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  • il y a 16 minutes
BFMTV propose un nouveau numéro du FORUM BFMTV: "Taxes, lycées : le jeudi de la colère" présenté par Maxime Switek. La chaîne consacre une soirée spéciale pour permettre à des citoyens, des personnalités politiques et des spécialistes d'échanger en direct sur l'inflation mais aussi sur le mouvement lycéen en cours depuis plusieurs jours.

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Transcription
00:00Merci d'être là, prof à la fac, ancien prof en lycée, en Seine-Saint-Denis.
00:05Je reviens à la question de départ, à qui la faute ?
00:07Sur les violences.
00:08Sur les violences et sur ce qui se passe aujourd'hui, sur les violences.
00:12Faut qu'on politise et qu'on parle de l'action gouvernementale quand même,
00:14mais juste une observation très rapide sur pourquoi on en est là avec le lycée de Nantes qui brûle et
00:19toutes ces choses-là.
00:20Regardons les choses un peu avec du recul.
00:22Moi j'ai fait toutes les mobilisations étudiantes de 2001 à 2012, très longtemps, et quelque chose a changé.
00:28La stratégie étudiante pendant longtemps, ça a été qu'il faut qu'on soit nombreux,
00:31il faut qu'on trouve des alliés, ça peut être les syndicats de profs, ça peut être plein de gens,
00:34etc.
00:35Et il faut qu'on soit moralement un peu meilleur que d'autres.
00:37Mais vraiment, fondamentalement, le plus important, c'était le premier paramètre,
00:40c'est d'être le plus nombreux possible et gagner du monde et faire des grandes manifestations
00:43qui démontrent la force par l'adhésion des gens, etc.
00:46Ça, c'est un peu perdu.
00:47C'était déjà un débat à l'époque des mouvements LMD 2009, etc.
00:51Et le blocage l'a emporté en même temps que des gens sentaient qu'il y aurait moins de monde
00:54qui viennent.
00:55Donc le blocage, c'est un peu déjà un aveu.
00:56C'est-à-dire qu'à défaut de pouvoir avoir les décisions qui viennent, on bloque et on fait, etc.
01:00Et puis après, oui, il y a quand même un effet sur comment est-ce qu'on fait pour être
01:02vu en ligne.
01:03C'est un vrai sujet, on ne fait pas semblant.
01:05Mais parlons un peu de la gestion de crise du gouvernement, pardon, excusez-moi, c'est tout l'intérêt.
01:08Sur cette chaîne, M. Switek, vous avez invité M. Geffray.
01:13Le ministre de l'Éducation.
01:14Qui est là depuis une dizaine d'années.
01:15C'était lundi soir, je crois.
01:17Voilà, qui s'occupait déjà des RH.
01:18Madame Vénétite, elle le connaît depuis très longtemps.
01:20Et qui sera demain matin chez Apolline de Malère, 8h30.
01:22Moi, je me souviens de cette émission, c'était il y a 4 jours, j'ai l'impression que c
01:24'était il y a une éternité.
01:25Sa première réaction, ce n'était pas il y a si longtemps, c'était de dire, mais vous savez, ils
01:29sont assez bien dotés quand même en banlieue.
01:31Mais quelle folie.
01:31Et donc, il a isolé une statistique qui était, on a 13% de dépenses en plus sur le primaire.
01:35Il ne vous dit pas le secondaire parce que c'est l'exactement inverse.
01:38Il ne vous dit pas tout un nombre de statistiques aussi qui sont tout à fait à la défaveur de
01:41ces jeunes qui sont très mal servis par notre pays.
01:43Je vous le dis, j'y étais, j'y ai passé 8 ans.
01:45Il a fallu que je sois aussi menacé physiquement pour que j'en sorte, finalement.
01:48Je pourrais vous en lister 15 000.
01:50Les profs, ils sont moins payés, ils sont plus jeunes, ils restent moins longtemps.
01:52En général, en France, la moitié des profs restent plus de 8-9 ans dans leur établissement.
01:56En Seine-Saint-Denis, ça tourne très très vite.
01:58Pour un qui veut aller en Seine-Saint-Denis, on en a 30 qui veulent partir.
02:01C'est des statistiques comme ça, je pourrais y aller très très vite.
02:03Non mais monsieur Dupont-Aignan, vraiment, c'est à votre faveur que le micro ne soit pas dans vos mains
02:07parfois, je vous assure.
02:08Oui, maintenant, non mais les sous-entendus à base de il, etc.
02:14La raison, c'est l'insécurité.
02:16C'est que l'insécurité en Seine-Saint-Denis, elle explose.
02:19Et que les enseignants, ils se barrent.
02:21Donc si on rétablissait l'ordre en Seine-Saint-Denis, il y aurait des enseignants qui pourraient enseigner,
02:25il y aurait des étudiants qui pourraient travailler, et il y aurait une jeunesse qui peut réussir.
02:29Parce que quand c'est sur les bafias de la drogue qui terrorisent une cité,
02:33et bien c'est pour ça qu'on a repris.
02:35Je suis désolé, c'est la réalité.
02:37Et pourquoi il y en a 30 qui veulent partir à votre avis ?
02:39Je ne sais pas qui a changé de chaîne.
02:40Non, vraiment, monsieur Dupont-Aignan, sincèrement, laissez-moi répondre à cette question-là.
02:44Non, non, attendez, Nicolas Dupont-Aignan, c'est fou.
02:46C'est extraordinaire, il m'explique qu'il y en a 30 qui veulent partir pour un,
02:49et il ne nous dit pas pourquoi.
02:51Monsieur Dupont-Aignan, vous parliez des professeurs, je vous en parle.
02:55Pourquoi vous voulez partir ?
02:56J'ai été chassé pour fait de violence, monsieur Dupont-Aignan.
02:58Parce que vous avez été victime de violence.
03:00Écoutez mon témoignage, d'accord ?
03:01Oui.
03:01Donc, ce que je cherche à vous dire, non mais c'est fou.
03:03En fait, vous ne cherchez pas à faire en sorte que le débat soit de qualité, vous ne voulez pas...
03:10Ils ont travé, vous le voyez bien.
03:11C'est que du baratin, là.
03:12Tout ça, c'est du baratin ?
03:13C'est méprisant.
03:14C'est du baratin de ne pas traiter la cause.
03:17Monsieur Dupont-Aignan ?
03:17Pourquoi les enseignants craquent ?
03:18Pourquoi ils n'arrivent plus à enseigner dans une classe ?
03:21Il faudrait peut-être se poser la question.
03:23Nicolas Dupont-Aignan, vous n'avez pas qu'il n'a pas la paie d'émission non plus.
03:25Rassurez-vous, je vous remercie.
03:26Je suis ravi d'entendre quelqu'un qui m'explique ma vie et mon expérience.
03:29Moi, j'ai donné des années de ma vie à ce département.
03:31Je suis heureux de la faire.
03:31Arrêtez de parler.
03:32C'est fou.
03:33Si les gens savent...
03:34Allez-y, Gabriel.
03:34Allez-y.
03:35Je vais revenir à ce qui importe, ceux qui ont pris des décisions.
03:38La crise commence.
03:39On n'avait pas encore les mêmes faits de violence qu'on a aujourd'hui.
03:41Et la réaction du ministre, je ne sais pas si on l'a conseillé ou pas,
03:45ça a été de dire, finalement, la Seine-Saint-Denis, vous savez, on met déjà un peu de l'argent.
03:47C'est faux.
03:48Les profs, ils sont moins payés.
03:49Ils ont moins d'expérience.
03:50Ils sont recrutés à 6 sur 20 lors du concours professeur des écoles pour Créteil.
03:54Paris, c'est à 10 sur 20.
03:55Vous parlez de protection.
03:56Moi, j'ai défendu des jeunes qui voulaient de la protection au Lila.
03:59J'imagine qu'on s'en souvient dans les syndicats.
04:01On a eu trois morts.
04:02Quand on étudie et qu'on est entouré de ça, ce n'est pas les mêmes circonstances.
04:05Vous, vous pensez aux coupables.
04:06Moi, je pense aux 99,9% de jeunes qui ont à vivre dans ces circonstances-là.
04:09Et on a un ministre qui, lundi, nous a dit, vous savez, à une petite tranche d'âge,
04:13pour un tiers de leur scolarité, on met 13% de plus.
04:15Et par ailleurs, ça cache le fait que c'est de l'argent qu'on met sur des profs qui
04:17ne sont pas bien recrutés.
04:18On a des ministres temporaires.
04:20Franchement, on ne va pas se mentir.
04:21Il chauffe la chaise en attendant le prochain.
04:23Il est là depuis 10 ans.
04:24Il ne sert à rien.
04:24Et il est en train de dire que ce n'est pas si grave.
04:25Il a raté le moment.
04:27Il a raté le moment.
04:28Il y a une revendication fondamentale, Maxime.
04:30On va le dire comme ça.
04:31Que demandent les jeunes ?
04:32La même école que leurs parents.
04:34Ils y ont droit.
04:34On ne la donne pas.
04:35La dépense éducative depuis 1997, elle s'effondre.
04:38On a perdu un point et demi de PIB.
04:39Tout part dans la vieillesse.
04:41Que fait-on pour la jeunesse ?
04:42Alors moi, ces jeunes-là qui disent, on peut même faire la revendication en la reformulant.
04:45C'est, est-ce que les Français ont le droit d'avoir une école qui est à la moyenne européenne
04:49?
04:49Je ne vous dis pas top 5, je ne vous dis pas top 10.
04:51À la moyenne européenne.
04:53On est en dessous.
04:54Et des gens qui tiennent la barque et qui vont dans des quartiers difficiles
04:56et qui se battent comme moi, j'ai pu le faire pendant des années
04:57et je continue à le faire à l'université aujourd'hui.
04:59Eh bien, croyez-moi que c'est dur de tenir.
05:00Et ce n'est pas avec une vie du sourd comme le vôtre qui stigmatise nos élèves pour chercher
05:02et dès qu'on va s'en sortir.
05:03Qui dans l'Assemblée ?
05:04Qui dans l'Assemblée ?

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