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  • il y a 13 heures
Paul Belmondo, comédien et ex-pilote automobile, est notre invité pour l’exposition "Belmondo, le magnifique", à la Cinémathèque française, et la pièce "Tout sauf lui" au théâtre d’Arnaud Cermolacce jusqu’en décembre 2026 au Monsieur Théâtre. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-lundi-05-octobre-2026-7563928

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00:00France Inter
00:03La grande matinale
00:07Sonia de Villers
00:08Jean-Paul Belmondo est mort il y a 5 ans.
00:11Mercredi, à la Cinémathèque de Paris, s'ouvre la grande exposition consacrée à ce magnifique,
00:16adoré des Français, qui renversa la nouvelle vague, tout en réinventant le héros populaire.
00:22Tantôt filmé par Jean-Luc Godard, tantôt par Gérard Roury.
00:25A la fois Pierrot le Fou et l'As des As.
00:28Un acteur qui refusa de devenir la marionnette d'un système.
00:32Belmondo, qui mit la main sur la production de ses films, qui fit de son nom une marque
00:36et qui imposa ses règles au cinéma français.
00:40Belmondo, immense star des salles obscures, qui s'en détourna finalement pour revenir à ses premiers amours, les planches.
00:48Enfant sur les plateaux de tournage, jeune homme dans les coulisses des théâtres,
00:52Paul, son fils, a regardé l'idole, embrasser la vie à 100 à l'heure,
00:56vieillir, souffrir, mais sourire, bon sang, toujours sourire.
01:01Portrait d'un père vu par son fils, numéro 189.
01:12On ne se présente pas avec une casquette chez un banquier pour se faire engager comme secrétaire particulier.
01:17Surtout quand cette casquette est de couleur rouge,
01:20comme le béret de parachutiste que j'avais porté si longtemps
01:24et dont je gardais la nostalgie.
01:27Le petit morceau de Sparadrap aussi était de trop.
01:31À mon avis, il y a 60 millions de Français, j'exclus les plus petits, qui reconnaissent cette voix.
01:36Vous ne croyez pas ?
01:37Oui, bien sûr, il avait une voix très particulière et très reconnaissable.
01:41C'est vrai que ça, c'est...
01:42Et puis une manière de parler aussi, donc le monde le reconnaît.
01:44C'est ça, cette espèce de gouaille qui lui est restée jusqu'au bout.
01:47Bonjour Paul Belmondo.
01:48Bonjour.
01:49Soyez le bienvenu à France Inter.
01:51Vous êtes né en 1963.
01:54Et en 1963, la filmographie de votre père est absolument folle.
02:00Là, on vient d'entendre l'aîné des Fershaw.
02:02C'était un film de Jean-Pierre Melville.
02:05Il sort, le mois où il sort, en octobre 1963, il y a trois films avec Belmondo.
02:10Il y en a un tous les 15 jours à l'affiche.
02:12C'est absolument dingue.
02:14Trois ans avant, il y a eu Pierre Olfou, il y a eu la découverte de Jean-Luc Godard.
02:18Ça a été une révolution.
02:20Mais il y a eu ensuite, dans la foulée, il y a eu Léon Morin-Prette, il y a eu
02:23le Doulos,
02:24il y a eu Cartouche, il y a eu un singe en hiver, il y a eu Pot de banane
02:28de Marcelo Fuls,
02:28il y a eu l'homme de Rio juste après votre naissance, il y a eu 100 000 dollars au
02:32soleil d'Henri Verneuil.
02:34C'était un tourbillon ?
02:35Oui, il avait une bonne limite travaillée, mais surtout, c'était par inquiétude.
02:39Pourquoi ?
02:39Parce qu'il pensait que ça n'allait pas durer.
02:41C'est tout simplement, je veux dire qu'avec ma mère, ils avaient eu des moments difficiles
02:45et ils ne gagnaient pas d'argent du tout.
02:47Et donc, quand il est devenu très connu, avec à bout de souffle, bien sûr, qu'il a lancé,
02:51il pensait que ça allait s'arrêter.
02:52Donc, tout ce qu'on lui proposait.
02:53Donc, il acceptait tout ?
02:54Donc, il acceptait.
02:54Bon, il lisait, bien sûr.
02:55Il prenait, il tournait.
02:57Et puis voilà, il a eu la chance de faire des bons films et de travailler avec des très bons
03:02réalisateurs.
03:03C'est vrai qu'ils se sont rencontrés très, très jeunes, vos parents.
03:06Elle, elle était danseuse, Elodie Constantin.
03:09Constantin.
03:09Mais ce n'est pas votre faute, parce que c'est les problèmes d'Internet d'aujourd'hui.
03:14C'est que quand il y a une erreur, elle se propage.
03:16Elle se propage.
03:17Et elle ne se change plus.
03:18Ma mère s'appelle Elodie Constant.
03:20C'était un pseudo, d'ailleurs.
03:22Elodie, c'est mon père qui lui a donné ce pronom, parce que son vrai prénom, c'était René, à
03:26ma mère.
03:28Et oui, elle était danseuse d'Hobby Bop.
03:31Elle dansait à l'époque avec Cassel, notamment.
03:36Ils se rencontrent dans cette folie de Saint-Germain-des-Prés.
03:40Et vous, vous êtes le dernier-né.
03:41Donc, ils ont eu trois enfants en dix ans.
03:44Vos deux sœurs, d'abord, vous êtes le dernier-né.
03:49Et votre père disait, on bouffait des patates.
03:51Au départ, on bouffait des patates.
03:52Oui, non, mais c'est vrai.
03:52Non, non, ils bouffaient des patates.
03:54C'est vrai que c'était très difficile.
03:56Ma mère m'a raconté aussi.
03:58Ma sœur Florence pleurait beaucoup.
04:00Et mon père allait apprendre ses textes dehors, parce qu'ils habitaient dans un petit appartement.
04:05Et voilà, ils ne pouvaient pas faire autrement.
04:06Donc, non, non, sa vie était...
04:07Même s'il venait d'une famille bourgeoise, mais bon, il fallait qu'il se débrouille.
04:11Il fallait qu'il se débrouille.
04:12Alors, ça, c'est évidemment Le Magnifique.
04:15Le Magnifique qui donne son nom à la fois au livre dont on va parler, coédité par la Cinémathèque et
04:21par Albain Michel, et à cette exposition, Le Magnifique.
04:27Comment va Bob Sinclair ?
04:29Il est à Capulco.
04:32J'ai un fond de sensibilité que je n'arrive pas à y couper.
04:38Si, si, si, si.
04:42C'est un plaisir aux femmes.
04:43Il ne sait pas.
04:44Menteur.
04:45Cher Merlin, vous faites rêver les milliers de lecteurs.
04:48Parce que vous êtes un magicien.
04:50Et moi, je ne suis qu'un boutiquier.
04:52La gueule.
04:54On est pour la gaffe !
04:56Bonne gueule, mon dieu !
05:00Vous aimez ce film ?
05:01Oui, bien sûr.
05:02C'est Philippe de Broca en 73.
05:04Philippe de Broca, je l'aime beaucoup.
05:05D'abord parce que j'ai passé plus d'un mois sur le tournage avec mon père.
05:09Oui, au Mexique.
05:10Oui, en fait, on était en vacances, pendant les vacances scolaires.
05:14Mais comme je dis toujours, quand je fais le calcul des vacances scolaires, je pense qu'on a raté beaucoup
05:17d'écoles.
05:18Parce qu'on a fêté son anniversaire le 9 avril et le mien le 23 avril.
05:21Ah, c'est ça !
05:22Donc ça fait beaucoup d'anniversaires fêtés.
05:24Ça fait un laps de temps qui ne correspond pas aux dates de vacances.
05:27Parce que vous alliez sans cesse sur les tournages rejoindre votre père ?
05:30Oui, tout le temps.
05:31J'ai eu cette chance-là d'aller.
05:32Alors bien sûr, quand j'habitais en Angleterre, on allait sur les films à Paris.
05:36Et puis après, quand j'habitais avec lui, à la sortie de l'école, j'allais sur les plateaux.
05:41J'allais voir mon père travailler.
05:42C'était, pas très loin d'ici, les studios de Billancourt.
05:45Parce que c'est ce qu'on comprend dans l'expo.
05:47On va revenir au Magnifique.
05:48C'est ce qu'on comprend dans l'expo.
05:49C'est que Jean-Paul Belmondo, il a travaillé avec les mêmes, avec une sorte de famille, de clan.
05:54Et ça sera pareil ensuite au théâtre.
05:56Et je me suis demandé si ça vous excluait, vous, sa vraie famille.
06:00Mais pas du tout.
06:00Vous étiez intégré dans sa famille de cinéma.
06:02Mais complètement.
06:03On était complètement intégrés.
06:06Quand j'allais sur les plateaux, c'était Paulette Breil, c'était Charlie Coupé-Sérian, son maquilleur et son habilleux.
06:11Il me gardait pendant qu'il tournait.
06:13Donc j'étais inclus.
06:14Et puis après, pendant les vacances, Marielle, Rochefort, Vernier, Beaune venaient en vacances avec nous l'été.
06:19Donc non, tout ça a été mélangé.
06:21Toujours en bande ?
06:21Toujours en bande.
06:22Toujours en bande.
06:23Alors, Le Magnifique de Philippe de Rouca, c'était aussi un film que votre père adorait ?
06:27Oui, il l'aimait beaucoup.
06:29Et pourtant, quand le film est sorti, Weber, qui avait écrit le film, n'était pas du tout content du
06:36résultat.
06:36Il avait même demandé, est-ce qu'on enlève son nom de l'affiche ?
06:40Et qu'on voit quel résultat ?
06:41Bon, maintenant, je pense qu'aujourd'hui, il est très content du résultat.
06:43Mais c'est vrai, moi, c'est un film que j'adore.
06:45Et je trouve que mon père, dans ce film, il a toute sa palette.
06:48Donc c'est pour ça que j'aime bien.
06:49La dérision, la sensibilité, les cascades, bien sûr, le côté physique dans son jeu.
06:55Donc tout ça et...
06:56Et la dérision.
06:57Et c'est ça que je trouve absolument génial.
06:58Parce que c'est un OSS 117 avant l'heure.
07:00A Zanavisus et Jean Dujardin, ils se sont bien amusés à reprendre le mal.
07:03Ils le disent.
07:04Ils le disent.
07:05Il y a des clins d'œil non-stop.
07:07Donc c'est l'histoire d'un agent secret, évidemment, traité totalement.
07:11C'est une parodie, c'est un passiche.
07:13Mais c'est une manière géniale aussi de rendre hommage à votre père, sans le statufier.
07:18C'est-à-dire, en appelant cette expo et le livre le magnifique, c'est d'y inclure du second
07:23degré.
07:24Et c'est le regard qu'il avait sur lui-même, toujours.
07:25Ah bien sûr, il ne se prenait jamais au sérieux.
07:27Il ne se prenait pas au sérieux.
07:28Donc c'est ça qui est bien dans ce film, justement.
07:31Parce que ce héros, déjà, qui est d'une caricature énorme.
07:35Et puis à un moment donné, l'auteur, il décide de le détruire.
07:37Donc il le ridiculise après.
07:39Et c'est ça, mon père a toujours, jamais...
07:42Dans la vie de tous les jours, il faisait des conneries.
07:44Il ne pensait pas qui il était, sa statue.
07:47Il n'en avait rien à faire.
07:48Rien à cirer, oui.
07:49Rien à cirer.
07:50Pourquoi est-ce que vous êtes parti vivre à Londres ?
07:52Pourquoi votre mère déménage à Londres ?
07:53Parce que ma mère part vivre avec Hugh Hudson, le réalisateur.
07:58Elle a vécu en Angleterre.
07:59Et je pense que, quelque part, ça a été une bonne chose pour nous.
08:02Parce qu'on a fait toute une partie de notre enfance dans un pays où mon père n'était pas
08:05du tout connu.
08:06Et je pense que, quelque part, ça nous a protégés, je pense.
08:09Et puis, ça m'a surtout permis d'apprendre une deuxième langue, très jeune.
08:12Et ça, je remercie ma mère.
08:14Ça, c'était un cadeau.
08:15Parce que votre père, vous le raconte, vous avez tourné.
08:19C'était Belmondo par Belmondo.
08:20Vous avez tourné un documentaire sur votre père et vous emmenez Jean-Paul Belmondo.
08:25Il a quel âge, d'ailleurs, à ce moment-là ?
08:27Quand vous l'emmenez...
08:28C'est en 2015.
08:29Donc, 2015, pour faire les calculs.
08:32Mais il a 80 et quelques.
08:34Non, il était très heureux de ce tournage.
08:36C'est ça.
08:36Vous l'emmenez sur chaque lieu de tournage des films qui ont le plus compté dans sa filmo.
08:40Et il y a un moment, vous êtes en Italie avec lui et vous lui demandez de vous raconter
08:45comment il est tombé amoureux, raide amoureux d'Ursula Andres, pour laquelle il a quitté
08:50votre mère.
08:51Oui, mais c'était un moment...
08:53Ça a été un moment magique parce qu'Ursula Andres, en fait, est venue.
08:58Ce n'était pas prévu.
08:59Elle est quand même venue faire cette interview.
09:01Et il ne s'était pas revu depuis, je ne sais pas, 30 ans ou 40 ans.
09:04Je n'en sais rien.
09:04Et le moment a été suspendu.
09:06Imaginez qu'on avait l'impression qu'il s'était...
09:07Alors, pourtant, c'est la femme qui a rompu le mariage de ma mère.
09:10Mais ce moment-là était quand même un moment très sincère et très beau.
09:14Et puis, ils se sont dit au revoir.
09:16Et puis, voilà.
09:16Je rappelle que quand Belmondo tombe amoureux d'Ursula Andres, elle a déjà été la James
09:21Bond girl qui sort en bikini dans Docteur No.
09:24Ce bikini qui est devenu une légende au cinéma.
09:28Là, on écoute le guignolo.
09:30Mal parti sur terre, mal parti sur mer.
09:34Alexandre n'avait plus qu'une ressource.
09:37Les airs.
09:43Vous voulez nous décrire ce qu'il fait à l'écran, Jean-Paul Belmondo, là, qui est en caleçon ?
09:47Il est en caleçon, il est à Venise et tout simplement, il va s'accrocher sous un hélicoptère.
09:51Il va visiter toute Venise par les airs, par un hélicoptère.
09:55Mais c'était ça, c'était son rêve.
09:56Alors, mon père, il y avait un cascadeur très connu qui s'appelait Roland Toutain.
10:01Et c'était vraiment quelqu'un qui l'admirait et il avait vraiment cette envie d'être sur un avion
10:05et d'être suspendu à un hélicoptère.
10:07C'était pour lui, c'était très important et c'était son vrai.
10:10Les cascades, il les faisait toujours par plaisir et jamais pour dire je suis capable de faire ça.
10:15C'est ça qui est important.
10:16Il le faisait parce qu'il aimait ça et c'était son plaisir à lui.
10:19Et ce qui est très émouvant dans l'exposition, c'est de voir ses costumes.
10:23C'est donc en fait une manière de convoquer son corps.
10:26Et d'ailleurs, vous écrivez un texte dans le livre qui est publié en même moment que l'exposition sur
10:31le corps de votre père.
10:33Ça, c'est quelque chose qui vous a absolument marqué, imprégné.
10:36C'était un corps et un corps toujours en mouvement.
10:39Toujours, il était tout le temps en mouvement, mon père.
10:41C'est ça qui est incroyable.
10:41Il avait un jeu très physique et un côté très félin dans sa manière de faire les choses.
10:45Il n'était jamais maladroit dans ce qu'il faisait.
10:47Il y avait toujours une élégance dans sa gestuelle et dans sa manière de faire du sport.
10:51Quand il faisait du foot, par exemple, il adorait faire du foot.
10:55Il adorait être gardien, je pense surtout parce qu'il adorait plonger, sauter.
10:58Mais il le dit.
11:00Il pratiquait tous les sports.
11:01La boxe, évidemment.
11:02La boxe qui était son sport favori.
11:05Mais la boxe, le vélo, le tennis.
11:10Et le football.
11:12Il transformait tout en défi sportif.
11:14Tout le temps.
11:16Grâce à lui, j'ai pu faire du sport très jeune et j'ai appris à faire tous ces sports
11:20-là.
11:20J'ai fait de la boxe il y a 10 ans, du vélo encore plus jeune.
11:23Mais à chaque fois, il y avait une compétition.
11:24Alors la boxe, non, bien sûr, parce que j'étais quand même très petit.
11:27Vous l'avez vu se fracasser toutes les dents sous vos yeux.
11:32Juste pour vous faire rire.
11:33Oui, en fait, c'était avec ma sœur.
11:35On habitait en dehors de Paris, au Moulin des Corbeaux.
11:37Et il y avait un truc qu'il aimait faire pour nous faire rire.
11:39En fait, il avait une barre fixe parce qu'il faisait de la barre fixe.
11:41Et il s'est lancé, il attrapait la barre, il faisait Tarzan et puis il sautait.
11:45Et un jour, juste avant, ma sœur a pris la barre et elle a tenu à l'envers.
11:49Et donc, elle a desserré la barre.
11:50Et mon père ne le savait pas.
11:51Il arrivait, Tarzan, il a attrapé la barre.
11:54La barre a cédé, tapé les dents et il est tombé.
11:56Sauf que Paul Belmondo, vous dites quelque chose de très joli et à mon avis de très important,
12:01de très profond sur l'image que nous a laissé Jean-Paul Belmondo, votre père.
12:05Vous dites, il ne cherchait jamais à écraser les autres.
12:09Jamais.
12:10Et donc, je me suis dit que c'est aussi une forme de masculinité, de virilité,
12:14qui n'est pas, comment dire, dans la démonstration de force.
12:19Non, non, jamais.
12:21Pourtant, il y a du muscle et il y a de l'exploit.
12:22Oui, mais tous ses partenaires de cinéma avec qui il jouait,
12:25il voulait les mettre en valeur, il voulait qu'il soit à l'aise,
12:28il voulait qu'il soit bon, il voulait tout ça.
12:29Il voulait des bons comédiens.
12:31C'est pour ça que ses amis autour de lui,
12:32c'était quelqu'un qui ne cherchait jamais Charlie Kubisserian.
12:36Tous les gens qui travaillaient avec lui étaient toujours mis en valeur,
12:39même s'il pouvait plaisanter.
12:40Avec Charlie, il en a vu des vertes et des pas mûres.
12:43Mais il y avait toujours de la bienveillance et ça, c'était très important.
12:46D'aider les autres aussi, c'était très important.
12:48Il ne le disait pas, mais il a aidé énormément de personnes.
12:50Vous, vous avez fait 20 ans de course automobile.
12:52Parce qu'avant de devenir acteur de théâtre et en ce moment,
12:55vous êtes en tournée, Paul Belmondo, vous avez fait 20 ans de course automobile.
12:59Évidemment, la course automobile, c'est la performance,
13:01c'est la vitesse, c'est la maîtrise du corps, c'est le goût du risque.
13:04C'est l'idée qu'il faut surmonter sa peur, j'imagine.
13:06C'est tout ce pourquoi votre père a vécu en réalité.
13:10Oui, c'est vrai.
13:11Alors, à la seule différence, c'est ce que je dis toujours,
13:12c'est qu'un sportif de haut niveau est dans la précision
13:15et dans le contrôle en permanence.
13:17Un comédien, il doit savoir lâcher prise à un moment donné.
13:20Donc, c'est là où les routes se séparent.
13:22C'est lui qui vous a appris à conduire ?
13:24C'est lui qui m'a appris à conduire.
13:25Oui, tout petit, à 10 ans, je savais conduire.
13:28À 10 ans, vous saviez conduire ?
13:30Oui, bien sûr.
13:31Sur une Minimo, qui m'a appris à conduire sur une Minimo,
13:33qui a 10 ans, donc il se mettait à côté.
13:35Et puis, voilà, il m'a appris.
13:36Donc, je savais changer les vitesses à 10 ans.
13:38Et plus petit, il me mettait sur ses genoux.
13:40Il avait une Ferrari à l'époque.
13:41Et pour rentrer, il y avait un portail.
13:43Il arrivait à fond.
13:44Donc, j'étais sur les genoux.
13:45Je tenais le volant.
13:46Donc, bien sûr, il le tenait en dessous.
13:47Et moi, je pensais que je passais le portail à 80 km heure ou 100 km heure.
13:51Mais après, il en a fait des pires.
13:53Mais c'est une autre époque, il faut le dire.
13:55C'est une autre époque.
13:56Il ne faut pas faire ça.
13:57C'est fini.
13:58Justement, l'AVC de votre père.
14:02Il y a un très beau texte dans le livre de la fille de Jean Rochefort
14:06qui se souvient d'être dans la voiture avec son papa.
14:09Elle était petite.
14:10Et son papa entend à la radio que Jean-Paul Belmondo a fait un AVC.
14:14Et il est tétanisé.
14:16Il tremble.
14:17Il a les larmes qui coulent.
14:19Ils étaient très, très, très amis.
14:20Mais cet AVC, justement, lui qui était toujours dans le mouvement,
14:24toujours dans la tchatche, toujours dans la palabre,
14:27toujours dans le muscle.
14:29Il y a une photo de Victor, votre fils, qui devient acteur,
14:32à son tour, qui est à côté de son papy.
14:34Et son papy soulève de la fonte alors qu'il est là avec ses cheveux blancs.
14:37Et il a encore des pecs pas possibles.
14:39Comment il l'a vécu ?
14:41Je pense qu'à nous, il ne nous l'a jamais dit qu'il l'a mal vécu.
14:44Son entourage, il ne s'est jamais plaint.
14:46Je pense que lui, il l'a vécu d'une manière terrible.
14:48Mais en même temps, il a transformé ça en une force.
14:50Vous savez, quand il est à l'hôpital et qu'on nous dit
14:51qu'il ne remarchera plus et ne reparlera plus,
14:55il a remarché, il a parlé.
14:56Et non seulement, il a réussi à refaire un film derrière.
14:59Et à une époque où avoir un AVC, c'était dramatique.
15:02Aujourd'hui, heureusement, on soigne ça d'une manière beaucoup plus rapide.
15:05Et on le connaît.
15:06Mais lui, ça a été vraiment très dur.
15:08Mais il ne s'est jamais plaint.
15:09Il n'a jamais dit quoi que ce soit en lui disant
15:11c'est horrible, ce n'est pas juste.
15:13Et quand vous revenez avec lui sur les lieux de ses tournages mythiques
15:16pour le documentaire, c'est après l'AVC.
15:19Donc c'est peut-être aussi une manière de renouer
15:21avec les souvenirs, avec la splendeur passée,
15:24de le réintégrer.
15:25Oui, c'était une volonté.
15:27Et la volonté aussi, ça nous a coûté cher,
15:29c'était de le mettre dans les mêmes conditions
15:30que s'il était sur un long métrage.
15:32Donc on l'a emmené dans tous les palaces.
15:36Pour que ça soit pareil, il avait son chauffeur,
15:38il avait tout ça, il avait Charlie,
15:39il y avait Charlot qui était là avec lui.
15:41C'était très important qu'il soit dans ce contexte-là
15:43et qu'il revive ça.
15:44Et il l'a vécu avec beaucoup de joie.
15:46Mais les lieux, beaucoup de lieux, c'est lui qui les a choisis.
15:48Donc on lui a soumis.
15:50On ne pouvait faire qu'un seul voyage à l'étranger, très loin.
15:52Et on lui a dit, tu vas aller où ?
15:54À Hong Kong, au Brésil ?
15:55Et il a dit Rio.
15:56Il a dit Rio, évidemment.
15:59Je vous fais écouter la bande-son de ce film mythique,
16:04cette cascade sur le métro,
16:06peur sur la ville.
16:07Vous l'entendez, le métro ?
16:17Moi, ça m'amuse beaucoup parce que ça se passe là,
16:20à quelques mètres de la maison de la radio,
16:22à la station Birakheim.
16:23Donc c'est le métro aérien, la ligne 6 à Paris.
16:27Et Birakheim, c'est ce pont qui traverse la Seine.
16:34Vous voulez bien nous décrire la Seine, Paul ?
16:36Oui, il monte sur le métro aérien puisqu'il poursuit.
16:41Ce n'est pas Minos à ce moment-là, c'est un autre gangster.
16:45Et donc il passe d'une rame à l'autre.
16:47Et donc il est là debout à éviter les câbles,
16:49se coucher et rentrer dans la station d'après.
16:52Donc c'est quelque chose sur lequel, lui,
16:54il a pris beaucoup de plaisir.
16:55Trois semaines pour réaliser cette cascade.
16:59Et la rame est lancée à 60 à l'heure.
17:03Et il le fait aussi après dans une autre station à l'intérieur
17:05qui, pour moi, c'est beaucoup plus dangereux
17:06que ce qu'il avait fait là.
17:07Parce qu'après, il refait la même chose.
17:10Au mur, vous voyez, avec le métro lancé,
17:12il se lève entre la station, il se recouche
17:13et il passe sous le tunnel.
17:14C'est vrai, l'histoire de l'urne de Jean-Paul Belmondo ?
17:17Oui, non, mais c'est une histoire qui est vraie.
17:19C'est une histoire qui est incroyable.
17:21Parce que mon père voulait que ses centres soient dispersés
17:23à Piriac.
17:24Donc on prévoit de partir.
17:26La veille, j'essaye de résoudre.
17:27C'est en Bretagne, à Piriac-sur-Mer.
17:29Donc c'est là où il passait ses vacances
17:31avec mes grands-parents, avec sa sœur Muriel.
17:34Et il adorait cet endroit.
17:35Il aimait cet endroit.
17:36Ma grand-mère a aussi ses centres là-bas.
17:39C'est un endroit, c'est toute son enfance là-bas.
17:41Et donc il voulait que ses centres soient là-bas.
17:44Et donc j'essaye de réserver un taxi la veille.
17:47Pas de taxi, pas de moyens.
17:48Après la crémation.
17:49Bon après, le lendemain matin, je me lève tôt.
17:52Pas de taxi, pas moyens.
17:54Donc on décide de descendre dans l'avenue.
17:57C'est à l'avenue Marceau.
17:58Donc il y a quand même un premier taxi.
18:00Ah non, non, c'est pas ma route.
18:01Ah non, non, c'est pas possible.
18:02Je dis, mais on va rater le train, quoi.
18:04Et je prends le métro à cette époque-là.
18:06Je ne prenais pas beaucoup le métro.
18:07Et je prends le métro.
18:09Avec l'urne.
18:10Dans ce sac, oui.
18:11Non mais je trouve ça hallucinant.
18:13C'est-à-dire que les cendres de Jean-Paul Belmondo
18:15qui prennent le métro.
18:17Les gens qui allaient travailler ce matin-là,
18:18Ils ne savaient pas s'il y avait dans le sac.
18:22Et à un moment donné, je regarde la ligne.
18:24Et à ce coup, je vois Birakem.
18:25Oh le salaud.
18:26En fait, ils voulaient faire un dernier tour sur ce pont.
18:28C'est ça.
18:29Voilà, sur cette ligne-là.
18:30Donc je pense.
18:31Alors après, chacun va dire que c'est le hasard.
18:33Bon, Hubert n'était pas implanté.
18:36C'était quand même un très très très joli clin d'œil.
18:40Comme le petit mot que Victor, votre fils,
18:42qui s'est lui aussi lancé dans le cinéma,
18:44qui ressemble tellement à son grand-père.
18:46D'ailleurs, vous ressemblez tellement à votre père.
18:47Paul, on vous l'a dit toute votre vie.
18:48Non, on vous l'a dit toute votre vie.
18:51Et donc, il y a un petit mot de Victor pour son grand-père.
18:57Et ça se finit par PS.
18:59Papy, tu n'y croirais pas.
19:01Le PSG a gagné deux fois la Ligue des Champions.
19:03C'est très joli.
19:04Oui, c'est beau.
19:05Parce que vous savez, mon père était à l'initiative du Paris Saint-Germain.
19:08À l'époque, avec Escher, ainsi de suite.
19:09Donc, il avait mis un petit peu d'argent.
19:11Puis après, quand c'est devenu trop sérieux,
19:13ce n'était plus un truc de copain.
19:14Il s'en est retiré.
19:15Mais il adorait ça.
19:16Mais il adorait ça.
19:17Il était très heureux.
19:17Lui, il a vu le Paris Saint-Germain monter en première division.
19:20C'est un club en deuxième division.
19:21Il aurait été très heureux de voir le PSG gagner.
19:24Mais bon, après, le club des supporters du PSG lui rend bien.
19:29Parce qu'ils avaient fait un très beau tifo de lui sur une photo du professionnel.
19:34Et ils s'en souviennent.
19:35Et ça, c'est une belle chose.
19:37Paul Melbonneau, je récapitule.
19:39Si on veut vous voir, vous, sur scène, tout sauf lui,
19:43c'est la pièce que vous jouez en ce moment partout en France,
19:45parce que vous êtes parti en tournée.
19:47Et ça sera jusqu'en décembre.
19:49Donc, il faut se dépêcher de réserver.
19:50Ce sera à Nantes ce week-end.
19:52Nantes ce week-end.
19:53Voilà.
19:54Belmondo, le magnifique, c'est le livre qui est coédité par la Cinémathèque
19:58et par Albain Michel, bourré de photos et de textes.
20:02L'exposition, elle ouvre mercredi.
20:04Et la Clémentine Deroudi, c'est le nom de la commissaire de cette exposition.
20:09C'est un travail fantastique.
20:10C'est deux ans de travail.
20:11Voilà.
20:11Et là, vous allez entendre Anna Carina.
20:14C'est Pierre Olfou, ma ligne de chance, la voix de Belmondo,
20:17le costard blanc sur la plage, tout ça, tout ça.

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