- il y a 4 jours
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Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités.
Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités.
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00:02Bonjour Maya, bonjour à tous et bienvenue dans les cas de vérité. Mon invité est donc Jean-Pierre Farandou, bonjour.
00:06Bonjour.
00:06Je suis le travail des Solidarités. On va parler des blocages dans les lycées, il y en a eu hier,
00:10il y en aura encore aujourd'hui et probablement demain aussi.
00:12Les jeunes dénoncent des classes surchargées, des bâtiments vétus, des profs absents. Est-ce que vous les entendez ?
00:17Oui, moi j'entends tout à fait que les jeunes expriment des revendications, des constats, des choses qui ne leur
00:22vont pas dans la manière dont l'éducation est organisée.
00:25Vous savez, moi je suis ministre du Travail, j'ai un passé quand même social que l'on connaît.
00:28Et vous avez en partie les lycées professionnels sous votre coupe, vous avez un droit de regard sur les lycées
00:32professionnels.
00:32Oui, tout à fait. Mais en général, moi je serai toujours en faveur de la liberté de manifester quand on
00:37a des choses à dire.
00:38Par contre, ce que je ne peux pas défendre, voire que je condamne, c'est les violences.
00:41Ça, ce n'est pas possible, les violences faites aux gens. Il y a quand même 38 blessés hier et
00:45gravement.
00:46Il y a aussi des dégradations, enfin je veux dire, on parle d'argent public, on parle de lieu public.
00:50Ça par contre, je ne suis absolument pas d'accord avec cette violence.
00:53Alors des violences, justement, 440 interpellations à bord des lycées hier, c'est du jamais vu, quoi qu'il en
00:57soit.
00:58Et des blessés. Il y a un élève du lycée professionnel de Saint-Ouen-lau-Monde dans le Val-d
01:01'Oise qui a été touché par un tir de grenade.
01:03Il est défiguré. Une enquête de l'IGPN a été ouverte. Est-ce que ça, ça vous choque ?
01:09Non, je l'ai dit, c'est toutes les violences, bien évidemment.
01:11Mais là, en l'occurrence, ce cas-là, un élève d'un lycée professionnel.
01:14Oui, je vois bien, mais j'ai une pensée pour tous les gens qui sont blessés, y compris pour ce
01:18jeune homme.
01:18Vous voyez, c'est quand même grave ce qui s'est passé.
01:20Donc là-dessus, il y a une enquête. Laissons faire l'enquête.
01:22Je ne vais pas me lancer dans les commentaires sur l'enquête, mais on voit bien où la violence mène.
01:26C'est pour ça que la liberté de manifester, oui, bien sûr, mais c'est peut-être aux organisations syndicales
01:31de canaliser ces revendications, mais pas de violence et pas de dégradation des biens publics.
01:35Vous renvoyez au syndicat qui, hier, était dans la rue, derrière les fonctionnaires,
01:38et qui n'exclut pas une extension des mouvements pour les salaires.
01:42Pour vous, ministre du Travail, est-il temps que les entreprises augmentent les salaires ?
01:47Vous savez, moi, j'ai été chez les entreprises, donc je vois bien comment ça se passe.
01:50Alors moi, j'ai pu, quand j'étais président de la SNCF, avoir des négociations à l'élel obligatoire,
01:54je pense, qui ont fonctionné, qui ont été d'ailleurs signées par plusieurs syndicats,
01:57qui ont permis, en gros, d'accompagner l'inflation pendant toute la période où l'inflation était très forte.
02:02Donc ça serait un exemple à suivre pour les entreprises ?
02:03Ça dépend des entreprises. Je pense que les entreprises qui le peuvent,
02:06qui ont le carnet de commandes bien rempli, qui ont des perspectives de développement économique,
02:09je pense, et je souhaite qu'elles puissent effectivement accompagner la progression des salaires.
02:13Donc augmenter les salaires.
02:14Mais il y a peut-être d'autres entreprises qui sont plus serrées, c'est plus compliqué.
02:17Mais celles qui le peuvent doivent augmenter les salaires ?
02:19Ce n'est pas le mot « doivent ». Moi, je ne me substitue pas, je veux dire, aux patrons
02:22d'entreprise,
02:22mais c'est important qu'ils écoutent les revendications salaires qui s'expriment.
02:25On a d'ailleurs donné un instrument à la prime carburant, je rappelle qu'il peut aller jusqu'à 1
02:29000 euros.
02:29Là, le brut égale le net. Donc si un patron donne 1 000 euros à ses salariés,
02:32il y aura 1 000 euros dans la poche des salariés concernés.
02:35Pour aller au travail ?
02:35Pour aller au travail.
02:36Par exemple, le RSA, l'allocation aux adultes handicapés, le minimum vieillesse,
02:40vont suivre le rythme de l'inflation qui est prévu de 1,8% cette année.
02:43Est-ce qu'il y aura d'autres dispositifs qui vont être alignés sur l'inflation ?
02:47On peut revenir là-dessus. On a voulu que dans le budget, il y ait un bouclier anti-inflation
02:51pour les gens les plus démunis.
02:52Ça se traduit comment ? Effectivement, les allocations les plus fondamentales,
02:56comme le RSA, comme le minimum vieillesse,
02:58ou comme l'allocation adulte handicapée, seront indexées à 100%.
03:02Mais que c'est là ?
03:03On sait qu'en termes de principe, les petites retraites aussi seront indexées à 100%.
03:07Voilà, dont les gens les plus démunis seront protégés par ce budget,
03:10puisqu'on va coller à l'inflation.
03:11Mais le reste, ça fait partie du débat.
03:13C'est-à-dire que l'intention du gouvernement n'est pas forcément de les indexer à 100%.
03:16Il y aura débat au Parlement pour savoir de combien il faut revaloriser
03:19l'ensemble des autres allocations.
03:19Est-ce qu'il y a de taux de dispositifs qui vont être augmentés ?
03:22Et qui vont suivre l'inflation ?
03:23Ça, on verra pour le moment. Dans la copie initiale qui sera présentée au budget,
03:27il n'y a pas d'indexation.
03:30Mais on sait qu'au Parlement, il y aura des débats et des amendements.
03:32C'est une copie initiale.
03:33On verra comment elle vit quand elle arrivera au Parlement.
03:35On va prendre un exemple, la prime d'activité, par exemple.
03:38Vous avez été flou là-dessus il y a quelques jours.
03:40Est-ce qu'elle sera, parce qu'elle est versée à 4,5 millions de salariés,
03:43alignée sur l'inflation ou pas ?
03:44Alors, pour le moment, dans la copie initiale, la prime d'activité n'est pas indexée.
03:47Voilà, donc on rentre comme ça, il y aura du débat.
03:50Mais je le rappelle, pourquoi on fait ça ?
03:52Ce n'est pas de gaieté de cœur.
03:53Je rappelle que l'enjeu, c'est de restaurer les comptes de ce pays
03:56dont les déficits dérapent, dont la dette s'envole.
03:59Donc, il faut une forme de courage.
04:00En tout cas, vous clarifiez, ce matin, aujourd'hui, elle n'est pas indexée.
04:03Oui, ce que je vous dis, c'est qu'on fait preuve de sérieux, de courage et de priorité.
04:06Donc, on a donné la priorité aux plus démunis.
04:09Donc, c'est le RSA, c'est l'allocation handicapée, le minimum vieillesse,
04:13les petites retraites et tout le reste débat.
04:15Les aides alimentaires, on va les augmenter.
04:17C'est important, ça fait partie aussi de la lutte contre la pauvreté.
04:20C'est 24 millions d'euros supplémentaires.
04:22C'est 15% de personnes supplémentaires qu'on pourra aider.
04:24Ça, c'est un acte concret qui montre qu'on a donné une priorité aux plus démunis dans ce pays.
04:28– Sébastien Lecornu présentera les pistes de son budget 2027 demain.
04:31Et d'après des indices questions de presse, même si ça ne fait pas plaisir au Premier ministre,
04:34qui a porté plainte là-dessus, dans les échos,
04:37votre ministère, en particulier France Travail,
04:41serait touché par de nouvelles suppressions d'emplois l'année prochaine,
04:44alors que le chômage augmente. Vous confirmez ?
04:46– Je ne vais pas encore dévoiler le détail du budget qui sera présenté demain.
04:50Donc, je ne pourrai pas répondre avec précision à la question.
04:53De manière générale, vous savez, la notion d'effort, elle sera largement répartie.
04:56– Cet effort, il doit d'abord démarrer par l'État, d'ailleurs.
04:58Et dans l'État, il y a les ministères et il y a les agences de l'État.
05:01Donc, il y a un effort qui sera porté par l'État et par ses agences.
05:04– Donc, y compris pour France Travail ?
05:04– Pour toutes les agences et pour tous les ministères.
05:06Vous savez que le mien, d'ailleurs, participe à cette volonté.
05:09– Mais plus, beaucoup d'ailleurs, presque plus que d'autres.
05:12Alors que, je le disais, le chômage augmente.
05:13– Oui, mais on le fait avec des priorités.
05:15Je dis priorité pour la jeunesse.
05:16Vous savez qu'on va maintenir l'effort sur l'apprentissage,
05:18dont les aides aux entreprises seront conservées.
05:21Les financements des formations dans les centres de formation
05:23des apprentissages seront conservés.
05:25Tous les contrats d'engagement jeune qui aident les jeunes dans la difficulté,
05:27270 000 contrats seront aussi préservés.
05:29– Donc, il n'y aura pas de baisse des aides aux apprentissages ?
05:31– Non, il n'y aura pas de baisse des aides aux apprentissages.
05:34Elles sont maintenues, les aides nationales sont maintenues.
05:36C'est très important.
05:37C'est quand même 800 000 jeunes qui vont pouvoir entrer dans l'apprentissage.
05:40Donc, c'est considérable pour bien former ces jeunes
05:42et qu'ils puissent s'insérer dans la vie professionnelle.
05:43– Un mot sur Stellantis, ce groupe qu'on connaît,
05:45qui construit des voitures.
05:46Il y a quatre usines qui vont fermer pendant 5 à 15 jours en France
05:51parce que, pour faire des voitures électriques, il faut des batteries
05:53et Stellantis n'a pas assez de batteries électriques.
05:55C'est un paradoxe.
05:57– Moi, je laisse Stellantis gérer ses problèmes de production.
06:00Voilà, donc on peut regretter qu'il y ait des problèmes de logistique.
06:05On sera très attentif, d'ailleurs,
06:06si on a été sollicité pour l'activité partielle, pourquoi pas,
06:09on sera très attentif à vérifier que les causes et les critères sont bien respectés.
06:13– Une dernière question sur la retraite.
06:14Édouard Philippe, candidat à la présidentielle, a fait ses propositions hier.
06:1745 ans de cotisation et 65 ans âge de départ.
06:20Ça vous paraît crédible ?
06:22– Moi, je peux partager, bien sûr, avec Édouard Philippe,
06:24la volonté de trouver une réforme qui stabilise les comptes de la branche vieillesse
06:28parce qu'on sait bien que les retraites perdent de l'argent chaque année.
06:31Il faut qu'on puisse garantir aux jeunes générations
06:33que quand ils arriveront eux-mêmes à la retraite,
06:35on soit capable de financer leur retraite.
06:36Là-dessus, moi, je pense qu'il faut s'inspirer des travaux
06:38qui ont été menés par une convention sociale, une conférence sociale,
06:42travaille en plan retraite, des recommandations sont sorties
06:44il n'y a pas très longtemps.
06:45Moi, si j'étais les candidats, je regarderais
06:47parce qu'il y a des choses très intéressantes là-dessus,
06:49notamment sur la pénibilité.
06:50C'est-à-dire qu'après dix mois de dialogue social,
06:52je pense que les partenaires sociaux sont parvenus
06:54à surmonter le blocage du conclap.
06:56Vous vous souvenez, ils n'avaient pas réussi à s'entendre
06:58sur comment on prend en compte la pénibilité.
06:59Je pense que là, il y a un matériau très utile
07:01qui est peut-être la bonne réponse.
07:02– Il y a une conclusion sur la pénibilité.
07:03– Il y a une conclusion, c'est-à-dire qu'en fait,
07:05vous avez une réforme qui est préparée.
07:07– Qui est prête.
07:08– Qui est préparée, qui est préparée.
07:09– Pour le candidat du Bloc Central, par exemple.
07:11Merci, Jean-Pierre Farandou, d'avoir accepté
07:13notre invitation dans les cas de vérité.
07:15Vous nous avez dit aujourd'hui que les aides alimentaires,
07:17notamment, allaient augmenter.
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