00:00Jouez, bonne chance !
00:005h, 7h, Europe 1 bonjour.
00:03Il est 5h43, vous écoutez Europe 1 bonjour jusqu'à 7h.
00:07Alexandre Lemaire, votre invité, c'est Axel Ronde, porte-parole du syndicat CFTC Police.
00:12Bonjour Axel Ronde.
00:14Bonjour.
00:14Les lycéens disent commencer aujourd'hui l'acte 3 de leur mouvement
00:19avec une nouvelle journée de mobilisation à laquelle vont se joindre tout à l'heure
00:24d'ailleurs des syndicats de salariés donc.
00:26On craint de nouvelles violences.
00:28Les parents s'inquiètent bien sûr.
00:30Le gouvernement aussi, cette convergence des mobilisations, Axel Ronde.
00:35Est-ce que c'est un motif d'inquiétude pour vous sur le plan du maintien de l'ordre ?
00:39Y a-t-il des risques de débordement ? Est-ce qu'ils sont importants ?
00:42Oui, écoutez, il y a des graves risques de débordement que les services de renseignement
00:49ont identifiés avec des groupuscules de l'ultra-gauche et de la nébuleuse,
00:57des black blocs par exemple, qui risquent de se mêler à ces manifestations.
01:04Donc avec aussi certains lycéens qui ont été malheureusement radicalisés dans cette violence
01:12que nous assistons actuellement depuis une semaine.
01:16On a bien vu et bien compris les mécanismes qu'ils ont réussi à mettre en place,
01:21cette ultra-gauche avec son proxy à LFI pour pouvoir, si vous voulez, infiltrer ce mouvement lycéen.
01:31Dès le départ, on a constaté, nous, avec les services de renseignement,
01:35que sur les boucles Insta et Snapchat, des lycées qui participent à ces blocus,
01:42il y a des militants actifs de la LFI dedans qui, d'ailleurs, ne se cachent pas,
01:47qui disent clairement à ces jeunes s'ils souhaitent avoir un représentant de la LFI sur leur blocus,
01:53quelles actions ils veulent mettre.
01:55Ça va jusque-là ?
01:56Oui, ça va jusque-là et on a des exemples sur ces réseaux sociaux.
02:01On les surveille, d'ailleurs, c'est pour ça que les services de renseignement
02:04ont clairement identifié ce problème et le gouvernement en a clairement désigné les responsables.
02:11Bien, donc nous avons donc, si on vous suit bien,
02:13que c'est le rond d'un cocktail explosif pour cette journée qui s'annonce sur le plan sécuritaire.
02:17Quelles sont les consignes passées aux forces de l'ordre pour cette journée ?
02:20Est-ce que c'est la proportionnalité de la réponse ?
02:22Est-ce que c'est la fermeté, la tolérance zéro ?
02:25Où est-ce que vous vous citez le curseur ?
02:26Mais vous savez, il y a toujours un discernement fait par les services de police
02:31quand ils utilisent la violence légitime pour rétablir l'ordre.
02:35Tout dépend bien évidemment de la gravité des actes qui sont commis sur la voie publique.
02:40En tout cas, le ministre de l'Intérieur a bien dit clairement les choses.
02:44Il n'y a aucune tolérance, en tous les cas, pour les casseurs.
02:48Il faut mettre en place des dispositifs pour les interpeller.
02:53Malheureusement, nous constatons sur les actions de maintien de l'ordre
02:58que les instructions ne sont pas forcément respectées.
03:01Donc, on espère que ça va changer.
03:05En tous les cas, qu'on va bien avoir les ordres d'intervenir quand il y a des exactions de
03:10commises.
03:10Et en tous les cas, nous utilisons bien sûr la plus grande...
03:16C'est des professionnalistes, les forces de l'ordre.
03:19Quand vous avez affaire à des CRS, ils ont l'habitude du maintien de l'ordre.
03:23Mais c'est vrai que là, nous sommes plutôt dans un rétablissement de l'ordre dans certaines zones,
03:27dans certains endroits où nous avons des actions pires que les émeutes que nous avons connues en 2023.
03:33Et si ça perdurait comme ça, on est extrêmement inquiets, nous les fonctionnaires de police.
03:39Vous l'êtes et il y a la crainte d'un drame dans toutes les têtes.
03:42On pourrait dire, hélas, ça a déjà commencé.
03:45Je parle de ce qui s'est produit hier à Lens.
03:47Un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée, Axel Ronde, par une grenade de désencerclement devant son lycée.
03:53Alors pour l'instant, on ne sait pas quel type de grenade a été récupéré par ce jeune qui a
03:59malheureusement...
03:59IGPN enquête, la police des polices.
04:01Voilà, il y a une enquête, bien évidemment, mais en tous les cas, vous savez,
04:05vous ne devez pas ramasser une grenade qui est tirée par les forces de l'ordre.
04:08Le problème, c'est qu'on constate de plus en plus que de jeunes individus,
04:12ou pas forcément jeunes d'ailleurs, que des individus ramassent à chaque fois
04:15les projectiles lancés par les forces de l'ordre pour nous les renvoyer.
04:18Il y a même des personnes qui utilisent des raquettes de ping-pong, des poils.
04:22Et j'en passe, ce sont des engins qui sont dangereux.
04:25Le but étant de créer un nuage, par exemple, pour le lacrymogène,
04:31ou se désengager des individus au style en tirant une grenade de désencerclement.
04:38Donc, il ne faut pas ramasser ces objets-là qui peuvent aussi dysfonctionner.
04:43On ne va pas se mentir, c'est peut-être un problème dans la grenade
04:47qui normalement aurait dû exploser et qui n'a peut-être pas tout de suite explosé.
04:51Et un jeune l'a ramassé.
04:53Donc, il faudra attendre les résultats de l'enquête.
04:56Mais en tous les cas, c'est toujours des drames qui doivent être évités.
05:00Mais ils doivent être évités parce que vous avez des politiques qui soufflent sur les braises.
05:03Et ça, je leur en veux énormément parce qu'on voit bien que l'instrumentalisation de nos jeunes
05:08qui ont souvent une demande légitime.
05:12En tant que syndicaliste, je peux comprendre leurs revendications.
05:16En tous les cas, bien sûr que les policiers, vous êtes père de famille aussi.
05:20Et vous savez que les lycées sont dans un piteux état.
05:25On le sait très bien, tout le service public est mal actuellement.
05:29Les revendications, Axel Ronde ?
05:31Moins si vous faites face à des slogans anti-flics, par exemple.
05:35Parce que c'est un risque dans la journée d'aujourd'hui.
05:38Bien sûr.
05:39On le voit bien qu'au final, vous avez une instrumentalisation politique
05:44derrière de l'ultra-gauche et de la LFI.
05:47Qu'ils ne s'en cachent pas.
05:48Qu'ils disent clairement qu'ils veulent...
05:50qu'ils aient des actes, finalement, de rébellion envers l'autorité publique
05:58parce qu'ils partent du principe qu'ils sont dans une forme de révolution.
06:03Donc, c'est très compliqué.
06:04Et ils utilisent des lycéens comme de la chair à canon, actuellement.
06:08Et j'ai peur qu'il y ait encore des drames.
06:10Et ça, effectivement, ils s'en servent pour faire des martyrs, si vous voulez,
06:14pour montrer les images sur les réseaux sociaux.
06:17Bien sûr, pour montrer sur les réseaux sociaux
06:19que l'État est répressif, que la police nationale est répressive
06:22et qu'au final, c'est pour, si vous voulez, exciter les jeunes.
06:26Il y a eu plus de 500 millions de vues, actuellement,
06:29sur les événements par des jeunes.
06:32C'est un amplificateur, les réseaux sociaux ?
06:34C'est un amplificateur véritable ?
06:36Totalement, on l'a bien vu.
06:38Il y a tout un narratif qui est raconté.
06:40D'ailleurs, on le voit bien aussi, ce narratif sur le commandant de police
06:44qui a été gravement lynché.
06:46On l'accuse d'avoir voulu noyer un des jeunes
06:49qui a été interpellés.
06:50Donc, on est vraiment dans ça.
06:53Axel Ronde, vous parliez des réseaux sociaux.
06:55En effet, vous dites que c'est un amplificateur de la mobilisation,
06:58en tout cas des violences qui peuvent l'accompagner.
07:01Quand le maire de Salon de Provence, Nicolas Isenard,
07:03propose, lui, de carrément couper temporairement
07:05les réseaux sociaux aux mineurs.
07:06Ça mérite d'être regardé, ça ?
07:08C'est une mesure qui pourrait avoir justement une efficacité ?
07:10En tout cas, ça mérite quand il y a des graves dysfonctionnements,
07:14quand il y a des émeutes.
07:15Oui, je pense qu'on doit pouvoir couper ces réseaux sociaux.
07:18En tous les cas, ces images qui sont transmises en temps réel,
07:21souvent.
07:22En tous les cas, quand il y a des fausses informations
07:24qui ne sont pas vérifiées,
07:25oui, il faut pouvoir les couper.
07:27Parce que vous avez des jeunes qui sont malheureusement nourris
07:31par ces images qui sont violentes,
07:35qui peuvent choquer quand on n'a pas, si vous voulez,
07:36le tenant et les aboutissants.
07:38Donc forcément, quand vous avez des images brutes comme ça,
07:41vous êtes un jeune adolescent en pleine construction,
07:44vous n'avez pas tous les repères,
07:45vous n'avez pas tous les codes,
07:46et vous vous faites manipuler.
07:48Eux, ils le savent très bien, ils ont les codes,
07:49ils savent comment manipuler les foules,
07:51ils savent comment manipuler cette jeunesse,
07:53et vous vous retrouvez avec des jeunes
07:55et avec un mouvement qui part dans tous les sens,
07:57et finalement, les revendications,
07:58vous savez, ce qui s'est en train de se passer.
08:00J'ai des amis enseignants.
08:02Beaucoup d'enseignants me disent clairement,
08:04ils sont prêts à quitter,
08:05à arrêter d'enseigner au vu du degré de violence
08:08dont ils ont été confrontés.
08:11Quelque chose qu'ils n'ont jamais connu.
08:13Il y a eu énormément de blessés parmi eux.
08:15Vous parliez de manipulation,
08:16on vous a entendu parler aussi tout à l'heure,
08:17Axel Ronde, de lycéens radicalisés
08:20par les mouvements d'ultra-gauche notamment.
08:22Je reprends ce chiffre tout frais
08:23puisqu'il nous est parvenu hier en fin de journée.
08:25Plus de 5000 gardes à vue depuis le début du mouvement,
08:28dont près de 4500 mineurs.
08:30On imagine donc que ce sont des lycéens scolarisés.
08:33Qui sont-ils ?
08:34Est-ce que la plupart,
08:35comme on peut l'imaginer,
08:37n'ont pas d'antécédent judiciaire justement ?
08:39N'ont pas de casier ?
08:40Vous avez des jeunes qui se font manipuler,
08:42donc ils n'ont pas les codes, si vous voulez,
08:44quand ils se retrouvent face à des individus
08:47qui vont attaquer les forces de l'ordre.
08:49Eux, ce sont des viettables commandos,
08:50ils savent se replier,
08:51ils savent partir et disparaître.
08:52Et au final, ceux qu'on interpelle,
08:54ce sont finalement les moutons, j'ai envie de dire,
08:57qui n'ont pas les bons codes
08:59et qui, eux, se feront interpeller
09:00parce qu'ils auront voulu faire par mimétisme
09:03lancer des pavés sur les fonctionnaires de police.
09:05On a entendu en tout cas ce matin sur Europe 1
09:07et merci à vous votre vive préoccupation
09:10à l'orée de cette journée de mobilisation lycéenne
09:14qui va regrouper des syndicats de salariés
09:16ainsi que des partis politiques
09:18comme la France Insoumise.
09:19Axel Ronde, porte-parole, je le rappelle,
09:21du syndicat CFTC Police.
09:22Merci d'avoir été avec nous sur Europe 1.