Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 minutes

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:007h45, l'hôpital de Perpignan est-il malade ?
00:03En tout cas, ce n'est pas la grande forme.
00:05En 5 ans, le nombre de patients a augmenté,
00:07mais les caisses se sont vidées.
00:09Simon, on va essayer de comprendre avec votre invité.
00:12Bonjour François Sanchez.
00:13Bonjour.
00:14Vous êtes membre du conseil de surveillance de l'hôpital,
00:15vous êtes aussi représentant du syndicat Force Ouvrière.
00:18François Sanchez, la chambre régionale des comptes,
00:20dans son dernier rapport, explique qu'en 5 ans,
00:22l'hôpital de Perpignan a accueilli 18% de patients supplémentaires.
00:27Plus 18%, c'est énorme.
00:28Dans n'importe quelle entreprise, un chiffre d'affaires augmenterait,
00:31mais à l'hôpital, c'est l'inverse.
00:33La marge brute d'exploitation a dégringolé.
00:35Moins 89%, comment est-ce possible ?
00:39Comment est-ce qu'on peut réaliser plus d'actes,
00:40soigner plus de monde, et en même temps voir ses recettes baisser ?
00:44Le problème est très simple, il est structurel,
00:47et surtout que les hôpitaux en France ne sont pas maîtres de leurs recettes.
00:51Donc le directeur ne fixe pas le prix de l'acte,
00:55mais c'est plutôt la sécurité sociale.
00:57Ce qui fait que si on fait 18% d'intervention supplémentaire,
01:01mais que le prix des actes, lui, diminue mécaniquement,
01:06on perd de l'argent.
01:07Ça veut dire que vous faites essentiellement des actes à l'hôpital,
01:09qui justement vous coûtent de l'argent,
01:11qui ne rapportent pas d'argent à l'hôpital ?
01:13On fait énormément de coûts, déjà je prendrais par exemple la maternité qui est de niveau 3,
01:18donc on prend toutes les grossesses à risque, ce que ne fait personne à l'établissement,
01:21ce sont des actes très lourds, mais peu coûteux.
01:23Ce que ne font pas les cliniques privées, qui est un secteur très concurrentiel dans le département,
01:28et donc le secteur privé a beaucoup d'activités programmées,
01:32choisies, on ne va pas dire choisies, mais se prend une clientèle,
01:38une clientèle qui est inférieure à 75 ans, et tout ce qui est problématique...
01:41Vous dites clientèle, pas patientèle d'ailleurs ?
01:44Quand on est dans le privé, on parle de clients, chez nous on parle de patients.
01:47Donc quand je parle du privé, je parle de clients.
01:49Donc Saint-Pierre, Médi-Pôle par exemple, pour ne parler que de ces cliniques,
01:53en gros investissent sur les actes les plus rémunérateurs, chirurgie cardiaque par exemple ?
01:58Absolument, on fait de la chirurgie cardiaque, ce qu'on ne fait pas à l'hôpital de Perpignan,
02:04et même pour la partie oncologie, on va ouvrir un grand centre de cancéreaux
02:08qui va regrouper l'ensemble de la filière, mais on ne fera pas de radiothérapie,
02:12on ne fera pas d'actes de chimio qui sont afférents,
02:18donc on va quand même se faire amputer d'une certaine partie de cette activité importante et lucrative.
02:25Le pôle oncologie, vous en parlez, il est très attendu,
02:27est-ce qu'il va quand même pouvoir aller à son terme ?
02:29On sait que les travaux ont commencé, est-ce que les délais vont pouvoir être tenus,
02:31compte tenu des finances de l'hôpital ?
02:33Alors, oui, à mon sens, oui, il va aller à son terme.
02:37Déjà, une partie est financée par l'ARS à hauteur de 15 millions d'euros,
02:4115 à 17 millions d'euros, me semble-t-il,
02:43et ensuite le reste devrait en fonds propres sur de l'hôpital à 6 millions d'euros,
02:48et le reste en financement.
02:49Il semblerait qu'on aille en financement jusqu'au bout.
02:53Il faut savoir que l'hôpital, même s'il n'a pas la capacité d'autorfinancement,
02:58maximalement, parce qu'elle s'est dégradée,
02:59mais qui s'est nettement améliorée depuis le rapport de la Cour des comptes,
03:01puisqu'on était à moins 4,8 millions d'euros,
03:05et là, on est à environ moins 1,8 millions d'euros.
03:07On a la capacité d'emprunter, malgré tout, sur les marchés,
03:10comme vous et moi, on emprunte pour construire une maison,
03:12et donc on aura recours à l'emprunt pour pouvoir finaliser cet établissement.
03:18Enfin, emprunter pour pouvoir finaliser un établissement,
03:21est-ce que ça veut dire qu'il y a d'autres secteurs, par exemple,
03:24qui vont pâtir de cette situation financière ?
03:26Est-ce que des nouvelles machines, de nouveaux IRM, de nouveaux scanners
03:29qui devaient arriver à l'hôpital sont, du coup, reportées à plus tard ?
03:33Alors, j'ai envie de dire non.
03:36Moi, j'en ai un petit peu assez de tous ces gens qui tapent sur l'hôpital public.
03:41Il faut savoir que grâce à l'hôpital public,
03:42on n'a pas une santé à deux vitesses en France.
03:44Grâce à cela, on arrive à acheter et continuer à acheter et à investir,
03:48parce que si on n'investit pas, on disparaît.
03:51On continue à investir sur des IRM, des scanners, des PET scans,
03:55qui sont des machines extrêmement onéreuses,
03:57et qui permettent à tout un chacun de pouvoir aller à l'hôpital
04:00et d'avoir les soins les plus performants.
04:03Donc l'hôpital peut continuer à investir, mais en s'endettant ?
04:06Voilà, exactement.
04:07Jusqu'à quand ça peut durer, cette situation ?
04:09Parce que les dettes, le principe, c'est ce qu'il faut.
04:10Alors déjà, notre marge s'est améliorée,
04:12notre marge d'autofinancement s'est améliorée.
04:15Les coûts d'endettement ont baissé,
04:17on était autour des 9 millions d'euros,
04:18je pense qu'on est autour des 7 millions d'euros pour cette année 2026.
04:22Il y a une amélioration, il y a des marges de progression,
04:26on ne remplit pas encore assez les blocs opératoires.
04:29François Sanchez, un des points noirs de ce rapport
04:31de la Chambre régionale des comptes, sans surprise,
04:33les urgences, évidemment.
04:35Un chiffre d'ailleurs concernant les urgences,
04:37qui explique peut-être beaucoup les difficultés de l'hôpital.
04:41Quasiment un patient sur deux qui est hospitalisé aujourd'hui à l'hôpital
04:43est passé par les urgences.
04:45C'est nettement plus que la moyenne nationale,
04:46ça veut dire que les urgences débordent,
04:48et que finalement, ça dégrade,
04:51ou en tout cas, ça déborde sur l'ensemble de l'hôpital.
04:54Effectivement, le fait de passer par les urgences
04:57et un sur deux se retrouve en hospitalisation,
04:59dans un lit d'aval,
05:00on a une difficulté à remplir ces lits d'aval,
05:02parce qu'ils sont tous pleins déjà.
05:04Donc, c'est au détriment de l'activité programmée,
05:07puisque les lits sont remplis,
05:08et donc on ne peut pas programmer d'intervention chirurgicale
05:11au bloc opératoire.
05:12Et donc, toute cette activité nous pose gros problèmes.
05:15Là encore, le secteur privé,
05:17en 2024 et en 2025,
05:19ils ont fermé leurs urgences à l'entrée de l'été.
05:22Pour nous, c'est une catastrophe ambulante,
05:24et je tiens à souligner le dévouement de tous ces agents
05:28qui sont, eux, face à ce phénomène,
05:32qui travaillent jour, nuit, machin.
05:33Vous nous dites quand même que la situation s'est améliorée.
05:35Effectivement, ce rapport, il est sur la période 2019-2024.
05:38Vous dites que ça va mieux, là, en 2025,
05:40que la situation s'améliore malgré tout.
05:43Ce rapport, d'un mot,
05:44comment est-ce qu'il est perçu par les salariés de l'hôpital ?
05:46Quand ils voient ce rapport, quand ils voient ces chiffres,
05:48ils se disent quoi, en sachant que les soignants, on le sait,
05:51sont des gens en souffrance pour la plupart d'entre eux ?
05:53Alors, il y a une inquiétude de la part des personnels,
05:56parce qu'effectivement, c'est leur outil de travail,
05:59ils se dévouent corps et âme,
06:01et le résultat est quand même catastrophique.
06:03C'est démoralisant ?
06:05C'est absolument démoralisant.
06:06On a beaucoup de charges de personnel
06:09à pointer le coup à la Cour des comptes,
06:10mais il faut savoir qu'on a résorbé
06:11beaucoup d'emplois précaires dans l'établissement,
06:13des gens qui sont là en CDD depuis des années.
06:16Plus de 50 personnes ont été
06:20CDIsées ou titularisées.
06:22Et donc, on n'a pas accru les ressources humaines de l'hôpital,
06:25mais à côté de ça, effectivement,
06:27on resserre énormément les boulons.
06:28Merci beaucoup, François Sanchez,
06:30vous êtes membre du conseil de surveillance de l'hôpital,
06:32du syndicat aussi, force ouvrière.
06:34Bonne journée à vous.
06:34Merci.
06:35Bonne vidéo.
06:35– Sous-titrage FR 2021

Recommandations