- il y a 25 minutes
Un policier a été passé à tabac à Belfort vendredi 2 octobre en marge du mouvement lycéen. Avant cette agression, des vidéos circulant en ligne le montrent aux prises avec un jeune homme au milieu d'un cours d'eau, avant de parvenir à l'immobiliser sur la berge.
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00:00Pour autant, il a décidé visiblement, et c'est l'information que le procureur n'avait pas et ça l
00:05'a mis en colère,
00:07mais il a décidé, ce lycéen, visiblement, de porter plainte pour tentative de meurtre.
00:11On est avec son avocat, maître Harrié Halimi.
00:15Bonjour, merci d'avoir accepté notre invitation.
00:18Pourquoi décide-t-il de porter plainte pour tentative de meurtre ?
00:26Avant, déjà, puisque je viens d'écouter la très longue communication qui me semble hors de tout contexte légal,
00:32parce que si un procureur de la République peut communiquer en cas de tout l'ordre public,
00:37faire état de différents procès-verbaux et de déclarations d'une garde à vue alors qu'une instruction est ouverte
00:42me semble hors de propos.
00:44C'est d'autant plus, je le précise, que mon client comprend mal et s'exprime mal en français, il
00:49est russophone,
00:50et qu'il n'était pas assisté d'un interprète, donc juste pour prendre avec des pincettes les déclarations de
00:56ce procureur de la République.
00:57Je vous le dis également parce que je pense que le procureur de la République, M. Lallois, vous a un
01:03peu menti aux journalistes.
01:04Je vous montre là, c'est le dépôt de plainte qui a été fait auprès de ces services, c'est
01:10visé, signé.
01:12Et donc, je ne vois pas comment ce procureur de la République a pu indiquer à vos services et aux
01:19journalistes présents lors de la conférence de presse
01:21qu'il n'avait pas connaissance d'une plainte pour tentative de meurtre.
01:26C'est le début de cette affaire, cette plainte pour tentative de meurtre.
01:29Et je pense que la communication du procureur de la République a justement pour vocation à fermer le banc et
01:36à dissimuler la réalité de ce dossier.
01:39Mais donc, M. Harry Halimi, allons dans le fond des choses.
01:43Vous dites donc qu'il avait bel et bien l'information.
01:45Mais pourquoi donc ce lycéen décide de porter plainte pour tentative de meurtre ?
01:51Tout simplement parce qu'il a eu la tête dans l'eau et que le fonctionnaire de police, dès le
01:56début, lui a mis la tête dans l'eau.
01:58Là aussi, un mensonge du procureur de la République, puisque le lycéen confirme qu'il a bien eu la tête
02:03dans l'eau pendant un certain temps.
02:04Donc, nous considérons qu'il y a une tentative de meurtre dès lors qu'un fonctionnaire de police,
02:09un commandant de surcroît qui met la tête dans l'eau d'un mineur, c'est un enfant,
02:13ne peut pas ne pas se douter qu'il y a un risque mortel à l'égard de cet enfant.
02:18C'est le début de cette affaire.
02:20Je regrette encore une fois que ce procureur de la République,
02:23qui est, rappelons-le, le superviseur de ce fonctionnaire de police en matière de police judiciaire,
02:28ait décidé de se faire l'avocat de ce fonctionnaire de police qui aurait dû faire l'objet immédiatement d
02:34'une suspension,
02:36immédiatement d'une mesure d'information judiciaire en matière criminelle pour tentative de meurtre,
02:41et décide finalement de faire le jugement de ce mineur, de cet enfant,
02:47alors même que le départ de cette affaire, c'est bien une tentative de meurtre par un fonctionnaire de police
02:51sur un enfant.
02:53Donc pour vous, le procureur a menti lorsqu'il affirme que lors de son interrogatoire,
02:59ce lycéen en question, votre client, affirme qu'il n'y a pas eu de tentative de noyade ?
03:05Je vous confirme de manière absolue, puisque j'ai eu accès aux éléments du dossier, moi également,
03:10que le monsieur le procureur de la République a menti aux journalistes.
03:14Ça c'est la première chose.
03:15La deuxième chose, c'est que nous visons dans cette plainte également des complicités par instigation.
03:20Nous pensons que des faits d'une telle sauvagerie sur un enfant en France
03:25n'ont pu avoir lieu que parce que les fonctionnaires de police ont eu des instructions de sévérité à l
03:31'égard de mineurs,
03:32et nous pensons que les instructions qui ont été données par monsieur Laurent Nunez,
03:37ministre de l'Intérieur, ont conduit à ce type de fait d'une gravité extrême.
03:40Donc monsieur Laurent Nunez est également visé par la plainte.
03:46Pardon, mais votre client, celui de 17 ans donc, reconnaît bien avoir porté des coups de pied à un policier,
03:54à ce même policier, au sol ?
03:57Alors je répète que mon client est russophone, qu'il s'exprime mal et comprend mal le français,
04:03que pendant sa garde à vue, il n'a pas été assisté par un interprète,
04:09que tout a été mis en œuvre par monsieur le procureur de la République de Belfort
04:13pour organiser une procédure visant à éteindre le scandale de cette tentative de meurtre.
04:19Donc ça c'est une première chose.
04:20La deuxième chose, c'est qu'il y a d'autres vidéos que peut-être vous n'avez pas,
04:23où on voit le fonctionnaire de police gazer les lycéens avant d'être l'objet de violences.
04:28Donc là aussi, et encore une fois, dans la chronologie,
04:31c'est mon client qui a été victime d'une tentative de meurtre.
04:34Pas l'inverse, n'inversons pas les choses.
04:36– Oui, mais pardonnez-moi, vous mettez ça sur le compte d'un mensonge de la part du procureur,
04:43d'une mauvaise maîtrise du français.
04:46Le procureur nous a donné des informations sur le profil de votre client
04:49arrivé en France au milieu de l'année 2020, scolarisé donc dans un lycée français.
04:54Depuis quand est-il scolarisé en France ?
04:57Et donc vous nous dites que malgré cette scolarisation, il ne s'exprime pas bien en français,
05:04il n'y a pas à même de répondre à ce genre de questions, c'est ça ?
05:07– Alors je vous confirme que des professeurs nous ont déjà attesté
05:11qu'il a une difficulté d'expression et de compréhension du français.
05:14Par ailleurs, je pense qu'il faut remettre un petit peu l'église au milieu du village dans cette affaire.
05:19– Mais pardon, vous n'avez pas répondu à ma question ? Pardonnez-moi maître, il est scolarisé.
05:23– Des professeurs ont attesté qu'il a une difficulté en termes d'expression et de compréhension du français.
05:29– Mais il est bien scolarisé en France depuis son arrivée en 2020, depuis 6 ans.
05:34– Il est bien scolarisé en France.
05:36– Depuis 6 ans.
05:38– Et je reviens sur l'essentiel de ce dossier.
05:40L'essentiel de ce dossier, c'est qu'on a un enfant dont la tête a été maintenue sous l
05:46'eau par un fonctionnaire de police.
05:47Je pense qu'il ne faut vraiment pas inverser les choses.
05:51– Boris Karlamov du service police-justice a une question à vous poser maître.
05:55– Oui maître Alimi, votre client, ce jeune de nationalité bulgare, j'ai 17 ans et demi,
06:00est en cours de présentation devant le magistrat instructeur puisqu'il a une information judiciaire qui a donc été ouverte.
06:04Le parquet a déjà fait part de ses réquisitions et il requiert donc ce soir le placement en détention provisoire.
06:11Quand on sait que votre client est totalement inconnu des services de police et de justice,
06:15comment vous réagissez vous face à ces réquisitions du parquet ce soir ?
06:19– Comme je vous l'indiquais, les mesures qui sont prises à l'égard d'un enfant
06:23qui n'a absolument aucun antécédent judiciaire,
06:27à qui on reproche d'avoir donné deux coups de pied à un policier qui venait de tenter de le
06:31tuer,
06:32sont totalement absurdes et disproportionnées.
06:36Demander à ce qu'un enfant ayant détention provisoire parce qu'il a donné deux coups de pied
06:41à un fonctionnaire de police qui a tenté de le tuer, je trouve ça absurde.
06:45Enfin, pas si absurde que ça.
06:46– Mais donc, mais donc…
06:47– Rappelons encore un point que le procureur de la République se fait aujourd'hui
06:50l'avocat du fonctionnaire de police.
06:53Le procureur de la République que vous avez entendu pendant une demi-heure
06:55n'est pas autre chose que l'avocat du fonctionnaire de police.
07:00– Pardon, mais vos propos sont quand même assez graves.
07:02Vous êtes en train de dire que le procureur de la République est en train de mentir,
07:06qu'il a complètement pris parti pour cet officier de police.
07:09Est-ce que vous avez conscience que ces propos peuvent choquer ?
07:12– Alors, ce qui est choquant, c'est de voir, j'espère que vous partagez d'ailleurs
07:16l'inquiétude de beaucoup de Français qui ont vu les images d'un enfant
07:20dont la tête a été maintenue sous l'eau par un fonctionnaire de police.
07:23Ce qui est choquant, c'est d'abord ça.
07:27La réponse judiciaire qui est apportée par l'avocat de ce fonctionnaire de police
07:30n'est que finalement la traduction du caractère extrêmement choquant
07:36des images que vous êtes en train de diffuser sur votre télé.
07:39Ces images et ces violences qui ont été commises par un fonctionnaire de police
07:42qui aurait dû garder la maîtrise et le sang-froid nécessaires
07:46à une interpellation d'un enfant devant un lycée,
07:49dans le cadre d'une mobilisation sociale,
07:51elles sont à l'image des instructions qui ont été données
07:53par le ministère de l'Intérieur, à savoir par M. Laurent Nunez.
07:55Ce qui est en train de se passer en France est extrêmement grave.
07:59Ces images ne sont que la conséquence des instructions
08:01données par le ministère de l'Intérieur.
08:04Je précise quand même que le procureur réaffirme
08:09que le policier n'a pas mis la tête du jeune sous l'eau,
08:11que c'est votre client qui va délibérément dans l'eau
08:16pour tenter d'échapper au policier qu'il poursuivait
08:20pour son implication dans des jets de projectiles
08:22et des départs de feu.
08:23Vous persistez à dire qu'il ment.
08:25Par ailleurs, je repose ma question,
08:29est-ce qu'il a, oui ou non, bien donné des coups
08:32à ce policier alors qu'il était à terre ?
08:34Alors moi, d'abord, ce que je veux vous dire,
08:36c'est que je suis un petit peu étonné que ce procureur
08:39de la République, que vous avez entendu pendant une demi-heure
08:41en train de dévoiler des éléments d'une instruction judiciaire
08:44future et d'une garde à vue, qu'il a diligenté,
08:48n'ait pas immédiatement demandé le dépaysement de cette affaire
08:50parce que ce qu'est-ce qu'on fait habituellement
08:53lorsqu'on a un procureur de la République qui est superviseur
08:56d'une personne qui a commis des violences,
08:58à savoir le fonctionnaire de police,
08:59et qui peut être éventuellement victime également de ces violences.
09:02Donc je trouve ça absolument hallucinant
09:05que ce procureur de la République n'ait pas immédiatement
09:08sollicité un dépaysement et souhaité conserver la maîtrise
09:11de cette affaire et communiquer des éléments soumis
09:13aux secrets professionnels et de l'instruction.
09:17Ça, c'est la première chose qui est importante à dire.
09:19La deuxième chose, c'est que nous demandons,
09:21et je vous confirme que nous demandons au parquet général
09:23actuellement le dépaysement immédiat de cette affaire
09:26compte tenu des irrégularités procédurales
09:30et de la façon dont ce procureur de la République
09:31a mené cette affaire.
09:33Ce qui relève du secret de l'instruction et du secret de l'enquête
09:36relève du secret de l'instruction et du secret de l'enquête.
09:38Moi, je ne le violerai pas comme monsieur le procureur de la République,
09:42donc je transmettrai les informations dans un cadre légal.
09:47Est-ce que, pardon, je me permets de reposer la question,
09:50parce qu'on entend vos arguments, vous dites,
09:52il est inadmissible que, enfin on entend,
09:55en tout cas on vous a écouté,
09:57vous dites qu'il n'est pas normal qu'on s'en prenne à un jeune
10:02qui tentait de se défendre en donnant des coups de pied.
10:05Un enfant, il faut dire les termes.
10:07D'un enfant qui tentait de se défendre en donnant des coups de pied
10:10parce qu'il avait été agressé par un policier.
10:13Donc, si je vais au bout des choses, vous reconnaissez,
10:17vous reconnaissez bien qu'il a donné des coups de pied à ce policier.
10:24Alors, vous allez un petit peu vite en besogne, si je puis me permettre.
10:27La première chose que j'ai dit, c'est qu'en termes de chronologie,
10:30on a un fonctionnaire de police qui a maintenu la tête d'un enfant sous l'eau.
10:34Ça, c'est la chronologie.
10:36Pour le reste, c'est à voir.
10:38Mais ce qui m'inquiète, moi, c'est qu'on en vienne en France aujourd'hui,
10:42à voir un fonctionnaire de police qui maintienne la tête d'un enfant sous l'eau.
10:46C'est ça qui est important pour moi, pas le reste.
10:49Alors, ça fait beaucoup réagir en plateau.
10:51Patrick Vignal est avec nous, conseiller politique de Gabriel Attal,
10:54ancien député Renaissance.
10:55Vous allez bien dormir cette nuit ? Confirmez-moi.
10:58Vous vous rendez compte de ce que vous dites ?
10:59D'abord, ce n'est pas un enfant. Il a 17 ans et demi.
11:02La deuxième chose, ça fait 6 ans.
11:04Il faut appeler un chat, un chat.
11:06Monsieur, je ne vous coupe pas la parole.
11:07Ça fait 6 ans qu'il étudie tant mieux.
11:10Dans un collège et un lycée, tant mieux.
11:12Ce gamin, écoutez, monsieur, je suis désolé.
11:17Non, mais moi, je n'ai pas de souci.
11:18Vous pouvez gueuler, ça ne me dérange pas.
11:20Je trouve que vous propose son honteux, cher monsieur.
11:23Pardon, excusez-moi.
11:24Pardon, je suis obligée d'intervenir.
11:26Est-ce qu'on peut échanger calmement, s'il vous plaît ?
11:28Je donne la parole à Patrick Vignal.
11:30Vous réagirez derrière.
11:30Moi, je vous répète, il a 17 ans et demi.
11:32Ça fait 6 ans qu'il est chez nous.
11:34C'est donc un enfant.
11:36Je peux vous répondre ?
11:3817 ans et demi.
11:39Quand vous appellez un enfant, on pourra se parler.
11:42Possible.
11:42Bon, alors mettons-nous d'accord, 17 ans et demi, officiellement, il est mineur.
11:46Il est mineur, mais il a 17 ans et demi.
11:48Ça fait 6 ans qu'il est scolarisé.
11:51On va même imaginer que le policier, peut-être, éventuellement, aurait voulu, en coincant
11:59ce gamin, lui mettre la tête dans 19 centimètres.
12:02Mais quand le gamin s'échappe, vous pouvez m'expliquer pourquoi ils sont à plusieurs
12:06et qui prennent la tête du policier comme un ballon de foule, monsieur ?
12:10Est-ce que c'est normal un gamin de 17 ans, quand on est bien éduqué, on ne tape pas
12:15d'un policier avec les pieds, non ?
12:19De quoi vous parlez, là ?
12:20Je vous réponds, vous faites partie d'un gouvernement qui est mis en cause
12:23dans le cadre de cette procédure pénale, puisque nous avons mis en cause
12:25monsieur Laurent Nouniès.
12:25Mais je ne vous parle pas du gouvernement, je vous parle d'un policier, d'un enfant.
12:29Vous faites partie d'une partie à cette procédure pénale.
12:33Donc vous vous exprimez en défense du ministère de l'Intérieur, qui est mise en cause
12:37dans le cadre d'une procédure criminelle.
12:39Une plainte a été déposée pour tentative de meurtre par incomplicité, par instigation
12:43pour monsieur Laurent Nouniès, qui a participé de ces violences en donnant
12:47des instructions qui sont absolument inadmissibles contre des mineurs en France.
12:52Ça, c'est la première chose.
12:53La deuxième chose, je trouve vraiment inadmissible, que vous n'ayez pas l'humanité suffisante
12:58pour considérer que vouloir tuer un enfant ne peut pas être accepté et admis en France
13:05aujourd'hui.
13:06J'aimerais vous entendre dire qu'il est inadmissible qu'un policier mette la tête
13:10d'un enfant sous l'eau.
13:11J'aimerais vous entendre dire ça.
13:12J'aimerais arrêter de fumer la moquette, ce n'est pas possible.
13:15Est-ce que vous pouvez avoir l'humanité suffisante ?
13:17Là, il y a un souci chez vous depuis deux jours.
13:19Vous avez un souci, franchement.
13:20Est-ce que vous avez l'humanité suffisante pour dire qu'on ne peut pas mettre la tête
13:23d'un enfant sous l'eau ?
13:23Est-ce que vous avez l'humanité suffisante pour dire ça ?
13:27Et je rappelle que le procureur à l'instant, maître Alimi, je rappelle que le procureur
13:33à l'instant que vous accusez de mensonge précise bien que ce policier n'a pas mis
13:37la tête du jeune sous l'eau.
13:39C'est pas un mensonge.
13:39Une question.
13:40Oui, j'ai compris.
13:41C'est pas un mensonge.
13:42Juste une question, pardon.
13:43Je voulais vous remettre les images de cette séquence.
13:47Elle a bien existé quand même.
13:48Ce policier à terre, roué de coups alors qu'il est au sol par une bande de jeunes
13:54dont quatre individus ont été interpellés.
13:58Cette séquence quand même, est-ce qu'on peut la voir à l'image ?
14:00Voilà, celle-ci, elle vous choque ?
14:04Écoutez, moi je suis auxiliaire de justice.
14:06Ce qui me choque, c'est qu'on puisse mettre la tête d'un enfant sous l'eau.
14:09Ça, c'est la première chose.
14:11Qu'il y ait une rixe entre des fonctionnaires de police et des manifestants, ça va être
14:16traité par la justice.
14:17Il n'y a pas de difficulté.
14:19La question, c'est de savoir comment on en est arrivé là.
14:21Et la façon dont on est arrivé là, ce sont des instructions qui sont données
14:24par un ministère de l'Intérieur contre des lycéens et des mineurs qui se mobilisent
14:28contre les conditions absolument inacceptables dans les lycées en France.
14:32Ça, c'est la première chose.
14:33Donc, vous êtes incapable de me dire, au-delà même du cas de votre client,
14:37que ces images-là d'un policier roué de coups au sol vous choquent ?
14:43Je vous entends très mal, madame.
14:44Le policier l'a cherché, vous avez raison.
14:45Patrick Vignal, Patrick Vignal.
14:47Ce sont des salauds les flics.
14:49Vous ne voyez pas, cher monsieur, six gamins autour d'un policier, des mineurs
14:52qui se servent de son visage d'un ballon de Poutine-Boll.
14:56Et vous, vous acceptez ça ?
14:58Franchement, maître, quand même.
15:00Monsieur, sincèrement, le jour où vous pourrez dire que vous êtes choqué par le fait
15:04qu'on mette la tête d'un mineur sous l'eau, on pourra en reparler.
15:06Pour l'instant, je n'ai strictement rien à dire à une personne qui n'a pas d'humanité suffisante.
15:11Pour l'instant, je n'ai pas la possibilité de discuter avec une personne
15:14qui considère que mettre la tête sous l'eau d'un enfant par un fonctionnaire de police,
15:18ça n'est pas inacceptable.
15:20Vous ne l'avez pas dit ?
15:21Le jour où vous le direz, on pourra discuter.
15:23Mais enfin, un policier qui voudrait noyer un gamin qui a jeté un mortier,
15:28c'est pas normal, mais le gamin le reconnaît lui-même.
15:31Monsieur, s'il vous plaît, dites-le que mettre la tête d'un enfant sous l'eau, c'est inadmissible.
15:35Dites-le.
15:36Vous pouvez dire, monsieur, est-ce que vous avez une humanité suffisante pour le dire, monsieur ?
15:41Vous êtes l'avocat de votre client et donc, vous défendez ce point de vue
15:48que le policier a mis la tête de votre client sous l'eau.
15:51Mais en fait, ce sont des images, madame.
15:52Mais pardon, ce sont vos images.
15:56Si ce n'est pas moi qui le dis, je ne le fends rien.
15:58Ces images, pardon, elles sont...
15:59Ce sont des images que toute la France a dit.
16:00Mais ces images, on les montre.
16:02Ce sont des images que toute la France...
16:04On les montre, ces images, mais on n'y voit pas grand-chose.
16:06Pour être tout à fait honnête, on n'y voit pas grand-chose.
16:09Mais moi, ce qui m'interroge, c'est que vous ne soyez pas capable de dire aussi
16:17qu'il est grave de s'en prendre à un policier.
16:20Madame, ce que je vois, c'est la chronologie d'une image.
16:23Vous reconnaissez aujourd'hui que ça a commencé par ces images que vous êtes en train de diffuser.
16:28À savoir, un policier qu'on voit à l'image en train de maintenir la tête de mon client, enfant,
16:34sous l'eau.
16:35C'est ça qui me choque parce qu'il aurait pu en mourir par asphyxie, par noyade.
16:39Et qu'on essaye de renverser le narratif ou qu'on essaye de faire le jeu d'un procureur de
16:45la République
16:46qui est le superviseur de ce fonctionnaire de police que vous voyez à l'image,
16:49est absolument, pour moi, scandaleux.
16:51Je vous le dis, comme je le pense.
16:53Ce qu'on doit retenir aujourd'hui, c'est qu'en France, aujourd'hui,
16:56les policiers peuvent tenter de noyer les enfants.
16:59C'est ça qu'on doit retenir aujourd'hui.
17:01Merci, Maître Harry Halimi, d'avoir répondu à nos questions.
17:07On retient donc vos arguments.
17:09Vous vous accusez de mensonge, le procureur.
17:13Merci.