00:00Alors que la France cherche toujours des milliards d'euros d'économies à faire, le président argentin Ravier Mileï est
00:06en France,
00:07arrivé au pouvoir il y a maintenant à peu près trois ans, un peu moins de trois ans.
00:11Il affiche aujourd'hui des résultats économiques spectaculaires.
00:14Bérenice Deville-Fleurio, ce qui nous intéresse ce matin, ce qu'on veut savoir, c'est comment il a fait
00:18pour redresser l'économie argentine
00:21qui était en train de couler, quelle est sa méthode et est-ce que ça pourrait fonctionner en France, bien
00:26sûr.
00:26Alors déjà il a sorti sa tronçonneuse, c'est la première chose.
00:30Bon, il faut savoir que quand il arrive au pouvoir, vous l'avez dit, la situation est catastrophique.
00:34Décembre 2023, l'Argentine est en récession, le déficit budgétaire dépasse les 5% du PIB, l'inflation est alors
00:41extrêmement élevée,
00:44211% d'inflation annuelle, comme vous pouvez le voir, et 25,5% d'inflation mensuelle.
00:50Et ce qu'il faut savoir aussi, c'est que pendant des années, une partie des déficits de l'État
00:53a été financée par de la création monétaire.
00:55Vous savez, la fameuse planche à billets, et donc la banque centrale là-bas a créé de la monnaie, a
01:00créé des pesos pour financer l'État.
01:02Et donc la monnaie a continué à se déprécier et l'inflation a flambé.
01:07Et résultat, Millet décide déjà de casser la mécanique budgétaire, donc en coupant tout simplement, coupant l'hémorragie, on va
01:16dire.
01:16En 2024, les dépenses primaires chutent de près d'un tiers, quasiment de 30%.
01:21Donc quand je dis les dépenses, c'est les investissements publics, les subventions, les transferts aux provinces,
01:27les retraites et les rémunérations publiques sont également mises à contribution.
01:31Résultat, en resserrant, en coupant en fait cette hémorragie, le budget passe d'un déficit supérieur à 5% du
01:38PIB en 2023,
01:39un léger excédent dès 2024.
01:42Oui, c'est ça. Quand vous dites les retraites et les rémunérations publiques sont mises à contribution,
01:46c'est-à-dire les baisses des retraites et les baisses des rémunérations des fonctionnaires ?
01:51Exactement. Et évidemment, il a coupé, il a licencié un grand nombre de fonctionnaires.
01:59Il a coupé les subventions, par exemple pour le transport, l'énergie. En fait, il a vraiment tout coupé. Il
02:04a coupé les vannes.
02:06Revenir à l'équilibre budgétaire, ce n'est qu'une partie de sa méthode, c'est ça ?
02:09Oui, exactement, parce qu'après, ça lui a permis de s'attaquer à l'inflation.
02:12Et en parallèle, le gouvernement, vous vous doutez bien, a mis fin au financement monétaire du Trésor par la Banque
02:17centrale.
02:18Et le résultat est spectaculaire. L'inflation, comme vous pouvez le voir, mensuelle,
02:22elle est passée de 25,5% en décembre 2023 à 1,7% en août dernier.
02:27Alors attention, ça ne veut pas dire que les prix baissent.
02:30Ça veut dire qu'ils augmentent beaucoup moins vite.
02:33Sur un an, l'inflation est donc passée d'environ 211% en 2023 à 33,5% aujourd'hui,
02:38comme vous pouvez le voir.
02:39Et Millet a également voulu libérer l'économie.
02:42C'est un autre volet de son action.
02:45C'est ce qu'on appelle la déréglementation ou la simplification.
02:49Moins de réglementations, moins de barrières commerciales, de contrôle de change,
02:52avec l'objectif, justement, de stimuler l'activité privée et les investissements.
02:57Résultat, après la récession de 2024, l'économie a rebondi.
03:01Alors, cette thérapie de choc, elle a un coût, qu'on espère, provisoire pour les Argentins.
03:06Oui, alors, c'est vrai que la pauvreté a bondi après son choc, on va dire, près de 53%, comme
03:14vous pouvez le voir.
03:15Alors, attendez, c'est une autre…
03:17Oui, c'est ça, 53% après son arrivée au pouvoir, voyez, pour ensuite redescendre.
03:22Donc, en fait, ça a fait, voyez, comme une courbe.
03:24C'est monté en flèche pour redescendre ensuite en flèche.
03:27Donc, attention, après, la situation reste fragile.
03:29Pourquoi ? Parce que l'activité a nouveau ralenti ces derniers mois.
03:32Mais, en tout cas, c'est en amélioration.
03:34Bon, la méthode Milley, elle pourrait être appliquée en France ou pas ?
03:37Alors, pas copier-coller, parce que vous vous doutez bien que les situations financières ne sont pas la même.
03:41Nous, on n'a pas de planche à billets.
03:43On est dans la zone euro.
03:43Donc, ce n'est pas du tout la politique, la bande centrale européenne de financer les États.
03:47En revanche, là où on peut, en effet, s'inspirer de l'Argentine et de la méthode Milley,
03:53c'est tout simplement faire des économies, réduire les dépenses, couper l'hémorragie, on va dire,
03:59que ce soit les subventions.
04:01Là-bas, c'était des provinces, nous, c'est les collectivités locales.
04:04Enfin, voilà, on peut agir sur nos dépenses et je pense qu'il faut s'en inspirer.