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  • il y a 18 minutes
Sur ma route avec Achille Lorentz

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Transcription
00:00Ici Lorraine, crack pour l'émission, sur ma route, sur Moselle TV et Vosges Télévisions.
00:06Ici, votre radio de proximité en Lorraine.
00:34Chers amis de Sur ma Route, bonjour, je suis ravi de vous retrouver.
00:37Je vous emmène cette semaine dans un endroit tip-top.
00:40Vous allez voir, c'est absolument merveilleux.
00:41On est à Repaix.
00:43Là, vous voyez, je suis présentement dans une ferme.
00:48C'était une étable avant.
00:49Et toute cette ancienne ferme est faite comme ça.
00:51Il y a des lieux de concerts, des bars.
00:54L'invité de la semaine, qui est Achille Lorraine, va nous expliquer ce qui se fait ici.
00:58Parce qu'en fait, ce lieu est le siège de deux associations, deux grandes associations.
01:02DPM, Delirium, Pas-Mince, qui est l'une des plus grosses associations culturelles de Lorraine,
01:09notamment active en milieu rural.
01:12Puis c'est aussi le siège des Buraleurs.
01:14Alors, il nous expliquera aussi les Buraleurs.
01:16C'est un combat à la fois contre le nucléaire.
01:19Achille va nous expliquer tout ça.
01:20Et puis c'est aussi, Buraleurs, un groupe de musique.
01:24Car Achille Lorraine, c'est un musicien, c'est un auteur, c'est un compositeur, c'est un interprète.
01:29On verra pendant cette émission plusieurs de ses clips.
01:32C'est un homme très complet, vous allez voir, qui fait beaucoup de choses.
01:36Et puis c'est un Lorrain très complet, parce qu'il est Moselland d'origine.
01:39Il vit en Meurthe et Moselle.
01:40Il a une tendresse particulière pour les Vosgiens et les Vosgiennes.
01:45Puisqu'il a écrit d'ailleurs l'hymne des Vosgiens.
01:48J'aime le lard qu'on entendra aussi dans cette émission.
01:51Et puis la Meuse, il connaît aussi beaucoup pour une autre raison, Burre, qu'il va nous expliquer.
01:56Émission très diversifiée, très colorée cette semaine avec Achille Lorenz,
02:01que je vais rejoindre tout de suite près de son piano.
02:15Bonjour Achille.
02:16Salut Vianney.
02:17Comment ça va ?
02:18Eh bien super, et toi ?
02:19Je suis content de venir à Repaix.
02:21Le nom est joli, je trouve qu'il sonne, il est reposant.
02:24Ben Repaix, la deuxième paix, la paix intérieure, la paix la plus importante.
02:30Je disais dans mon intro, t'es un Lorrain quand même assez complet,
02:35parce que t'es originaire de Moselle, la Meuse tu connais bien, on va y revenir.
02:39Burre notamment.
02:40T'as habité en Meurthe et Moselle.
02:41Et puis t'as chanté, t'as écrit, pour les Vosgiens aussi, l'hymne des Vosgiens.
02:45Ah ben les Vosgiens m'ont toujours épaté.
02:47C'est un peu, quand j'étais à Flavigny, donc moi j'étais interne à l'âge de 6 ans.
02:54De 6 ans à 19 ans, à Flavigny, donc c'est près de Nancy.
02:57Je suis arrivé là-bas, je ne parlais pas le français, je ne parlais que le plat.
03:02J'avais de la chance, il y avait un copain de Formac qui était là, donc il disait le mot
03:05en plate, il me le disait en français.
03:06Mais justement alors, parlons-en, parce que toi tu quittes ton pays natal qui est la Moselle, dans l'école
03:12de Putelange, c'est ça ?
03:13Ouais, Ilse Priche, ouais, c'est à côté...
03:16D'accord, tu parles plate, tu descends, tu vas dans une école à Flavigny, à côté de Nancy ?
03:21Un peu par la force des choses, parce que j'étais handicapé physique, j'avais la poliomélite, donc...
03:25Ah oui, donc c'est le centre de réadaptation ?
03:27C'est le seul centre, voilà, donc moi j'étais interne de 6 ans à 19 ans.
03:32Ah ouais ?
03:32Voilà.
03:33Et c'est une double... Est-ce que c'est une double peine ? Est-ce que tu te retrouves
03:37aussi là, où tu ne parles pas du tout la langue finalement ?
03:40C'est compliqué à vivre ?
03:42Bah ouais, mais bon, quand tu es gamin, ce n'est pas tellement ça qui est le plus douloureux, quoi.
03:47Le plus douloureux, c'est quand tu as 6 ans et quand tu enlèves à tes parents, quoi.
03:51Parce qu'on avait une semaine à Noël, une semaine à Pâques, et puis trois semaines aux grandes vacances.
03:58Tout le reste du temps, tu étais interne, tu ne voyais pas tes parents.
04:01On ne se rend pas compte quand tu ne vis pas ça, est-ce qu'on conserve quand même des
04:05bons souvenirs ?
04:06Ah bah, comme je t'explique au début, moi c'est un petit peu douloureux, et puis machin,
04:10mais après, quand tu commences à être ado, tu préfères être à Flavigny que chez tes parents, quoi.
04:16Chez tes parents, déjà, tu ne connais pratiquement personne, à part ta famille, tu n'as pas de copains trop
04:20là-haut.
04:21Tous tes potes, ils sont à Flavigny, donc tu es presque mieux à Flavigny que chez tes parents, quoi.
04:26Mais quand on voit ta vie, aujourd'hui, qui est quand même une vie de combat, on va dire, pour
04:31résumer les choses,
04:32est-ce que cette maladie-là, elle a accentué les choses dans le fait de vouloir combattre tout le temps
04:38?
04:38Bah, disons que ça fortifie, je pense.
04:40Déjà, tu es obligé de lutter tout le temps pour marcher, pour quoi que tu fasses,
04:48c'est toujours, tu sens que tu as plus de mal que les autres, donc déjà, ça te fortifie.
04:53Et puis après, ça m'a permis, grâce à ce handicap, d'avoir un peu la vie que je voulais.
05:02C'est-à-dire, je n'étais pas obligé de passer ma vie au travail.
05:04J'avais une petite halogue de minimum vieillesse, de l'handicapé, machin.
05:08Et moi, comme je suis plutôt du genre sobre et plutôt décroissant, c'était presque trop pour moi, je veux
05:15dire.
05:16Ah oui, tout à fait, vraiment ?
05:17Ah oui, oui, donc j'ai pu avoir la vie que je voulais, quoi.
05:21M'investir dans la militance, les combats qui me paraissaient importants.
05:25Faire de la musique, parce qu'à la base, je n'étais pas du tout prévu pour ça.
05:29Et puis de vouloir le faire, je pense que quand on le veut, on peut le faire.
05:33Donc, par exemple, moi, j'ai fait de l'accordéon au début, et puis de la chanson.
05:40Après, un moment, j'ai eu marre de l'accordéon, je me suis mis au sax.
05:44Après, quand mon groupe de sax était fini, je suis revenu à l'accordéon pour chanter.
05:49Mais quand j'étais jeune, je voulais faire de la batterie.
05:51Mais bon, quand tu es handicapé physique, faire de la batterie, ce n'est pas...
05:55Et quand tu dis, je me suis mis au sax, je me suis mis à ceci à ça, tu te
05:58formes sur le teint ?
05:59Tu te suis des cours, comment tu fais ?
06:03J'ai fait, pour l'accordéon, genre, j'ai fait des stages.
06:07C'est des mecs qui te montrent un peu, mais bon, ça dure une semaine, puis après, tu travailles chez
06:11toi.
06:11Ah oui, c'est ça.
06:12La musique, il n'y a pas de mystère.
06:13Ou tu fais le boulot, ou tu ne le fais pas.
06:15Si tu ne le fais pas, on sent tout de suite que tu ne l'as pas fait.
06:18Quand tu te mets au saxophone, là, c'est déjà beaucoup plus technique.
06:21Et puis, tu as un instrument soliste, donc il faut que tu aies des choses à dire.
06:24Donc, il faut que tu aies un petit peu...
06:27Donc là, je me suis mis à travailler.
06:29Donc, j'ai surtout bossé le solfège rythmique.
06:32C'est le truc, quand tu joues à beaucoup, il faut être calé rythmiquement.
06:36Et puis, on voit le résultat quand même.
06:37On va passer plusieurs extraits de tes clips.
06:40On voit quand même qu'il y a une très grande qualité de musique, d'interprétation.
06:45Honnêtement, oui.
06:46C'est vrai, non ?
06:46C'est vrai.
06:47On voit qu'il y a du boulot.
06:48Je veux dire, ce n'est pas le petit rigolo qui se pointe comme ça en disant,
06:51ah tiens, j'ai fait un truc, qu'est-ce que vous en pensez ?
06:53Je veux dire, c'est un artiste accompli.
06:55Et puis, c'est surtout les chansons intemporelles, je dirais.
06:58C'est-à-dire que des trucs que j'ai fait il y a 20-30 ans, tu les écoutes
07:01aujourd'hui.
07:01Oui, tout à fait.
07:02Ce n'est pas démodé, quoi.
07:03C'est des chansons qui...
07:05Ça, c'est vrai.
07:06Et pas seulement quand tu chantes sur le lard.
07:08Ah, ça, c'est...
07:11Juste un mot, je voudrais qu'on revienne à la Moselle natale.
07:13Est-ce que tu te sens Mosellant dans l'âme ?
07:17Ou est-ce que c'est beaucoup plus que ça Lorrain, ou je ne sais pas quoi ?
07:20Ben, moi, je me sens surtout citoyen du monde.
07:23C'est-à-dire que le monde me concerne.
07:26Je ne suis pas juste sous mon clocher à dire, voilà, c'est le meilleur endroit, machin.
07:32Après, bon, par ma culture allemande, on va dire, le plat, c'est de l'allemand, quoi, en quelque sorte.
07:38Je sens quand même que j'ai, comment dire, des gènes dans le sens-là.
07:44Et ben, j'habite à Metz aussi, donc moi, je me sens autant Mosellant que Morte Mosellant, où j'habite
07:49maintenant.
07:50Et j'ai surtout été beaucoup épaté par les Vosges.
07:54Je ne le cache pas.
07:55Mais dans quel sens ?
07:56Surtout les Vosgesiennes.
07:59On nous écoute sur Vosges TV aussi.
08:00Oui, je sais.
08:01Moselle TV et Vosges TV.
08:03Dans le sens qu'à Flavigny, par exemple, il y avait des Mosellans, des Morte Mosellans, des Vosgiens, Haute-Saône,
08:13Haute-Marne.
08:13Il y avait même des gens qui menaient un peu de la région parisienne.
08:15Donc, c'était très hétéroclite, les provenances de chacun.
08:21Et les Vosgiens et les Haute-Saône, on les repérait direct.
08:28À la rentrée, on voyait tout de suite qu'elles étaient menées de là-bas.
08:31C'était les Têtes de l'Art et puis les Haute-Patates.
08:34Les Haute-Saône, c'est les Haute-Patates.
08:37Ça t'était du travail et tout ça.
08:38On se voyait, on voyait tout de suite un peu.
08:42Et j'ai eu beaucoup de copains Vosgiens.
08:44Oui.
08:45Et en particulier, mon tube, c'est l'hymne des Vosgiens qui est J'aime le l'Art.
08:51J'aime le l'Art, on va l'écouter.
08:52Et ça, je l'ai composé avec un ami Vosgien qui est myopathe et qui est très handicapé.
08:59Et on s'est retrouvé au Guatemala, au bord du Lac Atitlan.
09:02On avait loué une petite cabane là-bas pendant une dizaine de jours.
09:08Et puis, on a déliré sur les Vosgiens.
09:11Et puis, on a fait notre chanson, on l'a composé là-haut en fait.
09:14C'était un truc.
09:15C'est génial.
09:16Et bien, on va l'écouter pendant qu'on rejoint notre deuxième lieu.
09:19On va écouter cet extrait de J'aime le l'Art parce que le lieu, il n'est pas tout
09:24à fait là.
09:24Parce que tu as une maison.
09:25Alors, Traîné avait un jardin extraordinaire.
09:26Toi, tu as une maison extraordinaire.
09:28C'est immense.
09:29On va en reparler.
09:30Et on va sur un autre lieu.
09:31Tu vas nous emmener sur un autre lieu.
09:32D'accord.
09:32Et pendant qu'on y va, on va écouter un extrait de J'aime le l'Art.
09:35Oui.
09:35Alors, je voulais dire quand même que J'aime le l'Art.
09:37Il y a toujours quelque chose à redire.
09:38C'était enregistré à Luce, dans les Vosges.
09:40Oui.
09:41Dans les jardins magiques de Benoît.
09:44Oui.
09:45Et voilà.
09:46Donc, je le remercie encore.
09:47Et puis, je le remercie surtout Karine qui m'a poussé aux fesses, on va dire.
09:51Oui.
09:51Pour réaliser des clips, des machins comme ça.
09:54Super.
09:55Parce que j'étais moyennement motivé.
09:57C'est chouette.
09:58Elle m'a expliqué que c'était vraiment des morceaux qui méritaient.
10:01Mais elle a raison.
10:02C'est chouette.
10:03On écoute.
10:03Et puis, nous, on va sur le deuxième lieu.
10:05Allez.
10:05Je te suis.
10:06Je prends mes béquilles d'handicapé physique professionnel.
10:12Je suis beau jeune.
10:16Je suis beau jeune.
10:48Je suis beau jeune.
11:03Je suis beau jeune.
11:06Je suis beau jeune.
11:08Je suis beau jeune.
11:09Je suis beau jeune.
11:09Bon, alors là, on est en fait tout près du salon où on était.
11:12C'est un salon extérieur, quoi.
11:14C'est ma petite cour des miraculés.
11:16Ah oui.
11:17C'est là où les gens sont guéris et voient la lumière.
11:20C'est pour ça qu'il y a plein de lunettes.
11:21Là, tu vois, par exemple, ça, c'est tous les gens qui ont été guéris de la cécité.
11:25Oui.
11:26Voilà.
11:26Ils sont repartis avec des yeux neufs.
11:28Oui.
11:29En regardant bien, il y a aussi un peu des cannes anglaises.
11:32Là-bas, il y a mon appareil de jambes de quand j'étais petit.
11:35Ah oui, d'accord.
11:35J'avais une collection de fauteuils roulants, mais on a nettoyé un peu en haut et c'était
11:39un peu poussiéreux.
11:40On les voit un peu moins maintenant, mais voilà.
11:42C'est immense, c'était une ferme.
11:44C'était des agriculteurs quand tu as racheté ici ?
11:46Ah ben, quand je suis arrivé en 1980, je pouvais, dans la semaine qui suit mon arrivée, m'installer
11:53comme éleveur de vaches, par exemple.
11:55Ah, oui ?
11:55Oui, j'avais une grange avec des trucs pour qu'ils puissent boire, les machins pour mettre
12:01la paille, enfin le foin.
12:03J'aurais pu prendre facilement une vingtaine de vaches, je pense, direct.
12:07Je repense en voyant tous ces objets-là, qui ont une deuxième, troisième, millième
12:12vie, ça c'est aussi un de tes combats.
12:14On va essayer de cerner tous tes combats, on ne pourra pas, mais il y en a un des combats,
12:19c'est quand même la récup, je veux dire, voilà, pas tout gâcher dans la production.
12:24Moi, j'ai toujours été pour une sobriété, comment dire, heureuse, donc j'ai toujours
12:32eu assez peu d'argent, mais c'était toujours trop parce qu'on me donne pratiquement
12:37tout, voilà.
12:39Ce que j'ai sur moi, les habits, on me les a filés, la table là, on me l'a
12:42filé, le
12:43matelas, on me l'a donné, les lunettes, je les ai volées, je les ai piquées les lunettes.
12:50C'est marrant parce qu'on s'est croisé, il y a peu de temps, on s'est croisé à
12:54Recyclune,
12:54à Lunéville.
12:55Tout à fait, ouais.
12:56Tu fréquentes aussi tous ces lieux où on va acheter du...
12:59Il faut inviter les gens à le faire.
13:02Surtout que comme ils ont un petit peu des difficultés financières, on va dire, maintenant,
13:07quand tu...
13:08Moi, j'achète les 5 verres à bière, les petites shops, je les paye 1 euro.
13:12Bon, c'est vrai.
13:13Oui, oui, oui.
13:13La Recyclune, c'est mineur le machin là.
13:15C'est vachement bien.
13:16Il y a tout là-dedans.
13:17C'est très très bien.
13:18On recommande à Recyclune à Lunéville.
13:19Ouais, Recyclune à Lunéville, il faut y aller.
13:22Alors, il y a un sujet qui est beaucoup plus lourd, c'est le nucléaire.
13:26Tu es un grand militant de l'anti-nucléaire.
13:30Moi, je crois d'ailleurs, la première fois que je t'ai rencontré, que j'ai fait un reportage
13:32sur toi, c'était pour un magazine.
13:34C'était sur le combat que tu mènes sur le centre d'enfouissement de Bure.
13:38D'abord, est-ce que je dis bien les choses ? Centre d'enfouissement des déchets nucléaires,
13:42c'est comme ça qu'on dit ?
13:43Des déchets radioactifs, mais les plus terribles, j'irais, à Bure.
13:47C'est-à-dire que là, c'est les vies longues et puis la radioactivité maximale, quoi.
13:53Mais ce que je ne comprends pas, c'est si tu es contre le centre d'enfouissement de Bure,
13:58qu'est-ce qu'on en fait de ces déchets ? On en fait de quoi ?
14:00Moi, je suis anti-nucléaire depuis l'âge de 73, donc j'avais quel âge ? J'avais 17 ans.
14:12Quand le nucléaire s'est mis en place, en fait, le nucléaire civil, parce que le nucléaire
14:16civil, en fait, c'était pour servir le nucléaire militaire.
14:19Il ne faut pas se tromper.
14:19Ce n'était pas pour nous fournir l'électricité pas chère.
14:22Et je me suis intéressé à ça dès le départ.
14:28Et j'ai surtout eu la chance de lire le programme de René Dumont.
14:34Ça s'appelait L'Utopie ou la mort.
14:37Et c'était le premier, donc, personne qui se présentait à la présidentielle,
14:42le premier écologiste qui se présentait à la présidentielle en France.
14:46Et c'était quelqu'un de très intègre.
14:49C'est-à-dire qu'il était ingénieur agronome, donc il savait exactement de quoi il parlait
14:53quand il parlait de la faim dans le monde et de l'exploitation du tiers-monde et tout ça.
14:57Il se baladait en vélo, il arrivait en vélo, au machin, il avait les cheveux longs.
15:02C'était un gars comme nous, quoi.
15:04Il y a un mec qui en sentait la sincérité.
15:06Oui, bien sûr.
15:07Et donc, j'ai eu la chance de lire son livre à l'époque, où j'étais encore à Flavigny,
15:12où tous mes copains étaient communistes.
15:13Parce que les éducateurs étaient tous à l'UNEF, donc ils étaient tous communistes.
15:21On avait l'Humanité Gratos, on avait l'Humanité Dimanche Gratos.
15:25Et moi, j'étais déjà en décalage.
15:27Tu étais bien un petit canard.
15:27Voilà.
15:27J'avais compris que la lutte des classes, bon, oui, effectivement, c'est un truc important,
15:33mais je savais que la suite du film, ça n'allait pas être tout à fait ça, quoi.
15:36En fait, le nucléaire, c'est 4% de l'énergie mondiale, pas plus.
15:41Au niveau de l'électricité, c'est 9% de l'électricité mondiale.
15:45Donc, à mon avis, c'est une énergie mineure.
15:47Et quand tu regardes maintenant les énergies renouvelables, le solaire et l'éolien et tout ça,
15:52ça dépasse le nucléaire.
15:53Voilà.
15:54Donc, ça prend le pas sur le nucléaire.
15:57Et le nucléaire, bon, on est, je veux dire, prisonniers de ça en France,
16:01parce qu'on est tellement dans ce schéma que...
16:05Depuis De Gaulle, en fait.
16:06Ah, ben, c'est De Gaulle.
16:07C'est De Gaulle, oui.
16:08Et Mesmer, qui était donc le maire de Sarbourg et qui était un peu l'artisan de...
16:13Et qui a aussi lancé les bombes en Algérie, tout ça.
16:18Enfin, c'était le ministre des Armées, je crois, le Mesmer.
16:20Le ministre des Armées, puis le sud-premier ministre.
16:22Voilà, qui était de Sarbourg et qui a lancé un fond nucléaire, quoi, à la fois civil et, d'abord,
16:28militaire.
16:29Et le civil, c'était pour alimenter les bombes.
16:32C'était pour produire du putonium et produire des choses pour aider à l'armement, en fait.
16:37C'était pas tellement pour nous faire de l'électricité pas chère, comme ils essayaient de nous faire croire.
16:40D'accord.
16:40Et toi, tu dis aujourd'hui les énergies d'avenir.
16:43En gros, c'est quoi ?
16:44C'est les énergies...
16:45C'est le vent, c'est quoi ? C'est le soleil, le vent, c'est comment ?
16:48Bah, un vrai écolo, il dirait, les vraies énergies, enfin, celles qui sont à l'avenir, c'est celles qu
16:53'on n'utilise pas.
16:54C'est-à-dire, c'est la sobriété, toujours pareil.
16:56D'accord.
16:56Mais à la sobriété, on n'y va pas du tout.
16:58La décroissance, c'est ça qui est un...
17:01Consommer moins, ouais, la décroissance.
17:02Mais, je veux dire, quand on voit ce que la direction comprend, donc, il y a qui est énergivore à
17:09fond, qui bousille aussi la flotte,
17:12tous les espèces de smartphones, de machins que les gens ont scotchés dans la main toute la journée, ça, c
17:17'est aussi énergivore.
17:19Maintenant, les gens, ils n'écoutent plus de musique, ils n'écoutent plus de CD ou de disques, c'est
17:23tout d'une espèce de playlist, du streaming, qui est archi énergivore.
17:29Et donc, je pense que la consommation d'électricité et la quantité d'électricité qu'on produit, elle ne suffira
17:38jamais, parce qu'il n'y a pas de limite.
17:40Et puis, tu as l'impression, à un moment, que ça va se calmer, parce qu'on invente des LED,
17:44des machins qui consomment moins,
17:45et derrière, il y a des trucs encore plus terribles qu'arrivent, quoi.
17:48À ce sujet, il y a un super film qui s'appelle Le Riche Laboureur, qu'on peut voir sur
17:51Internet.
17:52Très bien, on le signale aussi.
17:53Le Riche Laboureur, qui est un film sur l'enfouissement des déchets, mais d'un point de vue assez poétique,
17:59le mec qui a fait ça, on sent qu'il est...
18:01On le signale, effectivement, et on note, quand on t'écoute, que ce sont des combats, ce sont des échanges
18:08aussi, sur des avis opposés.
18:10Donc, ce n'est pas toujours ça, parce qu'il faut bien maîtriser.
18:13Or, sur le nucléaire, c'est un sujet complexe.
18:15C'est un sujet extrêmement complexe.
18:16Il y a surtout une désinformation depuis 50 ans, et tout le monde nous sort les indrits de la télé.
18:41Bon, on est dans un énième lieu.
18:43C'est quand même très impressionnant, cette construction de fermes, avec beaucoup de bars, Achille, quand même.
18:48C'est ce qui intéresse nos membres, parce que nous, l'Assemblée Générale qu'on a d'affaire avec notre
18:53association Delirium de Pas Mince,
18:56il y a pratiquement 9 dixièmes des membres qui viennent à l'AG, donc c'est quand même remarquable, ça.
19:00Delirium de Pas Mince, DPM, c'est une association, c'est une des plus grosses associations culturelles de Lorraine, on
19:09peut le dire comme ça.
19:10On va en reparler, mais je voudrais, d'abord, parce qu'on évoquait le nucléaire, là, à l'instant, ensemble.
19:14Oui, il y a deux associations, en fait, il y a le siège de deux associations.
19:17Voilà, alors, je te propose qu'on évoque, d'abord, Bure à l'heure, parce que c'est lié avec
19:21ce qu'on disait tout à l'heure.
19:22Ça fait avec la musique, oui.
19:24Il y a ce prolongement de la militance, j'allais dire, avec des guillemets, vers la musique, c'est ça
19:29?
19:30Oui.
19:30Le Bure à l'heure, le Haller, c'est quoi ?
19:35Donc, nous, on considère que le moyen le plus sûr pour diffuser la radioactivité, c'est dans l'eau.
19:42Oui, d'accord.
19:43Et quand on regarde où se situe Bure, c'est un peu l'endroit où naissent les trois quarts des
19:50fleuves, enfin, de chez nous.
19:52Il y a la Meuse, qui est à côté, il y a la Saône, qui n'est pas loin, il
19:55y a la Moselle.
19:57Il y a, enfin, on sent que c'est là que ça se danse, quoi.
20:02D'accord.
20:02Et donc, nous, notre combat, c'était un petit peu essayer de réveiller les consciences des gens et de leur
20:07faire prendre conscience que la radioactivité, elle ne va pas être confinée dans un trou à 500 mètres sous terre.
20:14La radioactivité, elle va se diffuser.
20:17Et le moyen le plus sûr, c'est l'eau.
20:18Donc, nous, ce qu'on faisait, on suivait les chemins de halage.
20:22D'accord.
20:23Et on faisait ça en vélo avec nos chansons.
20:26Les chemins de halage qui bordent ces canaux.
20:28Voilà, les canaux.
20:30Et puis, la Moselle aussi.
20:31On a fait la Meuse, on a fait la Marme jusqu'à Paris.
20:33On a fait la Meuse jusqu'en Hollande.
20:37On a fait la Moselle jusqu'en Allemagne.
20:40Et c'est un groupe, les Bure à l'heure ?
20:43C'était une association qui se voulait un petit peu militante et qui fédérait des musiciens.
20:50Parce que, bon, notre arme, à nous, c'est la musique et les chansons.
20:54Avec plusieurs CD à votre actif.
20:56Deux CD, oui, effectivement.
20:58Avec une chanson terrible, tu en parles peut-être tout à l'heure ou je ne sais pas.
21:03Oui, parlons-en tout de suite.
21:04Parlons-en tout de suite.
21:05Donc, on a un de nos meilleurs morceaux, je dirais, le plus plébiscité sur YouTube, c'est « Prends ta
21:11binette ».
21:11Ah oui, mais je la connais.
21:13Tu la connais, bien sûr.
21:14On va la passer aussi en extrait.
21:15Ça a aussi été tourné dans les Vosges.
21:17« Prends ta binette », décidément, les Vosges.
21:20Donc, ça, c'est les Bure à l'heure ?
21:21Ça, c'est les Bure à l'heure.
21:22D'accord.
21:23Donc, c'était nous, les producteurs.
21:24C'est nous qui avons...
21:25D'accord.
21:26Oui, oui, je connais.
21:28Je connais bien ça.
21:29Donc, les Bure à l'heure, c'était des chansons engageantes.
21:32Voilà.
21:33Pour essayer de réveiller un petit peu les gens et puis de faire ça en musique.
21:37Donc, un truc...
21:38Le nucléaire, c'est quand même un sujet qui est, on va dire, plombant.
21:42Je dirais que c'est presque bien que ça plombe parce que le plomb, ça protège la radioactivité.
21:47Alors, deuxième grosse association, c'est DPM.
21:49Oui.
21:50DPM qui est ici aussi, dont le siège est ici.
21:51Voilà, c'est « Delirium pas mince ».
21:53Oui.
21:53Alors, c'est quoi les combats ou les activités principales de DPM ?
21:57Ben, quand tu observes un petit peu la maison,
22:01Tu sens que, je sais pas, c'est presque fait exprès pour aménager des bars, aménager des scènes, faire jouer
22:09les gens.
22:09Et puis, nous, notre mission, c'est un petit peu...
22:12Donc, l'objet de l'association, c'est le réveil dynamique de la vie culturelle en plein milieu rural.
22:18Oui.
22:19On est effectivement bien en plein milieu rural ici.
22:23Et surtout, de créer de la joie.
22:26Que les gens, ils soient...
22:27Qu'ils puissent faire la fête librement, sans être fouillés à l'entrée, sans...
22:32Et puis, que les gens puissent s'éclater dans la joie.
22:36C'est chouette de parler comme ça.
22:38On n'a plus trop l'habitude d'entendre ça.
22:39Ben, la joie, c'est vachement important.
22:40Ouais, c'est vachement bien.
22:41Et en ce moment, avec l'époque tendue qu'on a, et puis l'amorosité qui est installée,
22:47notre trajet, on l'a fait il y a 15 jours.
22:51Oui.
22:51Et on sent que c'est joyeux, tout le monde sourit, tout le monde vient te dire merci, tout le
22:58monde...
22:58Donc, les gens ont besoin de ça, vraiment.
23:00Les gens ont besoin de ça.
23:02Ah, carrément.
23:02Oui, oui.
23:03Tout le monde, même toi.
23:05Même moi, je pense...
23:06Il y a une chose, je ne sais pas, parce que tu disais, c'est le...
23:08Bon, pour résumer les choses vite, la culture en milieu rural, elle souffre la culture
23:14en milieu rural ou pas ?
23:17Ben, la culture en milieu rural, je ne veux pas me jeter trop de fleurs, mais quand on
23:22est arrivés, moi, notre asos, elle démarre en 1983, à part la salle des fêtes, enfin
23:29la MJC Droppé qui organisait la bouffe de, je ne sais pas quoi, une soirée pizza, une
23:34soirée machin, il ne se passait rien, quoi.
23:37Et maintenant, je ne dirais pas que c'est grâce à DPM, mais on a un théâtre qui s'appelle
23:43Ça respire encore à Rayon, qui est juste à côté, il y a une association qui s'appelle
23:47La Faille à Badon-Villet, qui n'est pas loin non plus, qui est un peu calquée sur
23:52nous, c'est aussi dans une grange avec des concerts, des machins comme ça.
23:55On a le Petit Piment à Moyen, qui n'est pas loin non plus, à Saint-Quirac à côté, il
24:02y a une
24:02super asos qui s'appelle Parenthèse, enfin il y a plein de...
24:06Donc c'est un réseau d'associations, vous vous entraidez entre...
24:09Ben ouais.
24:09C'est ça ?
24:10Oui, oui, oui.
24:10C'est ça, on peut dire les choses comme ça.
24:11La association Parenthèse, elle vient de nous installer des Lumières, elle nous prête
24:15ses Barnum pour la Gé, le Petit Piment, c'est Vincent qui fait la sono, qui vient la faire
24:21ici, oui, oui, on est ensemble.
24:24Et avec une revue, Ré-Voculeur-Pop.
24:27Oui, alors ça c'est notre fanzine, donc c'est envoyé à tous nos membres par la poste, donc
24:33les membres d'EPM, et bon, on ne va pas encore se vanter une fois de plus, mais c'est
24:40quand
24:40même le plus vieux fanzine de Lorraine, qui en plus est gratuit, donc c'est le plus vieux
24:45fanzine gratuit de Lorraine, et qui maintenant on en est, là c'est le numéro 108, mais on va
24:51faire le numéro 113, on en fait trois par an, voilà, donc ça parle un petit peu de nos
24:58traces, des activités qu'on, si on fait, on programme des soirées, des choses comme ça,
25:02c'est dans le journal, et aussi on essaye de faire de l'éducation populaire, intéresser les
25:08gens à l'environnement, et puis essayer de parler de sujets un peu graves, mais toujours dans
25:14la joie et la bonne humeur.
25:16On a beaucoup voyagé finalement, on n'a pas beaucoup bougé, mais on a beaucoup voyagé.
25:19Ben, c'est ça qui est important, ouais, merci de ton accueil, super, et à bientôt.
25:25Et ben, j'espère vous revoir bientôt mes amis.
25:28On reviendra, c'est promis.
25:29Ciao, et à bientôt.
25:32Si t'aimes pas, la production chimique, qu'avec amour, on te fabrique, une évolution, j'avis
25:39les essais de morts.
25:43Prends ta binette, prends ta binette, prends ta binette, prends ta binette, ta brouette
26:05Descends au jardin
26:06Si t'es citadin
26:08Apprécie le bonheur
26:09Tu mets quelques fleurs
26:11C'est le paradis
26:12En plus c'est gratuit
26:16Descends au jardin
26:18N'attends pas demain
26:19Mais il tombe des potes
26:21Pour que ça dévoite
26:22C'est le paradis
26:23Plus besoin de produits
26:44Ici Lorraine
26:45Crac pour l'émission
26:46Sur Marouk
26:47Sur Moselle TV
26:48Et Vosges Télévisions
26:49Ici votre radio de proximité
26:52En Lorraine
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