00:00Ecoutez Roselyne, je suis avec Benjamin Lucas, député écologiste et social des Yvelines.
00:04Bonjour.
00:05Face à toutes ces images que l'on voit depuis ce matin,
00:07des images par exemple de lycée en feu, de professeurs agressés,
00:11est-ce que vous condamnez ces violences ou est-ce que par exemple,
00:14comme certains élus, je pense notamment à Bali Bagayoko,
00:17maire de Saint-Denis, de la France Insoumise,
00:19est-ce que vous dites que dans certains cas, la violence est légitime ?
00:22Alors ce n'est pas ce qu'il a dit, il n'a pas encouragé légitimer une quelconque violence,
00:25mais je veux vous dire, moi, évidemment, je n'aime pas la violence.
00:27Et je pense qu'elle dessert toutes les causes.
00:28D'ailleurs, je constate que dans beaucoup d'événements qui se sont produits,
00:31il est fort possible, en tout cas c'est ce qu'il nous a dit sur place,
00:34que ce soit des éléments extérieurs, des personnes extérieures au mouvement lycéen
00:37et aux lycéens eux-mêmes qui aient commis ces actes.
00:38Mais moi, la violence que j'ai constatée ce matin chez moi à Montelajoli,
00:41c'est cette jeune fille en terminale, spécialité maths,
00:43qui n'a pas de prof de maths depuis la rentrée, depuis un mois.
00:45C'est ces élèves, dans deux villes de ma circonscription,
00:48dans deux lycées différents de ma circonscription ce matin,
00:50qui me disent qu'il n'y a pas de papier dans les toilettes
00:52depuis au moins deux ans dans leur établissement scolaire.
00:54Ce sont ces classes où il fait trop chaud l'été, trop froid l'hiver,
00:57on ne peut pas étudier dans de bonnes conditions.
00:58Cette violence-là, elle est bien réelle, elle est forte
01:00et aucun débordement tout aussi condamnable qu'il soit
01:03ne doit effacer la réalité de ces revendications
01:05d'une jeunesse qui s'engage et que j'encourage à continuer à s'engager.
01:08Débordement condamnable, vous dites, mais donc concrètement,
01:10pour bien répondre à la question, est-ce que vous condamnez ces violences
01:12et est-ce que vous appelez au calme ?
01:13Je ne suis pas juge, moi je veux savoir qui en sont les responsables.
01:17Et évidemment, moi quand je rencontre des lycéens,
01:18je les encourage à faire les modalités d'élection qu'ils souhaitent,
01:21mais évidemment à respecter la loi, c'est une évidence, comme tout le monde.
01:24Mais je comprends leur colère, je comprends leur exaspération,
01:27je comprends qu'ils soient convaincus qu'ils vivront moins bien
01:29que la génération de leurs parents et de leurs grands-parents
01:31et que ça les révolte, et ça c'est légitime, et c'est normal.
01:33Mais pardon, mais quand les lycéens, sagement, de façon massive
01:37et par centaines de milliers, montrent la réalité de leurs conditions d'études,
01:39nous on s'arrête sur des images condamnables, déplorables, inacceptables,
01:43de poubelles qui brûlent, de d'établissements qui brûlent.
01:45Ce n'est pas la réalité aujourd'hui de ce mouvement de masse, digne, sincère,
01:48très sérieux, très structuré.
01:51Il y a quand même des lycéens dans deux villes, dans deux lycées différents,
01:54qui ont des revendications qu'il faut entendre
01:55et auxquelles il faut donner davantage la parole
01:57que donner la parole effectivement et que de valoriser les quelques-uns
01:59qui vont ici ou là casser ou brûler.
02:01Mais concrètement sur ces revendications, qu'est-ce que vous réclamez,
02:04qu'est-ce que vous demandez au gouvernement ?
02:06Moi je ne demande rien, moi je me fais le porte-parole ici
02:08de ces jeunes qui librement, de façon autonome, souverainement,
02:11disent qu'ils veulent des bonnes conditions d'études.
02:12Ne supportent plus les classes surchargées,
02:14ne supportent plus d'être dans des lycées qui sont des bouilloires thermiques l'été,
02:17des passoires thermiques l'hiver où il fait trop chaud ou trop froid,
02:19où on ne peut pas étudier, ne supportent plus, je vous parlais de cet exemple-là,
02:22de pendant des semaines entières ne pas avoir de professeurs devant eux
02:24qui ne supportent pas l'ensemble de la maltraitance
02:26qui est faite au système éducatif français depuis des années
02:29par M. Macron et ses amis.
02:30C'est ça qu'ils nous disent, ils nous disent finalement
02:31on veut notre droit à l'avenir, on veut pouvoir conquérir notre autonomie,
02:34notre liberté, grandir, apprendre, s'émanciper dans de bonnes conditions.
02:37Aujourd'hui on les en prive, on leur refuse
02:39et la seule réponse du gouvernement, c'est la matraque,
02:41c'est l'appel à l'ordre et c'est le mépris
02:43et la condescendance à l'égard de cette jeunesse qui s'engage.
02:45Moi je suis ravi qu'il y ait aujourd'hui toute une génération
02:47comme d'autres avant, et là ça fait 200 ans qu'il y a des mouvements sociaux
02:49dans ce pays au moins, qu'il y ait une génération qui prenne conscience
02:52aussi de ce qu'elle veut
02:53et de ce qu'elle doit défendre dans l'espace public.
02:55Merci beaucoup Benjamin Lucas d'avoir été avec nous.