Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 30 minutes
Regardez L'angle éco de François Lenglet du 30 septembre 2026.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:03RTL Matin
00:04RTL Matin 7h41, langue éco maintenant avec François Langlais.
00:08Depuis le début de la guerre en Ukraine, il y a plus de 4 ans et demi,
00:11certaines entreprises françaises ont pris le risque, François, de rester en Russie pour le business.
00:16Et aujourd'hui, elle le paie très cher.
00:18C'est vrai, surprise totale d'ailleurs pour le groupe Auchan.
00:21Il y a 10 jours, le géant français de la distribution s'est vu notifié par un décret du président
00:25Vladimir Poutine
00:27que tous ses avoirs allaient passer sous le contrôle d'une société russe, dirigée par un obscur général.
00:33Auchan possède là-bas 229 magasins et il réalise 10% de son chiffre d'affaires mondial.
00:38Le roi Merlin, qui appartient au même groupe familial, Mulier, tout aussi concerné par Loukaz de Poutine,
00:44possède 112 magasins ultra rentables.
00:46Le groupe avait investi des milliards d'euros dans ce pays depuis son arrivée, c'était il y a 25
00:51ans,
00:52au point de devenir le premier employeur étranger en Russie.
00:55Tandis que l'activité russe était de loin la plus profitable pour le groupe.
00:59Si la sanction est tombée, c'est parce que le pouvoir russe frappe les pays inamicaux.
01:04En clair, ce qu'il y a de l'Ukraine, le Suisse Nestlé est également visé.
01:08Donc ça veut dire qu'il y a encore des entreprises françaises en Russie, François,
01:11alors qu'on est dans un état de guerre larvée.
01:13Oui, il y avait près de 75 entreprises françaises opérant en Russie au moment de l'invasion de l'Ukraine
01:19en 2022
01:20et les deux tiers sont partis.
01:21Soit de leur propre initiative, pour des raisons de sécurité, d'image,
01:26soit contraintes à cause des sanctions.
01:28Safran, LVMH, Société Générale ont ainsi fait leur bagage,
01:32tout comme Renault qui a quand même perdu 500 000 voitures annuelles
01:35et qui a été contraint de céder tous ses actifs, notamment l'entreprise Aftovaz,
01:39pour un rouble symbolique.
01:41Bon, un euro symbolique, c'est déjà pas beaucoup, mais un rouble, c'est pas mieux.
01:44Ça a coûté à notre constructeur plus de 2 milliards.
01:48Total Energy a dû aussi se séparer d'actifs très importants,
01:51même s'il garde des intérêts sur le site gazier de Yamal, en Sibérie.
01:54Le pétrolier a enregistré plus de 14 milliards de dollars de pertes à cause de la Russie.
02:00Ça, c'est pour ceux qui sont partis.
02:01Mais les entreprises qui sont restées, François, le font comment ?
02:04Ils ont affalé les voiles, c'est le cas de Clarins, Etam ou Babola.
02:09Récemment, Auchan avait détouré ses filiales russes,
02:12en les cédant au management local et en supprimant tout flux financier avec la maison mère
02:16et avec ses actionnaires.
02:17Position d'attente, alors que la pression montait déjà.
02:20Pression de la Russie, qui veut confisquer les avoirs, c'est indubitable.
02:24Et pression de l'Ukraine, qui reproche aux étrangers en Russie
02:27de contribuer à financer la guerre avec leurs impôts.
02:30Selon l'association Be for Ukraine, les Français restants ont versé
02:35quelques 500 millions d'euros d'impôts au trésor russe en 2024.
02:39Leroy Merlin en tête, suivi de L'Oréal.
02:41Alors, à la décharge du groupe Auchan, il n'était plus possible de quitter la Russie
02:45sans se faire racketter, en vendant avec une décote d'au moins 60%
02:49et une super taxe sur ceux qui restaient.
02:52Aujourd'hui, le groupe est face à une alternative désagréable.
02:56Soit rester et se faire tomber, soit partir et se faire tomber.
Commentaires

Recommandations