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Dans Soir Info, Mickaël Dorian et ses invités prennent du recul et donnent à chacun les clés pour mieux saisir ce qui se joue. 

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00:00:00Bonsoir à tous, heureux de vous retrouver pour Soir Info sur CNews, édition spéciale consacrée à cette nouvelle journée de
00:00:07tension et de mobilisation lycéenne
00:00:11avec encore une fois 984 personnes interpellées rien que pour cette journée de lundi, 65 policiers et gendarmes blessés.
00:00:19On va y revenir longuement tout au long de cette édition, mais d'abord le point sur l'actualité à
00:00:24quasiment 23h avec Isabelle Piboulot.
00:00:26Bonsoir Isabelle.
00:00:29Bonsoir Mickaël, bonsoir à tous, à la une, le bilan du mouvement lycéen est lourd.
00:00:34Depuis le 28 septembre, plus de 6000 interpellations ont eu lieu, majoritairement des mineurs, 715 policiers ou gendarmes ont été
00:00:43blessés.
00:00:43Le ministère de l'Intérieur précise que rien qu'aujourd'hui, près d'un millier de personnes ont été interpellées.
00:00:49À Lens, dans le Pas-de-Calais, un jeune de 15 ans a perdu une main lors du blocus d
00:00:55'un lycée professionnel.
00:00:56Les circonstances restent à éclaircir.
00:00:59Des témoignages affirment qu'une grenade l'a touchée de plein fouet.
00:01:02D'autres sources soutiennent que l'adolescent aurait tenté de récupérer cette grenade pour la lancer sur les forces de
00:01:08l'ordre.
00:01:08Au total, depuis le début de la mobilisation, 215 élèves ont été blessés.
00:01:14Lycéen est borné mercredi dernier à Tours.
00:01:17Sa famille dénonce la récupération de cette affaire et réfute toute implication militante ou politique de l'adolescent.
00:01:24Maëlle, 16 ans, est toujours hospitalisée après avoir perdu l'usage de son œil droit en marge d'un blocus.
00:01:31Ses proches ont déposé plainte pour violences par personnes dépositaires de l'autorité publique,
00:01:35ses lésions étant compatibles avec un tir de LBD.
00:01:39Le gouvernement craint un embrasement national demain.
00:01:43Matignon rappelle que les revendications doivent être portées dans un cadre pacifique
00:01:48pour renouer avec une contestation encadrée, légale et démocratique.
00:01:53D'après les autorités, rien que la mobilisation parisienne pourrait rassembler entre 20 000 et 40 000 personnes.
00:02:01Enfin, à Marseille, une manifestation non déclarée a eu lieu aujourd'hui.
00:02:05Parmi les centaines de jeunes dans la rue, certains ont déploré la répression menée, selon eux, par les forces de
00:02:11l'ordre.
00:02:12Un prof pour 35 élèves, 5 CRS pour un élève pouvait-on lire sur une pancarte dans le cortège
00:02:18ou encore ce slogan « Jeunesse gazée, république fissurée ».
00:02:24Merci beaucoup Isabelle et on vous retrouvera tout à l'heure à minuit pour un nouveau point sur l'actualité.
00:02:29Soir Info avec Karim Abriq ce soir.
00:02:30On est avec Stéphane Clerget, pédopsychiatre Philippe de Gesta et est également avec nous.
00:02:35Bonsoir à Myriam Djabali-Larak, professeure d'économie, présidente de l'association Regards Lycéen.
00:02:39On est avec Gérald Panglon qui est avocat et puis Benjamin Comboulif, porte-parole du syndicat de police alternative.
00:02:47Des lycées bloqués, des barricades, des incendies.
00:02:49Isabelle nous en parlait, la mobilisation lycéenne a pris ce lundi un tournant de plus en plus violent, de plus
00:02:55en plus inquiétant.
00:02:56Juste avant de vous donner la parole, je vous propose de revenir sur cette journée avec ce sujet de Fanny
00:03:00Bossé.
00:03:02À Sartrouville, c'est au tour des chevaux de faire face aux lycéens.
00:03:06La brigade équestre a dû repousser les élèves rassemblés devant le lycée Evariste-Galois
00:03:10après des tirs de feu d'artifice en direction des forces de l'ordre.
00:03:16À Lens, la mobilisation a pris une tournure dramatique.
00:03:19Un lycéen de 15 ans a été grièvement blessé à la main après avoir reçu ou tenté de ramasser une
00:03:24grenade policière.
00:03:27Une violence qui touche de nombreuses villes en France.
00:03:30À Lille, Nantes ou encore Rennes, des poubelles ont été incendiées, des abribus brisés par les manifestants.
00:03:38Même face à face tendue entre lycéens et policiers à Bordeaux,
00:03:41plusieurs tirs de mortiers d'artifice ont éclaté devant un établissement bloqué.
00:03:45Ils ont peur de nous et c'est pour ça qu'ils ferment tous les lycées.
00:03:47Ils pensent que ça va nous arrêter. Malheureusement pour eux, ça ne nous arrêtera pas.
00:03:51Ce n'est pas vraiment les lycéens, c'est plutôt des gens en dehors qui viennent casser et décributiser le
00:04:01mouvement un peu.
00:04:03Un moment qui ne fait bout pas non plus à Toulouse, ni Montpellier, où de nombreux débordements ont été signalés.
00:04:09Et la colère pourrait encore monter d'un cran.
00:04:11Un acte 3 est annoncé ce mardi dans les lycées avec une nouvelle journée de mobilisation.
00:04:18Le mouvement qui continue de prendre de l'ampleur.
00:04:20On va en parler bien sûr avec Benjamin Cambouliv.
00:04:23Benjamin, qui contrôle encore ce mouvement aujourd'hui ?
00:04:26Qui contrôle ce mouvement ? Malheureusement, en tout cas, c'est certain, c'est que ce n'est pas l
00:04:29'État.
00:04:29Parce qu'on a beau envoyer des policiers au front, des policiers qui travaillent avec beaucoup de courage,
00:04:33beaucoup de détermination, encore pas loin d'un millier d'interpellations aujourd'hui,
00:04:36au point de leur sécurité physique, 65 blessés parmi les forces de l'ordre.
00:04:40Et on voit bien que ça ne solutionne pas la problématique de fond.
00:04:44715 policiers et gendarmes blessés depuis le début du mouvement.
00:04:46C'est monumental, parce qu'on leur demande l'impossible.
00:04:48On leur demande de se confronter avec si peu de moyens à toujours plus de violence,
00:04:53sous un climat anti-police total.
00:04:55Je veux dire que quand ils ne se prennent pas des mortiers en intervenant sur du maintien de l'ordre
00:04:59ou du rétablissement de l'ordre, ils se font pourchasser comme des proies par des meutes qui veulent les tuer.
00:05:04Nos collègues vivent réellement un enfer opérationnel.
00:05:07Ils sont envoyés au front, encore une fois, parce que le politique n'a pas réglé les problèmes en amont.
00:05:13Donc on envoie la police, voilà, comme ça, au charbon.
00:05:16Et c'est malheureusement une violence qui est exponentielle, puisque rien n'est réglé.
00:05:20Je veux dire, ce sentiment d'impunité qui nourrit la violence,
00:05:22qui incite à des comportements encore et toujours plus violents, il n'est pas réglé.
00:05:26Et les carences éducatives aussi qui amènent à ces situations, c'est pareil.
00:05:31Ce n'est pas le policier qui va régler ça.
00:05:32Et pourtant, c'est lui qui est envoyé au charbon, encore et toujours.
00:05:36Et cette situation est exponentielle.
00:05:37Parce que le politique n'a pas réglé les problèmes, ce sont vos mots.
00:05:40Donc pour vous, aujourd'hui, le fautif, c'est le politique.
00:05:45C'est l'État qui a failli.
00:05:46Quand on voit ces images, quand tout crame dans toute la France, quel est le souci réel ?
00:05:50Le souci, c'est la crise d'autorité.
00:05:52La crise d'autorité, c'est quoi ?
00:05:54C'est le manque d'éducation, les parents qui ne mettent pas de limites à leurs enfants.
00:05:57Et derrière, c'est le manque de justice.
00:05:59C'est-à-dire que quand les limites sont franchies, la justice vient et sanctionne,
00:06:03et donc dissuade, et donc protège.
00:06:04Si vous n'avez pas ces deux piliers, ces deux bases fondamentales,
00:06:07alors le policier, au milieu, qu'est-ce qu'il fait ?
00:06:09Il court partout, il prend des mortiers, mais il ne règle pas le problème sur le fond.
00:06:12Donc oui, vous avez l'État qui a failli sur sa responsabilité de protection,
00:06:16avec ses carences à la fois sur l'éducation et sur la justice,
00:06:19et maintenant on compte sur un policier pour venir régler ça.
00:06:21Mais c'est le même policier qui manifestait il y a à peine une semaine.
00:06:24Celui qui vous explique qu'il est payé une misère,
00:06:26que son métier doit être revalorisé, qu'il n'y a pas assez d'effectifs.
00:06:30Au bout d'un moment, on voit les conséquences de la faillite sécuritaire à travers ces images.
00:06:34Le policier, malgré tout, je tiens encore une fois à saluer le travail et l'engagement de mes collègues,
00:06:39qui malgré toutes ces difficultés, et malgré le fait que tout repose encore une fois sur eux,
00:06:44vont au contact de ces violences, et vont au bout de leur mission,
00:06:47c'est-à-dire de protection de la population, et le tout, je le rappelle, dans un climat anti-police
00:06:52qui est insupportable.
00:06:54Entre la France insoumise qui vous crache dessus, la Ligue des droits de l'homme,
00:06:57qui maintenant va s'opposer à notre action, le syndicat de la magistrature,
00:07:01et qui va nous traiter aussi de bruts.
00:07:03Il y a un moment où il y a un acharnement anti-police,
00:07:05et pourtant, on doit uniquement aujourd'hui compter sur la police pour éviter que ce soit le chaos dans la
00:07:10rue.
00:07:10C'est ça qu'il faut rappeler à tous les anti-polices.
00:07:12Si là, il n'y a pas mes collègues, la France brûle.
00:07:14Karim Abrick, cette faille de l'État, cette faille finalement aujourd'hui du pouvoir,
00:07:20on ne peut pas l'expliquer uniquement par le gouvernement en place.
00:07:25Je veux dire, évidemment que le président de la République a évidemment une très lourde part de responsabilité
00:07:31dans la faillite aujourd'hui de l'autorité, dans la faillite de l'éducation,
00:07:37mais c'est également des années de lacunes, des années de laxisme qui se sont accumulées.
00:07:45Oui, voilà. Donc, c'est l'accumulation effectivement de ces défaillances.
00:07:49Le problème, c'est qu'en ce moment, il n'y a même pas une première réponse qui vient aussi
00:07:52de l'État.
00:07:53Donc, la seule réponse qu'on donne, c'est la réponse sécuritaire.
00:07:56C'est nécessaire parce qu'on voit que c'est le chaos, mais je trouve que les policiers se retrouvent
00:08:02pris au piège, vous voyez,
00:08:03parce qu'on les envoie au front pour défendre finalement la population, les jeunes, les commerces.
00:08:10Mais aujourd'hui, compte tenu de la situation, quelle peut être la réponse autre que celle d'une réponse sécuritaire
00:08:16aujourd'hui, à l'instant T?
00:08:18Ce que je voulais juste dire sur la police, c'est nécessaire évidemment de les envoyer.
00:08:22Le problème, c'est qu'ils sont un peu pris au piège parce qu'ils se retrouvent devant des jeunes.
00:08:27Donc, vous ne voulez pas non plus... Vous voyez, c'est très compliqué pour des policiers.
00:08:30Ils ne veulent pas commencer à attaquer des jeunes, donc ils sont là pour se défendre.
00:08:34Mais vous voyez que ces manifestations ont été manipulées par le politique, notamment par l'extrême-gauche.
00:08:40On a eu des messages anti-police. C'est comme si on légitimait cette violence pour les jeunes.
00:08:46On leur renvoyait le message que finalement, ils peuvent attaquer les policiers parce que ce sont la source de violence
00:08:50policière.
00:08:51C'est pour ça que je vous dis, ils se retrouvent dans un piège.
00:08:53Ils sont là pour défendre la population, mais ils se retrouvent à être attaqués ensuite.
00:08:57Et s'ils agissent pour contrer les casseurs, tous ceux qui viennent justement créer ce chaos dans les villes,
00:09:04eh bien, ils se retrouvent encore une fois pointés du doigt.
00:09:07Donc, je crois qu'il faut une réponse politique, aller à la rencontre effectivement des jeunes,
00:09:10appeler un mouvement plus pacifique.
00:09:13Mais on voit qu'il y a des responsables politiques qui ne jouent pas non plus leur rôle,
00:09:17qui continuent à mettre de l'huile sur le feu et à attiser cette colère.
00:09:20Donc, il y a des jeunes qui se sentent légitimés à agir de la sorte.
00:09:23Alors, journée marquée également, on l'évoquait tout à l'heure, par cet accident à Lens.
00:09:28Un adolescent a été grièvement blessé.
00:09:30Sa main a été arrachée par une grenade lacrymogène et assourdissante
00:09:33qu'il tentait vraisemblablement d'attraper.
00:09:35Les précisions avec notre journaliste qui a suivi cette journée à Lens.
00:09:39Écoutez bien.
00:09:40Ils étaient entre 200 et 250 lycéens à être mobilisés devant ce lycée Auguste Béal ce lundi matin
00:09:48pour bloquer l'accès.
00:09:51En fin de matinée, les forces de l'ordre sont arrivées avec plusieurs convois
00:09:55pour disperser ces jeunes à coups de gaz lacrymogène.
00:09:59Ils ont ensuite pris la direction d'une rue qui se trouve à 100-150 mètres d'ici,
00:10:04d'un quartier pavillonnaire.
00:10:06Et dans cette rue, un petit peu avant 11h,
00:10:08un jeune homme de 15 ans a tenté d'attraper une bombe de gaz lacrymogène et assourdissante.
00:10:14Cela lui a arraché la main lorsqu'elle a éclaté.
00:10:17A confirmé le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier-Laut,
00:10:20qui s'est rendu sur place en fin de matinée lundi.
00:10:23Il était accompagné du procureur de Béthune, Étienne Téfri.
00:10:27Ils ont confirmé une blessure grave lors d'une manifestation.
00:10:31Je cite, le jeune homme a été hospitalisé à Lille,
00:10:34mais ses jours ne sont pas en danger, ont-ils également dit.
00:10:38Une information qui a été donnée à CNew,
00:10:40c'est que des CRS ont porté secours à ce jeune homme.
00:10:44Des traces sont encore visibles en ce lundi fin de journée.
00:10:49Les riverains que nous avons pu rencontrer nous ont dit
00:10:52qu'il y avait eu plusieurs mouvements de foule,
00:10:54notamment des personnes qui avaient tenté de provoquer des CRS habillés tout de noir vécu,
00:11:00qui ont ensuite tracé au bout de cette rue.
00:11:03D'autres personnes lycéens qui manifestaient ont tenté de rentrer dans les maisons,
00:11:07mais personne n'a laissé rentrer.
00:11:09Désormais, ce que nous pouvons dire, c'est que l'IGPN a de nouveau été saisi pour cette affaire.
00:11:14Et désormais, les cours seront assurés en distanciel à partir de ce mardi matin.
00:11:22Voilà, évidemment un accident absolument terrible.
00:11:25Benjamin Camboulivre, est-ce qu'on peut expliquer ce qu'est une grenade lacrymogène et assourdissante ?
00:11:30Là, en l'occurrence, c'est une grenade de désencerclement.
00:11:34Donc ça envoie des petits plots partout autour pour provoquer la dispersion des émeutiers.
00:11:41Simplement, évidemment, l'idée n'est pas de la ramasser.
00:11:44Là, ce qu'on peut imaginer, c'est qu'on parle d'un gosse de 15 ans.
00:11:48C'est la première chose à dire, c'est que c'est assez dramatique.
00:11:50Il y a un gamin qui est mutilé, qui toute sa vie sera handicapé.
00:11:53Donc c'est atroce.
00:11:55Et je précise et j'insiste parce qu'on entend trop souvent des discours anti-police primaires, encore une fois.
00:12:00On a l'impression que presque le policier serait content.
00:12:03Non, le policier, c'est le premier à déplorer ça.
00:12:06Et encore une fois, quand on nous envoie au front, il y a des violences que nous, nous subissons.
00:12:09Il y a les dommages collatéraux.
00:12:11Parce que là, c'est ça.
00:12:11Moi, j'imagine un gamin de 15 ans qui va sur un blocus, comme le font des centaines, des milliers
00:12:16de gamins en ce moment.
00:12:17Et en soi, aller sur un blocus, ce n'est pas la fin du monde.
00:12:19S'il respecte les adultes, si quand la police arrive et lui dit de partir, il s'en va.
00:12:25Je veux dire, tous les gamins de 16, 17 ans ont cette envie de manifester, de se montrer.
00:12:29Mais s'il n'y a pas de violence et s'il respecte les consignes de sécurité, ce n'est
00:12:34pas plus grave.
00:12:35C'est très important ce que vous dites.
00:12:36C'est très important.
00:12:37C'est-à-dire qu'évidemment, manifester, c'est un droit.
00:12:41D'aller sur un blocus de lycéens, c'est...
00:12:45Le blocus, c'est interdit.
00:12:47Ah non, le fait de bloquer, vous avez raison.
00:12:50Le blocus, c'est interdit.
00:12:51Vous avez raison.
00:12:52Manifester est un droit.
00:12:53Mais le blocus, ce n'est pas manifester.
00:12:55Bien sûr.
00:12:56Il n'y a pas d'entrave à l'entrée de l'établissement.
00:12:58Donc, c'est interdit.
00:12:59C'est un délit d'entrave.
00:12:59Vous avez raison.
00:13:00Mais ils ne le savent pas.
00:13:02D'autres moyens sont possibles.
00:13:03Vous savez, manifester...
00:13:04Je ne sais pas si le problème, c'est qu'ils ne le savent pas.
00:13:06Je pense que le problème, c'est qu'ils sont...
00:13:08Malheureusement, ils s'en foutent.
00:13:09C'est-à-dire qu'il y a un manque de...
00:13:11D'informations, de connaissances.
00:13:13Parce que moi, les jeunes avec qui je parle me disent...
00:13:15Mais quand la police leur dit justement de ne pas rester là, ils savent qu'ils n'ont pas le
00:13:18droit d'être là.
00:13:19Non, je parle d'un lycéen moyen, normalement constitué, qui n'est pas de mauvaise famille et qui me disent,
00:13:25par exemple,
00:13:25mais madame, nous, on ne fait rien, on va juste devant la porte pour manifester.
00:13:29Je dis, vous n'êtes pas en train de manifester.
00:13:30Vous êtes en train de bloquer, donc d'entraver l'entrée, d'entraver le droit sacré des gens à vouloir
00:13:36étudier ou à vouloir travailler.
00:13:38Ça, ils ne le savent pas.
00:13:38Et puis, ils se font entraîner parce que j'entends ce discours-là qui est en train d'avancer en
00:13:42disant...
00:13:43Oui, mais vous nous dites que c'est l'ultra-gauche et que c'est les black blocs et c
00:13:46'est les parties d'extrême droite qui manipulent.
00:13:50Or, on se rend compte dans les chiffres que 90% de ceux qui sont interpellés, en fait, sont des
00:13:58mineurs primo-délinquants.
00:14:00Sauf qu'on oublie d'aller jusqu'au bout de la logique.
00:14:02C'est qu'on sait très bien comment fonctionnent les groupes d'extrême gauche et d'ultra-gauche et les
00:14:08black blocs.
00:14:08C'est que ce sont des fantassins, ce sont des ingénieurs du chaos.
00:14:11C'est eux qui ramènent les bidons d'essence, c'est eux qui ramènent les barricades,
00:14:15c'est eux qui se servent de notre jeunesse qui n'est pas forcément manipulée,
00:14:19qui leur disent « allez-y » et qui, eux, ensuite reculent.
00:14:22Ce sont eux les ingénieurs du chaos.
00:14:24Donc, ce chiffre-là de 80 à 90% de primo-délinquants mineurs,
00:14:29eh bien, ça ne veut pas dire que ce sont eux les artisans du chaos.
00:14:34Mais ce qui est terrible, c'est que finalement, cette manipulation,
00:14:38elle a aussi instillé dans la tête de ces jeunes, finalement, que la police est l'ennemi.
00:14:43Parce que finalement, ils manifestent pour des revendications qui,
00:14:46bon, on a bien compris qu'on les entendra encore,
00:14:49c'est qu'elles ne sont pas vraiment connues, malheureusement,
00:14:51de toutes les personnes qui sont présentes sur le terrain.
00:14:54Mais ces revendications, elles sont évidemment justifiables.
00:15:00Elles sont louables, ces revendications.
00:15:02C'est les mêmes revendications aussi dont on peut parler régulièrement au sein de la police.
00:15:07Ce manque de moyens qui est dénoncé dans le monde de l'éducation,
00:15:11qui est dénoncé dans le monde de la santé,
00:15:13qui est dénoncé également au niveau de la police.
00:15:16La police n'est pas l'ennemi des lycéens qui manifestent.
00:15:20Et c'est ça, en fait.
00:15:21Je ne comprends pas cette indignation à deux étages.
00:15:24Pourquoi ce jeune qui, aujourd'hui, perd ?
00:15:26C'est une tragédie.
00:15:27Mais pourquoi ce serait plus dramatique qu'un policier qui perdrait la vie ?
00:15:32Et ce n'est pas une compétition.
00:15:34Mais depuis le début, ce n'est pas une compétition.
00:15:36Mais depuis le début de ce mouvement,
00:15:38215 élèves ont été blessés.
00:15:40Alors, c'est absolument terrible,
00:15:41parce qu'évidemment, la plupart sont des mineurs.
00:15:42Et 715 policiers et gendarmes ont été blessés depuis le début.
00:15:46Qui a demandé à ce jeune ?
00:15:48Je répète, c'est une tragédie.
00:15:49Mais la preuve que l'IGPN soit saisie,
00:15:51c'est une preuve aussi que nous sommes dans une transparence d'état de droit.
00:15:56Mais qui a mis ce jeune en face des CRS ?
00:15:58Si ce n'est les groupes d'ultra-gauche.
00:16:00Qui a dit à ce jeune de ramasser, si tenté qu'on puisse,
00:16:03si ça se trouve, on verra quand l'enquête sera terminée,
00:16:06mais d'aller au front et de dire que la police est un ennemi total,
00:16:09comme si c'était un trophée d'aller se battre contre la police ?
00:16:12Qui a créé ce...
00:16:13Stéphane Clerget, qu'est-ce qui, aujourd'hui, finalement,
00:16:18se passe dans la tête de ces jeunes ?
00:16:20Alors, évidemment, il y a cette violence qui est totalement décomplexée
00:16:25lors de ces manifestations, mais qui peut peut-être, vous me le direz,
00:16:30vous me le confirmerez, qui peut aussi s'expliquer par un effet de meute.
00:16:33Mais qu'est-ce qui fait, finalement, que ces jeunes ont pris, finalement,
00:16:38la police comme l'ennemi à abattre ?
00:16:41Parce que c'est ça, malheureusement, ce qu'on est en train de constater.
00:16:44Oui, il y a les jeunes casseurs qui ont de la violence en eux
00:16:47et qui sautent sur l'occasion pour l'exprimer.
00:16:50Et puis, il y a la majorité des lycéens
00:16:52qui ont, effectivement, des positions anti-fonctionnaires de police assez tranchées.
00:16:58C'est une génération assez singulière.
00:17:00Chaque génération l'est, mais celle-ci, elle a quand même bénéficié
00:17:04d'un mode d'éducation très particulier.
00:17:06Il y a eu un peu une révolution éducative.
00:17:08Et c'est une génération qui n'a jamais été aussi écoutée qu'aujourd'hui.
00:17:12On n'a jamais été autant à leur écoute.
00:17:15Et c'est très bien.
00:17:17Ils ont appris à s'exprimer.
00:17:19Ils ne sont jamais autant exprimés qu'aucune autre génération avant elle.
00:17:23Mais c'est une génération à qui on a posé peut-être pas suffisamment de limites.
00:17:27C'est-à-dire qu'ils connaissent leurs droits,
00:17:30et ça, c'est très bien, sur le bout des doigts.
00:17:33Mais ils en ont conclu qu'ils ont tous les droits
00:17:35et qu'ils n'ont aucun devoir.
00:17:37C'est évidemment un peu caricatural.
00:17:39Mais ça résume un peu quand même le discours qu'on entend chez les lycéens aujourd'hui,
00:17:48où finalement, on ne doit pas leur mettre des limites.
00:17:52Et que les seuls à leur mettre des limites, aujourd'hui,
00:17:55dans ce contexte-là, c'est les forces de l'ordre.
00:17:59Ils représentent finalement l'autorité qu'ils refusent,
00:18:04ils représentent les limites qu'ils refusent qu'on leur mette, en fait.
00:18:07Exactement. Et à la fois, ils sont fascinés par ces limites.
00:18:09Parce qu'évidemment, les limites, ça rassure un peu quand même.
00:18:11Donc, ils vont aussi au corps à corps.
00:18:15Il y en a qu'on entend très peu, c'est les associations de parents d'élèves.
00:18:18On leur donne très peu la parole.
00:18:20Cette semaine, d'ailleurs, c'est les élections,
00:18:22que ce soit la PEP, la FCPE ou l'association des parents de l'école libre.
00:18:26On ne les entend pas du tout.
00:18:27Et pourtant, ils essaient de se mobiliser.
00:18:30Ils veulent faire attention à leurs enfants.
00:18:32Ils s'inquiètent des cours ratés.
00:18:33Certains vont devant les lycées pour essayer d'intervenir.
00:18:37Mais évidemment, ils ont peur aussi parce qu'il y a des problèmes de sécurité.
00:18:41Mais peut-être qu'il faudrait les impliquer davantage
00:18:46parce qu'il s'agit d'abord de mineurs
00:18:48qui sont sous la responsabilité de leurs parents.
00:18:51Alors, on parlait de ce jeune dont la main a été arrachée.
00:18:54À Aix-en-Prosence, une femme de 51 ans a perdu un oeil
00:18:57après avoir été touchée par un projectile.
00:19:00On assiste évidemment à des choses absolument dramatiques.
00:19:02Je vous propose de regarder ce sujet d'Alison Blanc
00:19:05et on en parle juste après.
00:19:11Alors, le sujet sur Aix-en-Provence, absolument.
00:19:13Le sujet d'Alison Blanc.
00:19:15C'est ce qu'on me pose la question en régie.
00:19:16Donc, je réponds.
00:19:17On va regarder ce sujet.
00:19:19On y va.
00:19:20Images filmées jeudi dernier.
00:19:22Le blocus des lycéens de Vauvenargues, Aix-en-Provence, dégénèrent.
00:19:27Des individus font face aux forces de l'ordre place de la Rotonde.
00:19:31Au même moment, une passante veut traverser.
00:19:34Elle se retrouve alors coincée entre les policiers et les émeutiers.
00:19:38L'un d'eux jette une pierre qui arrive directement dans le visage de la piétonne.
00:19:42La victime de 51 ans était encore hospitalisée ce lundi.
00:19:47Elle s'est vue prescrire une ITT de 45 jours et risque une possible infirmité.
00:19:53Le suspect est un lycéen de 17 ans scolarisé dans un établissement d'Aix-en-Provence.
00:20:00Retrouvé par le biais de vidéosurveillance, il a été interpellé hier matin et placé en garde à vue.
00:20:07Voilà, encore une fois, on a une femme qui s'est retrouvée là et qui s'est pris un projectile.
00:20:14On assiste à de véritables guérillas urbaines, Gérald Pendelon, depuis le début de cette mobilisation.
00:20:20C'est absolument terrible.
00:20:21Alors, si j'ai bien compris, ces jeunes-là, parce que j'ai lu un tout petit peu leurs revendications,
00:20:27en fait, réclament des meilleures écoles en brûlant celles qui existent.
00:20:33Mais à un moment donné, ils n'ont pas honte, ces jeunes, ils n'ont pas honte.
00:20:38Moi, je défends des personnes dont les maires ont fait des ménages pour pouvoir payer leurs études.
00:20:43Ils n'ont pas honte en pensant à leur petit frère qui, demain, pourra fréquenter le même établissement.
00:20:51Je crois qu'ils sont très informés.
00:20:53On leur a communiqué des droits, on leur a enseigné des droits, mais jamais inculqué le moindre devoir.
00:20:59Et, voyez-vous, lorsque je vois qu'il y a eu 5 000...
00:21:03Alors, c'est un peu paradoxal pour un avocat pénaliste,
00:21:05parce que nous, on pourra toujours dire qu'on a été bons,
00:21:07c'est pour ça qu'il n'y a eu quasiment aucun mandat de dépôt qui a été déféré.
00:21:13Mais lorsque vous voyez qu'il y a 8 000 interpellations,
00:21:16il y a 5 060 placements en garde à vue,
00:21:19et que vous n'avez que 14 personnes à qui on a décerné ce qu'on appelle un mandat de
00:21:25dépôt.
00:21:25Alors, moi, je ne suis pas polytechnicien,
00:21:27mais ça fait 99,74% de non-réponse pénale.
00:21:31Et vous avez, par surcroît, 87% de mineurs
00:21:35qui, de plus, sont également connus des services de police.
00:21:40Alors, on est dans des logiques qui sont totalement antinomiques ou paradoxales.
00:21:43Mais d'un côté, l'État doit frapper fort,
00:21:46parce que sinon, on nous explique qu'il y aurait un manque de légitimité,
00:21:51qu'il y a une crise de l'État,
00:21:53une crise du pouvoir ou un pouvoir de la crise, peu importe.
00:21:55Et à côté, vous devez discuter, mais sous les flammes.
00:21:58Mais le problème, en fait, le problème, c'est que ces jeunes,
00:22:02ils ont trouvé des personnes pour leur donner raison.
00:22:06Mais le problème, il est là aussi.
00:22:07C'est-à-dire qu'évidemment, il y a un parti politique qui est de leur côté,
00:22:11qui dit, non, mais vous avez raison, continuez.
00:22:12Ce que vous faites est légitime.
00:22:16Effectivement, vous êtes violent.
00:22:17Effectivement, vous cassez.
00:22:18Mais on vous comprend.
00:22:19Donc, il y a un parti politique.
00:22:20Mais il n'y a pas que ce parti politique.
00:22:22Il y a aussi des associations.
00:22:24Écoutez la présidente de la LDH, qui s'exprimait aujourd'hui,
00:22:27qui parle précisément de violence.
00:22:29Mais pour elle, la violence, c'est la police.
00:22:32Écoutez-la.
00:22:33Ce sont des enfants qui sont touchés de façon très grave
00:22:37par des armes de guerre.
00:22:38La France est quand même un des rares pays d'Europe à utiliser le LBD
00:22:43et le seul pays d'Europe à utiliser des grenades offensives.
00:22:47Or, là, on voit qu'on a vraiment cet usage de forces disproportionnées
00:22:52et qu'il n'y a pas, non seulement il n'y a pas de rappel à l'ordre du
00:22:56ministre
00:22:56aux règles de déontologie,
00:22:58mais en plus de ça, il y a même le fait qu'on laisse penser
00:23:03qu'il pourrait s'affranchir de ces règles.
00:23:05Dans les années passées, lorsqu'on avait par exemple Brice Hortefeux en 2010
00:23:09qui avait vu qu'il y avait eu un tir de LBD avec une blessure grave,
00:23:15il avait interdit à ce moment-là le LBD.
00:23:17C'était sous Nicolas Sarkozy, président.
00:23:19Et puis, il y a aussi Bernard Cazeneuve qui avait décidé
00:23:22de faire un rappel à la déontologie au moment de Nuit debout
00:23:25pour qu'il y ait une désescalade.
00:23:28Alors que là, on voit bien, c'est un choix d'aller vers l'escalade de la violence.
00:23:34Pardon, mais on parlait avec Stéphane il y a quelques secondes du manque de limites.
00:23:38Comment est-ce que vous voulez, quand vous êtes parent par exemple,
00:23:40que vous fixez des règles chez vous ?
00:23:42Comment vous voulez que ces règles soient respectées ?
00:23:43S'il y a quelqu'un qui arrive dans votre maison
00:23:46et qui dit à vos enfants finalement
00:23:49« Non, mais en fait, le problème, ce n'est pas vous les enfants,
00:23:51le problème, c'est papa et maman. »
00:23:54Parce qu'en fait, papa et maman, ils n'ont pas à vous fixer des règles comme ça.
00:23:57– Vous savez, ce qui est frappant quand même,
00:23:59si on prend un peu de hauteur…
00:24:00– Philippe de Gestas.
00:24:01– Il y a des lycées qui brûlent.
00:24:03Mais en fait, c'est juste le retour naturel
00:24:06de ce qu'on enseigne à nos enfants dans ces lycées depuis des dizaines d'années
00:24:11qui est, on l'a dit tout à l'heure, on leur a appris tous leurs droits.
00:24:14Ils ont appris où tous ces droits ? À l'école.
00:24:16On leur a appris qu'il n'y avait pas de limites à leur capacité de se développer.
00:24:19Où est-ce qu'ils l'ont appris ? À l'école.
00:24:21Où est-ce qu'un enfant passe la majeure partie de son temps ? À l'école.
00:24:24Et où est-ce qu'on a des programmes qui enseignent la repentance,
00:24:29la haine de soi, la contestation de toute forme d'autorité,
00:24:33le refus de la grandeur de la France, de l'histoire, etc.
00:24:36Les enfants, ils l'ont entendu cela.
00:24:38Vous voyez, ce n'est pas sorti de nulle part.
00:24:40Ce n'est pas uniquement la présidence…
00:24:41– Ce n'est pas à l'école qu'on leur a appris qu'ils devaient tout casser
00:24:45et qu'ils devaient refuser l'autorité de la police.
00:24:47– Non, bien sûr, Michael.
00:24:48Ça, c'est la conséquence de l'ambiance dans laquelle ils évoluent
00:24:51qui est celle de « vous n'avez plus de limites et c'est normal ».
00:24:54Vous voyez, c'était un slogan de mai 68.
00:24:57Pas de limites, ni Dieu ni maître.
00:24:58Ils ont compris, s'ils voulaient.
00:25:00Il n'y a pas de limites.
00:25:01Et donc, moi, je trouve ça dramatique que ce soit les lycées qui brûlent.
00:25:04Mais je pose la question, et je la pose très solennellement,
00:25:08qu'est-ce qu'on enseigne aux enfants, 8 heures par jour, dans ces lycées ?
00:25:12Et tout à l'heure, moi, je veux bien qu'on implique plus les parents.
00:25:16Enfin, globalement, il y a aussi probablement une grande partie des parents,
00:25:19sans doute parce qu'eux-mêmes ont-ils subi le même enseignement
00:25:22quand ils avaient 15 ans, un certain nombre de parents
00:25:24qui ont aussi démissionné la fameuse éducation positive
00:25:27où l'enfant a toujours raison et ont construit la vie autour de l'enfant.
00:25:31Donc, si on va chercher un tout petit peu plus loin,
00:25:34eh bien, en fait, j'en rejoins…
00:25:35– Il y a aussi des parents qui sont dépassés.
00:25:36– Mais complètement dépassés, mais parce que, en fait,
00:25:39si vous voulez, la société et la famille et les parents et l'école
00:25:42ne marchent plus ensemble.
00:25:44– C'est ça.
00:25:44– Et donc, finalement, il n'y a plus aucune limite.
00:25:46Et à la fin, on a effectivement, comme le rappelait M. Cambolive,
00:25:49on a la police ou la gendarmerie ou les forces de sécurité en général
00:25:52qui essaient de combler ce qui n'a pas été fait pendant 15, 20, 30 ou 40 ans.
00:25:56– Stéphane Kerger, quand on entend la présidente de la LDH
00:25:58nous dire que le problème de la violence, finalement, là, tout ce qu'on voit,
00:26:03le problème, c'est la police.
00:26:04Le problème, c'est les droits, les moyens, justement, qu'on a donnés à la police.
00:26:09Ça, ça finit par infuser dans le cerveau des jeunes qui entendent ça.
00:26:15Lorsqu'il y a des partis politiques qui viennent leur dire exactement la même chose,
00:26:19ça a forcément des conséquences sur leur comportement et sur leurs actes.
00:26:24– Oui, ça renforce évidemment la conviction qu'ils sont a priori victimes
00:26:31de ceux qui veulent leur mettre des limites,
00:26:33qui sont les victimes des représentants de l'ordre
00:26:36et que la loi elle-même est néfaste et dangereuse
00:26:41puisque par définition, elle met des limites.
00:26:45Après, ce n'est pas la seule chose qui caractérise les jeunes aujourd'hui.
00:26:49Il y a quand même, c'est une génération, c'est la première fois qu'on voit ça,
00:26:53qui n'imagine pas pouvoir construire un avenir différent de celui de leurs parents.
00:26:58Même en 68, il y avait l'idée d'un avenir meilleur,
00:27:02de dépoussiérer les choses, mais de construire.
00:27:05Là, cette génération-là, elle n'envisage pas de construire
00:27:09comme si on ne leur avait pas appris,
00:27:11on ne leur avait pas dit qu'ils avaient la possibilité de construire
00:27:14et comme s'ils n'en avaient pas l'envie.
00:27:15Et quand on ne peut pas construire, on détruit, un peu comme les tout-petits.
00:27:20Donc, il y aurait vraiment tout un travail de responsabilisation des jeunes
00:27:25et peut-être de les inviter à faire davantage, davantage pour eux,
00:27:30mais aussi pour leur entourage, pour leur famille et pourquoi pas pour leur pays.
00:27:34Est-ce que c'est le rôle de l'école, ça ?
00:27:36Ça devrait l'être, ça ne l'est pas.
00:27:39Ça ne devrait pas, parce que si vous regardez...
00:27:43Apprendre à construire, si.
00:27:45Avant 1932, l'éducation nationale s'appelait le ministère de l'instruction publique.
00:27:49Après 1932, on a décidé de changer de nom
00:27:52et c'est là qu'on a ouvert la boîte de Pandore,
00:27:53on a appelé ça l'éducation nationale.
00:27:55Apprendre à un enfant à dire merci, à savoir gérer ses émotions,
00:27:59on peut peaufiner, on peut venir à la marche complétée.
00:28:03Mais c'est aux parents, tout ce qui est histoire de religion,
00:28:05tout ce qui est histoire de se tenir dans un espace public,
00:28:10de respecter l'autre, ses différences, l'assertivité, l'altérité,
00:28:13c'est à la maison où ça se construit.
00:28:15Ça pourrait être le rôle de l'école d'éduquer,
00:28:17encore faudrait-il qu'ils le fassent véritablement,
00:28:19parce qu'éduquer, ce n'est pas simplement biberonner les élèves,
00:28:23c'est aussi leur apprendre, leur devoir, les inviter, les inviter des choses.
00:28:28On va continuer d'en parler dans un instant,
00:28:31on parlera également de l'instrumentalisation politique de la France insoumise
00:28:36lorsque Jean-Luc Mélenchon appelle les élus et les militants
00:28:39à s'interposer partout et à démasquer les provocateurs.
00:28:42Et les provocateurs, quand on lit bien le message de Jean-Luc Mélenchon,
00:28:45on comprend que c'est la police.
00:28:46Restez avec nous pour la suite de Soir Info sur CNews.
00:28:53984 personnes interpellées, rien que sur cette journée de lundi,
00:28:57nouvelle journée de fortes tensions et de blocages près des lycées.
00:29:0265 policiers et gendarmes ont été blessés,
00:29:04715 policiers et gendarmes blessés depuis le début de ce mouvement.
00:29:08Et depuis le début de ce mouvement, ce qu'on voit aussi,
00:29:11c'est de nombreux élus de la France insoumise
00:29:14s'interposer dans ces blocages,
00:29:16s'interposer entre lycéens et forces de l'ordre.
00:29:20Je vous propose de regarder quelques images de ces derniers jours.
00:29:32« Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez !
00:29:35Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! »
00:30:20Et je précise que des images comme ça, on en a vu tous les jours.
00:30:24Philippe de Gestas, pourquoi est-ce que la France Insoumise est autant présente autour de ce mouvement ?
00:30:28Parce qu'en fait, la France Insoumise a réussi à trouver ce qui lui manquait.
00:30:32C'était ce que j'appelle de la chair à canon.
00:30:34Voilà, c'est un peu agressif de ma part, mais je pense que c'est exactement comme ça que ça
00:30:36se passe.
00:30:37C'est-à-dire qu'en fait, elle utilise des très très jeunes, qui pour le coup sont encore extrêmement
00:30:42malléables,
00:30:43pour donner l'impression que la France est en insurrection contre un pouvoir qu'elle juge illégitime,
00:30:49puisque rappelez-vous, le maire de Saint-Denis dit qu'il y a des cas où la force, la violence
00:30:53devient légitime.
00:30:54En creux, ça veut bien dire que l'État et donc ceux qui le représentent et qui font respecter la
00:30:59loi sont illégitimes.
00:31:00Et donc, elle a tout intérêt à donner l'impression qu'elle ait utilisé ces malheureux jeunes manipulés pour occuper
00:31:09la rue.
00:31:09Il ne faut pas oublier que la France Insoumise, c'est un parti politique qui revendique l'usage de la
00:31:16violence dans la rue.
00:31:17Ça a été revendiqué et dit à plusieurs reprises par M. Mélenchon, par des députés.
00:31:22On l'a vu d'ailleurs directement sur les lieux de ces manifestations et même de ces blocages.
00:31:27Et donc, la France Insoumise revendique l'usage de la force.
00:31:31Et donc, finalement, c'est une sorte de petite répétition générale pour elle.
00:31:35Elle essaie de montrer qu'elle est capable de soulever.
00:31:38Moi, ce qui me choque aussi beaucoup, c'est que rappelons-nous à quoi sert un député.
00:31:41Un député, c'est quelqu'un qui a été élu pour faire la loi et donc qui dit faire la
00:31:45loi et faire en sorte qu'elle soit respectée
00:31:46puisqu'elle a été votée démocratiquement au Parlement.
00:31:50Et là, on a des députés qui s'opposent au respect de la loi.
00:31:55Vous rappelez, Mme Gouton, le blocage, brûler, détruire, voler, etc.
00:32:00Les violences, tout ça est interdit par la loi.
00:32:02Et on a donc des députés qui, en fait, permettent des infractions à la loi.
00:32:08Et il y a une vieille expression révolutionnaire qui a été beaucoup utilisée pendant la Révolution française
00:32:12qui a été « force à la loi ».
00:32:14J'aimerais que ce parti qui fait souvent référence à Robespierre et à la Révolution
00:32:17se souvienne, notamment ces députés, que leur rôle à eux, c'est de faire respecter.
00:32:21On va l'écouter, vous en faisiez référence.
00:32:24On va l'écouter, Balibagayoko, le maire de Saint-Denis,
00:32:26qui, il y a quelques jours, effectivement, parlait de violences légitimes.
00:32:30Ce sont des humains, en fait.
00:32:32Mais ce sont des humains.
00:32:33Mais la violence, à un moment donné, elle peut être légitime aussi.
00:32:36Elle peut être légitime.
00:32:37C'est quoi cette affaire ?
00:32:38Bien sûr qu'elle peut être légitime.
00:32:39Le problème que l'on dit à tous ces jeunes-là, c'est oui, elle peut être légitime.
00:32:43Mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux.
00:32:45On va l'entendre également dans quelques secondes, Balibagayoko,
00:32:48qui a pris à partie une équipe de journalistes, une équipe de CNews,
00:32:54de l'émission 100% Frontières, et qui les a finalement interdits d'approcher.
00:33:00Et il a voulu clairement les faire dégager.
00:33:04Juste un mot, effectivement, Myriam Diabali-Larac.
00:33:06Est-ce que vous voyez, vous, dans les établissements, auprès des lycéens,
00:33:10une politisation plus forte des élèves aujourd'hui ?
00:33:14Elle est présente, bien sûr.
00:33:16Plus importante qu'avant ?
00:33:17Alors, elle est manipulée.
00:33:20C'est-à-dire que, vous savez, c'est très simpliste.
00:33:22Ils ont un esprit très manichéen.
00:33:23D'un côté, il y a les bons, et d'un côté, il y a les méchants.
00:33:25Les bons, les gentils, c'est LFI, c'est l'extrême-gauche,
00:33:29parce qu'on leur dit, vous êtes des opprimés,
00:33:34on vous ment, vous n'êtes pas là où il faut.
00:33:36Alors, on parle surtout à une partie, disons-le, d'enfants d'immigrés
00:33:43qui viennent de quartiers sensibles,
00:33:45qui se sentent des citoyens de seconde zone.
00:33:49Et on va chercher...
00:33:49Alors, là où je ne suis pas d'accord, c'est que vous verrez tout à l'heure
00:33:51des images de lycées de Paris, Henri IV,
00:33:56de lycées dans le 15e arrondissement, d'enfants qui n'ont...
00:33:58Ça ne se passe pas aussi mal que ça, dans le 15e, dans le 16e...
00:34:00En tous les cas, vous verrez qu'ils sont également extrêmement instrumentalisés
00:34:05aussi par les mêmes parties.
00:34:07Et puis, en fait, quand on est jeune, on cherche un idéal.
00:34:10On cherche...
00:34:10Alors, comme nous, on a tous été jeunes,
00:34:12mais là, a priori, ce sont des idéaux révolutionnaires.
00:34:15Mais là où M. Magayoko se trompe, c'est qu'il parle de violence légitime.
00:34:19Max Weber parle de violence légitime,
00:34:21mais la seule violence légitime qui existe, c'est celle de l'État.
00:34:24Mais c'est là où...
00:34:25C'est là où, moi, j'irai plus loin, Stéphane Clerget,
00:34:28je pense que ça va bien au-delà d'un problème de classe, aujourd'hui.
00:34:31C'est un problème qui est beaucoup plus profond,
00:34:33c'est-à-dire qu'on est rentré dans la tête de ces jeunes.
00:34:36On est rentré dans la tête de ces jeunes et on a...
00:34:38Alors, on a un parti politique qui, disons-le, fait du clientélisme avec eux.
00:34:42Mais en tous les cas, on a réussi à manipuler cette jeunesse.
00:34:46Et effectivement, peu importe la classe, finalement.
00:34:47C'est vrai, ça touche toutes les classes.
00:34:50Et on a surfé sur quoi ?
00:34:52Bon, évidemment, la vulnérabilité du cerveau adolescent,
00:34:55qui est un peu une éponge
00:34:57et qui est particulièrement sensible à des thématiques
00:35:00comme l'injustice, l'oppression...
00:35:03On n'est plus perméable à ces âges-là, à ce genre de discours ?
00:35:07On n'est plus perméable, finalement, aujourd'hui,
00:35:09à des discours politiques quand on a entre 15 et 16 ans ?
00:35:12Ah oui, tout à fait.
00:35:13On n'est plus perméable aux discours politiques
00:35:16parce qu'on cherche, justement, des convictions qui sont plus personnelles.
00:35:20On se détache un peu de nos parents
00:35:21et on essaie d'attraper, ici ou là, des nouvelles convictions
00:35:25pour essayer de se faire une opinion le plus rapidement possible.
00:35:30Et c'est vrai que leur est servi sur un plateau
00:35:32un discours, comme vous le disiez, très manichéen
00:35:36sur des thématiques autour de l'oppression,
00:35:38de l'injustisme, de l'égalité,
00:35:42de lutte contre le racisme,
00:35:44tout ça qui sont évidemment des valeurs fondamentales,
00:35:47mais qui ont été présentées de manière très univoque
00:35:54et évidemment très simpliste
00:35:56puisqu'il n'y a pas beaucoup de profondeur dans le discours.
00:36:01Mais on leur parle. C'est ça l'affaire, c'est qu'on leur parle.
00:36:02On leur parle.
00:36:03La jeunesse, on le sait, il y a ce côté, cette énergie,
00:36:06cette fougue, recherche d'idéal,
00:36:08peut-être de recherche de sens aussi.
00:36:10Et vous avez, effectivement, du côté de l'extrême-gauche,
00:36:14cette parole.
00:36:15On parle de Nouvelle-France, on parle d'oppression,
00:36:17on parle de violence policière.
00:36:19Il y a une forme d'appropriation.
00:36:20Ça veut dire que la faute, c'est peut-être les autres
00:36:22qui n'ont pas su leur parler aussi.
00:36:23Il y a aussi quelque chose à leur proposer.
00:36:26Moi, je pense aussi qu'il faut leur parler.
00:36:28Donc, eux n'ont pas hésité.
00:36:29Le problème, c'est la manipulation, c'est la récupération
00:36:32et je vous dirais même une forme d'appropriation
00:36:35de cette jeunesse pour une sorte de révolution arabais.
00:36:38C'est un peu ça.
00:36:38Vous avez une jeunesse qui a cette énergie, cette fougue.
00:36:42Vous allez chercher ça et vous encouragez le tout
00:36:44par ce type de discours aussi.
00:36:47Quand on entend M. Bagayoko qui parle de violence légitime,
00:36:51en fait, on leur dit quelque part,
00:36:53vous savez, le côté enfant-roi,
00:36:55vous pouvez être enfant-roi dans la rue,
00:36:57il n'y a pas de souci, vous pouvez utiliser la violence.
00:36:59Je trouve même qu'il y a une forme de mimétisme.
00:37:01Il faut aussi se regarder comme adulte.
00:37:03Regardez les manifestations qu'on a vues au cours
00:37:06des dernières années.
00:37:07Mais il y a souvent, pour ne pas dire presque toujours,
00:37:10des débordements.
00:37:11Il y a ce débordement de violence.
00:37:13Et ensuite, sur l'aspect de l'impunité,
00:37:15les jeunes savent qu'ils ne risquent pas grand-chose non plus.
00:37:18Regardons-le.
00:37:19Cette verticalité, cette autorité qui n'est pas présente,
00:37:21il y a aussi des conséquences.
00:37:22Regardons-le à nouveau.
00:37:23Le maire de Saint-Denis, Bailly Bagayoko,
00:37:26qui aujourd'hui a visé directement une équipe de télévision,
00:37:30une équipe de l'émission 100% frontière de CNews.
00:37:32Regardez.
00:37:33J'ai le droit d'être là, j'ai pris des coups.
00:37:35Je suis un journaliste.
00:37:36Je suis un journaliste.
00:37:38Ne faites pas, écoutez-moi le corps.
00:37:46Vous venez de nous pour provoquer.
00:37:47Vous venez de vous pour provoquer.
00:37:48C'est tout.
00:37:49Pour provoquer, c'est dans mon micro.
00:37:51Vous, vous provoquer là.
00:37:54C'est parce que vous êtes beaucoup trop sûr de vous.
00:37:56Vous êtes beaucoup trop sûr de vous.
00:37:58Enculer.
00:37:59Liberté !
00:38:01Liberté !
00:38:02Liberté !
00:38:03De l'arrivée de ce journaliste.
00:38:05C'est les journalistes qui sont responsables,
00:38:07les journalistes racistes,
00:38:07ils ne sont pas en place ici.
00:38:08Oui.
00:38:09Je pense que la rémunication qui est faite ici
00:38:10par les lycéens est une rémunération noble.
00:38:12On n'a pas besoin de gens ici,
00:38:14de se rendre droit pour venir
00:38:15et nous expliquer comment.
00:38:17Mais j'aime, en fait, sur les lycées.
00:38:18J'ai un message relativement clair.
00:38:20Ils ne veulent pas le racisme.
00:38:21Ils veulent des moyens pour avoir la rémunération scolaire.
00:38:23Comme, par contre, dans les bons quartiers parisiens.
00:38:25Et ils veulent la suppression du parcours.
00:38:27Et je suis là pour leur dire
00:38:28que je leur porte tout mon soucière.
00:38:37Alors, elle est très intéressante, cette séquence.
00:38:39Parce que là, on a un élu de la République
00:38:42qui, effectivement, exclut certains journalistes.
00:38:46Donc, il choisit, effectivement,
00:38:47les journalistes auxquels il a envie de répondre
00:38:51et ceux auxquels il n'a pas envie de parler.
00:38:54Là, c'est un élu qui s'exprime.
00:38:56C'est le maire de Saint-Denis-Gérald Pandelon.
00:38:59Je crois que lorsqu'un parti prospère sur le désordre,
00:39:03il est à la fois un fléau et un fardeau.
00:39:06Pourquoi ?
00:39:07Parce que, peut-être dans une lecture
00:39:09d'un politologue italien qui s'appelait Gramsci,
00:39:13le LFI a fait, en fait, de la jeunesse
00:39:15un enjeu idéologique.
00:39:18Et à partir de cet enjeu idéologique,
00:39:21l'instrument, c'est la délégitimation de l'école.
00:39:25Délégitimation de l'école qui est d'autant plus forte
00:39:28qu'effectivement, comme le disait M. Clerget,
00:39:31on a une jeunesse qui est un tout petit peu déboussolée.
00:39:36C'est un sociologue français, François Dubé,
00:39:40qui en parlait très très bien,
00:39:42qui parlait de rage, de rage sans espoir.
00:39:46C'est-à-dire qu'ils ont des adversaires,
00:39:49ils créent des adversaires,
00:39:50mais en fait, lorsqu'on discute un petit peu avec eux,
00:39:52il n'y a pas de projet qui soit clairement défini.
00:39:56Et c'est sur ce désordre et cette fragilité
00:40:02que peut prospérer précisément LFI.
00:40:05Mais le problème, c'est que cette idéologie,
00:40:07elle est en train de gagner du terrain auprès de la jeunesse,
00:40:10mais pas que.
00:40:11Écoutez, cette enseignante qui s'exprimait tout à l'heure
00:40:15sur notre antenne, proviseur, je crois même,
00:40:19qui répondait à ce qu'on appelle un micro tendu.
00:40:21C'est-à-dire qu'il y a plusieurs journalistes
00:40:22qui sont là pour lui donner la parole.
00:40:24Sauf qu'à un moment donné,
00:40:25quand elle voit qu'il s'agit de CNews,
00:40:27et bien là, c'est pareil,
00:40:28elle ne souhaite pas répondre,
00:40:29elle refuse même de répondre.
00:40:31Regardez.
00:40:32Et si ça agissait d'élèves de l'établissement,
00:40:34de l'établissement ou des groupes alentours ?
00:40:37Non, il s'agissait de groupes...
00:40:39Ce n'est pas mes élèves.
00:40:41Ce n'est pas mes élèves.
00:40:42C'est des groupes.
00:40:44C'est quoi là ?
00:40:45CNews.
00:40:46Ah non.
00:40:49Ah non, j'avais dit non, c'est-à-dire...
00:40:50Non, mais je tombe mon micro, là, c'est la presse.
00:40:52Non, mais je...
00:40:53Pourquoi plus les autres journalistes que moi ?
00:40:55Parce que je ne suis pas d'accord
00:40:55avec la ligne éditoriale de CNews.
00:40:57Quelle ligne éditoriale ?
00:40:58Je ne fais pas du bien aux jeunes.
00:40:59Quelle ligne éditoriale, madame ?
00:41:00Je viens sur place, je tombe mon micro.
00:41:01Moi, je suis madame Zerbi,
00:41:02je suis proviseur de cet établissement,
00:41:04je suis aussi membre du SNP2N UNSA.
00:41:07Alors, donc, cette proviseur
00:41:08qui refuse de parler à CNews,
00:41:10on a posé la question
00:41:12au ministre de l'Éducation nationale,
00:41:13Édouard Geffray.
00:41:14Écoutez ce que disait le ministre tout à l'heure.
00:41:17Monsieur le ministre,
00:41:17acceptez-vous de répondre à CNews ?
00:41:19J'ai une question.
00:41:21Allez-vous convoquer
00:41:24la directrice de ce lycée
00:41:27qui a refusé de répondre à CNews
00:41:30et éventuellement,
00:41:31envisagez-vous des sanctions
00:41:33à son encontre
00:41:34à cet proviseur
00:41:35dans le 13e arrondissement
00:41:37dans le lycée du Vauclin ?
00:41:39Écoutez, je ne suis pas sûr
00:41:40d'avoir le cas en tête,
00:41:41mais par définition,
00:41:42on est toujours libre ou pas
00:41:43de répondre à la presse.
00:41:45Libre ou pas de se montrer
00:41:46d'ailleurs publiquement,
00:41:47parce que derrière,
00:41:48il y a aussi des enjeux
00:41:49de respect de droit à l'image.
00:41:50Donc, en l'occurrence,
00:41:51je ne sais pas de qui il s'agit
00:41:52ni de quoi il s'agit,
00:41:52mais toute personne est libre ou pas
00:41:54de répondre à une caméra
00:41:54dans la rue ou ailleurs,
00:41:55mais en l'occurrence,
00:41:56je réponds toujours
00:41:56aux journalistes qui m'interrogent.
00:41:59Alors, oui, mais non,
00:42:00pas vraiment,
00:42:00parce qu'on va en parler d'ailleurs
00:42:02avec Luc Fontaine aussi
00:42:03qui est avec nous,
00:42:03qui est magistrat honoraire.
00:42:05Bonsoir, merci d'être en direct
00:42:06avec nous sur CNews.
00:42:08Je ne dis pas vraiment
00:42:09parce que que dit la loi,
00:42:10justement, l'article L-121-2
00:42:13qui explique que sans ambiguïté,
00:42:16l'agent public est tenu
00:42:17à l'obligation de neutralité.
00:42:19Donc, maître,
00:42:20ce que dit le ministre,
00:42:22je vous pose la question,
00:42:23Luc Fontaine,
00:42:25ce que dit le ministre est faux,
00:42:26finalement, d'une certaine façon ?
00:42:28Oui, a priori,
00:42:29par définition,
00:42:30un agent public,
00:42:31comme vous le dites très bien
00:42:32et comme le rappelle ce texte
00:42:34que vous mettez à votre écran
00:42:35est tenu à un devoir d'impartialité,
00:42:37bien entendu,
00:42:38les fonctionnaires,
00:42:39pour les magistrats,
00:42:40encore plus, bien entendu,
00:42:41parce que les magistrats
00:42:42tranchent des litiges
00:42:43entre des particuliers,
00:42:44entre l'État et des particuliers
00:42:46et ce devoir d'impartialité
00:42:47est au cœur
00:42:47de l'exercice de la justice.
00:42:49Alors, effectivement,
00:42:50là, il s'agissait
00:42:51d'une fonctionnaire
00:42:52de l'éducation nationale
00:42:53et vous m'avez devancé
00:42:55en parlant, bien sûr,
00:42:56des magistrats
00:42:57puisque, effectivement,
00:42:58depuis quelques jours,
00:43:00le syndicat de la magistrature
00:43:04et la police,
00:43:05la tension grimpe, finalement,
00:43:07entre le syndicat
00:43:07de la magistrature
00:43:08et les policiers
00:43:09puisque ce syndicat
00:43:11est accusé
00:43:11par les forces de l'ordre
00:43:13de réprimer les lycéens.
00:43:16C'est ce qu'il dit
00:43:17dans un communiqué
00:43:18qui a été publié
00:43:19juste avant le week-end.
00:43:21Face à cette colère légitime,
00:43:22le gouvernement a fait le choix
00:43:24d'une réponse brutale.
00:43:25Sans surprise,
00:43:26la stratégie du maintien de l'ordre
00:43:27n'a pas été adaptée
00:43:28à la particulière vulnérabilité
00:43:30de ce mouvement
00:43:31composé essentiellement
00:43:32d'enfants
00:43:32dont la protection
00:43:33ne peut pas être
00:43:34à géométrie variable.
00:43:36Ça, c'est ce que dit
00:43:36donc le syndicat
00:43:37de la magistrature.
00:43:38Les policiers, évidemment,
00:43:40dénoncent des propos
00:43:41inacceptables.
00:43:42D'autres syndicats
00:43:43de magistrats,
00:43:44mais aussi des responsables
00:43:45politiques,
00:43:46leur apportent
00:43:47leur soutien.
00:43:48Que dites-vous,
00:43:49Luc Fontaine,
00:43:50de ce sujet ?
00:43:51Le syndicat de la magistrature
00:43:54n'en est pas à son coup d'essai.
00:43:55Cela fait très longtemps
00:43:56que le syndicat de la magistrature
00:43:58piétine les obligations déontologiques
00:44:00des magistrats.
00:44:02On peut remonter au mur des cons.
00:44:03Plus récemment,
00:44:04les propos et les polémiques
00:44:07qu'ils ont entretenus
00:44:07sur l'affaire de Quentin Deran,
00:44:09que ce jeune homme
00:44:09qui a été assassiné à Lyon.
00:44:11Encore plus récemment,
00:44:12une conférence de presse
00:44:13avec la France Insoumise
00:44:15au sujet d'un projet de loi
00:44:17sur la présomption
00:44:18des légitimes défenses
00:44:19des forces de l'ordre
00:44:19au cours duquel
00:44:21certains intervenants
00:44:22ont évoqué
00:44:23que la police tuait.
00:44:24Donc je crois
00:44:25que le syndicat
00:44:26de la magistrature
00:44:26se met complètement
00:44:27hors les clous
00:44:28d'une part
00:44:29de l'ordonnance statutaire
00:44:30qui remonte à 1958
00:44:32qui a d'ailleurs été modifiée
00:44:33relativement récemment
00:44:34en 2023,
00:44:36également de la charte
00:44:38de déontologie
00:44:38des magistrats
00:44:39et également
00:44:40de la jurisprudence
00:44:43si l'on peut dire
00:44:43du collège
00:44:44de déontologie
00:44:44des magistrats
00:44:46qui il y a
00:44:47quelques semaines seulement
00:44:49je crois que c'était
00:44:49le 15 septembre
00:44:50ou le 17 septembre
00:44:52a décidé
00:44:53alors il s'agit simplement
00:44:54d'un avis naturellement
00:44:55qui n'a pas force de loi
00:44:57a décidé
00:44:58qu'un magistrat
00:44:58portait nécessairement
00:44:59atteinte
00:45:00à son devoir de réserve
00:45:01et à son impartialité
00:45:03également évidemment
00:45:04à l'image de la justice
00:45:05c'est absolument essentiel
00:45:06en relayant publiquement
00:45:08des positions politiques
00:45:09et partisanes.
00:45:10Benjamin Corouli
00:45:11lorsque vous entendez
00:45:12effectivement aujourd'hui
00:45:14les propos du syndicat
00:45:15de la magistrature
00:45:17lorsque vous découvrez
00:45:19encore une fois
00:45:21de telles charges
00:45:23à l'égard de la police
00:45:25à l'endroit de la police
00:45:26quelle est la réaction
00:45:27finalement
00:45:27aujourd'hui
00:45:28de vos collègues ?
00:45:29La première chose à dire
00:45:30c'est que le SM
00:45:31ce n'est pas la justice
00:45:32ils sont un peu moins
00:45:33de 30%
00:45:34c'est conséquent
00:45:35c'est inquiétant
00:45:35ça ne résume pas la justice
00:45:36je pense toujours
00:45:37au magistrat
00:45:37qui veut bosser
00:45:38qui n'a pas les moyens
00:45:39de le faire
00:45:39et qui doit en plus
00:45:40farcir le discours
00:45:41du syndicat
00:45:42de la magistrature
00:45:42ça fait quand même
00:45:43une deuxième
00:45:43Vous avez raison
00:45:44mais il représente
00:45:45une partie de la justice
00:45:45Il représente une partie
00:45:46et c'est donc particulièrement
00:45:47choquant et inquiétant
00:45:48pourquoi ?
00:45:49Parce que ça participe
00:45:49de ce même climat
00:45:50anti-police
00:45:51qui s'agglomère
00:45:52avec le discours
00:45:53de l'extrême gauche
00:45:53qui s'agglomère
00:45:54avec celui de la LDH
00:45:56que vous passiez tout à l'heure
00:45:56et qui est tout le temps
00:45:58dans cette accusation
00:45:59de la police
00:46:00cette inversion des valeurs
00:46:01on accuse le policier
00:46:02et on va faire un ange
00:46:04du délinquant
00:46:05et au final
00:46:05qu'est-ce qui se produit
00:46:06à force de déverser
00:46:07ce discours encore et encore
00:46:09mes collègues se font
00:46:10pourchasser
00:46:10et se font éclaver
00:46:11et est-ce qu'eux
00:46:12ils changent de discours
00:46:13une fois que mes collègues
00:46:13sont agressés ?
00:46:14Jamais
00:46:15à Belfort
00:46:15quand le collègue
00:46:16se fait lyncher
00:46:16derrière Antoine Leomand
00:46:17le traite d'assassin
00:46:18de noyeur d'enfants
00:46:19Luc Fontaine
00:46:19dernière question
00:46:20le syndicat de la magistrature
00:46:22est-il un relais idéologique
00:46:24est-il devenu
00:46:25un relais idéologique
00:46:26de la France insoumise ?
00:46:28Alors le syndicat
00:46:29de la magistrature
00:46:29qui a été créé
00:46:30à la suite des événements
00:46:31de mai 68
00:46:32est depuis le début
00:46:33un syndicat de gauche
00:46:34il faut le dire
00:46:34mais aujourd'hui
00:46:35ça va beaucoup plus loin
00:46:36je crois qu'effectivement
00:46:37il fait partie
00:46:38de l'écosystème
00:46:39de la France insoumise
00:46:40de la Ligue des droits de l'homme
00:46:41de toutes ces organisations
00:46:43qui remettent en cause
00:46:44la légitimité de l'État
00:46:45qui remettent en cause
00:46:46la légitimité de la police
00:46:47qui remettent en cause
00:46:49également d'une certaine façon
00:46:50la légitimité de la justice
00:46:51parce que comme je disais
00:46:52tout à l'heure
00:46:53le juge doit être impartial
00:46:54et surtout le juge
00:46:56non seulement
00:46:56il doit être personnellement impartial
00:46:58mais il doit donner
00:46:59l'impression de l'être
00:47:00c'est-à-dire qu'il faut
00:47:01que le juge
00:47:01par sa personne
00:47:03par ses prises de position
00:47:05ou sa influence
00:47:05de prise de position
00:47:06soit présumé impartial
00:47:08il faut non seulement
00:47:08que la justice soit rendue
00:47:09on dit ça en droit anglo-saxon
00:47:11il faut qu'elle ait l'apparence
00:47:13d'avoir été rendue
00:47:14et aujourd'hui
00:47:15je reconnais évidemment
00:47:16que si jamais
00:47:17un fonctionnaire de police
00:47:18comparaît devant une juridiction
00:47:19par exemple
00:47:20pour avoir vol violenté
00:47:21à un manifestant
00:47:22il me semble
00:47:23qu'il pourrait être en droit
00:47:24de demander
00:47:25au magistrat
00:47:26composant la juridiction
00:47:27si l'un d'entre eux
00:47:28est membre de ce syndicat
00:47:29aujourd'hui je crois
00:47:30qu'on est vraiment
00:47:30dans une situation
00:47:31on est vraiment
00:47:32à la limite d'un système
00:47:33qu'il va falloir
00:47:34évidemment
00:47:34à terme modifié
00:47:35ce n'est plus possible
00:47:36l'ordonnance de 58
00:47:37vient d'être modifiée
00:47:38il va probablement
00:47:39falloir la compléter
00:47:40pour aller encore plus loin
00:47:42il n'y a pas
00:47:43un pays d'Europe
00:47:44où un syndicat de magistrats
00:47:45se permet
00:47:46des positions de cette nature
00:47:47Merci beaucoup Luc Fontaine
00:47:48magistrat honoraire
00:47:49merci d'avoir été avec nous
00:47:50ce soir sur CNews
00:47:52on va marquer
00:47:52une très courte pause
00:47:53et on va continuer
00:47:54bien sûr
00:47:54à parler
00:47:56de ces tensions
00:47:57de cette situation
00:47:58qui ne semble pas
00:47:59se calmer
00:48:00acte 3
00:48:01de cette mobilisation
00:48:03lycéenne
00:48:04qui doit démarrer
00:48:04demain
00:48:05avec de fortes tensions
00:48:06encore une fois
00:48:07attendues
00:48:07on parlera des revendications
00:48:09vous entendrez
00:48:09notamment Bruno Retailleau
00:48:10qui pour lui
00:48:11la question des moyens
00:48:12parce qu'on parle beaucoup
00:48:13des moyens
00:48:13pour lui c'est un prétexte
00:48:15c'est ce que dit Bruno Retailleau
00:48:16on va continuer
00:48:17d'en débattre
00:48:17restez avec nous
00:48:18pour la suite
00:48:18de Soir Info
00:48:19sur CNews
00:48:22Allez de retour
00:48:23pour la suite
00:48:23de Soir Info
00:48:24édition spéciale
00:48:25consacrée
00:48:26aux fortes tensions
00:48:27encore une fois
00:48:28aujourd'hui
00:48:29entre lycéens
00:48:29et forces de l'ordre
00:48:30en marge
00:48:31de ces manifestations
00:48:32on va continuer
00:48:32d'en parler
00:48:33dans un instant
00:48:34mais juste avant
00:48:34le rappel
00:48:34des principaux titres
00:48:36de l'actualité
00:48:37de ce lundi soir
00:48:38avec Isabelle Piboulot
00:48:39rebonsoir Isabelle
00:48:43rebonsoir Mickaël
00:48:44bonsoir à tous
00:48:44à la une
00:48:45l'IGPN
00:48:46la police des polices
00:48:47a été saisie
00:48:48d'au moins 10 enquêtes
00:48:49depuis le début
00:48:50du mouvement lycéen
00:48:51le ministre de l'Intérieur
00:48:52se dit prêt
00:48:53à répondre
00:48:54devant une commission
00:48:55parlementaire
00:48:56sur la doctrine
00:48:56de maintien de l'ordre
00:48:57et les conditions
00:48:58d'intervention
00:48:59la Ligue des droits
00:49:00de l'homme
00:49:01a réagi
00:49:01la LDAH
00:49:02dénonce une dérive
00:49:04globale
00:49:04par rapport à l'état
00:49:05de droit
00:49:05face aux adolescents
00:49:07les lycéens
00:49:08eux
00:49:08maintiennent la pression
00:49:10démobilisation
00:49:11tue lieu ce lundi
00:49:12partout en France
00:49:13avant la manifestation
00:49:14importante prévue
00:49:15dans les prochaines heures
00:49:16un acte 3
00:49:18pour lequel le gouvernement
00:49:19craint un embrasement national
00:49:21depuis le 28 septembre
00:49:23plus de 6000 interpellations
00:49:25ont eu lieu
00:49:25majoritairement des mineurs
00:49:27Edouard Geffray
00:49:28rappelle le droit essentiel
00:49:30à l'instruction
00:49:31les cours doivent reprendre
00:49:33insiste-t-il
00:49:34le ministre de l'éducation
00:49:35appelle les lycéens
00:49:36à une reprise progressive
00:49:37et échelonnée
00:49:38des cours
00:49:39dès mercredi
00:49:40il promet par ailleurs
00:49:41la mise en place
00:49:42d'une plateforme
00:49:43qui permettra aux jeunes
00:49:44de continuer
00:49:45à exprimer
00:49:46leurs revendications
00:49:47dans ce contexte
00:49:48Bruno Retailleau
00:49:49n'épargne pas
00:49:50la France insoumise
00:49:52en déplacement
00:49:52à Nantes
00:49:53le candidat
00:49:54les républicains
00:49:55à la présidentielle
00:49:56a déclaré
00:49:57je cite
00:49:57que les filles
00:49:58devraient être nommées
00:49:59la France incendiaire
00:50:01une réaction
00:50:02à la présence
00:50:03de certains élus
00:50:04insoumis
00:50:04aux abords
00:50:05des lieux de mobilisation
00:50:06ces derniers jours
00:50:07et puis le projet de loi
00:50:09casseur-payeur
00:50:10sera examiné
00:50:11en première lecture
00:50:12au Sénat
00:50:13le 27 octobre
00:50:14le texte créera
00:50:15une forme
00:50:16de responsabilité
00:50:17collective
00:50:18selon les mots
00:50:19de Maude Bréjon
00:50:20sur notre antenne
00:50:20l'objectif étant
00:50:22de donner la possibilité
00:50:23de faire payer
00:50:24les dégâts
00:50:24par le recouvrement
00:50:26des aides sociales
00:50:27à toute personne
00:50:28appartenant
00:50:29à un groupement
00:50:30ayant commis
00:50:31des dégradations
00:50:31même si
00:50:32elle n'en est pas
00:50:33l'auteur
00:50:34Merci beaucoup Isabelle
00:50:36on vous retrouvera
00:50:36tout à l'heure
00:50:36à minuit et demi
00:50:38pour l'édition de la nuit
00:50:39la suite de cette édition
00:50:41spéciale
00:50:42de Soir Info
00:50:43et on va parler
00:50:44à présent
00:50:45des revendications
00:50:46tout à l'heure
00:50:47juste avant la pause
00:50:48on vous montrait
00:50:49certains de nos journalistes
00:50:51notamment
00:50:53qui n'étaient visiblement
00:50:54pas les bienvenus
00:50:54que ce soit
00:50:55auprès de certains élus
00:50:57auprès de proviseurs
00:50:59auprès également
00:51:01de ces manifestants
00:51:02auprès de ces lycéens
00:51:03je vous propose
00:51:04de regarder justement
00:51:05une de nos équipes
00:51:06qui a tenté
00:51:07d'interroger
00:51:08plusieurs lycéens
00:51:09sur les revendications
00:51:10sur les attentes
00:51:11liées à ces manifestations
00:51:12donc il s'est d'abord
00:51:14fait un peu
00:51:17molester
00:51:18disons-le comme ça
00:51:19et puis après
00:51:19ils ont fini par répondre
00:51:20et vous allez voir
00:51:21parce que c'est particulièrement
00:51:22intéressant
00:51:24est-ce que je peux avoir
00:51:25vos revendications
00:51:25savoir pourquoi
00:51:26vous bloquez les lycées
00:51:30est-ce que vous voulez
00:51:31me parler de vos revendications
00:51:32un petit peu
00:51:34il n'y a personne
00:51:35qui nous écoute
00:51:35c'est quand on fait ça
00:51:37il n'y a quoi
00:51:38c'est un problème
00:51:39d'emploi du temps
00:51:43il n'y a pas assez de moyens
00:51:49pour l'éducation nationale
00:51:50et comment ça se traduit
00:51:51donc au lycée
00:51:52comme ça tous les jours
00:51:53comment ça se traduit
00:51:53en été on a trop chaud
00:51:54en hiver on a froid
00:51:55les chauffages
00:51:56ils ne sont pas assez chaud
00:52:02je travaille pour CNews
00:52:03pour l'émission
00:52:04100%
00:52:04non non
00:52:10mais on ne veut pas de violence
00:52:16pas de violence
00:52:21je ne veux pas
00:52:51Stéphane Clergy, qu'est-ce qu'elle exprime, finalement, cette jeunesse ?
00:52:56Certaines des revendications nous ont fait sourire.
00:52:59Je le dis parce qu'en plus, les téléspectateurs l'ont certainement vu.
00:53:03C'est vrai que lorsqu'on entend...
00:53:05Déjà, c'est un peu inaudible, tout ça.
00:53:08Mais ouais, on fait du 8h-18h, l'hiver, on a froid, l'été, on a chaud.
00:53:14Je crois que ça fait sourire tout le monde.
00:53:16Ça les fait même sourire.
00:53:17Et d'ailleurs, à un moment, s'ils interrompent pour agresser le journaliste,
00:53:21c'est que je pense qu'ils se rendent compte que ça ne tient pas la route.
00:53:25Maintenant, je pense que quand même, malgré tout, derrière tout ça, il y a une inquiétude.
00:53:29Je veux dire, ils ne sont pas sourds et muets.
00:53:32Ils savent bien qu'on est dans une crise économique.
00:53:34Ils savent bien que le chômage des jeunes ne cesse d'augmenter.
00:53:37Vous voulez dire que derrière ça, derrière ces mots qui font sourire, derrière ces agressions,
00:53:42vous pensez qu'il y a une réelle détresse de la part de ces lycéens ?
00:53:46Détresse, je ne sais pas, mais angoisse de l'avenir, c'est certain.
00:53:49D'abord parce qu'ils n'ont pas envie de grandir.
00:53:50C'est quand même une génération qui a été très confortable.
00:53:55Et ils veulent rester dans le statut un peu d'enfant, surtout qu'ils voient qu'autour d'eux, personne
00:53:59n'est responsable.
00:54:00Tout le monde rêve d'être jeune et parle comme un jeune.
00:54:03Ils ne sont pas nombreux, ceux qui ont une position un peu responsable.
00:54:07Mais je pense qu'il y a une inquiétude de l'avenir parce qu'ils savent bien qu'ils vont
00:54:10devenir adultes.
00:54:11Ils savent bien que ça va être compliqué le travail.
00:54:13Et ils savent bien aussi que l'intelligence artificielle est là à tort ou à raison.
00:54:18Ils imaginent que ça va empêcher d'avoir un métier.
00:54:22Et comme finalement, ils ont assez peu de passion à part leur téléphone portable,
00:54:27ils ne savent pas bien ce qu'ils vont pouvoir faire de leur dix doigts.
00:54:30Donc, je pense qu'il y a une vraie angoisse de l'avenir qui peut être un peu aussi à
00:54:36l'origine de ces comportements-là.
00:54:37Karim Abrik, à quoi est-ce qu'on assiste là ?
00:54:40C'est des revendications ?
00:54:41Est-ce que ça est inaudible ?
00:54:44Mais vous savez, moi, je pense qu'il y a des revendications.
00:54:47Il y a une vraie réflexion à avoir sur le système éducatif, ce qu'on transmet.
00:54:51Ça, c'est une chose.
00:54:52Mais ce que j'entends aussi, et c'est ce qui m'inquiète beaucoup,
00:54:56c'est cette transmission aussi, la question du débat public.
00:55:00Quand ils répètent sur la question, par exemple, CNews,
00:55:03qu'ils vont finalement contre ce journaliste,
00:55:07il y a quelque chose de quand même assez violent.
00:55:08Je me dis, on est en train de transmettre aussi, non pas qu'on peut avoir des désaccords politiques,
00:55:13des désaccords idéologiques.
00:55:15On nous dit à longueur de journée, la diversité, c'est une richesse,
00:55:18mais la diversité idéologique, la capacité aussi de se dire que l'autre peut-être a une vision différente de
00:55:25nous,
00:55:26de la société, du monde dans lequel il vit.
00:55:29Eh bien, on est incapable de transmettre ça.
00:55:31On est en train plutôt de transmettre l'idée que si l'autre est différent, c'est notre ennemi.
00:55:35Et on est en train de transmettre cette polarisation qui mène à cette violence aussi.
00:55:41Moi, c'est ça qui m'inquiète parce que c'est ce que j'entends aussi.
00:55:43On voit bien que c'est quelque chose, que c'est des slogans qu'ils ont entendus.
00:55:46On a parlé, par exemple, d'une extrême-gauche qui alimente, qui met de l'huile sur le feu.
00:55:52C'est aussi des slogans qu'on entend comme ça à travers la bouche de ces jeunes aussi.
00:55:56Donc moi, je m'inquiète de cette polarisation et du fait de voir l'autre, finalement,
00:56:00non plus dans une humanité, mais au contraire, non pas non plus comme un adversaire,
00:56:06mais comme un ennemi à abattre, à rejeter, à molester et pourquoi pas plus.
00:56:10En tout cas, on ne pourra pas reprocher à CNews de ne pas leur donner la parole.
00:56:13D'autres voix, d'autres voix de lycéens qui s'exprimaient cette fois-ci en Guadeloupe,
00:56:18je vous propose de les écouter.
00:56:21Le problème de l'école, c'est que c'est un cycle sans fin.
00:56:23Dans une classe, on est à 35, il fait 35 degrés et des fois, on ne peut pas dormir en
00:56:29classe
00:56:29parce que les professeurs ne sont pas d'accord avec ça.
00:56:31Vous voyez, je passe plus de temps à l'école que chez moi.
00:56:34Donc je comprends que l'école, c'est important, que je dois apprendre,
00:56:38mais ce n'est pas en nous gonfant comme des oies qu'on va plus apprendre.
00:56:43Et après, on arrive au retard parce qu'il y a la cantine aussi.
00:56:46On a une heure de pause et ça non plus, ce n'est pas normal.
00:56:49Tous les jours, on flamme une chose, on se réveille, on mange, on va à l'école,
00:56:52on fait nos leçons, on dort.
00:56:53On prend 20 minutes à commencer un coup.
00:56:55Pourquoi ? Parce qu'on est à l'échange des tables, des chaises dans une autre salle
00:56:57parce qu'on est à trop dans la salle.
00:56:59On suffoque, on fait des malaises, on fait des crises d'âge.
00:57:02L'infirmière, elle est là presque jamais, d'accord ?
00:57:04Là, on en a marre, on en a marre.
00:57:06Même les vêtements, on est juste sur nos vêtements,
00:57:08même pas sur nos vêtements, sur nos corps qui portent tous les vêtements.
00:57:11Vous pouvez même dire, peut-être qu'elle va mettre des bordeaux,
00:57:14on va aller lui dire, moi je mets un débarateur,
00:57:15je passe que j'ai la poitrine, on va me dire quelque chose.
00:57:17On ne peut pas passer de temps avec notre famille.
00:57:19On se réveille, il fait nuit, on rentre chez nous, il fait nuit.
00:57:21Ce n'est pas normal.
00:57:22Nous aussi, on a le droit de se mobiliser en fait.
00:57:24Ce n'est pas parce qu'on est sur une île qu'on n'a pas le droit de parler
00:57:26aussi.
00:57:27Quand ils veulent, on est en France.
00:57:28Quand ils ne veulent pas, on est en Guadeloupe.
00:57:29Donc nous, on parle aussi en fait.
00:57:32C'est triste parce que tout ça est affligeant, Gérald Pandelon.
00:57:35Tout ça est affligeant, pardon, mais ce que disait Karima tout à l'heure,
00:57:41des revendications, il y en a, elles existent.
00:57:43Mais en tous les cas, elles ne sont pas là.
00:57:45Elles ne sont pas dans la rue aujourd'hui, les revendications.
00:57:47Je me rappelle avoir été jeune.
00:57:50J'ai égrené un tout petit peu, j'ai lu toutes les revendications,
00:57:53exception de fait de Parcoursup.
00:57:56Mais c'est exactement les mêmes thèmes auxquels nous étions confrontés
00:58:00lorsque j'avais 16, 17 ans, manque de profs, manque de place.
00:58:05Parfois, il faisait chaud, parfois il faisait froid,
00:58:06il faisait même tiède, parfois, voyez-vous, tout, tout, tout, tout peut arriver.
00:58:11Mais ça, ils l'ont peut-être oublié d'ailleurs qu'on a tous été à un moment donné jeunes.
00:58:14Voilà, mais je crois, du moins à ma connaissance, qu'on ne le cassait pas.
00:58:19Alors qu'est-ce qui s'est passé entre le fait qu'on ait tous à peu près vécu la
00:58:23même chose
00:58:24et qu'aujourd'hui, c'est exprimé par la violence.
00:58:27Il y a une carence éducative et je pense qu'il n'y a aucune parole assez forte de l
00:58:32'État.
00:58:33Je rajoute qu'on se pose la question de savoir où est passé le droit.
00:58:38Pourquoi ? Parce que vous avez des textes qui prévoient que l'enseignant
00:58:43doit faire preuve de neutralité.
00:58:46Il y a même une charte de la laïcité depuis 2013.
00:58:49Les magistrats gagnent article 10 de l'ordonnance du 22 décembre 1958
00:58:55qui prévoit qu'ils ne puissent pas faire montre de délibération politique.
00:59:00Or, où est le droit ?
00:59:02Est-ce qu'on enseigne à ces jeunes, pour revenir à ces jeunes,
00:59:05est-ce qu'on leur enseigne ce qui est permis et ce qui est interdit ?
00:59:08Est-ce qu'on transmet également cette idée du droit, de ce qui est permis
00:59:14et surtout de la sanction attachée au droit ?
00:59:17Parce que si vous pouvez impunément, impunément...
00:59:20D'ailleurs, l'anonymat et l'impunité, c'est très lié dans le passage à l'acte délictuel et criminel,
00:59:27bien souvent.
00:59:28Si vous passez à l'acte sans penser une fraction de seconde
00:59:31que vous allez avoir une sanction pénale lourde
00:59:36et que, accessoirement, vous engagerez la responsabilité
00:59:39par ricochet de vos parents,
00:59:42mais c'est la porte ouverte à toutes les déviances.
00:59:44Écoutons Bruno Retailleau qui dit, lui,
00:59:46que le problème de l'école, finalement, n'est pas un problème de moyens.
00:59:49Il explique que les moyens ne sont finalement qu'un prétexte.
00:59:53L'effondrement de l'école, ce n'est pas un problème de moyens.
00:59:56On le voit bien.
00:59:56C'est un autre problème.
00:59:58C'est une idéologie qui a gangréné l'éducation nationale depuis des années et des années
01:00:02et qui a été importée par le gauchisme.
01:00:05C'est incroyable de voir des individus qui essaient aujourd'hui de remonter nos jeunes
01:00:10qui sont eux-mêmes, à l'origine, en tout cas leurs prédécesseurs,
01:00:14ce sont les héritiers de ceux qui ont déconstruit l'école
01:00:17en faisant en sorte de saper l'autorité,
01:00:20de brouiller tous les repères
01:00:22et d'introduire une forme d'égalitarisme
01:00:24qui fait qu'aujourd'hui, on a une égalité incroyable
01:00:27puisque l'école française est de toutes les écoles en Europe la plus inégalitaire.
01:00:32C'est-à-dire que la réussite des élèves dépend du milieu social de leurs parents.
01:00:38Donc c'est un prétexte.
01:00:40Myriam Diabali-Larac, vous pensez quoi des propos du candidat LR à la présidentielle Bruno Retaillon ?
01:00:46Pour le coup, oui, ce n'est pas une question de moyens
01:00:48parce que l'éducation nationale, aujourd'hui, est le premier poste de dépense de l'État,
01:00:52plus 30%...
01:00:53Mais alors c'est un problème de quoi ?
01:00:54C'est un problème idéologique, c'est vrai.
01:00:57Et puis c'est un problème, on n'a pas assez parlé à ces jeunes,
01:01:00on ne leur a pas montré à quel point ils avaient de la chance d'être dans l'école française,
01:01:04qui est l'école de la République.
01:01:04Je ne dis pas que des problèmes n'existent...
01:01:07Enfin, il y a des problèmes.
01:01:08Par exemple, oui, la médecine scolaire, les infirmiers ne sont pas...
01:01:12On n'en a pas assez, ça c'est vrai.
01:01:13Maintenant, en termes d'horaire, ce dont ils parlent,
01:01:17on n'est ni plus ni moins que la moyenne européenne.
01:01:19Simplement, on a choisi un système différent.
01:01:21On a choisi d'avoir 162 jours de cours dans l'année
01:01:24contre 180 en moyenne dans les autres pays de l'OCDE.
01:01:27Donc on ne peut pas tout avoir.
01:01:29On ne peut pas avoir des journées qui finissent à 14h
01:01:31et avoir deux semaines de vacances en automne, en été,
01:01:34au printemps et deux mois en été.
01:01:37Ce n'est pas possible.
01:01:38C'est le premier point.
01:01:39Deuxième point, il y a la réforme du bac qui est passée par là.
01:01:41Parce que la réforme du bac, si vous voulez, a éparpillé
01:01:43sur plusieurs, en tout cas des dizaines de spécialités,
01:01:47ce qui n'a pas permis d'avoir des soldes de classe
01:01:52stables à 20 ou à 25 comme dans d'autres pays.
01:01:54Et c'est ça qui fait que nos élèves sont fatigués.
01:01:57Alors vous parliez à votre époque.
01:01:58Sauf qu'entre-temps, on n'est plus dans la même génération.
01:02:01Et vous le disiez, vos enfants ne peuvent pas également se passer du téléphone.
01:02:05On a de plus en plus d'activités.
01:02:06On a une jeunesse qui est sursollicitée.
01:02:09Il ne faut pas l'oublier, ça.
01:02:10Elle est sursollicitée.
01:02:11Et puis on a des cellules familiales qui ne font pas le job, disons-le.
01:02:15Qui ne font pas le job.
01:02:16Sinon, comment vous voulez expliquer que quand ces jeunes ne sont pas d'accord
01:02:19avec des idées, eh bien ils tapent ou ils lancent du feu au lieu de discuter ?
01:02:23On va écouter la présidente de la Fédération des associations générales étudiantes
01:02:26qui nous expliquait aujourd'hui que les conditions de l'apaisement
01:02:30sont entre les mains du gouvernement.
01:02:32Écoutez.
01:02:33On nous parle énormément dernièrement de l'apaisement.
01:02:36Il faudrait que tout s'apaise, il faudrait que ça se calme, il faudrait que ça s'arrête.
01:02:40Mais ce qu'on a envie de replacer aujourd'hui aussi,
01:02:41c'est que les conditions de cet apaisement, elles sont dans les mains du gouvernement
01:02:44et de personne d'autre.
01:02:45Parce que pour obtenir l'apaisement, il faut un prérequis
01:02:48qui est une de ses bases finalement,
01:02:50qui est la question de comment est-ce qu'on écoute les besoins fondamentaux des jeunes
01:02:53et comment est-ce qu'on les écoute tout court dans leurs problématiques.
01:02:56Et ça, c'est absolument pas respecté depuis plusieurs années
01:02:58avec uniquement des promesses en l'air et très peu de mesures mises en place.
01:03:01Et plus largement, au-delà de très peu de mesures mises en place,
01:03:04énormément de casse qui s'est faite sur toutes les conditions de construire l'avenir.
01:03:08Et donc, ce qu'on a envie de répondre aussi au gouvernement
01:03:11et à son nouveau super coup de communication qui se fait sur la question du projet de loi
01:03:16Casseur-Payeur qui vient détourner l'attention finalement des revendications
01:03:20et des bases même de ce mouvement.
01:03:22C'est qui paye finalement pour notre avenir et tout ce qu'on nous demande de construire.
01:03:28Philippe de Gestas.
01:03:29On n'a jamais autant dépensé d'argent par élève dans le secondaire depuis 1980.
01:03:35En 1980, on dépensait 6900 euros par élève.
01:03:39Dans le secondaire, aujourd'hui, c'est 11 000 à euros constants.
01:03:42Donc, on est en supprimant l'inflation.
01:03:44Cette femme, pardon, cette personne ment.
01:03:46Il faut le dire, elle ment.
01:03:49Rappelons que le lycée Nelson Mandela qui a été incendié à Nantes
01:03:53a été inauguré en 2014.
01:03:56Rappelons que devant un lycée qui a été inauguré à Saint-Philbert-le-Grand,
01:04:00à Saint-Philbert à côté de Nantes, a été ouvert en septembre 2026.
01:04:05Et devant, on a des élèves qui réclament plus de moyens.
01:04:08Alors qu'il y a encore une fois des exceptions, je le comprends.
01:04:11Mais ça, ce discours-là, c'est l'argent magique en plus.
01:04:15Mais ce discours-là, il est même irresponsable.
01:04:17Totalement.
01:04:18Irresponsable parce que l'appel à l'apaisement, il devrait venir de ces personnes-là.
01:04:22Sauf qu'aujourd'hui, ces personnes-là, elles viennent cautionner ce qui est en train de se passer.
01:04:26Nous dire que la loi Casseur-Payeur est une erreur et qu'en fait, il faut finalement davantage de moyens,
01:04:33alors qu'on est en train de brûler et de casser justement tout ce qui a été construit
01:04:38et tout ce qui a été investi justement par le gouvernement.
01:04:42Il y a un vrai problème de manque de responsabilité de la part de ces personnes-là.
01:04:47C'est ce que vous disiez tout à l'heure.
01:04:47Oui, mais la loi existe déjà en fait.
01:04:50Benjamin Comboulivre.
01:04:50Sur cette loi Casseur-Payeur, ce que je voudrais dire, c'est qu'évidemment que sur le principe, c'est
01:04:55évident.
01:04:55C'est le bon sens.
01:04:56Tu casses, tu payes, tout le monde veut ça.
01:04:58Bon, la réalité, c'est qu'effectivement, on est quand même beaucoup dans la communication parce que ça ne se
01:05:02fera pas.
01:05:03On est en France.
01:05:04Cette loi, elle repose sur quoi ?
01:05:05Avant tout, sur l'introduction, l'instauration de la responsabilité.
01:05:08Alors l'idée, c'est d'aller plus loin que la loi de 2019 sur ce sujet-là.
01:05:13Mais le fait est qu'il y a un point pivot sur lequel le Conseil d'État, déjà, est opposé.
01:05:17C'est cette notion de responsabilité collective.
01:05:18Nous, on fonctionne sur responsabilité individuelle.
01:05:20Donc pour vous, ça ne changera rien.
01:05:21Mais surtout, déjà, il y a ça.
01:05:22Mais admettons, sur un malentendu, ça passe, comme on dit.
01:05:25Derrière, il faut encore qu'ils puissent payer.
01:05:27Et pour payer, ça veut dire que s'ils sont insolvables, vous allez être bloqués.
01:05:31Et là, on va encore vous dire, oui, mais non, on va aller taper dans les aides sociales.
01:05:33Mais c'est pareil, on est en France et vous n'irez pas taper dans les aides sociales.
01:05:36Parce que vous avez toujours un minimum vital à conserver.
01:05:39Donc au final, qui est-ce qui va payer ?
01:05:40Ce sera toujours vous, ce sera toujours moi, ce sera toujours des millions de Français.
01:05:43Et ce ne seront pas les casseurs.
01:05:44Donc vraiment, le sujet, il est sur la capacité à sanctionner.
01:05:48Alors, il y a le problème, évidemment, qui va payer la facture, c'est-à-dire nous.
01:05:54Ça, c'est un premier problème.
01:05:55Et le deuxième problème, c'est le sentiment d'impunité.
01:05:57Parce que si on paye la facture, au final, le sentiment d'impunité de ces personnes-là reste intact.
01:06:04Et total.
01:06:04Parce que sinon, sur le fond, c'est parfait.
01:06:06Dans le sens où, s'il y a un élément qui affecte le délinquant,
01:06:10c'est le fait de culpabiliser, d'avoir impacté sa famille.
01:06:13Là aussi, ça joue beaucoup.
01:06:14Ça, c'est sûr, ça.
01:06:16Stéphane Clerget, ça joue.
01:06:18La sanction financière, le fait que ça puisse impacter sur la famille, sur les parents,
01:06:23ça peut avoir un effet sur l'adolescent ?
01:06:26C'est peut-être le seul.
01:06:27C'est-à-dire que l'adolescent, surtout quand il est en rupture, en délinquance,
01:06:31rupture de lien avec la société, il reste en lien avec la famille, qui fait force de société.
01:06:38Donc ça veut dire qu'on a un levier, qu'on n'actionne jamais, mais on lasse le levier.
01:06:41Oui, mais c'est peut-être compliqué sur un plan juridique.
01:06:45On l'actionne un peu avec les trafiquants de stupes et les logements sociaux.
01:06:48Là, c'est pertinent aussi.
01:06:49Mais il y a une autre facture dont on ne parle pas, c'est la facture PISA, c'est le
01:06:53niveau scolaire.
01:06:54Parce que là, ce n'est pas prêt de s'arrêter, le mouvement.
01:06:56Il est probable que ça dure jusqu'aux vacances scolaires.
01:06:58Alors ça, franchement, ils s'en foutent.
01:07:00Et voilà.
01:07:00Et c'est ça qui est vraiment irresponsable et vraiment choquant.
01:07:05Parce que pendant ce temps-là, les enfants, ils n'étudient pas et tout ce temps perdu, ils ne vont
01:07:10pas le rattraper.
01:07:11Mais le problème, c'est qu'en fait, le problème est notamment de ces organisations syndicales étudiantes.
01:07:17Elles réagissent comme des organisations syndicales de salariés, en fait.
01:07:22Ce sont les fauniers de LFI.
01:07:24Non mais d'accord, mais en fait, ces enfants-là, ils ne sont pas là pour gagner du confort et
01:07:31gagner davantage d'argent à la fin du mois.
01:07:34Ils sont là pour apprendre.
01:07:36Et ça, ils ont tendance à l'oublier.
01:07:38Parce que dans le privé, il n'y a pas toutes ces manifs, les cours concis.
01:07:41C'est ça.
01:07:41Et c'est vrai que quand on voit ça, on a évidemment envie d'inscrire son enfant dans le privé.
01:07:45Parce que ce n'est plus possible.
01:07:49En économie, on appelle ça le concept de l'aléa morale.
01:07:51À partir du moment où vous dites aux casseurs, ou autres, on a les casseurs, ceux qui foutent le trouble,
01:07:58que c'est la collectivité et l'État qui va payer, vous les déresponsabilisez inconsciemment.
01:08:03Donc l'article, le Code civil, vous êtes là de 12 ans.
01:08:07Et malheureusement, c'est ce qui est en train de se passer.
01:08:11Merci beaucoup Myriam Zabali-Larraak.
01:08:12Merci à Benjamin Combouly, Giral Pandelon, Philippe Degesta, Stéphane Clerget et Karim Abrique, bien sûr, d'avoir été avec moi.
01:08:19On va remercier Coralie Deleplasse également qui m'a aidé à préparer cette émission.
01:08:23CNews.fr pour revoir évidemment tous vos programmes.
01:08:27Dans un instant, l'édition de la nuit avec Isabelle Piboulot.
01:08:29Très belle nuit à vous sur CNews et à demain évidemment.
01:08:32Sous-titrage Société Radio-Canada
01:08:35C'est parti.

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