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  • il y a 7 minutes
Chaque week-end, l’émission pilotée par Philippe Gaudin avec à ses côtés Dominique Rizet, consultant police/justice BFMTV, traite d’un événement majeur de la semaine, ainsi que d’autres affaires qui sont revenues sur le devant de la scène.

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00:03Générique
00:1213h30 sur BFM TV, bienvenue si nous vous rejoignez dans l'affaire suivante, se redéployer sur les lieux, refaire les
00:16gestes, expliquer le passage à l'acte.
00:18C'est ce qu'a fait Cédric Jubilard, vendredi, accompagné de son avocat toute la journée lors de la reconstitution
00:23des faits du meurtre de Delphine Osaguel.
00:26Avec nous pour en parler, j'accueille Mourad Batik, l'avocat de l'oncle et de la tante de Delphine.
00:31Merci d'être avec nous, vous avez assisté à la reconstitution, vous allez nous expliquer.
00:35Jacques Fonbonne, général de gendarmerie, ancien commandant de la section de recherche d'Orléans, général d'Auster, restez avec nous,
00:41Dominique Rizet également.
00:42Alors Mourad Batik, ça a duré 5h vendredi à l'intérieur du domicile familial à Cagnac-les-Mines.
00:48Cédric Jubilard a remimé la scène, a refait les gestes, nous on n'y était pas, racontez-nous comment ça
00:53s'est passé.
00:54Écoutez, on s'est d'abord dans un premier temps rendu dans le domicile conjugal.
01:00Et donc dans le domicile conjugal, il s'agit de refaire la scène et que Cédric Jubilard nous explique ce
01:06qui s'est passé avant, pendant, après.
01:08Et donc Cédric Jubilard va continuer à s'enferrer dans des mensonges parfaitement absurdes, puisqu'il va expliquer, comme sa
01:16ligne de défense se trace depuis plusieurs semaines, que finalement c'est presque un peu de la faute de Delphine.
01:22C'est-à-dire qu'il va expliquer qu'il va péter un plomb, qu'il va devenir fou, à
01:28la suite d'une provocation de Delphine.
01:30Et donc vous voyez, on a une inversion de la charge. Celui qui provoque, ça n'est plus lui, c
01:36'est Delphine.
01:36Donc vraisemblablement, dans ses explications à lui, il explique qu'elle est sur son téléphone portable et qu'il y
01:43a un premier échange.
01:44Et qu'à la suite de ce premier échange, elle lui montre le téléphone portable en lui disant, tu vois,
01:49je suis avec lui, donc comprenez l'amant.
01:52Et nous avons des relations intimes qui sont bien meilleures que celles que je peux avoir avec toi.
01:58Et donc là, elle vient, elle se lève.
02:01Dit-il ?
02:02Dit-il.
02:02Dit-il.
02:03Elle se lève, elle va à sa rencontre au niveau de la cuisine pour poursuivre cette provocation.
02:10Et comprenez que Cédric Jubilard, lui, il subit tout ça, il subit ces provocations multiples de Delphine.
02:15La provocation du téléphone et puis la provocation verbale.
02:18Et puis elle continue et le pauvre Cédric Jubilard lui dit, arrête, tais-toi, tais-toi, tais-toi.
02:23Simplement, sur PV, il a quand même dit qu'il avait dégoupillé.
02:25Alors est-ce qu'il a explicitement mimé la scène de l'étranglement ?
02:30Parce que c'est ça le cœur de l'affaire.
02:31Il va lui dire de s'arrêter un nombre incalculable de fois.
02:34Delphine refusant, bien évidemment, de s'arrêter.
02:37Et là, il va vouloir la faire taire et donc il l'attrape contre le frigidaire.
02:41Il met ses deux mains autour de son cou et il sert de toutes ses forces avec les deux pouces
02:45sur la carotide.
02:47Vous voyez cette scène, vous la voyez.
02:49On voit cette scène, il la mime.
02:50Alors qui joue le rôle de Delphine Jubilard ?
02:53Alors il y a deux rôles qui sont joués.
02:57Un par une officielle de police judiciaire qui a le même gabarit, une gendarme,
03:01qui a le même gabarit que Delphine Osaguel.
03:03Et puis, une fois que ce premier mime est fait, on a un mannequin, un mannequin lesté pour finalement voir
03:13s'il est possible que ce qu'il explique se déroule dans la réalité.
03:18Donc une fois que Delphine Osaguel, que la gendarme s'est faite étrangler, le mannequin est à terre.
03:25Et là, il va expliquer qu'il prend Delphine sur son épaule droite, qu'il la porte, qu'il la
03:31sort de la maison,
03:32qu'il descend une pente à 10% pour la mettre dans le coffre.
03:37Et donc là, patatras, à la première possibilité de reconstituer cette scène,
03:43il va être dans l'impossibilité, dans l'incapacité physique de prendre le mannequin de 60 kilos et de le
03:49mettre sur son épaule.
03:49– Il n'y arrive pas ? – Il n'y arrive pas, c'est-à-dire qu'il va
03:52essayer une fois, deux fois, trois fois,
03:53le magistrat instructeur va lui dire « Monsieur Jubilard, vous n'y parvenez pas », il va dire « Non,
03:57je n'y arrive pas ».
03:57– Très intéressant, ça veut dire quoi ? – Ça veut dire que c'est faux, c'est-à-dire
04:01que c'est du pipeau,
04:02c'est-à-dire que c'est-à-dire que Jubilard est un menteur, mais ça, on n'apprend rien,
04:04c'est une énième preuve de ses mensonges, de sa manipulation, des inventions qui sont les siennes,
04:11tout ce qu'il dit est faux.
04:12– Alors, quelle est votre version ? Si sa version est fausse, quelle peut être ? L'autre version, c
04:17'est quoi ?
04:18– Alors, la version, malheureusement, il n'y a que Delphine Osaguel qui pourrait dire précisément ce qui s'est
04:23passé,
04:24mais en tout cas, ce qui a pu se passer, au regard du dossier, c'est qu'en réalité,
04:29Cédric Jubilard, non pas par le truchement de Delphine, voit ce qui s'est passé,
04:36c'est-à-dire qu'il va l'espionner, on voit que sur le canapé, juste au-dessus du canapé,
04:40il y a un mur en placo, dans ce mur en placo, il y a un trou décoratif,
04:46et donc il peut passer derrière ce mur, voir par-dessus l'épaule ce qu'il se passe sur le
04:52téléphone de Delphine,
04:53là, lui dégoupille, en voyant effectivement qu'elle est en train de parler à son amant,
04:57une bagarre éclate, je pense qu'il la frappe très fortement et très lourdement,
05:02puisqu'on va trouver les lunettes de Delphine cassées à différents endroits,
05:07je pense qu'elle s'enfuit du domicile, elle court, il la rattrape,
05:13pourquoi est-ce que je dis ça ? Parce que les voisines vont entendre des cris stridents,
05:18à 23h07, exactement, des cris stridents, des cris de détresse,
05:22elle essaye de fuir, il la rattrape, il va la tuer à l'extérieur,
05:27et il va la mettre dans le coffre pour...
05:29Et comment il fait alors ? Si on suit votre raisonnement, il la tue à l'extérieur,
05:33et comment il fait pour la mettre dans la voiture, sachant qu'il a eu du mal à soulever ce
05:37même poids dans la cuisine ?
05:38Comment il y arrive à l'extérieur ?
05:39On va être sur quelque chose de très morbide, mais je pense qu'il la traîne,
05:43soit par les pieds, et on imagine la tête de Delphine Ossaguel
05:48tapée sur chacune des marches reconstituées dans le domicile,
05:54soit, ce serait une autre hypothèse, il la traîne par les bras.
05:58Mais je pense, en tout cas, je ne sais pas, je pense, factuellement,
06:01il a été dans l'incapacité de la soulever et de la portée, donc il l'a traîné.
06:06Jacques Fonbonne.
06:07Oui, il y a quelque chose qui est étonnant,
06:09qui pose la question finalement de savoir comment il est conseillé, comment il est défendu.
06:15Si vous vous rappelez, sa théorie, et on vient d'en reparler, c'est,
06:19je me suis énervé, je ne l'ai pas fait exprès.
06:22Je dirais qu'il lui suffisait de laisser planer le doute sur quelque chose qui s'emballe,
06:26c'est-à-dire, je l'ai frappé volontairement,
06:29mais ensuite, la mort est survenue d'une façon qui n'était pas à ma volonté.
06:34Or, il dit, je l'ai étranglé.
06:38On sait qu'effectivement, il y a une perte de connaissance très rapide
06:42lors d'un étranglement, 5, 10, 20 secondes,
06:45mais qu'ensuite, il faut presser le cou et couper les carotides.
06:50Et donc, avec les pouces.
06:50Pendant 3 à 4 minutes, je pense qu'il aura du mal à expliquer, devant la cour d'assises,
06:56comment, dans un acte qui n'est, selon lui, pas prémédité,
07:00mais je pense qu'on pourra en reparler,
07:01comment il a pu rester dans cette situation criminelle aussi longtemps,
07:05c'est-à-dire qu'à un moment donné, la colère passe, mais elle passe en quelques secondes,
07:09c'est véritablement une intention de tuer,
07:11alors qu'il lui suffisait de dire, elle est tombée,
07:13elle est tombée malencontreusement,
07:15il n'y a pas le crâne, il n'y a aucune constatation de police technique sur le squelette,
07:18ça passait au moins dans le doute.
07:20Alors moi, j'ai une question pour vous deux.
07:21Comment se fait-il que les gendarmes n'aient rien retrouvé dans le coffre de la voiture,
07:26ils emportent, traînent, déposent dans le coffre de la voiture,
07:31comme l'avait fait Jonathan Daval dans sa voiture,
07:33le corps de sa femme, on doit retrouver...
07:36Alors, c'est la voiture de Delphine,
07:38on retrouve, tu vas me dire, on retrouve son ADN,
07:41on retrouve... Mais bon, dans le coffre de la voiture de Delphine,
07:44il n'y a pas forcément d'étroits de son Delphine,
07:46Il n'y a pas forcément des mèches de cheveux avec un petit morceau de chair...
07:50Non, mais c'est vrai que de toute façon, ce n'est pas la position normale.
07:53Je pense que ça peut être un élément qui peut être discuté du point de vue de la préméditation,
07:57c'est-à-dire prendre la précaution d'avoir habillé le coffre de la voiture
08:00avec des secs poubelles, avec quelque chose,
08:02qu'on va enlever ensuite,
08:04de façon à ne pas laisser forcément de traces.
08:06S'il y a des traces un peu partout dans la voiture,
08:09c'est de l'ADN de contact,
08:10mais ça, François le dira mieux que moi,
08:11ce n'est pas étonnant.
08:13Si on avait effectivement une trace de sang dans le coffre,
08:16là, ça devient beaucoup plus difficile à expliquer.
08:18Tout à fait.
08:19L'ADN n'est pas incriminant,
08:21étant donné que même si dans le coffre,
08:24ce n'est pas la position habituelle,
08:25elle met des courses, elle met ça,
08:26et on a les transferts ADN de Delphine.
08:30Donc, à partir de ce moment-là,
08:31ce n'est pas là où il y en a le plus.
08:33Ce n'est pas probant du tout.
08:35De plus, comme disait Jacques tout à l'heure,
08:38où il a habillé le coffre,
08:39voire, il a peut-être mis la fameuse couette,
08:43mettre son épouse et la cacher dedans.
08:46Donc, on voit que ce n'est pas ça qui est le déterminant.
08:49Le déterminant, c'est effectivement,
08:52est-ce que les gestes sont compatibles ?
08:54Les gestes compatibles, on l'avait déjà évoqué,
08:58et j'avais expliqué que si on étrangle quelqu'un face à soi,
09:01le poids du corps fait qu'on ne tienne pas 4 minutes la personne comme ça.
09:05Donc, certes, elle est inconsciente,
09:07mais on doit continuer le geste pour arriver jusqu'à la mort.
09:11Donc, il y a de la détermination.
09:12Il y a de la détermination, de la volonté.
09:14Et le geste, il y avait plusieurs hypothèses.
09:18Soit elle était sur le canapé et il l'a étranglée sur le canapé.
09:21Et comme elle était légèrement en hauteur,
09:23après, il peut la traîner à l'extérieur.
09:25Soit elle s'enfuit et il la rattrape dehors,
09:28et il l'attrape par derrière.
09:29Et il refait le fameux geste qu'il a expliqué à une de ses amies au parloir.
09:37Et là, c'est différent parce qu'on peut tenir quelqu'un,
09:39et on peut le tenir plus de 4 minutes sans aucun problème.
09:42Mais, Maître Bati, comment il l'est ?
09:45Quel est son comportement pendant cette reconstitution ?
09:47Son avocat dit qu'il est coopératif.
09:50OK.
09:50Mais est-ce qu'il est détaché ?
09:52Est-ce qu'il est très affecté ?
09:54Comment vous le voyez ?
09:55C'est quand même un acte d'enquête assez exceptionnel, une reconstitution.
09:59Il est à quelques mètres de vous.
10:00Comment il se comporte ?
10:01Très détaché émotionnellement.
10:03Il n'a aucune émotion.
10:04On ne sent pas de remords.
10:06Il ne pleure pas.
10:06Il n'a pas les yeux rouges.
10:09Vous voyez, il ne tremble pas.
10:10C'est quelqu'un qui est en maîtrise, en pleine maîtrise de lui-même.
10:14Et c'est presque déstabilisant.
10:16C'est-à-dire que j'avais le sentiment que nous, avocats,
10:19qui ne connaissions pas Delphine directement,
10:22nous étions plus emprunts d'émotion que lui-même.
10:25Il est rentré dans cette maison dans laquelle il n'est pas rentré depuis plusieurs années.
10:29Aucune émotion.
10:29Aucune émotion.
10:30Il ne laisse rien transparaître.
10:32Il répond de manière très laconique.
10:34Oui, non, peut-être.
10:36Quand on lui pose une question, il y répond sans aucune émotion.
10:40Et si vous voulez, il est sorti de là.
10:42Il est retourné en détention sans qu'il ne se passe rien émotionnellement.
10:45Et c'était très déstabilisant.
10:47Et ça a duré en fait très peu de temps quand même.
10:48Parce qu'il est sorti, ça a commencé à 9h.
10:50A 14h, c'était terminé.
10:52Donc il y a le domicile.
10:54Ça, vous l'avez bien expliqué.
10:54Ensuite, il y a eu le trajet.
10:55Vous avez fait le trajet.
10:56Et ensuite, il y a ce fameux tas de compost sur lequel ont été retrouvés les deux fémurs.
11:00Il a fait les trois étapes en moins de quatre heures.
11:02On a fait les...
11:03C'est allé très vite.
11:05Puisqu'il a une version.
11:06Il déroule sa version.
11:07Alors, c'est un tissu de mensonge.
11:09Comme toujours avec Cédric Jubilard, il y a une vérité qui est entourée de dix mensonges.
11:14C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il vous dit « j'ai tué Delphine Ossaguel ».
11:17Et ça, c'est une vérité.
11:19Et cette vérité, il va devoir l'agrémenter d'énormément de mensonges pour garder,
11:24pour conserver finalement une forme de possession.
11:28De maîtrise.
11:29De maîtrise sur Delphine, sur l'histoire.
11:31Un peu comme un pied de nez, en disant à Delphine, jusqu'au bout, je te tiens,
11:35et c'est moi qui détiens la version qui sera écrite.
11:38Maître, moi, je vais prendre la défense de Jubilard à ce moment-là,
11:41mais il a dit la vérité.
11:43Il a dit où était le corps de sa femme.
11:45Quel intérêt, selon vous, a-t-il à mentir aujourd'hui ?
11:48Pourquoi vous dites que ce n'est pas la bonne version ?
11:49Et si c'était la bonne version ?
11:51Je crois...
11:51Alors, d'abord, ce n'est pas la bonne version,
11:53puisque c'est une version qui ne correspond pas aux faits factuellement, pragmatiquement.
11:56Qui ne colle pas à la reconstitution.
11:58Ça ne colle pas aux éléments.
12:00Quel intérêt a-t-il à mentir ?
12:01Qu'est-ce qu'il va gagner ?
12:02Je suis avocat, je ne suis ni psychologue, ni psychiatre,
12:05mais je crois qu'il y a quelque chose de l'ordre de la perversion chez Cédric Jubilard.
12:09Je crois qu'il veut maintenir sa vérité, l'imposer.
12:14Vous voyez, un peu comme les vainqueurs qui écrivent l'histoire et qui écrivent le récit,
12:17il va confisquer la vérité à Delphine et à ses enfants jusqu'au bout.
12:22De la même manière qu'il a confisqué le corps,
12:24de la même manière qu'il a caché le corps dans du compost, dans du fumier.
12:28Vous voyez, il y a quelque chose de très fort de dire
12:30« Eh bien, tu n'as pas voulu être avec moi, tu n'auras rien. »
12:35Ni la vérité, ni le corps, ni une tombe, ni une sépulture.
12:38Tu n'auras rien, je te prie de tout.
12:39Mais souvenez-vous, Cédric Jubilard avait dit
12:41« Je fais cette reconstitution pour mes enfants. »
12:43Oui, et puis vous avez noté qu'il y a 15 jours, il avait une relation intime dans le parloir,
12:49alors qu'il est censé être au plus bas moralement, qu'il était dans une forme de rédemption.
12:54Parce qu'on va vous expliquer que l'isolement, c'est très dur.
12:56Oui, ça n'avait pas l'air très dur au regard de ce qui s'est passé,
12:59au regard de la découverte qu'en ont fait les surveillants en pleine ébat,
13:03avec une inconnue qui est venue lui rendre visite.
13:08Il avait l'air tout à fait joyeux et pas du tout au fond du trou, si je puis me
13:12permettre.
13:13François ?
13:14Il peut y avoir effectivement la puissance psychologique et sa personnalité,
13:18mais il y a aussi ce qu'on appelle, c'est un calcul,
13:21qui est un calcul pour les prochaines assises.
13:24Donc le procès en appel, c'est en avril.
13:26Et on rappelle qu'en première instance, il a été condamné à 30 ans.
13:2830 ans, alors qu'il pouvait avoir la perpétuité,
13:31parce que le meurtre sur conjoint, c'est une circonstance aggravante,
13:35c'est l'article 221-4 du Code pénal.
13:37Donc, qu'il y ait préméditation ou pas, le quantum est le même.
13:40En revanche, sur des jurés,
13:42si on a des gestes qui sont préparés à l'avance,
13:45ce n'est pas quelqu'un qui a dégoupillé,
13:47mais qui a décidé froidement de la tuer,
13:50eh bien, cette perception d'une repentance sur le tard ne marchera pas.
13:56Elle va sonner faux.
13:57Elle va sonner faux, et les jurés n'y seront absolument pas sensibles.
14:02Au contraire, ils vont voir quelqu'un de calculateur,
14:05et là, il risquera réellement de reprendre la perpétuité.
14:08Parce qu'il y a cette notion de préméditation qui est au cœur des débats
14:11et qui va sans doute éclairer les assises en appel.
14:13Alors, ce que j'ai dit tout à l'heure, c'est-à-dire comment peut-on dégoupiller
14:17et continuer l'action criminelle que l'on a menée,
14:19mais je pense qu'il y a des éléments qui sont vraiment en faveur de la préméditation.
14:24Il y a d'abord, si vous vous en souvenez, la voiture, qui est dans le sens inverse.
14:28Et il dit, c'est pour sortir de chez moi avec le corps de ma femme,
14:32éventuellement dans le coffre, je vais jusqu'en bas de la descente.
14:34Donc, la voiture a suffisamment d'élan, contact, seconde.
14:38On ne peut pas le faire si on est en marche arrière.
14:39La compression est au fort.
14:42Ensuite, dans ces actes de préméditation,
14:44ce qu'on évoquait tout à l'heure, c'est qu'il n'y a pas de trace dans la
14:47voiture.
14:48Donc, ça veut dire qu'a priori, et on va le mettre au conditionnel,
14:52il aurait prévu de monter dans la voiture avec des bottes,
14:54avec quelque chose qui permettait de ne pas salir la voiture
14:57et de ne pas donner pense à cette préméditation.
15:01Mais ensuite, il y a autre chose qui, à mon avis, mérite d'être évoquée.
15:06On ne comprend pas pourquoi il s'accroche à cette différence d'horaire
15:11entre 23h et quelques minutes au moment où les voisines entendent les crises strident
15:16et lui qui dit « je me suis réveillé à une heure et demie du matin ».
15:20Je pense que tant qu'il n'avait pas...
15:21Enfin, c'est comme ça que je le comprends.
15:23Tant qu'il n'avait pas avoué le meurtre, ça veut dire quoi ?
15:25Ça veut dire au moment où les voisines ont entendu crier « je dormais,
15:29donc ce n'est pas chez moi, donc elles se trompent d'horaire ».
15:32Mais maintenant qu'il a avoué le meurtre, ça se retombe contre lui.
15:35Pourquoi ? Parce qu'il est une heure et demie du matin
15:38au moment où il avoue avoir comme il est fait.
15:42Engueulade. Meurtre.
15:44Ensuite, quelques minutes pour voir si personne n'a été attiré par les cris.
15:48Mettre le corps dans la voiture.
15:50Là encore, regarder s'il n'y a personne.
15:53Partir. C'est à 30 km.
15:55Nuit de confinement.
15:55Oui, mais on est effectivement en couvre-feu.
15:58C'est-à-dire qu'il a quand même 9 chances sur 10 de tomber sur une patrouille de gendarmerie.
16:01Il roule obligatoirement doucement.
16:04Il regarde s'il y a des phares et il regarde s'il y a du monde.
16:05Il arrive sur place.
16:07Il attend encore.
16:08Surt le corps.
16:08C'est vrai qu'il n'a pas besoin de fouiller longtemps.
16:11Et ensuite, il fait le trajet inverse.
16:12En s'assurant que les enfants ne sont pas réveillés.
16:14En s'assurant qu'il n'y a pas de voisins.
16:16Et là, il est 4h09 au moment où il prévient les gendarmes.
16:19C'est-à-dire que grosso modo, entre 2h moins le quart, 2h moins 10 du matin et 4h, 4h09,
16:27il a fait tout ce que je viens d'exprimer.
16:29C'est-à-dire qu'en fait, cette différence d'horaire se retourne contre lui.
16:32Et pourquoi ?
16:32Parce que ça veut dire qu'il y va directement.
16:35Et que forcément, il a reconnu les faits avant d'y aller.
16:38Il avait repéré les lieux, vous voulez dire ?
16:39Oui, il avait repéré les lieux.
16:40C'est-à-dire qu'on ne se promène pas en voiture à 2h du matin pendant le confinement.
16:43Enfin, ça paraît chorte.
16:45La juge lui pose la question.
16:46Donc, on frère du Parisien à Renan Folgoas.
16:50Information confirmée par BFM TV.
16:51Donc, la juge, qui va l'entendre, lui pose la question.
16:54Mais cette route d'Albi, sur la droite,
16:57il y a l'endroit où on va retrouver le corps de votre femme.
16:59Vous la preniez souvent parce que vous alliez travailler là-bas.
17:02Et d'ailleurs, votre téléphone borne.
17:04On sait que vous passiez régulièrement ici.
17:06Donc, comment se fait-il que ce soit justement ici,
17:07que vous ayez déposé le corps ?
17:10Sous-entendu, vous saviez, vous aviez reféré.
17:14Il dit quoi ?
17:14Non, pas du tout.
17:15C'est le fruit du hasard.
17:16C'est le fruit du hasard.
17:17C'est le fruit du hasard.
17:18Et il a redit ça vendredi devant le tas de combustible ?
17:21Il y avait deux défenses.
17:24Moi, je suis dans le dossier depuis le départ.
17:26En première instance, c'est le dossier est vide.
17:28Il n'y a rien contre moi.
17:30Je suis innocent.
17:31Vous êtes en train de commettre une énorme énergie quissière.
17:33Et là, on passe à une nouvelle phase.
17:34C'est le fruit du hasard.
17:36C'est le nouveau mantra.
17:36C'est le nouveau maître mot.
17:38Tout est le hasard.
17:39C'est tout.
17:40Les lunettes, pourquoi est-ce qu'on les retrouve cassées ?
17:42Je ne sais pas.
17:42Elles ne les portaient pas ce jour-là.
17:43Franchement, ça doit être le fruit du hasard.
17:45Comment est-ce que vous repérez les lieux ?
17:47Je ne sais pas.
17:48Je roulais comme ça.
17:48Et puis, je me suis arrêté.
17:49C'est ce qu'il dit vendredi quand vous êtes devant à la jonction, à l'intersection.
17:53Je lui pose la question en direct.
17:55Je lui dis, M. Jubilar, je ne repère que devant la botte de fumier ou de compost,
18:02appelons-la comme on veut, élégamment ou moins élégamment, plus réellement,
18:06il y a un tout petit chemin, un tout petit passage,
18:08comme si vous vous étiez arrêté en voiture
18:10et que vous l'aviez traîné à travers ce petit passage
18:14et que vous l'aviez amené ici.
18:16Ah non, non, non, non, pas du tout.
18:18Mais alors, comment est-ce que vous expliquez que vous arrivez ici, sur cette route-là ?
18:22Je passais comme ça, je ne savais pas où m'arrêter,
18:24je me suis arrêté à cet endroit-là et puis je me suis dit, pourquoi pas ?
18:27Et donc, si vous voulez, à chaque fois qu'on le confronte
18:29à des éléments tangibles, pragmatiques, presque mathématiques,
18:32à chaque fois, il vous répond, je ne sais pas, il hausse les épaules,
18:35il vous dit, je ne sais pas.
18:37Pour vous, il s'échappe à ce moment-là ?
18:39Pour vous, il prend la tangente à chaque fois ?
18:40Complètement, complètement.
18:42C'est son axe de défense, c'est son nouvel axe de défense
18:44qui, évidemment, ne tiendra pas la route une seule seconde,
18:47mais c'est son nouvel axe de défense.
18:48Ça peut être très violent en appel, en tout cas.
18:50Il y a un élément sur cette connaissance des lieux.
18:53Si vous vous en rappelez, Pauline et vous tous,
18:56on avait des photos de comparaison entre le tas de compost
19:00quelques mois avant et ce tas de compost,
19:03tel qu'il était devenu au moment où on a retrouvé le corps,
19:05il n'est pas du tout à la même place.
19:06Non mais attendez, d'ailleurs, on a retrouvé de nouveaux ossements
19:08pendant les deux jours précédents les fouilles,
19:11dans une parcelle derrière celle de Mayoc,
19:13je passe au votre contrôle,
19:14ce qui accrédite la thèse que cet agriculteur,
19:16comme il l'avait dit, avait épandé ce fameux tas de terre.
19:22Pardon, je vous ai coupé.
19:23Non, mais ça veut dire qu'a priori, il ne va pas forcément par hasard
19:26parce qu'il ne pourrait rien y avoir sur le terrain.
19:29Il a nécessité quand même de dissimuler le corps
19:32au moins le temps que la décomposition fasse son oeuvre
19:35et qu'on n'ait plus de traces sur les tissus maux.
19:37Ça veut dire qu'on ne peut pas l'abandonner à la surface dans un champ.
19:40Encore une fois, il faut aller très vite.
19:42Et donc, ça veut dire, selon moi, et encore au conditionnel,
19:45qu'il y aurait eu un repérage dans les jours précédents
19:48de façon à y aller directement.
19:50Il est obligé d'y aller directement.
19:51Il ne peut pas prendre le risque de tourner en rond
19:53et de chercher un endroit.
19:54C'est la nuit, c'est le mois de décembre.
19:56Et encore une fois, on est dans le couvre-clos.
19:57Et vous imaginez la violence qu'il faut vouloir infliger à Delphine,
20:05mettre son corps dans un tas de fumier,
20:08dans un tas de compost qui va se défaire extrêmement rapidement.
20:13Mais donc ça, il le savait, selon vous,
20:14en le mettant sur ce tas de compost,
20:16il savait que le corps allait très, très vite...
20:20Allait se décomposer.
20:21Allait se décomposer.
20:22Et finalement, quand on a fait les gros titres
20:24en disant qu'on a retrouvé le corps de Delphine,
20:27on a retrouvé deux bouts de fémurs.
20:30Le reste est étalé, éparpillé.
20:32Il a été écrabouillé, ce corps.
20:34Raison pour laquelle on retrouve des ossements avant-hier.
20:36Exactement.
20:37Il y a quelque chose qui m'intrigue.
20:39Ça, c'est son audition chez la juge.
20:43Je sors du village,
20:45je prends bêtement la direction d'Albi,
20:46je n'ai pas réfléchi.
20:47Je roule sans objectif précis.
20:50Il dit être arrivé à l'entrée d'Albi,
20:52voir des lumières.
20:52Il prend une route à droite dans le noir.
20:54Il ne veut pas retourner sur Albi.
20:57Il dit, je prends à droite où il fait noir.
20:59Je roule, je roule, je roule jusqu'à un endroit
21:01où je peux dissimuler le corps.
21:03Le problème, c'est que la reconstitution,
21:04elle a lieu en plein jour.
21:06C'est ça ?
21:07Oui, oui.
21:07Le 4 juillet, vous y allez en plein jour.
21:08Or, la cohérence serait bien d'y aller la nuit
21:11pour voir si ça t'aille.
21:13Oui, c'est vrai qu'il y avait certains...
21:13Possiblement, il éteint les phares de la voiture.
21:15C'est une voiture avec laquelle on peut rouler sans les phares.
21:19C'est un modèle ancien.
21:20Aujourd'hui, c'est impossible.
21:20Il y a au moins les veilleuses.
21:21Donc, il est dans le noir avec sa voiture.
21:23Il arrive.
21:24Il ne connaît pas cet endroit, dit-il.
21:26Et dans le noir, il va sortir le corps,
21:29réussir à distinguer le tatoumé.
21:32Donc, ce n'est pas une reconstitution
21:34comme elle aurait dû être faite de nuit.
21:35Alors, il y a deux choses.
21:36D'abord, je vous réponds sur être dans le noir.
21:38Il explique qu'il va y avoir une lampe frontale.
21:40Ah bon ?
21:41Mais alors, la lampe frontale, où est-ce qu'il la trouve ?
21:43Et où est-ce qu'elle est, là, aujourd'hui ?
21:44Sur la table de la cuisine.
21:47Et pourquoi est-ce qu'il y avait une lampe frontale ?
21:48Oui, pourquoi ?
21:50Parce qu'on a toujours tous une lampe frontale.
21:52Parce qu'elle était là.
21:52Elle était posée là, voyons.
21:53Il ne parle pas de la frontale.
21:55Il ne parle nulle part de la frontale.
21:56Non, non, mais ça, ça a été fait dans la reconstitution.
21:58Dans la reconstitution, il a une lampe frontale.
22:00Mais alors, ça ne change rien.
22:02Enfin, ça ne change rien.
22:02Si, ça change tout sur la préméditation.
22:04Mais pourquoi est-ce qu'il roule comme ça ?
22:06Et pourquoi est-ce qu'il en arrive à cet endroit ?
22:10Eh bien, par le fruit du hasard.
22:11C'est ce qu'on disait tout à l'heure.
22:11Et attendez, est-ce qu'il a expliqué comment est-ce qu'il la dépose ?
22:14Est-ce qu'il creuse avec ses mains ?
22:15Est-ce qu'il a expliqué ça ?
22:16C'est très intéressant ce que dit Dominique Rizet
22:17puisqu'effectivement, nous avons fait une reconstitution
22:20en pleine journée
22:22et dans un climat très accueillant.
22:24Il faisait beau le ciel.
22:24Comme dirait François Daouz, ce n'était pas le bon biotope.
22:26Non, exactement.
22:28Et donc, il va nous expliquer qu'il creuse avec ses mains.
22:31À main nue.
22:31À main nue.
22:32Et puis, il remet la terre par-dessus
22:36jusqu'à ce qu'elle soit dissimulée complètement.
22:38On est en plein hiver.
22:39Évidemment qu'il y a un côté qui se durcit.
22:42Gelé.
22:43Gelé.
22:43Et donc, évidemment, qu'est-ce que ça veut dire ?
22:45Ça veut dire qu'il y allait avec des outils.
22:46Ça veut dire qu'il y allait avec une pelle.
22:48Ça veut dire qu'il savait exactement ce qu'il faisait.
22:49Et ça, il ne le dit pas.
22:50Ça veut dire que sa version, elle ne tient pas à un cœur.
22:53Et ça, il n'est pas questionné sur les outils.
22:55Il n'est pas questionné sur l'endroit où il va mettre ses vêtements
22:57après la dissimulation du coup.
23:00Mais si vous voulez, on a fait une reconstitution de 5 heures.
23:01Si on commence à le reprendre sur chacune de ces contradictions,
23:04on y est pendant 48 heures.
23:06Vous voyez ?
23:06Donc, est-ce que c'était utile ?
23:08Pas vraiment.
23:09Est-ce que ça a apporté quelque chose ?
23:11Pas quand même.
23:11Pas grand-chose.
23:12Je ne suis pas d'accord avec vous.
23:13On apprend quand même que ça ne colle pas devant le frigo.
23:15On apprend qu'il a une offre comptable.
23:17On apprend que ça ne colle pas depuis le premier jour.
23:19Il suffisait de dire le dossier.
23:20Il y a trois ans, on savait déjà que ça ne collait pas.
23:22Est-ce qu'on sait si c'est une nuit noire ?
23:24Puisque vous savez que quand on fait des reconstitutions...
23:27Il y a certains avocats qui ont demandé des conditions de réelle.
23:29Est-ce qu'on sait si c'est une nuit noire, une nuit de lune ?
23:33Les forces spéciales disent des nuits, c'est de 1 à 5.
23:36C'est une nuit 0 ?
23:37Enfin, de 0 à 5.
23:38C'est une nuit 0 ou une nuit 5 ?
23:40Alors là, Dominique Rizet, vous êtes dans un de la précision que je...
23:46C'est une nuit où il expliquait que Delphine était sortie pour aller voir les étoiles filantes.
23:54Donc elle était lumineuse.
23:55On sait que c'était une nuit dégagée où on pouvait voir les étoiles filantes.
24:00Donc si vous voulez, ce n'était pas une nuit...
24:01Ça donne une information.
24:02Ça donne une information précise.
24:03Puisque pendant très longtemps, souvenez-vous de Dominique Rizet,
24:06il va expliquer qu'elle s'était probablement enfuie par elle-même
24:08et qu'elle avait quitté le domicile conjugal
24:11parce qu'elle aimait regarder les étoiles filantes
24:13et que par conséquent, il fallait l'imaginer errer au milieu de la nuit pour...
24:19Bon, François Dao, c'est quand même utile, ce que raconte Mourad Batik.
24:22C'est quand même utile, cette reconstitution.
24:23Ça a quand même nous aidé pour le procès en appel.
24:25Oui, pour moi, elle est très utile
24:27parce qu'elle met encore plus en avant les contradictions
24:29et les impossibilités par rapport à des déclarations
24:32qui se veulent sincères et spontanées.
24:35Donc là, derrière, il va falloir qu'il travaille autrement
24:40pour revenir et expliquer ce qui s'est réellement placé.
24:43La seule possibilité pour lui de travailler autrement,
24:45c'est de dire la vérité, mais il en est incapable de...
24:47Nous sommes d'accord.
24:48Il reste quelques mois.
24:49Le procès en appel est donc programmé en avril 2027.
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