00:00C'est un cortège qui ne passe pas inaperçu.
00:02Des milliers de pompiers marchent aujourd'hui à Paris
00:04après un été de l'évolution qui les a profondément marqués.
00:07Près de 100 000 hectares ont brûlé en France en raison des feux de forêt
00:10et aussi quatre pompiers sont morts dans l'exercice de leur fonction.
00:13Cet été a donc été révélateur de nos professions à bouton.
00:17Comment s'est passé votre été d'abord ?
00:20Nous, très difficilement.
00:21Comme tous les pompiers de France, assez difficile sur le plan physique et moral aussi.
00:26Tendu, chaud, compliqué.
00:28C'est pour ça qu'on est tous là.
00:30Ça ressemblait quoi à vos journées ?
00:32Sans fin en fait.
00:38Ça a été le révélateur de quoi cet été pour vous ?
00:41En fait, on ne maîtrise rien.
00:43Oui, parce que votre travail c'est d'arriver à maîtriser.
00:45Exactement, et là on ne pouvait pas.
00:47Qu'est-ce qui vous a manqué ?
00:50Plus de renforts en fait, plus de moyens aériens, le climat aussi.
00:54On se rend compte que face aux éléments, on ne peut rien faire.
00:58Si l'État avait mis les finances entre les avions, le nombre de véhicules où en 10 ans on a
01:06perdu 1000 camions spécialisés dans les feux de forêt,
01:09peut-être qu'on n'en serait pas arrivé là.
01:11Vous faites ce métier depuis longtemps ?
01:13Ça fait 10 ans que je suis sapeur-pompier professionnel, oui.
01:16Et les conditions se sont détériorées depuis 10 ans ?
01:19Oui, on le ressent.
01:21Les conditions se détériorent, les effectifs s'amoindrissent et on sent que la charge de travail est beaucoup plus importante.
01:29Et le personnel est vraiment épuisé.
01:31Surtout après un été comme celui-ci.
01:33Vous avez des inquiétudes par rapport à l'avenir, notamment avec le réchauffement climatique ?
01:36Il y a des inquiétudes, bien sûr, on le voit chaque année, ça évolue.
01:39Les feux prennent de l'ampleur, les feux montent aussi de plus en plus.
01:43Auparavant, c'était dans le sud-est de la France.
01:44Aujourd'hui, ça tend à monter vraiment au nord de la France.
01:47Ça prend de l'ampleur, des feux de 43 000 hectares, on n'a jamais vu ça.
01:50Donc voilà, il faut vraiment qu'on arrive à faire face à cette problématique de réchauffement climatique
01:53en ayant plus de pompiers et plus de matériel.
02:01On est à bout de souffle, on remplit des missions qui ne sont pas attribuées à notre service public.
02:07Vous avez des exemples ?
02:08Oui, transport sanitaire malade, voilà.
02:14Ensuite, ivresse voie publique, pris en charge par les forces de l'ordre,
02:17mais qui ne sont pas répondues parce qu'il manque d'effectifs.
02:20Et donc on appelle le 18, on nous appelle nous.
02:22Voilà, et donc ce qui fait qu'on a un manque de personnel à répondre
02:27concernant l'incendie et concernant les accidents voie publique.
02:50Qu'est-ce que vous avez envie de dire aux pompiers ?
02:54Bravo, bravo !
02:55Et franchement, l'État leur manque de respect, c'est grave.
02:59Ça vous fait plaisir de les voir vous rejoindre.
03:01Ah ben oui, c'est un honneur, c'est un honneur.
03:03Et c'est moi qui ai pris le plaisir de les rejoindre.
03:06Parce qu'il faut un travail exceptionnel pour nous.
03:09Qu'est-ce que ça vous fait d'être accueilli comme ça ?
03:10Déjà, ça nous fait chaud au cœur.
03:12Parce que franchement, la population sera toujours là derrière nous, ça on le sait très bien.
03:17Nous, on sera toujours là derrière eux, même si l'effectif n'est pas là.
03:20Les moyens ne sont plus là, donc on fera avec nos moyens, mais on sera toujours là pour la population.
03:24Quand on voit l'État de la France cet été, franchement, c'est honteux pour une France comme on l
03:31'a connue.
03:32Des promesses, des promesses toujours. Au final, on n'a rien.
03:35Et après, ce qu'il faut qu'on prenne, c'est qu'aujourd'hui, les pompiers, on est la dernière
03:39route secours.
03:40Une fois qu'on n'est plus là, les gens sont laissés à eux-mêmes.
03:43Et après nous, je ne sais pas ce qui va se passer.
03:46Donc c'est pour ça qu'on est là aujourd'hui.
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