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  • il y a 10 minutes
Les lycéens de France continuent à bloquer leurs établissements scolaires pour demander plus de moyens pour leur apprentissage. Ce jeudi 1er octobre, ils sont rejoints par plusieurs étudiants qui ont bloqué leur université. Des tensions et des dégradations ont éclaté dans plusieurs villes.

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Transcription
00:00Ecoutez Roselyne, je suis avec Benjamin Lucas, député écologiste et social des Yvelines.
00:04Bonjour.
00:05Face à toutes ces images que l'on voit depuis ce matin,
00:07des images par exemple de lycée en feu, de professeurs agressés,
00:11est-ce que vous condamnez ces violences ou est-ce que par exemple,
00:14comme certains élus, je pense notamment à Bali Bagayoko,
00:17maire de Saint-Denis, de la France Insoumise,
00:19est-ce que vous dites que dans certains cas, la violence est légitime ?
00:22Alors ce n'est pas ce qu'il a dit, il n'a pas encouragé légitimer une quelconque violence,
00:25mais je veux vous dire, moi, évidemment, je n'aime pas la violence.
00:27Et je pense qu'elle dessert toutes les causes.
00:28D'ailleurs, je constate que dans beaucoup d'événements qui se sont produits,
00:31il est fort possible, en tout cas c'est ce qu'il nous a dit sur place,
00:34que ce soit des éléments extérieurs, des personnes extérieures au mouvement lycéen
00:37et aux lycéens eux-mêmes qui aient commis ces actes.
00:38Mais moi, la violence que j'ai constatée ce matin chez moi à Montelajoli,
00:41c'est cette jeune fille en terminale, spécialité maths,
00:43qui n'a pas de prof de maths depuis la rentrée, depuis un mois.
00:45C'est ces élèves, dans deux villes de ma circonscription,
00:48dans deux lycées différents de ma circonscription ce matin,
00:50qui me disent qu'il n'y a pas de papier dans les toilettes
00:52depuis au moins deux ans dans leur établissement scolaire.
00:54Ce sont ces classes où il fait trop chaud l'été, trop froid l'hiver,
00:57on ne peut pas étudier dans de bonnes conditions.
00:58Cette violence-là, elle est bien réelle, elle est forte
01:00et aucun débordement tout aussi condamnable qu'il soit
01:03ne doit effacer la réalité de ces revendications
01:05d'une jeunesse qui s'engage et que j'encourage à continuer à s'engager.
01:08Débordement condamnable, vous dites, mais donc concrètement,
01:10pour bien répondre à la question, est-ce que vous condamnez ces violences
01:12et est-ce que vous appelez au calme ?
01:13Je ne suis pas juge, moi je veux savoir qui en sont les responsables.
01:17Et évidemment, moi quand je rencontre des lycéens,
01:18je les encourage à faire les modalités d'élection qu'ils souhaitent,
01:21mais évidemment à respecter la loi, c'est une évidence, comme tout le monde.
01:24Mais je comprends leur colère, je comprends leur exaspération,
01:27je comprends qu'ils soient convaincus qu'ils vivront moins bien
01:29que la génération de leurs parents et de leurs grands-parents
01:31et que ça les révolte, et ça c'est légitime, et c'est normal.
01:33Mais pardon, mais quand les lycéens, sagement, de façon massive
01:37et par centaines de milliers, montrent la réalité de leurs conditions d'études,
01:39nous on s'arrête sur des images condamnables, déplorables, inacceptables,
01:43de poubelles qui brûlent, de d'établissements qui brûlent.
01:45Ce n'est pas la réalité aujourd'hui de ce mouvement de masse, digne, sincère,
01:48très sérieux, très structuré.
01:51Il y a quand même des lycéens dans deux villes, dans deux lycées différents,
01:54qui ont des revendications qu'il faut entendre
01:55et auxquelles il faut donner davantage la parole
01:57que donner la parole effectivement et que de valoriser les quelques-uns
01:59qui vont ici ou là casser ou brûler.
02:01Mais concrètement sur ces revendications, qu'est-ce que vous réclamez,
02:04qu'est-ce que vous demandez au gouvernement ?
02:06Moi je ne demande rien, moi je me fais le porte-parole ici
02:08de ces jeunes qui librement, de façon autonome, souverainement,
02:11disent qu'ils veulent des bonnes conditions d'études.
02:12Ne supportent plus les classes surchargées,
02:14ne supportent plus d'être dans des lycées qui sont des bouilloires thermiques l'été,
02:17des passoires thermiques l'hiver où il fait trop chaud ou trop froid,
02:19où on ne peut pas étudier, ne supportent plus, je vous parlais de cet exemple-là,
02:22de pendant des semaines entières ne pas avoir de professeurs devant eux
02:24qui ne supportent pas l'ensemble de la maltraitance
02:26qui est faite au système éducatif français depuis des années
02:29par M. Macron et ses amis.
02:30C'est ça qu'ils nous disent, ils nous disent finalement
02:31on veut notre droit à l'avenir, on veut pouvoir conquérir notre autonomie,
02:34notre liberté, grandir, apprendre, s'émanciper dans de bonnes conditions.
02:37Aujourd'hui on les en prive, on leur refuse
02:39et la seule réponse du gouvernement, c'est la matraque,
02:41c'est l'appel à l'ordre et c'est le mépris
02:43et la condescendance à l'égard de cette jeunesse qui s'engage.
02:45Moi je suis ravi qu'il y ait aujourd'hui toute une génération
02:47comme d'autres avant, et là ça fait 200 ans qu'il y a des mouvements sociaux
02:49dans ce pays au moins, qu'il y ait une génération qui prenne conscience
02:52aussi de ce qu'elle veut
02:53et de ce qu'elle doit défendre dans l'espace public.
02:55Merci beaucoup Benjamin Lucas d'avoir été avec nous.

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