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Le procès de Rachida Dati pour « corruption » et « trafic d’influence » a pris fin le lundi 28 septembre. Quatre ans de prison dont deux ans ferme aménageables ont été requis à l’encontre de l’ex-ministre en raison d’un contrat passé avec le patron de Renault-Nissan.
Direction de la rédaction : Nicolas Charbonneau - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Judith Perret - Production : Clara Garnier-Amouroux Thibault et Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Photo : REUTERS/Sarah Meyssonnier - Archives : Franceinfo - Musiques : François Clos, Audio Network.
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00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:10L'ancienne ministre de la Justice, Rachida Dati, jugée pour corruption et trafic d'influence.
00:16Le procès s'est tenu du 16 au 28 septembre devant le tribunal de Paris.
00:20Les procureurs ont réclamé à son encontre 4 ans de détention, dont 2 ans fermes sous bracelet électronique,
00:27450 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité. Le jugement sera rendu le 21 janvier.
00:35En cause, un contrat passé en tant qu'avocate avec le patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn,
00:39qui lui a rapporté 900 000 euros en 3 ans entre 2010 et 2013.
00:44Pour le parquet national financier, Rachida Dati a fait illégalement un travail de lobbyiste pour Renault.
00:51De son côté, l'ancienne ministre clame son innocence et dénonce un dossier vide.
00:56Dans Codesources, aujourd'hui, on résume cette affaire et ce procès avec Timothée Boutry, du service police-justice du Parisien.
01:09Timothée, à l'origine de l'enquête judiciaire sur cette affaire, il y a la plainte d'une petite actionnaire
01:14de l'entreprise Renault. Rappelle-nous ça.
01:16Oui, elle s'appelle Danielle Koutaz-Replant. Elle porte plainte en 2019.
01:21Ça fait suite aux révélations l'année précédente visant Carlos Ghosn, l'ancien PDG de Renault-Nissan.
01:27Il y a des soupçons de malversations, de corruption qui ont émergé.
01:30C'est sur cette base-là que cet actionnaire ultra minoritaire constate que potentiellement,
01:36il pourrait y avoir eu des malversations, de la corruption en lien avec Rachida Dati.
01:41Cette plainte va donner lieu à l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet national financier,
01:45puis à l'ouverture d'une information judiciaire.
01:47En résumé, de quoi est accusée Rachida Dati ?
01:50Pour faire très court, on va dire que Rachida Dati a été rémunérée de 900 000 euros
01:54par l'alliance Renault-Nissan entre 2010 et 2013.
01:59Elle était en parallèle députée au Parlement européen.
02:03Selon l'accusation, elle a servi de cheval de Troie, de relais de Renault au sein du Parlement européen.
02:09Et que c'est ça qui justifierait en fait cette rémunération.
02:12Ces faits-là sont qualifiés par l'accusation de corruption, de trafic d'influence.
02:15Elle, elle se défend comment ? Toujours en résumé.
02:18Oui, en résumé, elle dit qu'elle a travaillé pour Renault-Nissan,
02:22que ses 900 000 euros sont justifiés par un vrai travail d'avocate,
02:25et que par ailleurs, elle n'a absolument pas relayé les positions de Renault au Parlement européen,
02:30et que, en gros, ces deux activités étaient étanches.
02:33Côté justice, c'est aujourd'hui que s'ouvre le très attendu procès de l'ancienne ministre Rachida Dati.
02:37Aux côtés de l'ex-PDG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, et cela pour corruption.
02:41Le procès de l'ancienne ministre de la Justice et actuel maire du 7e arrondissement de Paris
02:45se tient devant le tribunal de Paris du 16 au 28 septembre.
02:50Timothée, elle est comment quand elle apparaît pour le premier jour d'audience ?
02:53Rachida Dati, elle est très calme.
02:55Elle ne fait aucune déclaration avant son entrée dans la salle.
02:59Elle s'installe sur le strapontin réservé aux prévenus, à côté de ses avocats,
03:04et elle ne regarde jamais les autres bancs.
03:08Et elle ne se retourne jamais vers le public et vers la presse.
03:10Elle est vraiment immobile, totalement stoïque.
03:12L'ancien patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn, lui, n'est pas là.
03:16Il est au Liban depuis sa fuite du Japon, cachée dans une valise le 29 décembre 2019.
03:21Oui, on se souvient tous de cet épisode rocambolesque.
03:24Carlos Ghosn a été arrêté au Japon.
03:26Il a d'abord été incarcéré, puis il était en résidence surveillée.
03:30Il a décidé de se soustraire à la justice japonaise
03:33en fuyant dans cette fameuse malle pour se retrouver au Liban,
03:36son pays d'origine.
03:37Enfin, il est brésilo-libano-français, Carlos Ghosn.
03:40Depuis, il est en résidence surveillée au Liban.
03:43Et il fait l'objet d'un mandat d'arrêt en France.
03:46Mais la justice libanaise a confisqué son passeport.
03:49Et donc, il ne peut pas se déplacer.
03:51Donc, on est dans une situation un peu particulière,
03:53puisqu'on a un prévenu renvoyé dans le tribunal
03:55qui est en fuite dans un autre pays
03:57dont il ne peut théoriquement pas sortir.
03:59Et la justice française l'a informé trop tard
04:02des dates du procès à Paris.
04:03Il y a eu un imbroglio qui a été soulevé d'emblée lors du procès
04:06parce que Carlos Ghosn a envoyé un courrier
04:07par l'intermédiaire d'un de ses avocats libanais
04:10pour dire
04:10« Je n'ai pas reçu ma convocation en temps en heure.
04:13Il y a un délai à respecter. »
04:14Il se trouve que le consulat de France à Beyrouth
04:16avait envoyé une lettre simple et pas une lettre recommandée.
04:18On se demande d'ailleurs pourquoi.
04:20Qu'il leur a fallu beaucoup de temps,
04:21après moult relance du parquet national financier,
04:24pour envoyer une lettre recommandée.
04:25Carlos Ghosn, évidemment, a fait le mort.
04:27Et une fois qu'il a récupéré, enfin, cette citation,
04:29il était trop tard.
04:30Donc, il y a eu un débat au départ
04:32pour savoir s'il fallait renvoyer une audience ou non,
04:35s'il fallait disjoindre, c'est-à-dire séparer le cas de Carlos Ghosn
04:38du cas de Rachida Dati.
04:40Finalement, il a été décidé que le procès allait se tenir
04:43et que Carlos Ghosn serait jugé par défaut.
04:46Ça veut dire qu'on le jugerait hors de sa présence.
04:52Le procès permet de se replonger en détail dans cette affaire.
04:56Et pour bien comprendre, on remonte le temps.
04:59On se replace en 2009.
05:01En mai 2007, Rachida Dati, l'ancienne porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy,
05:05avait été nommée ministre de la Justice.
05:07Elle est restée à ce poste deux ans, jusqu'au mois de juin 2009.
05:11Et à cette période, elle démarche le patron de Renault-Nissan,
05:16donc Carlos Ghosn.
05:17Oui, Rachida Dati déclare qu'elle avait eu envie à l'époque
05:21de diversifier ses activités.
05:23Elle explique qu'elle n'était pas certaine de poursuivre dans la politique,
05:26qu'elle en avait un petit peu marre.
05:27Elle a aussi créé une société de consulting.
05:30Et elle a démarché plusieurs entreprises, dont Renault.
05:33Il y a eu un peu un débat au cours de l'instruction
05:34pour savoir si c'était Renault qui avait fait appel à elle
05:37ou elle qui avait sollicité Renault.
05:39Et là, c'est elle qui a sollicité directement Carlos Ghosn.
05:42Et après, par un échange téléphonique, ils se sont rencontrés.
05:44Et c'est comme ça qu'il y a eu une convention qui a été signée en octobre 2009.
05:48Mais elle a été élue députée européenne le 7 juin 2009.
05:51Et en tant qu'eurodéputée, elle n'a pas le droit de faire du conseil
05:55en parallèle de son travail d'élu, c'est interdit.
05:57Du coup, que fait-elle ?
05:59Le code électoral indique que la seule possibilité pour elle
06:01de conseiller Renault, c'est de devenir avocate.
06:04Et donc, en fait, sa société de consulting qui a été créée
06:07ne va jamais avoir d'activité.
06:09Elle va être inscrite au barreau.
06:11Ça va lui permettre de pouvoir travailler.
06:14Pour l'accusation, c'est un tour de passe-passe, en fait.
06:16Ils disent que son projet était d'obtenir de l'argent,
06:18d'être rémunéré de Renault.
06:19Et puis, avocate, bon, ma foi, c'était le seul moyen.
06:22Et donc, c'est pour ça qu'elle est devenue avocate.
06:24Qui est au courant du contrat de la convention
06:26qui est signé par Carlos Ghosn et Rachid Haddati ?
06:30Contrat important, puisque Rachid Haddati va gagner
06:33une forte somme d'argent, 300 000 euros par an pendant 3 ans,
06:36donc 900 000 euros au total.
06:38C'est un peu tout le débat.
06:39L'accusation dit que personne n'était au courant,
06:42à part un tout, tout petit cercle de très hauts cadres de Renault,
06:46ce qui fait que c'était dissimulé.
06:48Et ça a son importance, puisque ça joue sur la prescription.
06:52Les avocats de Rachid Haddati disent
06:54« Non mais toute cette affaire, elle est prescrite.
06:56La prescription, c'était 3 ans à l'époque.
06:58Le contrat, il est signé en 2009.
07:00Les gens étaient au courant.
07:01Personne n'a rien dit.
07:02Vous ne pouvez pas venir nous chercher des noises.
07:04X années plus tard, c'est prescrit. »
07:06L'accusation dit que cette convention d'honoraire,
07:08elle est confidentielle.
07:09Très peu de gens, voire même un nombre infime de personnes
07:12étaient au courant.
07:12Donc, c'est dissimulé.
07:14Et à partir de là, on se sent légitime à poursuivre.
07:17Et selon nous, ce n'était pas possible d'engager l'action publique,
07:20d'engager des poursuites.
07:21Et donc, il n'y a pas de prescription.
07:22Concrètement, c'est l'entreprise Renault-Nissan
07:24qui a payé Rachid Haddati ?
07:26Cette convention, elle est signée par une société
07:28qui s'appelle RNBV,
07:30qui est une société néerlandaise.
07:32Et c'est une société qui chapote
07:34l'alliance Renault-Nissan.
07:36Et dans cette affaire,
07:38l'entreprise Renault s'est constituée partie civile.
07:40C'est-à-dire qu'elle se considère
07:41comme victime dans ce dossier.
07:44Timothée, d'après l'enquête,
07:45il n'y a pas ou presque pas de traces
07:47du travail effectué par Rachid Haddati
07:49pour Renault-Nissan, c'est ça ?
07:51En fait, la convention prévoyait
07:52des comptes rendus annuels.
07:54Or, on n'en trouve pas traces.
07:56Rachid Haddati dit
07:57« C'est parce que Carlos Ghosn
07:59était très méfiant depuis l'affaire
08:00des faux espions.
08:01Il ne conservait rien.
08:03Je l'ai vu déchirer une note.
08:04Quand il préférait des comptes rendus à l'oral,
08:06l'accusation va dire
08:07« Oui, mais il n'y a rien du tout.
08:09Pas un mémo, pas un rendez-vous,
08:11pas une note de frais,
08:13rien dans vos agendas. »
08:14Et en fait, il y a clairement
08:16des accusations d'emploi fictif
08:18qui sont soutenues par l'accusation.
08:20Rachid Haddati, elle répond quoi à ça ?
08:22Rachid Haddati, elle explique
08:23qu'elle a effectivement travaillé,
08:25qu'elle a été missionnée
08:26sur des dossiers en lien
08:27avec le Maghreb et le Proche-Orient.
08:29C'est pour ça qu'elle avait démarché Carlos Ghosn.
08:31C'est pour ça qu'elle a été embauchée,
08:33qu'elle a notamment travaillé
08:35sur le projet de construction
08:37d'une usine à Tangier au Maroc,
08:39qu'elle a travaillé avec l'Iran
08:41sur la question des sanctions internationales.
08:44Elle a travaillé aussi en Turquie
08:46où il y avait possibilité de boycott de la France
08:48suite à des bisbilles entre la France et la Turquie
08:51et aussi sur l'Algérie.
08:52Et les avocats de l'entreprise, Renaud,
08:54ils disent quoi sur ce qu'a fait
08:55Rachid Haddati pour l'entreprise ?
08:57Ils disent qu'encore une fois,
08:59il n'y a quasiment aucune trace.
09:01Quand elle indique avoir travaillé
09:02sur le dossier de l'usine au Maroc,
09:05au départ, elle a expliqué que c'était
09:07sur le financement de ce projet
09:09alors que le financement était bouclé auparavant.
09:11Et donc, elle adapte ses réponses
09:13en disant que désormais,
09:14elle a travaillé sur sa bonne exécution.
09:16On est sur des détails.
09:17Mais eux disent, voilà,
09:19il n'y a quasiment rien.
09:19Vous avez peut-être passé trois coups de fil
09:21à des ambassadeurs.
09:22Et surtout, ce qui est assez important,
09:24c'est que les dirigeants de Renaud au Maroc,
09:28le chef de la région euro-méditerranée,
09:30ont été entendus
09:31et indiquent qu'ils n'étaient pas du tout au courant
09:34de l'implication de Rachid Haddati
09:36dans ce projet.
09:38Alors, c'est des gens qui sont des opérationnels,
09:39qui ont le nez sur cette construction d'usine
09:41qui est évidemment très importante.
09:43Et ils disent, non, mais Rachid Haddati,
09:45absolument pas au courant.
09:46Donc ça, ça a été vraiment très questionné.
09:48Rachid Haddati, elle dit,
09:49oui, mais j'ai des attestations
09:51de haut fonctionnaire marocain.
09:52de très haut cadre de Renaud,
09:54qui indique que, oui, eux, ils étaient au courant
09:56et qu'en gros, elle intervenait
09:58à un niveau supérieur,
10:01supra-étatique,
10:01et qui fait que c'était logique
10:03que les opérationnels ne soient pas au courant.
10:05Mais ça, c'est vrai que c'est surprenant
10:06et ça a été plusieurs fois remis dans les débats.
10:08C'est une pièce importante de l'accusation,
10:10de dire, vous dites que vous avez travaillé,
10:12mais les gens qui étaient concrètement
10:13en charge de ce projet
10:14n'ont jamais entendu parler de vous.
10:15Et les attestations produites par Rachid Haddati,
10:17elles sont considérées comme floues
10:19par le parquet national financier ?
10:20Le parquet national financier dit
10:22que ces attestations ne prouvent rien,
10:24qu'elles ne suffisent pas
10:25à pouvoir dire de manière certaine
10:28que, oui, Rachid Haddati a œuvré
10:30pour Renaud et pour des émoluments
10:32aussi importants que 300 000 euros par an.
10:38Le lundi 21 septembre,
10:40un eurodéputé allemand,
10:41un élu vert,
10:43vient témoigner,
10:43et ce qu'il raconte,
10:45semble mauvais
10:46pour la défense de Rachid Haddati.
10:48Cet homme, Daniel Freund,
10:49avant d'être eurodéputé vert allemand,
10:52il a été assistant d'un autre eurodéputé
10:55qui a été chargé de mener une enquête,
10:57on va dire déontologique,
10:58lorsque la presse s'est fait l'écho
11:00d'intervention d'Rachid Haddati
11:02pour le secteur gazier.
11:03Et à ce moment-là,
11:04Rachid Haddati a expliqué
11:05qu'elle était avocate,
11:06mais que son travail consistait
11:08à assister des victimes
11:09de violences conjugales,
11:10notamment,
11:11et absolument pas
11:11à conseiller des grandes entreprises,
11:13et encore moins celle de Renaud.
11:14Après, les avocats
11:16n'ont pas à dévoiler
11:17le nom de leurs clients,
11:18c'est aussi le secret,
11:19mais elle aurait pu dire
11:21qu'elle conseillait
11:22des grandes entreprises,
11:23à minima.
11:23En tout cas,
11:24elle indique qu'elle était plutôt
11:25sur un domaine privé,
11:26civil,
11:27et absolument pas
11:27au conseil de grandes entreprises,
11:29ce qui, pour l'accusation,
11:30peut nourrir
11:32les soupçons de dissimulation
11:33qui sont au fondement
11:35de ce dossier.
11:36Oui, parce qu'en tout cas,
11:36à l'époque,
11:37en tant que redébutée,
11:37elle n'a jamais signalé
11:39cette activité
11:40avec Renaud-Nissan.
11:41Non, alors après,
11:42elle indique,
11:43à juste titre,
11:44qu'elle n'est pas la seule
11:45députée européenne
11:46qui était avocate,
11:47que les avocats
11:47n'ont pas à révéler
11:48le nom de leurs clients,
11:49ça c'est vrai,
11:49mais on lui a plusieurs fois dit
11:51mais quand même,
11:51vous auriez pu de vous-même
11:52constater qu'il y avait
11:53un conflit d'intérêts.
11:54Elle dit non,
11:54mais un conflit d'intérêts,
11:55ça ne se présume pas,
11:57elle répète cette phrase,
11:58j'ai toujours bien fait attention,
11:59ça n'avait rien à voir.
12:00C'est tout l'objet
12:01du procès,
12:02de savoir si,
12:03est-ce qu'elle a vraiment
12:05conservé une distance
12:06entre cette convention,
12:08son travail d'avocat
12:08et son mandat,
12:10pas selon l'accusation.
12:11Timothée,
12:12tu le disais tout à l'heure,
12:13d'après l'accusation,
12:14Rachida Dati
12:15a finalement fait
12:16un travail de lobbyiste
12:17pour Renaud-Nissan
12:18au Parlement européen.
12:20Elle a notamment déposé
12:21trois questions écrites
12:22qui concernent l'automobile.
12:24Est-ce qu'on en sait plus ?
12:25Oui,
12:26il y a notamment
12:26une question écrite
12:27sur la législation
12:29sur le bruit des moteurs.
12:30Il y en a deux autres
12:31qui concernent l'automobile.
12:32Il y a aussi
12:33une note
12:34qui a été retrouvée
12:35en 2013
12:35dans laquelle
12:37Rachida Dati
12:38fait le bilan
12:39de toutes ses interventions
12:40sur la question
12:41de l'automobile.
12:42C'est une note
12:42qui a été rédigée
12:43par son assistant parlementaire.
12:45On a aussi trouvé
12:46des mémos
12:47d'une réunion
12:48des dirigeants de Renault
12:49dans lesquelles
12:49ils indiquent
12:50en quoi Rachida Dati
12:51pourrait leur être utile
12:52au sein du Parlement européen.
12:54Et c'est ça
12:54qui constitue
12:55des pièces
12:56de l'accusation
12:57pour matérialiser
12:59l'exécution
13:00du pacte de corruption
13:01qui est reproché
13:01à Rachida Dati
13:02et à Carlos Ghosn.
13:04Rachida Dati,
13:04elle répond quoi
13:05au sujet
13:05de ces questions écrites
13:06sur le secteur
13:07de l'automobile ?
13:08Rachida Dati,
13:08elle explique
13:09que ces questions écrites
13:10n'ont aucun impact
13:11sur la législation.
13:12Elle dit qu'en gros
13:12ça ne sert à rien
13:13que c'est rédigé
13:14par des assistants parlementaires
13:16et que ça n'a aucune influence.
13:17Elle dit d'ailleurs
13:18qu'elle n'a eu aucune influence
13:19sur quoi que ce soit
13:20au sein du Parlement européen
13:21sur les questions de Renault.
13:23Elle explique que
13:23cette note qu'on trouve
13:25en 2013
13:25c'est l'équivalent
13:26d'une newsletter.
13:28Elle l'a envoyée
13:28personnellement
13:29à Carlos Ghosn
13:30parce que c'était son client
13:31mais que sinon
13:32il l'aurait reçu par ailleurs.
13:33L'accusation dit
13:34bah non
13:35c'est quand même curieux
13:36que vous envoyiez
13:36un message personnellement
13:37à Carlos Ghosn
13:38pour faire le bilan
13:39de tout ce que vous avez fait.
13:40Selon nous
13:41ça matérialise
13:42l'exécution
13:43de ce pacte de corruption.
13:46Et au-delà de ce sujet
13:47des questions écrites
13:48elle dit clairement
13:49qu'elle n'était pas investie
13:50dans son travail
13:51d'eurodéputée.
13:52Oui elle dit
13:52qu'elle y allait peu souvent
13:53on lui a demandé
13:54mais pourquoi
13:55elle était allée
13:56se faire élire
13:57elle dit
13:58c'était pour moi
13:58une bulle de respiration
13:59quand j'étais dans le train
14:00au moins j'avais pas de polémique
14:02parce que je suis très attaqué
14:03sinon par ailleurs
14:04elle parle du Parlement européen
14:06comme d'un grand campus international
14:07elle-même
14:08elle dit qu'elle n'est pas
14:09très investie
14:10ça sert aussi sa défense
14:11en disant
14:11non mais j'ai vraiment
14:12pas servi de relais de Renault
14:14parce que je ne faisais pas
14:15grand chose d'une part
14:15ce que je faisais
14:16n'avait pas beaucoup d'influence
14:17donc en fait
14:18elle est là pour minimiser
14:20au maximum
14:20l'impact qu'elle a pu avoir
14:22pour se prémunir
14:23de ses poursuites
14:24pour trafic d'influence.
14:25Par contre
14:25elle explique
14:25qu'elle a eu un rôle diplomatique
14:27en plaidant la cause
14:28de Renault-Nissan
14:29dans plusieurs pays
14:29comme le Maroc
14:30ou encore la Turquie
14:31et elle le dit avec force
14:33le mercredi 23 septembre.
14:34Rachida Dati
14:35elle explique que
14:36son métier
14:36c'était pas d'être
14:37le nez sur la construction
14:38de l'usine
14:39mais c'était
14:42tel au fonctionnaire marocain
14:43ça va attirer
14:45les moqueries
14:45de la partie civile
14:47et d'une manière générale
14:48l'accusation
14:49et la partie civile
14:50disent
14:50vous revendiquez
14:51votre intervention
14:52dans un domaine
14:53hyper pointu
14:54hyper technique
14:55mais bon
14:56en gros
14:56vous ne pouviez pas
14:57avoir les compétences
14:58pour faire tout ça
14:59et là elle s'énerve
15:00elle dit oui
15:00je vois bien
15:01vous voulez réduire
15:02mon travail
15:03à on boit le thé
15:04entre arabes
15:04et elle elle dit
15:05non mais
15:06j'ai des compétences
15:07j'ai une expérience
15:08j'ai une personnalité
15:10et c'est aussi ça
15:11que Renault est venu chercher
15:12en venant m'embaucher
15:13en me payant
15:14300 000 euros par an
15:17La défense de Rachida Dati
15:19est-ce qu'elle a changé
15:20au cours du procès ?
15:21On a senti une évolution
15:22chez Rachida Dati
15:24les premiers jours du procès
15:25elle était
15:26on l'a dit
15:27très calme
15:27stoïque
15:28elle répondait
15:29aux questions du tribunal
15:30et on l'a senti
15:31se redire
15:32à partir du moment
15:33où les questions
15:35sont venues
15:35du parquet national financier
15:37déjà il y a eu
15:37des questions
15:37un peu plus offensives
15:38des juges assesseurs
15:39et là avec le parquet
15:40elle s'est rédit
15:42en gros
15:42elle a eu le sentiment
15:43qu'on lui faisait
15:44un procès en incompétence
15:45et donc elle s'est énervée
15:47à plusieurs reprises
15:47et on a retrouvé
15:49une Rachida Dati
15:50dont on se fait l'image
15:51en tout cas
15:52grande gueule
15:53si je puis dire
15:54une batailleuse
15:55on a retrouvé
15:56un peu une Rachida Dati
15:57beaucoup plus goyeuse
15:59On l'a dit
15:59Rachida Dati
16:00était la porte-parole
16:01du candidat Nicolas Sarkozy
16:02à ce moment-là
16:03dans les années 2009-2010
16:05Nicolas Sarkozy
16:06est toujours
16:07président de la République
16:08est-ce que ça
16:09ça a pu jouer
16:09dans la décision
16:10de Carlos Ghosn
16:11de lui signer
16:12un contrat aussi important ?
16:14Disons que la question
16:15s'est posée
16:15elle apparaît en filigrane
16:16et même au moment
16:17des réquisitions
16:18le parquet national financier
16:19soumet différentes thèses
16:20en disant
16:21pourquoi Carlos Ghosn
16:23a embauché
16:24Rachida Dati
16:25on vient de l'évoquer
16:26il y a plusieurs hypothèses
16:27et le PNF lui-même
16:29soulève une thèse
16:30celle de la proximité
16:32avec le président de la République
16:33d'ailleurs le PNF
16:34qualifie Rachida Dati
16:35dégérie de Nicolas Sarkozy
16:37et le PNF
16:38reconnaît lui-même
16:39que cette thèse-là
16:40n'a pas été démontrée
16:41mais ça va aussi
16:42faire réagir la défense
16:43de Rachida Dati
16:44qui dit
16:44non mais
16:44voilà d'où on vient
16:46lui chercher des noises
16:46là-dessus
16:47elle était proche
16:48de Nicolas Sarkozy
16:48et alors
16:49est-ce que ce serait
16:49une infraction en soi
16:50d'être proche
16:51de l'ancien président
16:52de la République ?
16:56Le lundi 28 septembre
16:57les deux procureurs
16:58énoncent leurs réquisitions
16:59et ils ont des mots
17:00très durs
17:01au sujet de Rachida Dati
17:02oui ils vont dire
17:03qu'on est sur des faits
17:05exceptionnellement graves
17:06qui portent atteinte
17:07à la confiance
17:08que les citoyens
17:09peuvent avoir
17:10en leurs élus
17:10qu'elle a dévoyé
17:11la profession d'avocate
17:12qu'elle a aussi dévoyé
17:14son mandat d'élu
17:15alors ça c'est
17:16un argumentaire
17:17qu'on retrouve
17:17assez fréquemment
17:18dans les réquisitions
17:19du parquet national financier
17:20devant cette chambre-là
17:22l'idée est de dire
17:23comment derrière
17:24le pacte républicain
17:25peut être maintenu
17:27peut prospérer
17:27quand des élus
17:28de cette importance-là
17:29se compromettent
17:30pour de l'argent
17:31et ils parlent
17:32de trahison
17:33et de leur tristesse
17:34d'avoir à poursuivre
17:35une ancienne garde des Sceaux
17:37ils disent
17:37c'est pas de gaieté de coeur
17:38qu'on poursuit
17:39une ancienne ministre
17:40de la justice
17:40les procureurs
17:41réclament une peine
17:42de détention
17:43oui ils disent
17:44que la gravité est telle
17:45qu'ils sont obligés
17:47de requérir
17:48de la prison
17:49et de la prise en ferme
17:50donc ils vont requérir
17:51une peine de 4 ans
17:52de prison
17:53dont 2 ans exurcis
17:54donc ça fait 2 ans ferme
17:55et le parquet national financier
17:57indique que
17:58cette partie ferme
18:00pourra être purgée
18:01à domicile
18:02avec le port d'un bracelet
18:03et le parquet national financier
18:05indique par ailleurs
18:07non sans une certaine ironie
18:08que cet aménagement
18:10est possible
18:11grâce à une loi
18:11qui a été votée à l'époque
18:12sous l'égide
18:14de Rachid Nadati
18:15ministre de la justice
18:19Les procureurs demandent aussi
18:21450 000 euros d'amende
18:23la confiscation
18:24des 900 000 euros
18:26qu'elle a gagné
18:26avec Renault
18:27et ils réclament
18:28une peine complémentaire
18:30Timothée
18:30une peine
18:31d'inéligibilité
18:33Une peine
18:33avec
18:34exécution provisoire
18:36c'est à dire
18:36avec effet immédiat
18:37ça veut dire que
18:38si le tribunal
18:39suivait ses réquisitions
18:40Rachid Nadati
18:41perdrait automatiquement
18:42son mandat
18:43de maire du 7ème arrondissement
18:44qui est le seul mandat
18:45qu'elle détient aujourd'hui
18:47Le PNF requiert aussi
18:48la privation
18:49de l'exercice
18:50de la profession d'avocat
18:51et de toute fonction publique
18:53et ça c'est important
18:54puisque Rachid Nadati
18:56est magistrate
18:57et elle a demandé
18:58à réintégrer
18:59le corps de la magistrature
19:00et là l'idée
19:01des procureurs
19:02c'est de
19:02par anticipation
19:03l'empêcher
19:04de redevenir magistrate
19:05parce que
19:06si elle était
19:07condamnée
19:08à cette peine complémentaire
19:10alors elle ne pourrait
19:11plus exercer
19:11cette fonction
19:12Des réquisitions
19:13très dure
19:14comment réagit
19:15Rachid Nadati ?
19:16Rachid Nadati
19:17comme depuis le début
19:18du procès
19:19elle ne regarde
19:20absolument pas
19:21les procureurs
19:21à aucun moment
19:22elle est droite
19:23elle regarde le tribunal
19:24à plusieurs reprises
19:25elle se tourne
19:26vers ses avocats
19:27à elle
19:27mais vraiment
19:28elle ne jette aucun oeil
19:29à ses accusateurs
19:30tout comme elle n'avait pas
19:31réagi lors de la
19:33virulente plaidoirie
19:34de partie civile
19:34des avocats de Renault
19:35qui ont été très très
19:36combatifs
19:37et là encore
19:38elle ne les avait pas regardés
19:39pendant toute la plaidoirie
19:40Que disent les avocats
19:40de la défense
19:41de Rachid Nadati
19:42après ces réquisitions ?
19:43Alors ils vont indiquer
19:45qu'ils sont sidérés
19:46par la violence
19:47de ces réquisitions
19:49ils vont parler
19:50d'une peine de mort civile
19:52d'un échafaud civil
19:53si elle ne peut plus être
19:54ni avocate
19:55ni élue
19:56ni magistrate
19:57ils vont vraiment
19:58se battre
19:59sur ces réquisitions
20:01et aussi
20:02longuement développer
20:03leur plaidoirie en défense
20:04pour soutenir
20:05la relaxe de leur cliente
20:06qui à leurs yeux
20:07n'a commis aucune infraction
20:08Rachid Nadati
20:09quels sont
20:10ces derniers mots
20:10à l'audience ?
20:11Elle va dire
20:12que ces réquisitions
20:14sont condescendantes
20:15que c'est un dénigrement
20:16c'est le sentiment
20:17qu'elle a eu
20:19j'ai l'impression
20:19tout au long de cette audience
20:21et de ne pas avoir été
20:22considérée
20:22et elle estime
20:24que c'est le cas
20:24jusqu'au bout
20:25dans les réquisitions
20:26une nouvelle fois
20:27elle clame son innocence
20:27et elle demande
20:28d'être jugée
20:29pour ce qu'elle a fait
20:29et pas pour ce qu'elle est
20:30Timothée
20:31la petite actionnaire de Renault
20:32dont on parlait au début
20:33de cet épisode de Code Source
20:34Daniel Coutaz-Replant
20:35elle n'a pas pu voir
20:37l'issue
20:37de son combat judiciaire
20:38Non puisqu'elle est morte
20:40donc elle ne pouvait pas être là
20:41mais elle était en quelque sorte
20:42représentée par son mari
20:44Jean-Paul Baduel
20:44qui était présent
20:45en tant que partie civile
20:47une partie civile
20:48très contestée
20:49par la défense
20:50de Rachid Nadati
20:51une partie civile
20:51aussi contestée
20:52par le parquet national financier
20:53mais en l'état du droit
20:55et il était présent
20:56il a pu poser
20:57quelques questions
20:58et lui aussi
21:00livrer une plaidoirie
21:01mais c'est vrai que
21:02voilà
21:02c'est une présence
21:04d'outre-tombe
21:05au sein de cette salle d'audience
21:09Et le jugement
21:10sera rendu
21:10le 21 janvier
21:11Timothée
21:12Rachid Nadati
21:13est inquiété
21:13dans trois autres affaires
21:14notamment
21:15une affaire comparable
21:16avec les entreprises
21:17Orange et GDF Suez
21:19qui avait été révélée
21:20par nos confrères
21:21de Libération
21:22L'Obs et France 2
21:23rappelle-nous
21:24de quoi il s'agit
21:24Il s'agit effectivement
21:25d'une affaire similaire
21:27puisque
21:27parmi ses clients
21:28il s'avère que
21:29Rachid Nadati
21:30avait GDF Suez
21:31cette collaboration
21:32avec GDF
21:33elle l'avait niée
21:34auprès du Parlement européen
21:35qu'elle avait niée
21:36dans des interviews
21:37or nos confrères
21:38ont retrouvé
21:39la trace des factures
21:40et des virements
21:40là aussi
21:41il y a eu des interventions
21:43directes au Parlement
21:44sur la question
21:45gazière et de l'énergie
21:46donc on est sur un schéma
21:48assez similaire
21:50et il y a une enquête
21:51en cours
21:51qui pourrait donner lieu
21:52éventuellement
21:53à un autre procès
21:59on rappelle que
22:00Rachid Nadati
22:01est présumé
22:01innocente
22:02merci
22:03Timothée Boutry
22:04cet épisode de Code Source
22:05a été produit par
22:06Clara Garnier-Amourou
22:07et Thibault Lambert
22:08réalisation
22:09Pierre Chaffonjon
22:10Code Source
22:11est le podcast quotidien
22:12d'actualité du Parisien
22:14n'oubliez pas
22:15de vous abonner
22:15pour ne rater aucun épisode
22:17et vous pouvez aussi
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22:18codesource
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22:22à écouter
22:22Crime Story
22:23le podcast fait divers
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22:27et Damien Delsenis
22:28Crime Story
22:29c'est un nouvel épisode
22:30chaque samedi matin