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Avec Reynald Marien (Président – CEO SAS Aplim / EcoleDirecte) et Emmanuel Garot (Membre de la PEEP
de Paris et country manager France chez TPL Digital)

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##LE_NUMERIQUE_POUR_TOUS-2026-04-10##

Catégorie

🤖
Technologie
Transcription
00:01Pour limiter l'impact environnemental du numérique, rangez-la.
00:06Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Perez.
00:10Bonjour et bienvenue dans le numérique pour tous, l'émission dédiée au numérique, à l'innovation et à la tech
00:15responsable.
00:16Et aujourd'hui on va parler d'école d'enfants et de numérique.
00:19Vous le savez, le niveau baisse, la tension s'effondre, l'autorité se redéfinit et les modèles familiaux évoluent.
00:26Et les écrans occupent une place toujours plus grande dans la vie de nos enfants.
00:28Alors aujourd'hui, qui les éduque vraiment ? Les parents, l'école ou les écrans ?
00:32Et surtout, qui doit reprendre la main ? C'est ce que nous tenterons de comprendre avec nos invités.
00:36Le numérique pour tous spécial, parents, école ou écran, qui élève encore nos enfants, c'est tout de suite et
00:41c'est sur Sud Radio.
00:43Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Perez.
00:46Et pour commencer cette émission, nous avons le plaisir d'accueillir la personne qui connaît presque tout de nos échanges
00:52entre les parents et les enseignants,
00:54puisqu'il est le fondateur de l'application École Directe.
00:57Cette application qui remplace le bon vieux cahier de liaison en mode numérique.
01:01Avec nous, Reynald Marien.
01:03Bonjour Reynald, vous êtes donc le président, CEO de École Directe.
01:07Bonjour Vanessa.
01:09Enchanté de vous avoir en plateau.
01:10Donc on va commencer par un constat, le niveau baisse.
01:12Alors, est-ce que ça veut dire qu'on demande moins à nos enfants, qu'on est moins exigeant,
01:16ou alors qu'ils sont devenus moins disponibles pour apprendre ?
01:19Alors, effectivement, il y a des signaux un peu préoccupants sur la baisse générale et l'effondrement du niveau scolaire.
01:25Mais je serai un peu plus modéré que ça, parce qu'en fait, les études montrent que, selon le niveau
01:30d'âge qu'on interroge,
01:33les niveaux ne baissent pas partout.
01:35Par exemple, si on prend le résultat PISA, effectivement, on a tous constaté récemment,
01:39et les médias se sont emparés un peu du sujet, une baisse assez générale sur la tranche 15 ans.
01:44Alors que si l'on regarde les évaluations nationales, qui sont également un autre ancrage d'analyse,
01:52on s'aperçoit, par exemple, que les élèves de 6e ont de meilleurs résultats en 2025 que l'évaluation nationale
01:59de 2017, par exemple.
02:00Effectivement, les écrans s'invitent de plus en plus à l'école.
02:03On parle d'une perte de concentration et parfois d'une autorité parentale qui s'érode.
02:07Pour vous, qu'est-ce qui fragilise aujourd'hui cette éducation ?
02:11Alors, si on parle des programmes, par exemple, on peut parler peut-être d'une baisse de l'exigence.
02:18L'exemple qui peut être donné, alors je ne vais pas vous faire le détail des programmes éducatifs aujourd'hui,
02:23mais en classe de seconde, par exemple, on voyait avant les espaces vectoriels.
02:27Aujourd'hui, c'est quelque chose qu'on voit au niveau d'une classe de prépa.
02:31Donc, cette exigence, pour moi, a baissé.
02:33En ce qui concerne l'autorité parentale, je n'ai pas la vocation à juger exactement ce que peut être
02:42l'autorité parentale aujourd'hui.
02:44Effectivement, j'ai pu constater que cette autorité parentale était différente aujourd'hui, avec des formes assez diversifiées.
02:54Concrètement, aujourd'hui, effectivement, certains parents ont une tendance à l'entrisme, on va dire, dans la relation que l
03:01'enseignant peut avoir avec l'enfant.
03:02Ça aussi, c'est de plus en plus prégnant.
03:04C'est-à-dire, on met une mauvaise note, on sanctionne l'enfant, on n'est pas dans le même
03:06mode d'éducation positif, par exemple, que le parent.
03:08Est-ce que le parent peut s'en offusquer avec ce carnet de liaison ?
03:13Alors, avec ce carnet de liaison qui est rendu un peu dans l'immédiateté, c'est ce qu'on disait
03:17avec les outils numériques,
03:18effectivement, on pourrait penser que la réaction peut être assez violente au niveau, ou contestée assez rapidement.
03:24Je pense qu'il faut prendre le temps de redonner cette autonomie à l'enfant.
03:30Là où on rentrait à la maison avec une note et on prenait le temps, en tout cas de la
03:36place de l'enfant,
03:37on prenait le temps d'expliquer pourquoi on avait un échec ou pourquoi on avait une réussite,
03:41aujourd'hui, cette immédiateté qu'a le numérique pour les parents a peut-être un peu freiné cette autonomie.
03:48Et justement, par rapport à l'enfant, comme vous le disiez, avant qu'il pouvait s'expliquer ou apprécier sa
03:53note vis-à-vis de l'enseignant,
03:55en fait, le parent est informé instantanément.
03:57Ça aussi, ça ne change pas un petit peu les choses dans la relation tripartite, on va dire, entre l
04:03'enfant, l'enseignant et son parent ?
04:05Alors, ce triangle que vous mettez en avant, effectivement, a été réduit en termes de relations,
04:12puisque les outils numériques ont permis ce rapprochement entre l'élève, l'établissement et la famille.
04:17Pour autant, les outils ont quand même été conçus de manière à avoir ce droit, je dirais, de déconnexion.
04:25Aujourd'hui, le professeur qui met sa note directement dans l'outil peut paramétrer cette note
04:31de façon à ce que la note n'apparaisse qu'au moment où il a rendu déjà la copie.
04:34Et donc, donner le temps à l'enfant d'appréhender la réussite ou l'échec relatif à sa note.
04:40Donc, voilà, je pense que c'est une question aussi d'éducation des parents avec le regard qu'ils peuvent
04:46avoir sur l'usage de ce numérique.
04:49Mais justement, alors, avec l'intelligence artificielle, quand je vous écoute, demain, on pourra prévenir un parent et dire
04:55votre enfant est en train de décrocher, son comportement est en train de changer.
04:58On va pouvoir analyser certains signaux faibles dans le comportement de l'enfant.
05:03Est-ce que ça, c'est quelque chose qui fait que vous y voyez vraiment une pertinence à accompagner un
05:09petit peu plus
05:10avec les données que vous avez, les enfants aujourd'hui dans le privé ?
05:13Alors, on ne peut pas vous cacher que l'analyse des données peut permettre, justement, avec une IA bien entraînée,
05:20de détecter des signaux faibles.
05:22Mais elle ne doit jamais transformer ce signal en destin scolaire.
05:27On ne va pas identifier, si on identifie les difficultés d'un élève, ce n'est pas pour lui donner
05:33une étiquette
05:34ou de le catégoriser en disant, bon, ben voilà, tu as été identifié parce que tu as un mauvais comportement,
05:40on a analysé le nombre d'avertissements que tu as eu, les moyennes sont en dessous de la moyenne de
05:45classe.
05:46Donc, l'IA en conclurait que l'élève est décrocheur. C'est un peu raccourci.
05:52Concrètement, Réalty, demain, vous étiez ministre de l'Éducation nationale.
05:54Quelles seraient les deux ou trois mesures phares que vous aimeriez mettre en place ?
05:59Alors, moi, je pousserais pour que l'innovation numérique soit incluse dans les écoles,
06:06mais avec un accompagnement très fort des enseignants et des élèves.
06:12Ça, c'est une première mesure qui me paraît incontournable.
06:15L'arrivée de l'IA, du numérique en général, la transformation du numérique à l'école,
06:20elle est inévitable aujourd'hui. Donc, je pense qu'il vaut ne pas l'éviter, mais l'accompagner.
06:28Deuxième mesure ? Une deuxième ?
06:29Alors, la deuxième mesure, j'irai sur les programmes scolaires.
06:33Voilà. Personnellement, je pense que les programmes scolaires, aujourd'hui, doivent être revus.
06:38J'ai un vague souvenir, lorsque j'étais chez les établissements, d'avoir reçu un inspecteur de l'Éducation nationale
06:45en anglais
06:45et lui avoir fait la remarque qu'on apprenait encore aux enfants le prétérite du verbe moudre qu'a fait.
06:54Donc, vous voyez un petit peu la déconnexion, en tout cas le décalage avec la praticité de l'anglais.
07:00Oui.
07:00Et je m'aperçois qu'aujourd'hui, peu de choses ont changé.
07:03Bon, une troisième mesure phare, à part le prétérite du verbe moudre.
07:07J'ai pas dit le prétérite uniquement. Dans l'ensemble, les programmes éducatifs.
07:13Eh bien, peut-être redonner la place aussi à l'enseignant.
07:16Tout à l'heure, on parlait de l'autorité parentale,
07:19qui venait un peu être, comment dirais-je, l'œil, en tout cas la caméra du parent dans le cartable
07:29de l'enfant.
07:30Si on redonne un petit peu le pouvoir aux enseignants et une revalorisation du métier.
07:36Merci beaucoup, Rénal. Je rappelle que vous êtes président, CEO de École Directe.
07:40Recte avec nous, dans quelques instants, nous écouterons le point de vue d'un responsable de parents d'élèves
07:44qui ne mâche pas ses mots sur les nouveaux modes d'éducation.
07:46Mais je ne vous en dis pas plus.
07:47Le numérique pour tous, spécial École Enfant et Numérique, ça continue dans quelques instants.
07:51Et c'est sur Sud Radio.
07:54Pour limiter l'impact environnemental du numérique, rangez-la.
07:58Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
08:02Et pour continuer cette émission spéciale, l'enfant, école, parents et numérique,
08:06j'ai le plaisir d'accueillir Emmanuel Garraud.
08:07Bonjour Emmanuel.
08:08Bonjour.
08:08Vous dirigez la PEP, la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public.
08:13Alors, même question cache pour commencer.
08:15Aujourd'hui, qui élève vraiment nos enfants ?
08:17Les parents, l'école ou leur smartphone ?
08:20Écoutez, une fédération de parents peut quand même espérer que ce soit d'abord et avant tout les parents
08:24qui sont en charge de l'éducation.
08:26Et là-dessus, on peut peut-être faire une distinction entre enseignement et éducation.
08:30L'éducation relevant quand même très largement et essentiellement des parents.
08:36Même si, bien entendu, l'école joue un rôle.
08:38Elle se charge de l'enseignement, mais elle se charge aussi d'une partie de l'éducation.
08:41D'ailleurs, peut-être faudrait-il qu'elle ne se perde pas trop dans les aspects éducatifs
08:46qui parfois peuvent être un peu trop nombreuses, un peu trop complexes.
08:49Alors justement, c'est intéressant cette distinction sémantique.
08:52Et merci de la faire parce qu'effectivement, on demande de plus en plus à l'école d'éduquer à
08:56tout.
08:57Alors, est-ce que c'est éduquer ou enseigner ?
08:58Mais à la citoyenneté, à l'écologie, à la sexualité, au numérique, au harcèlement.
09:03Est-ce qu'on laisse vraiment le temps pour les acquis fondamentaux ?
09:06C'est-à-dire lire, écrire, compter et penser.
09:09C'est important dans le distinguo que vous faites.
09:11Oui. Alors, est-ce qu'on laisse suffisamment de temps aux enseignements fondamentaux ?
09:15Sans doute pas.
09:16Sans doute pas.
09:18Notamment dans le premier degré.
09:19Je pense que là-dessus, pour avoir discuté assez largement avec aussi bien des enseignants
09:24que des directeurs ou directrices d'école,
09:26il y a quand même toujours un peu une problématique sur les fondamentaux lire, écrire, compter
09:30qui, dans le premier degré, sont quand même des éléments clés
09:33et qui déterminent très largement le parcours d'un collégien, d'un futur collégien, dès la sixième.
09:39En règle générale, on va dire que des collégiens dont on sait qu'ils vont être en perdition assez rapidement,
09:43on les identifie très vite dès la sixième.
09:46Donc, ça veut dire qu'il s'est passé quelque chose ou qu'il ne s'est pas passé suffisamment
09:49de choses au sein du premier degré.
09:52Néanmoins, quand vous parlez de temps d'enseignement, ça impose de se poser quand même une vraie question,
09:57c'est-à-dire comment on se répartit dans une heure de cours le temps, pardon, effectif d'enseignement.
10:04Et de ce point de vue-là, le rapport PISA donne un certain nombre d'éléments intéressants
10:10qui ont fait l'objet de beaucoup de commentaires.
10:12Il y en a peut-être un élément en particulier qui devrait quand même attirer l'attention,
10:16notamment au regard des comparaisons internationales de la France et de beaucoup de pays de l'OCDE,
10:21c'est le manque de discipline au sein d'un cours.
10:25Et il est assez frappant.
10:27Alors, évidemment, toutes les disciplines ne sont pas interrogées de la même manière.
10:31En l'occurrence, c'est un sujet qui porte plus précisément sur l'enseignement des mathématiques.
10:34Et là-dessus, on a remonté par rapport aux élèves qui sont interrogés.
10:40Donc, la méthodologie, c'est 15 ans et 3 mois, 16 ans, 3 mois pour PISA.
10:46Et là, ce qui apparaît, c'est que pratiquement un cours sur deux
10:49est vraiment profondément perturbé par un manque de discipline, le bruit dans le cours.
10:55Donc, ça, c'est un vrai sujet parce qu'on peut avoir des programmes intéressants.
11:00On peut les modifier si d'aventure on les trouve imparfaits.
11:03Mais si on a des difficultés, en moyenne encore une fois,
11:10tout simplement à les enseigner dans un cours normal, c'est un vrai problème.
11:15C'est un problème d'éducation des enfants qui sont dans le cours ?
11:17C'est un problème d'enfant qui veut affirmer son autorité ?
11:20Parce qu'on sait tous que les adolescents aujourd'hui aiment bien exprimer leur autorité.
11:24Ou alors, c'est l'enseignant qui n'est pas formé ?
11:26Comment vous analysez justement cet effet perturbateur ?
11:29Sans doute un problème d'autorité, d'autorité parentale et d'éducation.
11:33Sans doute aussi peut-être un problème d'autorité de l'institution.
11:36Peut-être que beaucoup d'élèves, contrairement à peut-être une période
11:40que nous avons connue il y a quelques décennies, quand on fréquentait l'école,
11:45n'ont pas forcément vis-à-vis de l'institution le même regard
11:48de surplomb de l'institution par rapport à l'élève.
11:51Et donc, effectivement, ça peut se retrouver en cours.
11:52Mais je vais vous donner un exemple précis.
11:55J'ai beaucoup de camarades de classe qui sont partis dans l'enseignement,
11:59on va dire au milieu des années 90, quelque chose comme ça.
12:02Et déjà, beaucoup se plaignaient à l'époque du décalage considérable
12:07entre l'ambiance de classe qu'ils avaient connue, eux, au collège et au lycée,
12:11et l'ambiance de classe qu'ils s'attendaient assez naturellement
12:14à retrouver dans l'établissement dans lequel ils ont été positionnés pour enseigner.
12:18Et là, effectivement, je me souviens qu'à l'époque,
12:20et encore une fois, ça ne date pas d'hier, ils étaient surpris de voir
12:24que quand ils arrivaient à enseigner, à faire cours à peu près,
12:27normalement, 20 à 30 minutes, ils considéraient qu'ils avaient réussi
12:30vraiment leur cours, que c'était une vraie réussite.
12:32Alors, derrière ça, est-ce que c'est le niveau de sanctions
12:34qui n'est pas assez important, selon vous ?
12:37Donc ça, ça viendrait de l'institution ?
12:38Ou alors, c'est un problème, à nouveau, d'éducation ?
12:41Alors, c'est peut-être plus une question de positionnement,
12:44c'est plus une question, plus peut-être que de sanctions,
12:47parce que des sanctions, il y en a.
12:48Il y en a.
12:50Mais encore une fois, quand vous avez un ou deux élèves perturbateurs,
12:53c'est assez dérangeant.
12:55Quand ça se répand sur l'ensemble de la classe,
12:58c'est tout autre chose.
13:00Et là, effectivement, il est très difficile
13:01d'imposer des sanctions collectives comme ça.
13:04Il y a beaucoup d'obstacles,
13:05beaucoup de choses qui s'y opposent, en réalité.
13:07Mais il est certain qu'il y a probablement,
13:11aujourd'hui, dans beaucoup d'écoles,
13:13un certain nombre d'élèves très minoritaires
13:16qui sont susceptibles de causer des désagréments
13:20à des classes entières,
13:21parfois à des établissements entiers,
13:23en les déstabilisant profondément.
13:25Et là, ce sont des élèves
13:26qui, peut-être, devraient faire l'objet
13:28d'un traitement particulier,
13:30qui n'ont peut-être pas,
13:32dans l'établissement scolaire dans lequel ils sont scolarisés,
13:35je dirais,
13:35le lieu susceptible de les accueillir au mieux
13:37et d'en faire quelque chose,
13:38de les faire évoluer et grandir.
13:39On parlait tout à l'heure avec Rénal
13:42de l'entrisme des écrans et du numérique,
13:44même si les téléphones sont interdits au moins de 15 ans.
13:46Est-ce que, pour vous,
13:48ça pénalise aussi la concentration,
13:50la façon d'enseigner
13:52et peut-être que ça remet en question,
13:54quelque part, l'autorité de l'enseignant ?
13:57Alors, ça peut remettre très certainement en cause,
13:59je dirais, l'autorité de l'enseignant
14:02dans sa capacité, justement,
14:04à créer un effet de surplomb
14:05par rapport à sa maîtrise des connaissances qu'il enseigne.
14:08Ça, c'est certainement un sujet.
14:11Beaucoup d'élèves,
14:13on a été jeunes,
14:14on a connu ça,
14:15sont susceptibles d'être plus ou moins respectueux
14:17d'un enseignant,
14:18mais il y a quand même un élément
14:19sur lequel, en général,
14:20on se retrouve tous,
14:21c'est quand un enseignant
14:21maîtrise vraiment parfaitement sa discipline,
14:23qu'il est particulièrement brillant,
14:26qu'il en sait, entre guillemets,
14:27plus que ce qu'il a besoin d'enseigner,
14:29en réalité.
14:30Il y a quand même une certaine forme de respect
14:31qui s'installe,
14:32même si, après, dans son attitude,
14:34dans son comportement,
14:35ça peut quand même, malgré tout,
14:36engendrer des choses un peu baroques, parfois.
14:38Mais, en tout cas,
14:39c'est un élément important.
14:40Et donc, le numérique, là-dessus,
14:43crée très certainement
14:44une forme de concurrence
14:47dans la maîtrise des connaissances
14:48que peut avoir un enseignant.
14:49Oui, j'allais vous dire,
14:50on peut répondre à l'enseignant,
14:51je le trouve sur Tchad GPT,
14:52je n'ai pas besoin de t'écouter.
14:53Dans une certaine mesure, oui.
14:54Donc, effectivement,
14:55pour des enseignants
14:56qui sont peut-être un petit peu fragiles
14:57ou qui, en termes de connaissances,
14:59parce que ça peut, malheureusement, arriver,
15:01ou des enseignants
15:02qui ont peut-être un petit peu de mal
15:03à transmettre leur savoir,
15:05même s'il est considérable,
15:06oui, effectivement,
15:07ça crée une concurrence
15:08qui peut leur jouer un très mauvais tour,
15:10très certainement.
15:10Et ça, ça veut dire qu'aujourd'hui,
15:12il faudrait enseigner davantage
15:14une approche comportementale
15:15aux enseignants
15:16pour lutter contre ça ?
15:17Parce que là,
15:17on en est peut-être au début
15:18de cette période,
15:19mais d'ici six mois, un an,
15:21à la vitesse à laquelle vont les choses
15:22sur l'intelligence artificielle,
15:23elle pourrait être un professeur particulier
15:25de certains élèves
15:26et se substituer au rôle de l'enseignant.
15:28Oui, oui, bien sûr,
15:30ce qu'il est déjà en partie
15:31pour un certain nombre d'élèves.
15:33Alors après, quand on parle de numérique,
15:35je pense qu'il faudrait distinguer
15:37un petit peu les tranches d'âge.
15:38C'est-à-dire qu'un collégien,
15:41qu'un lycéen
15:42ait une grande fréquentation des écrans,
15:45à peu près comme un adulte,
15:46en espérant que ce ne soit pas beaucoup plus,
15:49ce n'est pas forcément très gênant.
15:51Pour des enfants plus jeunes,
15:53quand le cerveau est encore en formation,
15:55là, ça peut engendrer
15:56des problèmes cognitifs importants.
15:58Et là, il y a sans doute peut-être
15:59une approche, je dirais,
16:00presque médicale à avoir
16:02vis-à-vis des familles,
16:03vis-à-vis des enfants aussi.
16:05Ce n'est pas la même chose
16:06de fumer une cigarette à 10 ans
16:07que d'en fumer une quand on a 31 ans.
16:10Ce n'est pas la même chose.
16:11Et donc, il y a peut-être
16:11une approche, je dirais,
16:12presque médicale à avoir
16:14en expliquant bien
16:15que la fréquentation excessive
16:17des écrans,
16:18alors que le cerveau est
16:19dans une phase de formation,
16:21simplement,
16:23peut créer, engendrer
16:24des dégâts cognitifs importants,
16:26et notamment dans le cadre
16:27de l'attention.
16:28C'est très important
16:28de le souligner,
16:29et même aussi,
16:30il y a un signal faible
16:31qui sont peut-être
16:32les dégâts,
16:32alors est-ce qu'on peut
16:33les appeler cognitifs,
16:33sur le langage ?
16:34Parce que des jeunes générations
16:35qui n'ont pas connu
16:36la langue de Molière,
16:37on va dire,
16:38et qui ne s'en réfèrent
16:39qu'à Chadipiti,
16:40vont avoir,
16:42comment dire,
16:43une grammaire
16:43qui est peut-être aléatoire
16:45et qui est un petit peu
16:46cette novlangue
16:46qu'on trouve
16:47sur l'intelligence artificielle.
16:49Est-ce que ça aussi,
16:50c'est un signal faible
16:50que vous pointez ?
16:51L'apparition
16:52d'un nouveau langage,
16:54sans esprit critique,
16:55on va dire,
16:56qui va formater
16:56des esprits
16:57les plus jeunes ?
16:58Oui, oui,
16:59très certainement.
17:00Alors après,
17:00je serai un petit peu méfiant,
17:02notamment par rapport
17:03à un certain nombre
17:04d'études,
17:04qui par définition,
17:06pour avoir une certaine
17:07forme de cohérence
17:07et de pertinence,
17:08sont obligés
17:09de prendre des grands nombres.
17:11Je pense qu'il y a
17:12des disparités
17:13très importantes,
17:14en fait.
17:14Entre des jeunes
17:15qui,
17:17j'en fréquente quelques-uns,
17:18peuvent avoir
17:19une maîtrise
17:20de la langue
17:20vraiment très bonne,
17:22très satisfaisante.
17:23Et puis,
17:24à l'opposé,
17:24d'autres jeunes
17:25qui ont vraiment
17:25une maîtrise
17:26très faible.
17:28Donc,
17:28je dirais que
17:30on est peut-être
17:30moins dans une problématique
17:33à proprement parler,
17:34purement générationnelle,
17:35mais avec des disparités
17:37au sein de cette génération
17:38entre des gamins
17:40qui ont vraiment
17:41une maîtrise
17:41de la langue
17:42bien supérieure
17:43à ce que parfois
17:44on peut imaginer,
17:45avec la sinistrose
17:47de Pisa récemment
17:48et puis d'autres études,
17:49de toute façon,
17:50même nationales,
17:51qui font apparaître
17:51aussi des résultats
17:52assez déprimants,
17:53mais qui ne doivent pas
17:55non plus exclure
17:56trop facilement
17:58le fait qu'une partie
17:59de la jeunesse
17:59fonctionne correctement
18:01et correctement formée
18:02à un bon niveau.
18:04J'ai envie de vous demander,
18:05l'intelligence artificielle
18:06est aussi une formidable opportunité,
18:07est-ce que demain
18:08on peut considérer
18:09qu'elle devient
18:10un professeur particulier
18:11qui accompagne l'élève
18:12sur des faiblesses
18:13qu'il pourrait avoir
18:14et qui vient compléter,
18:15on va dire,
18:16la formation de l'enseignant ?
18:18Alors, ce qui est sûr
18:18avec l'IA,
18:19c'est qu'il s'est déjà
18:20largement invité
18:21dans les établissements
18:22scolaires.
18:23Les chiffres
18:24pour le second degré,
18:25c'est 30 à 40%
18:26d'enseignants
18:27qui ont recours.
18:28C'est-à-dire,
18:28ils font leurs cours
18:29avec une intelligence artificielle
18:31concrètement ?
18:31Oui, oui.
18:32Alors, soit pour préparer
18:34un cours,
18:35soit pour préparer
18:36un cours
18:36qu'ils ont déjà
18:37mis en œuvre
18:38mais pour lequel
18:38ils ont éprouvé,
18:40par exemple,
18:40une insatisfaction.
18:41Ils trouvent,
18:42par exemple,
18:42que le cours apparaît
18:44comme un peu trop
18:45rébarbatif
18:45aux yeux de leurs élèves.
18:46Alors, ils vont demander
18:47à l'IA
18:47de revoir un peu le cours
18:50en l'essayant peut-être
18:50de le rendre
18:51un peu plus interactif.
18:52Et l'IA s'y plie volontiers
18:53et donne des conseils
18:54tout à fait avisés.
18:56Et puis,
18:56à côté de ces 30 à 40%
18:58d'enseignants
18:58qui utilisent l'IA,
19:00vous avez à peu près
19:01aujourd'hui
19:03un peu plus
19:04des deux tiers
19:04des élèves
19:05du second degré
19:06qui ont recours
19:07à l'IA
19:08ou qui ont eu recours
19:09et qui ont un recours
19:10assez régulier.
19:12Donc, aujourd'hui,
19:12l'IA est déjà
19:13très installée,
19:14très très installée,
19:15que ce soit,
19:16alors, encore une fois,
19:17ce sont des outils.
19:19Donc, tout dépend
19:19comment on l'utilise,
19:20à quoi on l'utilise,
19:21à quelle fin.
19:22Ça peut être
19:23très intelligent.
19:24Ça peut être très intelligent.
19:25On voit des élèves,
19:26par exemple,
19:26qui se fabriquent
19:28un outil de révision
19:29sous la forme de quiz
19:30avec des questions ouvertes,
19:31des questions fermées
19:32avec l'IA.
19:33C'est pas du tout idiot,
19:34c'est même très intelligent.
19:35C'est une bonne chose.
19:36C'est une bonne chose.
19:37Et puis, effectivement,
19:37il y en a d'autres
19:38qui vont faire,
19:39qui vont utiliser l'IA
19:42pour rédiger la dissertation
19:43qu'on leur a demandée
19:44et qui fait qu'aujourd'hui,
19:45il n'y a plus guère d'enseignants
19:46qui se hasardent
19:47à demander un travail
19:48à la maison
19:49de cette nature.
19:50En même temps,
19:50sans être le prix Goncourt,
19:51il y a des très bons outils
19:52qui vous permettent
19:52d'apprécier
19:53si le texte a été fait
19:54avec une IA ou pas.
19:57Pour conclure, Emmanuel,
19:58vous nous avez parlé
19:59effectivement des élèves perturbateurs
20:00du niveau qui baisse
20:01pour être un petit peu
20:02positif et optimiste.
20:03Il y a des très bons éléments.
20:05Est-ce qu'il y a des éléments
20:06qui sont vraiment inspirés
20:07ou il y en a moins qu'avant
20:09qui veulent faire entrepreneur ?
20:10Qu'est-ce qui les guide ?
20:11Qu'est-ce qui les...
20:11Ou dans le numérique ?
20:12Je ne sais pas.
20:13Mais est-ce qu'il y a
20:13effectivement un gros volume ?
20:17Alors, on va essayer
20:17d'être positif,
20:18comme vous dites.
20:19Et je vais pointer du doigt
20:21un point positif,
20:23mais un peu négativement
20:24tout de même.
20:25malgré tout,
20:25parce que le rapport PISA
20:26et ça, c'est peut-être
20:27le deuxième enseignement
20:28qui est peu commenté
20:29mais qui est important,
20:30c'est que la pointe
20:31des élèves les plus performants,
20:33scolairement parlant,
20:34diminue.
20:35C'est-à-dire qu'on était
20:36entre 2000,
20:38au moment où l'étude PISA
20:39est apparue,
20:40et puis 2019,
20:42en gros,
20:42on était sur à peu près
20:4310% des élèves
20:44qui satisfaisaient en gros
20:45à 100% aux attendus
20:47de l'étude.
20:49La dernière,
20:51enfin l'avant-dernière désormais,
20:52on était tombés à 7%
20:54et là, on est tombés
20:55à 5%.
20:56Ce qui veut dire que
20:56par rapport aux années 2000-2010,
20:59on a cette pointe avancée,
21:01on va dire,
21:01des élèves les plus performants
21:02scolairement,
21:03je n'ai pas dit
21:03le plus intelligent,
21:05mais les plus scolairement
21:06performants,
21:07a été divisé par deux.
21:08et ça, c'est un vrai problème.
21:10Douloureux, effectivement.
21:11C'est un vrai problème.
21:11Et je ne peux pas m'empêcher
21:13de rapprocher ça
21:15de deux éléments.
21:15Le premier,
21:16c'est que la compétition internationale,
21:18aujourd'hui,
21:20doit absolument faire appel
21:21à des savoirs particulièrement
21:23bien maîtrisés,
21:24au moins par une partie des élèves.
21:26Donc, par rapport à cette compétition,
21:28ce n'est pas forcément
21:28une très bonne nouvelle.
21:30Et le second point,
21:31qui est également très important,
21:33c'est que je peux le rapporter,
21:35le rapprocher,
21:36ce constat de certains échanges
21:38avec notamment
21:38des chefs d'établissement,
21:39des enseignants,
21:40qui parfois m'ont confié
21:43avoir quelques difficultés
21:44à alimenter
21:45les meilleurs éléments
21:46de leur classe.
21:47Pour conclure,
21:48une minute,
21:49vous êtes demain
21:50ministre des Éducations nationales.
21:51Vos trois mesures phares ?
21:53Écoutez,
21:55très certainement,
21:56des choses à revoir
21:57au niveau de certains programmes,
22:01assurément.
22:02Ensuite,
22:03la méthodologie,
22:04la manière d'appliquer
22:05ces programmes.
22:07D'enseigner,
22:08l'interactivité,
22:09la dynamique d'un cours ?
22:10Par exemple,
22:11sans doute peut-être
22:11avoir recours
22:12à des méthodes
22:13d'enseignement
22:14peut-être plus pragmatiques,
22:17plus concrètes.
22:18Les Anglais font ça
22:19très bien depuis des décennies.
22:20Ils ont une approche
22:20beaucoup plus concrète
22:22qui correspond aussi
22:23à leur culture,
22:24à leur civilisation.
22:25Il ne faut pas non plus
22:25chercher à copier.
22:26Mais à copier,
22:28chaque pays a sa tradition,
22:29sa culture,
22:32On vient du siècle des Lumières,
22:33on est peut-être
22:33moins pragmatiques
22:34sur un tas de choses.
22:35Nous,
22:35on est quand même français
22:36par rapport aux Anglais.
22:38Je le vois un petit peu aussi
22:39dans le monde professionnel.
22:40On a quand même
22:41une réputation
22:42de capacité à l'abstraction
22:44particulièrement forte.
22:45Mais peut-être
22:45que l'évolution des élèves
22:47aujourd'hui
22:47demanderait peut-être
22:48des méthodes
22:48un peu plus concrètes,
22:50en tout cas pour une partie
22:51d'entre eux,
22:51très certainement.
22:52Et troisième mesure ?
22:53Et puis une troisième mesure ?
22:56Une troisième mesure ?
22:58Ne pas sacrifier
23:00effectivement peut-être
23:01les meilleurs éléments
23:01à une volonté égalitaire
23:03qui est tout à fait vertueuse,
23:05mais qui parfois
23:06peut laisser un petit peu
23:08de côté
23:09des éléments
23:10qui mériteraient peut-être
23:11un peu plus d'attention.
23:12Merci beaucoup Emmanuel Garou.
23:14Je rappelle que vous dirigez
23:15la PEEP,
23:15la Fédération des parents d'élèves
23:17de l'enseignement public.
23:18Le numérique pour tous,
23:19c'est fini pour aujourd'hui.
23:20Cette semaine encore,
23:20merci beaucoup d'interagir
23:22de manière,
23:23de partager vos convictions
23:24même sur les réseaux sociaux,
23:25sur le fil du numérique pour tous
23:27et de Sud Radio.
23:28Il est temps pour moi
23:28de vous souhaiter
23:29une excellente fin de week-end
23:30et de vous dire
23:31à la semaine prochaine.
23:32Sud Radio,
23:33le numérique pour tous,
23:35Vanessa Perez.
23:37Pour limiter l'impact environnemental
23:40du numérique,
23:41rangez-la.
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