00:00Ici Azur, actus locales, musique et bonne humeur.
00:05D'ici le matin.
00:06Et 7h47, que disent les proviseurs des lycées face à la fronde lycéenne ?
00:10Comment réagissent ceux qui sont au pilotage des lycées ?
00:13On en parle avec Stéphane Herard du syndicat des proviseurs,
00:17SNPDEN UNSA Nice, qui est lui-même proviseur du lycée des Coteaux de Cannes.
00:22Bonjour Stéphane Herard.
00:24Oui, bonjour.
00:25Alors première question, comment ça se passe ce matin dans votre lycée des Coteaux de Cannes ?
00:30Est-ce que les lycéens ont décidé de bloquer ce matin ?
00:33À 7h, il est encore trop tôt pour le dire.
00:36On va arrêter les visions.
00:37A priori, tout se passe bien ce matin.
00:41Sur Cannes, en tout cas, les appels sont prévus le plus pour demain que pour ce matin.
00:45Est-ce que vous avez des infos sur d'autres établissements dans le département ?
00:50Pour l'instant, il est encore un peu tôt.
00:52Les retours que j'ai, c'est plutôt calme pour l'instant.
00:55Mais je vous dis, il est encore un peu tôt.
00:59Les nouvelles vont tomber dans les minutes qui viennent au fur et à mesure que les établissements ouvrent à leur
01:03porte.
01:04Comment ça s'est passé hier dans votre lycée ?
01:08Alors la journée a été particulièrement tendue.
01:11Je pense que ça, vous l'avez su dans de nombreux établissements.
01:1618 lycées ont été bloqués hier dans le département.
01:20Il faut distinguer plusieurs situations.
01:23Certaines mobilisations se sont déroulées dans le calme et dans le dialogue.
01:27Beaucoup d'autres étaient plus, malheureusement, avec des violences,
01:32notamment des intrusion, des dégradations, des projectiles, des incendies.
01:36Mais surtout, toute revendication est légitime.
01:38La manifestation, les blocus et la violence ne peuvent pas être.
01:44Ah, on vous a perdu, je crois.
01:46Monsieur...
01:47Oui, monsieur Jean.
01:47Oui.
01:49Et donc, ces violences, elles sont forcément différentes d'un établissement à l'autre ?
01:54On a eu parfois des rassemblements plutôt calmes devant certains lycées.
01:59Oui, oui, des rassemblements non plus calmes et puis d'autres beaucoup plus violents
02:06avec des flux non réguliers aux abords des établissements et dans les établissements.
02:14La première priorité pour nous, c'est vraiment d'assurer la sécurité des personnes,
02:19et puis après, si possible, les biens.
02:22Donc, on a eu des dégradations, vous l'avez dit,
02:24mais on a aussi eu de l'autre côté des interventions plutôt musclées des policiers
02:28avec parfois l'utilisation des gaz lacrymogènes.
02:33Ils ont également chargé devant certains lycées.
02:36Qu'est-ce que vous...
02:37Est-ce que vous trouvez que c'est normal ou est-ce que ça va trop loin, selon vous ?
02:42Alors, on n'a pas...
02:43Moi, je n'ai pas eu de retour de telles actions dans les départements.
02:48Alors, si, gaz lacrymogènes, ça a été confirmé par la police au lycée Calmette de Nice.
02:53notamment ?
02:54Oui, voilà, sur un établissement, mais globalement, sur l'ensemble des établissements,
02:59les forces de police interviennent à la demande des chefs d'établissement.
03:07Globalement, ils sont intervenus sur les zones où il y avait le plus de violences,
03:10notamment là où il y avait les cœurs de mortier.
03:13Et malheureusement, il y a eu pas mal de blessés.
03:16Enfin, il y a eu quelques blessés, que ce soit du côté des élèves, de personnel,
03:21ou encore de formes violentes.
03:24Les revendications de ces jeunes, elles sont multiples,
03:27mais nous, ce qu'on entend beaucoup, c'est leurs emplois du temps.
03:31Les élèves expliquent qu'ils ont des emplois du temps trop chargés.
03:35Par exemple, certains nous ont dit qu'ils avaient cours de 8 heures à 18 heures.
03:39Est-ce que ça, c'est une réalité ?
03:42Est-ce que c'est compliqué pour vous à gérer, en tant que chef d'établissement, ces emplois du temps
03:46?
03:47Je vais prendre un peu de recul, parce qu'il faut prendre chaque situation, chaque élève.
03:53Il y a des élèves qui ont des emplois du temps chargés, mais souvent, c'est par rapport à des
03:56choix de formation et des choix d'options.
03:59On retrouve beaucoup de demandes sur les moyens, les personnels remplacés, les meilleures conditions de travail,
04:03l'apprentissage, etc.
04:06Les revendications sont vraiment très diverses.
04:09Parfois, sur le matériel, on nous a parlé de toilettes dégradées.
04:13C'est vrai qu'elles sont très diverses, leurs revendications.
04:15Voilà.
04:16Il est très difficile, et pour nous, elles sont très localisées,
04:19parfois même individualisées, des mécontentements personnels.
04:24C'est difficile, en tout cas pour nous, d'identifier,
04:27et c'est vraiment notre problématique,
04:28une problématique et des porteurs de revendications, en tout cas représentatifs.
04:36En tout cas, il y a un ras-le-bol général de la part des lycéens.
04:40Ça traduit probablement des inquiétudes plus profondes sur l'avenir,
04:45les difficultés économiques, la dette, l'instabilité internationale,
04:49les incertitudes sur le monde,
04:51mais concrètement sur les établissements,
04:53difficile aujourd'hui d'avoir des problématiques majeures.
04:59Alors, peut-être qu'il y a une confusion
05:01entre ce qui serait à demander sur l'organisation
05:04et le fonctionnement des établissements,
05:06et de toute façon, ça se fait dans le cadre des instances habituelles,
05:09et ce qui serait d'une revendication plus nationale et sociétale,
05:14et pour laquelle l'école peut faire de la vie et de la communication,
05:20mais elle peut difficilement trouver des réponses
05:22et des solutions à toutes ces problématiques.
05:25Merci beaucoup Stéphane Erard, syndicat des proviseurs,
05:28donc, dans le département des Alpes-Maritimes.