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  • il y a 12 minutes

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Dire à son enfant, mais ne sois pas anxieux, tu sais, on va soigner cette anxiété, par exemple,
00:04te donner des médicaments, c'est un très mauvais plan.
00:12Dès qu'on utilise le mot hyper, on doit savoir qu'on est dans un champ un petit peu particulier
00:16qui suppose qu'il y a un fonctionnement excessif d'un système.
00:19Le préfixe hyper, il est un petit peu particulier parce qu'il vient du monde médical.
00:23Si vous faites de l'hypertension, de l'hyperacousie, ça suppose que votre système cardiovasculaire
00:27fonctionne avec l'excès, qu'il va falloir le corriger.
00:29Donc rien qu'en mettant le mot hyper, on suppose cette correction qui vient du monde médical.
00:33Mais le mot hyper a aussi une connotation un peu bizarre, puisque si on dit
00:38« mais il est hyper cool ce gars, il est hyper génial », on est en train de donner l
00:42'impression
00:42d'une forme de valorisation.
00:43Et j'entends maintenant de plus en plus ce mot hyper anxieux, qui suppose que cette anxiété,
00:48finalement, c'est peut-être pas seulement l'indice ou le signe d'une pathologie,
00:52c'est aussi un signe d'intelligence.
00:53Le monde est particulièrement oxygène.
00:55On voit des drones au-dessus de nos têtes, on entend de la guerre, on entend effectivement
00:59l'essoufflement de la planète.
01:00On sait effectivement qu'il y a beaucoup de raisons de ne pas être tout à fait tranquille
01:05dans le monde tel qu'il se configure.
01:06Et donc, on attend de cette tendance à supposer, parfois de façon très très floue,
01:10que cette anxiété, elle est justifiée chez l'enfant.
01:12Il faut l'accepter.
01:13Chez l'enfant comme chez l'adolescent, cette anxiété, c'est sa faculté de se poser des
01:17questions par rapport à un monde dont on n'avait pas prévu la configuration actuelle.
01:21Des guerres à gauche, à droite, des images de guerre qui nous submergent en permanence,
01:25qui laissent entendre qu'on risque d'être concerné d'une façon ou d'une autre.
01:29Mais dire à son enfant, mais ne sois pas anxieux, tu sais, on va soigner cette anxiété,
01:33par exemple, dans un médicament, c'est un très mauvais plan.
01:36Il vaut beaucoup mieux dire, on va partager cette anxiété.
01:38On va ensemble s'interroger, parce que moi aussi je suis anxieux en tant qu'adulte,
01:42et on va faire de cette anxiété une façon de s'interroger.
01:44Il faut savoir que l'anxiété n'est un problème que quand elle devient invasive ou envahissante.
01:48Et il y a deux critères qui permettent de le déterminer, elle devient invasive quand
01:51elle prend d'assaut votre corps, parce qu'il n'y a pas de mots pour dire les choses,
01:55c'est le corps qui révèle que vous êtes anxieux.
01:57Et l'autre façon d'être problématique, c'est de devenir envahissante.
02:00Si vous êtes tout le temps envahi par cette anxiété et que vous n'êtes pas capable de
02:04vous amuser, de rigoler avec des copains, de vous détendre, etc., là on a affaire à
02:08une anxiété envahissante.
02:08Mais c'est excessivement, rarement le cas, et notamment chez les adolescents qui, il suffit
02:13de se balader en rue dans un transport commun, gardent cette faculté de s'amuser les uns
02:16avec les autres, de rire de tout et de rien.
02:18Et donc cette anxiété, dans ces cas-là, ça va être des niches d'intelligence qu'il
02:21faut à tout prix préserver et partager, parce que l'anxiété a une caractéristique
02:25particulière, c'est que quand elle se partage, elle devient moins présente chez tous ceux
02:29qui la partagent ensemble.
02:30Donc discuter des motifs d'anxiété avec un adulte pour un adolescent, c'est jamais
02:34une perte de temps, c'est une façon de gérer sa charge mentale et la charge mentale
02:38qui est produite par l'anxiété.
02:38Sous-titrage Société Radio-Canada

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