00:00Oui absolument, Robert Ménard qui vient tout juste d'arriver ici au tribunal correctionnel de Montpellier pour y être jugé
00:05d'ici quelques minutes.
00:07Le maire de Béziers qui est accompagné par de nombreux maires de ce département de l'Hérault et même au
00:11-delà.
00:11Et puis à l'intérieur, à l'extérieur pardon, il y avait M. le maire, une ambiance pour le moins
00:15électrique avec des personnes qui scandaient des slogans anti-Ménard
00:20qui ont fait face à vos collègues maires. Vous êtes dans quel état d'esprit, vous, à quelques minutes de
00:25l'ouverture de cette audience ?
00:26A la fois je suis énervé par ce genre de choses comme tout le monde le serait et en plus
00:30rassuré, tous les sondages le disent, il y a 70 à 80% des gens
00:34et je vous dis pas les maires, c'est encore plus, qui pensent que de ne pas marier quelqu'un
00:40qui est en situation irrégulière relève du bon sens.
00:43Moi je me suis jamais prononcé sur l'histoire d'amour dans ce couple, c'est pas mon affaire. C
00:48'est même la ville de Béziers qui a donné les papiers au consulat en Algérie
00:52pour que ce mariage se fasse. C'est pas mon problème. Mon problème c'est que je ne comprends pas
00:57comment l'état me demande de marier quelqu'un
01:00dont lui-même dit qu'il est en situation irrégulière et qu'il doit être expulsé. Il a d'ailleurs
01:06été expulsé trois semaines plus tard.
01:07Ça n'a aucun sens, ça n'a aucun sens. On peut pas demander à un maire de faire quelque
01:11chose que l'évidence même fait que tu n'as pas envie de le faire.
01:16J'allais pas marier quelqu'un qui n'avait pas à être en face de moi. C'est aussi bête
01:20que ça.
01:21C'est votre avenir politique qui se joue cet après-midi puisqu'on va rappeler que notamment vous risquez, si
01:25vous êtes reconnu copable bien évidemment,
01:26une peine d'inéligibilité. De fait, vous pourriez perdre votre écharpe de mer si cette peine était prononcée accompagnée d
01:31'une exécution provisoire.
01:32Oui, évidemment, c'est ce qui m'inquiète. Vous avez compris, je crois pas qu'on me mette en prison.
01:36Enfin, c'est toujours prévu puisqu'il y a 5 ans de prison à la clé.
01:40Mais je crois pas. Oui, ça veut dire que j'ai été élu avec 65% des voix au premier
01:45tour il y a 6 mois et je ne serai plus maire de Béziers.
01:48Mais en même temps, quand on m'a proposé un plaidé coupable, je l'ai pas fait. Quand des responsables
01:55de l'État m'ont dit « Ah mais si tu peux pas le faire, t'as qu'à demander
01:58à un autre élu de le faire, je l'ai pas fait ».
02:00J'ai juste un peu de suite dans les idées. Je pense que c'est une situation ubuesque. C'est
02:04pas mon mot, c'est le mot du chef de l'État. Le chef de l'État, quand je l
02:07'ai interrogé sur TF1, il m'a dit « C'est ubuesque ».
02:10C'est pour ça que d'ailleurs, je l'avais cité. Il n'est pas venu. Puisque c'est ubuesque,
02:13on change la loi. Mais on ne me fait pas payer à moi une loi ubuesque.
02:17Emmanuel Macron, le président de la République, n'est pas venu. En revanche, le candidat Les Républicains à la présidentielle,
02:22Bruno Retailleau, est arrivé dans la salle il y a quelques minutes.
02:25Pourquoi lui avoir demandé de témoigner aujourd'hui en votre faveur, bien évidemment ?
02:32Parce qu'il a été ministre de l'Intérieur. Parce qu'il a été ministre de l'Intérieur et que
02:36ça relève de lui. Les préfets relèvent de lui. Ses décisions relèvent de lui.
02:41Et il m'a dit qu'il était solidaire avec ce que j'avais fait avant d'être ministre de
02:45l'Intérieur. Il l'a dit pendant qu'il était ministre de l'Intérieur. Il l'a dit après.
02:49C'est-à-dire qu'il n'est pas une girouette. Il ne vous dit pas quelque chose en fonction
02:52de l'endroit qu'il occupe.
02:54Et je trouve que c'est une vraie qualité. J'ai demandé aussi à David Lysnard de venir. Vous avez
02:59vu qu'il y a une tempête ici. Son avion a été détourné sur Marseille.
03:04Mais j'espère qu'il sera là parce qu'il est le président de l'Association des maires de France.
03:09Ici, il y a plein de maires qui se retrouvent dans mon combat.
03:12Et j'ai eu plein de messages de maires qui ne sont pas de droite. Et donc, ce n'est
03:17pas un choix politique. C'est un choix de bon sens.
03:19L'ancien ministre de l'Intérieur est là. J'ai demandé à M. Darmanin de venir. Et je peux vous
03:24dire parce qu'il me l'a dit. Il ne pouvait pas être là.
03:26Il m'a dit « Vous pouvez leur dire que je suis exactement dans le même état d'esprit que
03:31lui aussi avait condamné. Ce qui m'arrive. »
03:34Autre candidat à la présidentielle. Que répondez-vous à celles et ceux qui, aujourd'hui, disent « Oui, mais M.
03:39Ménard, il veut transformer cette audience en meeting politique, finalement, en pleine campagne électorale ? »
03:44Mais je ne veux transformer en rien du tout. Là, il y a le sénateur demi-I. Je ne crois
03:48pas qu'il soit candidat à la présidentielle. Il est centriste.
03:54Pas encore, en tout cas. Il est centriste. Il est juste l'auteur de la loi qu'on a essayé,
03:59qui a été votée au Sénat, qui permettrait, si elle était adoptée, au maire, de ne plus être ennuyée pour
04:05ça.
04:05Il reste à l'Assemblée nationale de le faire. Moi, je ne fais pas de politique. Je ne suis pas
04:10dans un parti politique. Je ne suis pas candidat aux présidentielles.
04:13Je ne dis pas « Je voterai pour tel ou tel ». Ce n'est pas mon affaire. Mon affaire,
04:17c'est qu'on met les maires dans une situation impossible. Impossible.
04:21On ne peut pas à la fois dire de quelqu'un qu'il doit être expulsé et me demander de
04:26le marier. C'est aussi simple que ça.
04:28Et moi, je connais plein de maires. Soit ils l'ont fait sans le savoir, soit qu'ils l'ont
04:33fait pour une autre raison.
04:34J'ai eu plein de maires qui m'ont dit « Oui, mais enfin, tu imagines. Moi, je n'ai
04:37pas envie d'être inéligible ».
04:39Voilà. C'est ça, le problème. C'est que la menace est telle que ça fait peur aux maires.
04:44Mais demandez aux maires ce qu'ils en pensent de cette situation ubuesque.
04:48Merci. Merci, Robert Médard. L'audience, on va vous laisser rentrer dans la salle d'audience.
04:51Ça va commencer d'ici quelques minutes. Audience devant le tribunal correctionnel de Montpellier.
04:56Robert Médard qui avait donc refusé de marier une Française et un Algérien visés par une obligation de quitter le
05:02territoire français.
05:03C'était le 7 juillet 2023 à l'hôtel de ville de Béziers.
05:07Robert Médard qui avait refusé le plaidé coupable du procureur de la République de Montpellier en février 2025.
05:12Il se retrouve donc aujourd'hui face au tribunal correctionnel pour y être jugé.
05:17On va rappeler que Robert Médard encourt une peine qui peut aller jusqu'à 5 ans d'emprisonnement,
05:2175 000 euros d'amende et une peine d'inillégibilité.
05:24L'audience va donc démarrer dans quelques minutes.
05:27Beaucoup demandent ici dans cette salle d'audience.
05:29Le soutien des maires de ce département de l'euro, mais également des curieux qui sont venus assister à l
05:35'audience
05:35qui va démarrer d'ici quelques minutes ici à Montpellier.
05:37Sous-titrage Société Radio-Canada