était pas le détroit d'Hormuz
06:15qui les chagrinait de plus, ces gens-là.
06:17Ce qui les chagrine de plus,
06:19c'est que quand même les racines de la France sont chrétiennes
06:21et ils ont l'impression, peu à peu,
06:24mais irrémédiablement peut-être,
06:26si rien n'est fait, c'est de perdre leur pays.
06:28Et ce qui a fait qu'ils sont descendus,
06:30je pense aussi beaucoup dans la rue,
06:32mais de manière tellement pacifique que c'était merveilleux.
06:35Quel est votre sentiment là-dessus ?
06:37La France ?
06:38Vous placez la question, finalement, sur un débat identitaire.
06:43Moi, je vais vous dire, je suis 100% française.
06:46Pourtant, j'ai une mère dominicaine,
06:48pourtant j'ai grandi dans les Caraïbes,
06:50pourtant, si vous faites mon ADN et mes origines,
06:54vous verrez qu'il y a un brassage.
06:57Et vous voyez, en fait,
06:58cette volonté de chercher une identité
07:01qui serait pure,
07:04qui serait finalement fondée sur une seule trajectoire
07:07ou une seule histoire,
07:08ne fait que créer de la division.
07:10Moi, je pense qu'on peut, on connaît notre histoire,
07:12on sait comment la France s'est construite à travers le temps.
07:16Ce qui est dangereux, c'est lorsqu'on oppose les Français.
07:18Mais le pape parle de racines chrétiennes,
07:22vous pensez qu'il a tort ?
07:23Je n'ai pas du tout parlé du pape,
07:24je parlais de la question identitaire
07:27et de comment elle est instrumentalisée aujourd'hui.
07:29Mais quand on s'est arrivé en France,
07:29ils ont embrassé le sol de la France,
07:32ils ont mercié la France,
07:33ils n'ont pas expliqué que les Français étaient des salles racistes.
07:36C'est ce qui change dans une partie de la population immigrée aujourd'hui,
07:41et c'est ce qui doit déprimer beaucoup
07:43les gens qui sont venus s'exprimer dans la rue.
07:46Je pense que dans les gens qui se sont exprimés dans la rue,
07:48vous aviez aussi beaucoup de Français
07:51qui ont immigré en France récemment
07:54et depuis plus longue date.
07:56Ne caricaturez pas ce que je pense.
07:58Non, mais voilà.
07:59Sans doute.
07:59De mon point de vue,
08:01cette envie de communion,
08:02cette envie d'unité,
08:03elle ne passe pas par ce sentiment identitaire
08:06qui est parfois décrit sur cette antenne,
08:08mais dans d'autres médias aussi,
08:10qui voudraient qu'on serait plus ou moins Français.
08:12Moi, par exemple, je suis très choquée.
08:13Ce n'est pas un gros mot, l'identité.
08:14Non, mais en revanche,
08:15ce qui me choque, moi,
08:16qui pourtant est à la fois des racines très profondes
08:20et très anciennes,
08:20un arc généalogique qu'on peut remonter à très loin,
08:22et en même temps,
08:23je suis binationale et fière de l'être,
08:25et je ne pense pas que je sois moins Française
08:26parce que j'ai deux identités
08:28ou deux nationalités,
08:29ce qui me choque,
08:30c'est qu'on puisse vous parler de Français de souche,
08:32de Français de branche,
08:33que l'on puisse dire qu'on est plus ou moins Français.
08:34Les racines chrétiennes.
08:35Non, mais les racines chrétiennes.
08:37On leur parle de Nouvelle-France,
08:38maintenant, à ces Français-là.
08:40On leur parle de Nouvelle-France.
08:41On vous explique que ce sont les racisés
08:44qui sont très maltraités
08:46par, justement, les Français de souche.
08:48Mais justement,
08:49tout ce débat autour de l'identité,
08:50il est nécessairement dévoyé.
08:52Enfin, je trouve...
08:53Mais c'est juste.
08:55Mais bien sûr...
08:55Mais vous êtes d'accord.
08:56On est d'accord sur le fait
08:57que le débat identitaire est dévoyé.
08:59Et qu'en fait,
09:00ce qu'il faut parler,
09:01c'est qu'est-ce qu'il y a aujourd'hui ?
09:01Vous êtes Français
09:02parce que vous adhérez à la France,
09:04parce que vous adhérez à ses valeurs,
09:05parce que vous avez envie, d'ailleurs,
09:06de faire rayonner votre pays.
09:07Moi, j'ai envie de faire rayonner mon pays
09:09à l'international.
09:10C'est pour ça que je me suis engagée...
09:12Et c'est pour ça que vous vous occupez
09:13de la francophonie.
09:13Et de la francophonie.
09:14Et je ne suis pas moins Française
09:15parce que j'ai deux passeports.
09:16Et quand le Rassemblement National
09:18me dit pendant les élections législatives
09:20qu'on serait moins Français
09:22parce qu'on est binationaux,
09:23je suis désolée,
09:24mais beaucoup de Français sont heurtés.
09:26Si, si, ils l'ont dit.
09:27Sébastien Chenu le disait
09:27lors des élections législatives en 2024
09:31que la binationalité, finalement,
09:33ça crée une forme de suspicion
09:35que vous ne pourriez pas être
09:36complètement Français
09:37si vous aviez une autre identité.
09:39Et là, je pense qu'on a aussi un sujet.
09:41Donc la question identitaire,
09:42elle est importante.
09:43Mais je pense, moi,
09:43ce que je retiens à titre personnel
09:45de cette visite du pape,
09:46c'est davantage cette volonté
09:47de communion, d'union
09:49quand on veut nous diviser
09:50plutôt que justement
09:52un repli identitaire.
09:54Merci beaucoup, Eléonore Carrois,
09:55d'avoir été l'invité d'Europe 1 soir,
09:5819h42.
09:59Restez bien avec nous
09:59dans un instant.
10:01Et puisque c'est l'ouverture,
10:02cette semaine,
10:03c'est la semaine du RSE
10:04dans les entreprises,
10:05l'explorateur Bertrand Piccard
10:08vient nous en parler, justement,
10:10cette petite idée de l'écologie,
10:11écologie intelligente.
10:12A tout de suite.

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