Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 minutes
À Diasson, dans le département d’Adzopé, les populations ont choisi de préserver leur territoire en disant non à l’orpaillage illégal. Pourtant, les activités menées dans les localités voisines ont des conséquences directes sur leur quotidien : cours d’eau pollués et robinets à sec depuis plusieurs mois.

Privée d’eau potable et confrontée à la dégradation de ses ressources hydriques, la population de Diasson interpelle les autorités sur une situation qui perdure.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Nos ancêtres, nos pères, nos mères, nous ont toujours dit que l'or tue.
00:06Nous vivons de l'agriculture, nous vivons de l'EVA, nous vivons du cacao, nous vivons du café et nous
00:14mangeons le manioc.
00:16Si nous cédons nos terres pour de telles activités, qu'allons devenir nos futures générations ?
00:33En Côte d'Ivoire, la question de l'orpaillage illégal continue de faire couler beaucoup d'encre et de salive.
00:39Cette pratique cause des problèmes socio-économiques, notamment la destruction des sols, des forêts et la contamination des cours d
00:46'eau au mercure et au cyanure.
00:50Addiasson, modeste village situé dans le département d'Adzopé, avoir de l'eau dans les robinets relève d'un miracle.
00:59Ici, les jeunes ont décidé d'être éco-responsables, les jeunes ont décidé d'être des ambassadeurs de la lutte
01:04contre l'orpaillage illégal.
01:06Malgré qu'il y ait des veilletés de présence d'or, la population a décidé de ne pas s'adonner
01:13à l'orpaillage illégal.
01:15Tout au long de ce reportage, nous allons découvrir Addiasson.
01:17Nous allons aussi visiter ces différents cours d'eau, que ce soit Emodjua, Esaki et même Lame.
01:23Tous ces cours d'eau, comme je le disais tantôt, pollués à cause de l'orpaillage illégal.
01:47Face à ce problème crucial de l'eau, les populations tentent à leur manière de s'offrir le liquide vital.
01:53Il n'y a pas de l'eau, on se fond de l'eau.
01:55Après la fatigue, l'eau ne vient pas.
01:57Les gens de l'eau sont venus creuser, donc ils ont gâté tout.
02:00Ça fait qu'on a vraiment le problème.
02:03Puisque la rivière, c'est pour tout le village.
02:05Maintenant, les gars sont creusés de l'eau en haut là-bas, donc c'est plutôt lourd.
02:17Dans le temps, il y avait l'eau dans la rivière, on s'est empuisés, on a besoin de l
02:22'eau, on attrape, on prend l'eau.
02:23Mais dans ce temps-ci, l'État nous a promis un château.
02:26Ça fait tant que cinq ans, on n'a pas de château, on n'a pas d'eau.
02:28On est obligé d'aller chercher l'eau avec les jeunes gens qui ont des motos, des vélos.
02:32Les bidons, ils ont fait trois bidons à deux milles.
02:35Ce n'est qu'avant-hier, il y a plusieurs lots jusqu'à sept milles.
02:37Même en électricité, il y a des lampadaires qui sont abîmés.
02:40On est dans le noir, sauf la rue principale.
02:43Donc nous avons besoin de l'État, il faut qu'ils viennent nous secouer.
02:49Il y a des problèmes d'eau, c'est ça notre objectif.
02:52On manque d'eau plus que cinq mois.
02:54Mais nous, à la fois des fatigues, on peint quand même, mais il y a plein de l'eau.
02:57Il faut aller au puits ou bien au marigot.
02:59Le marigot, ce n'est pas l'eau qu'on doit boire.
03:01C'est un problème qui est très difficile pour nous.
03:03Nous, nous prions les autorités de nous venir en aide.
03:12Puis quand il pleut, là, c'est ça, on trouve l'eau pour boire.
03:15Quand il ne pleut pas, on n'oublie d'aller payer à Ouagui, à la boutique pour boire.
03:18En tout cas, je l'enseigne en paix, donc on peut nous aider à terminer nos châteaux d'eau.
03:23Parce qu'on est dans le besoin même, donc on peut nous aider.
03:27Nous avons écouté les populations des Diasons, elles ont toutes le même problème, le manque d'eau.
03:31Vous comprenez que vraiment, c'est difficile pour avoir de l'eau à Diasons.
03:34Suivez-moi pour découvrir le nouveau visage de l'Ame, le fleuve qui donne d'ailleurs son nom à la
03:39région dans laquelle nous sommes.
03:56Comme promis, découvrez avec nous le nouveau visage de l'Ame.
04:01Voilà, l'eau a complètement changé de couleur.
04:05Ne me demandez pas pourquoi, c'est encore à cause de l'empraillage illégal.
04:15Il faut dire que l'Ame prend sa source depuis la ville d'Akoupé, disons le village de Bekoufou.
04:21Il prend sa source là-bas, il traverse plusieurs villages.
04:23Dans notre région, il passe à Nian.
04:25Le Nian, Diasons, Diasons, Bassazin, Bassazin à Népée.
04:31À Népée, ils sont à Lobois-Akouzun et Lobois-Akouzun, ils rentrent dans la région d'Alepée en passant par
04:36Koduchou.
04:37Koduchou et jusqu'à aller à l'embouchure qui se trouve vers la lagune ébriée.
04:42La situation que nous vivons à Diasons, il faut dire que l'empraillage illégal a détruit l'eau.
04:49Et vous-même, vous le voyez, voilà.
04:57Avant d'aller au champ, on puise l'eau de la maison pour aller au champ.
05:02Avant, avant, au temps de nos parents, on trouvait de l'eau à boire.
05:05Quand on partait au champ, on partait pas avec de l'eau.
05:08Mais cette année, les empereurs sont venus gâter nos eaux.
05:12C'est pourquoi lorsqu'on va au champ, on part avec eux.
05:15Maintenant, ils nous ont promis un château, mais on ne trouve pas de l'eau à boire.
05:19Toutes les petites eaux qui étaient autour du village, c'est ça qu'on prenait pour tout faire.
05:23À cause de la pollution d'eau, même les enfants ne sont pas épargnés.
05:28Nous, les grandes personnes aussi, nous ne sommes pas épargnés.
05:31Ça fait qu'il y a eu beaucoup de pêtes en nous, même cette année.
05:34On ne comprend rien, mais...
05:38On souhaite que l'État vienne nous aider pour avoir de l'eau pour table, car on a vraiment besoin
05:44d'eau.
05:55Depuis trois ans, notre village est en manque d'eau.
05:58Nous avons recouru près des autorités afin que ceux-ci nous aident.
06:03Et depuis 2023, nous sommes en construction d'un château d'eau qui, malheureusement, s'est arrêté.
06:08Nous avons des coups d'eau, notamment la mer, des rivières et des marigots.
06:12Mais compte tenu des activités de l'oppaillage qui se mènent aux alentours de notre village,
06:17en ce moment, nous constatons que nous n'arrivons plus à consommer cette eau-là.
06:22Donc, Diasson, c'est un cri de cœur, qui lance aujourd'hui.
06:25Nos robinets sont secs, vous pouvez le constater.
06:28Vous verrez même que nos tuyaux même sont tous cassés parce qu'il n'y a plus d'eau qui
06:33en circule.
06:33Nous avons un quartier ici, qu'on nous appelait Indaqua, qui n'a plus d'eau depuis trois ans.
06:39À l'époque, on n'avait pas de château d'eau.
06:42On n'y pensait même pas.
06:44On pouvait même faire des forages.
06:46Mais aujourd'hui, on ne peut plus utiliser ces eaux-là.
06:48La question de l'oppaillage, nos ancêtres, nos pères, nos mères, nous ont toujours dit que l'or tue.
06:56Aujourd'hui, l'oppaillage qui se fait, nous fait peur.
07:00Oui, vous avez parlé d'argent, mais cette façon de faire nous fait peur.
07:05On veut bien avoir de l'argent.
07:07On veut de l'eau, nous voulons des infrastructures.
07:10Mais nous préférons que, si demain il doit y avoir l'oppaillage, que ce soit fait dans les règles de
07:17l'art.
07:18Sinon, le clandestin est devenu illégal.
07:21Légal, tout ça, nous n'en voulons pas.
07:23Parce que nous savons qu'en ce moment à Diasso, nous vivons de l'agriculture.
07:29Nous vivons de l'EVA.
07:30Nous vivons du cacao.
07:32Nous vivons du café.
07:34Et nous mangeons le manioc.
07:36Si nous cédons nos terres pour de telles activités, qu'allons devenir nos futures générations ?
07:42Conscient de ce fait-là, toute la population de Diasso, que vous soyez le plus jeune, le plus vieux, tous,
07:50de façon unanime, nous avons dit non.
07:57En cas de saison sèche, dans certaines zones, on utilise de l'eau pour irriguer les champs.
08:02Mais écoutez, si l'eau elle-même est déjà polluée, comment voulez-vous que les gens puissent irriguer les différentes
08:06plantations ?
08:07Et tout ça, ce sont les méfaits de l'oppaillage illégal, malheureusement.
08:11Sous-titrage Société Radio-Canada
08:17Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations