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  • il y a 13 minutes
83 ans après les faits, la Rafle du Vieux-Port, et plus précisément celle du quartier Saint-Jean, a été juridiquement reconnue  « crime contre l’humanité », ce mercredi 30 septembre 2026, à l'issue de 7 ans de procédure.
Une décision historique pour ce volet du Passé quasiment inconnu de tous.

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Transcription
00:00C'est la souffrance de madame qui a été reconnue.
00:03Et j'ai l'émotion.
00:06A l'issue de l'enquête et de l'analyse judéridique menée par Montparquet,
00:12la rafle menée à Marseille, dans le quartier Saint-Jean,
00:15les 23 et 24 janvier 1943,
00:18ainsi que le pillage puis la destruction du quartier dès février 1943,
00:24caractérisent indubitablement des crimes contre l'humanité
00:28au sens de la charte du tribunal militaire international de Nuremberg,
00:32qui est applicable aux crimes commis pour le compte des pays européens de l'Axe
00:36durant la Seconde Guerre mondiale.
00:46En ce mercredi 30 septembre 2026, au sein du Palais Mention,
00:49c'est une émotion indescriptible pour les 180 membres du collectif Saint-Jean.
00:53C'est extraordinaire, je l'ai dit, je n'ai pas dormi dans la nuit
00:56pour attendre cette matinée-là.
00:58Après sept ans de procédure à l'initiative d'un petit noyau de survivants
01:01et descendants de cette rafle du Vieux-Port,
01:04menée par les troupes nazies avec le concours du régime de Vichy,
01:06en différents quartiers cosmopolites et populaires de Marseille,
01:09fin janvier 1943,
01:11cette reconnaissance officielle est un premier pas réconfortant
01:14face à ce combat des mémoires aussi émotionnel.
01:16Nous habitions la rue des Ferras.
01:18Ma mère était enceinte, j'avais un frère qui avait 4 ans et moi j'avais 6 ans.
01:24Et quand on est parti à 6 heures du matin sur les quais,
01:28ma mère s'est assise sur une bite d'amarrage et elle pleurait.
01:32Et un gendarme est venu la prendre, nous a accompagnés jusqu'au ferry-Bot
01:38et on a été sauvés de ce fameux voyage entre Moué
01:43qui a mené les gens à la gare d'Arain,
01:45puis de la gare d'Arain, les a menés à Fréjus.
01:48Au total, ils seront près de 20 000 hommes, femmes et enfants,
01:50expulsés de force avant d'être placés en centre de détention improvisée
01:54ou bien déportés vers des camps de concentration allemands.
01:57Véritable travail de fourmis en termes de reconstitution
02:00et dans l'épluchage des archives,
02:01les investigations de cette enquête exceptionnelle,
02:03également portées par le biais de la coopération internationale,
02:06ont été confiées à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité.
02:10Aux archives de Marseille, on a trouvé à peu près 500 personnes
02:12qui avaient été identifiées comme ayant participé.
02:15On a identifié des unités de police et de gendarmerie,
02:1812 000 personnes qui ont participé également.
02:20Et donc tous ces gens-là, on les a passés au tamis,
02:22au tamis de l'état civil.
02:24Donc c'est effectivement un peu inédit comme méthode.
02:26Et ça nous a permis de détecter aucune personne vivante, malheureusement,
02:31à l'exception de 18 qui ont été évoquées.
02:34Mais c'est des gens dont on n'a pas pu relier aux faits.
02:35Si la notion de crime contre l'humanité ne cible dans l'immédiat
02:38que le quartier Saint-Jean, incluant sa destruction totale par dynamitage,
02:42et que la désignation de coupable encore vivant n'a pu aboutir 83 ans après les faits,
02:46la satisfaction se porte désormais et avant tout sur le souhait
02:49de mettre en nationale lumière ce pan quasiment inconnu de l'histoire française
02:52et de la Seconde Guerre mondiale,
02:53où classe ouvrière, issue de l'immigration et juifs,
02:56ont été la cible de persécution et déportation.
02:59La conséquence naturelle de ces faits demeure la transmission aux jeunes générations.
03:04La page de Marseille 1943, la rafle du Vieux-Port, doit être enseignée désormais
03:09et doit intégrer les programmes scolaires.
03:12Nous voulons aller plus loin, nous voulons que ça soit reconnu par l'État,
03:15par l'État français, par le Président de la République,
03:18je le répète comme Jacques Chirac a reconnu, je dirais, la rafle du Vélodrome d'hiver.
03:24On est quand même un peu soulagés ?
03:26Oui, pas tout à fait encore.
03:31Une partie.

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