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  • il y a 2 minutes
Paul Faurie président de Gascoun Lanas

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00:00Ici, à 7h46, l'invité d'ici Gascogne Mater, on va parler Gascogne ce matin avec notre invité Laila, Paul
00:07Fourry, défenseur du Gascogne et présidente de Gascogne Lan, il est notre invité.
00:11Oui, Gascogne Lan regroupe 30 associations du département. Le collectif vient de lancer une campagne de communication, de promotion du
00:18Gascogne.
00:18Alors, elle s'adresse aux landais et aussi aux nouveaux maires, ceux qui ont été élus au printemps dernier aux
00:25associations.
00:25Ils leur demandent d'apprendre, de parler le Gascogne, mais aussi de le rendre plus visible en l'écrivant, par
00:31exemple, sur les panneaux de signalisation.
00:33Bonjour, Paul Fourry.
00:34Adichad, bonjour à tous.
00:36Alors, est-ce que le Gascogne est aujourd'hui menacé d'extinction ?
00:41Oui et non. Il est menacé au sens de l'UNESCO,
00:45puisque l'UNESCO considère qu'une langue qui a moins de 30% de locuteurs dans une population totale est
00:52une langue en danger.
00:54Bon, le Gascogne, dans les landes, on est à 12%.
00:56Ça représente 40 000 personnes, c'est pas rien sur les 430 000.
01:01Et on sait qu'il y en a à peu près 70 000 qui le comprennent.
01:04Donc, le Gascogne est encore bien vivant.
01:06Mais, il est un petit peu en danger.
01:09Ce qu'on voudrait, nous, c'est que ce 12% ce soit un point bas.
01:12Et que maintenant, on prenne des mesures, je dirais, pour rebondir et pour faire remonter ce taux de locuteur.
01:20Parce que vous sentez que les landais ont envie de parler le Gascogne ?
01:24Alors ça, oui. Et on l'a vu avec la course, la passée.
01:27Mais c'est une course en relais à travers plusieurs départements, pas que dans les landes.
01:312000 kilomètres, elle a fait 420 kilomètres dans les landes, 70 communes traversées.
01:36Et là, un engouement et une participation forte, notamment des jeunes générations qui sont venus courir avec nous.
01:43Donc, oui. Et puis, on le voit bien depuis la sortie du Covid, depuis 4 ou 5 ans.
01:48Dans toutes nos associations, il y a beaucoup de choses qui se font.
01:51Et on a toujours un public de plus en plus nombreux et un public jeune.
01:55C'est ce mouvement qu'on veut accompagner d'un rebond de la langue dans le département.
01:59Oui, c'est comme si ça avait sauté une génération.
02:00Les jeunes ont plus envie de parler aujourd'hui de leurs parents.
02:03Sûrement. On a un trou générationnel, puisque la grosse difficulté qu'on a, vous le savez bien,
02:08c'est que la transmission ne se fait plus dans les familles, puisqu'on a changé de monde de vie.
02:14Les générations ne cohabitent plus sous le même toit.
02:17Donc, c'est plus compliqué. La plupart des anciens, ce sont nos grands-parents,
02:21avec qui on vivait, avec qui on côtoyait, qui nous ont appris la langue.
02:25Et maintenant, ce phénomène-là, évidemment, il est beaucoup moins efficace.
02:29Alors, je le disais, Gascounland, votre collectif lance une grande campagne.
02:35Vous avez notamment écrit à tous les nouveaux maires, les élus landais.
02:40Qu'est-ce que vous leur demandez ?
02:41Alors, on n'a pas écrit qu'au nouveau, on a écrit à tous les maires.
02:44Et on l'a fait, je l'en remercie, en partenariat avec l'Association des maires des Landes
02:49et l'Association des maires ruraux des Landes.
02:51Alors, cette lettre est partie une quinzaine de jours.
02:54Tous les maires l'ont reçu.
02:55Ce qu'on leur demande, c'est de s'emparer, véritablement, de la question linguistique.
02:59De faire de la question linguistique un sujet politique.
03:04Les maires, par exemple, rénovent des maisons fortes, des églises, des lavoirs, des abreuvoirs.
03:12Donc, tout un patrimoine matériel, historique, qu'il convient de conserver.
03:17Nous disons, faisons la même chose pour ce bien essentiel, qui est un bien immatériel,
03:22qui est cette langue que nous partageons tous, et qui est notre façon de voir le monde,
03:27et qui est très essentielle.
03:30Mais comment faire la même chose ?
03:31C'est-à-dire ?
03:32Vous savez, les maires, dans une commune, et dans le Talon, ce n'est pas demain matin,
03:37mais là, ils ont six ans devant eux, et puis peut-être, évidemment, pour la suite,
03:43les maires peuvent faire beaucoup de choses.
03:45À titre d'exemple, vous l'avez dit, les maires peuvent décider que toute la signalétique visible dans la commune,
03:53à partir d'un certain moment, sera bilingue.
03:55C'est déjà un petit peu le cas, il y a quelques communes dans les là.
03:58C'est vrai, c'est vrai, certains s'y sont mis, mais de notre point de vue, pas assez.
04:01Il faut aller plus vite et il faut aller plus fort.
04:04Et on ne dit pas qu'il faut changer tous les panneaux.
04:06Bien sûr que non, les budgets ne le permettraient pas.
04:09Mais si à un moment donné, on commence à avoir ce réflexe de dire toute notre signalétique,
04:15les noms des rues, les entrées de ville, tous les panneaux touristiques, etc., seront bilingues,
04:21c'est une façon d'afficher la langue et de la rendre visible.
04:25On se situe comment dans les langues par rapport à l'enseignement, justement, du Gascon ?
04:28Parce que vous dites la rendre visible, mais il faut aussi l'apprendre.
04:30Alors, effectivement, la transmission familiale se fait moins,
04:33et donc on a un urgent besoin de transmettre la langue.
04:36Alors, pour les adultes, ça se passe, je dirais,
04:39c'est essentiellement le secteur associatif qui est porteur de cours d'adultes.
04:42Il y en a une trentaine dans le département,
04:45et tout le monde peut trouver un cours à proximité.
04:48Pour les jeunes, puisque l'âge, il est là,
04:50et surtout avant nos jeunes enfants,
04:52évidemment, le sujet, c'est un sujet de l'éducation nationale.
04:55Alors, aujourd'hui, on a une quinzaine de sites bilingues,
04:57mais pour notre...
04:58De sites d'école, vous voulez dire ?
05:00De sites qui sont bilingues,
05:02en général, dans le primaire de la maternelle au CM2,
05:07mais c'est largement insuffisant,
05:09et évidemment, ça ne permet pas d'assurer une transmission correcte de la langue,
05:15dont il faut faire plus.
05:15Parce qu'il y a une véritable demande des parents,
05:17s'il y en avait plus, il y aurait des élèves ?
05:20Écoutez, partout où des projets sont nés,
05:24et avec l'aide des acteurs institutionnels,
05:29je pense à l'association Ogbi,
05:31qui fait un gros travail de terrain,
05:32et bien, effectivement, en général,
05:34les parents d'élèves sont partie prenante,
05:37et sont assez vite demandeurs.
05:39Je veux simplement dire que,
05:41pour un gamin de 2-3 ans,
05:43commencer à apprendre une deuxième langue,
05:47et sortir de ce monolinguisme,
05:48à lequel notre génération a été enfermée,
05:50avec tous les dégâts que ça a fait sur l'apprentissage de la langue étrangère,
05:54pour ces jeunes enfants,
05:55le bilinguisme, c'est une véritable chance,
05:57parce que ça donne des capacités cognitives
06:00à apprendre une troisième, une quatrième, une cinquième langue.
06:04Et puis, ça va leur permettre de connaître ce territoire dans lequel ils vivent.
06:10Et quand on sait qui on est,
06:12quand on connaît son territoire,
06:14c'est une clé pour se confronter aux autres,
06:18à l'altérité,
06:19dans un monde qui, vous le savez bien aujourd'hui,
06:22pour eux, sera quand même assez compliqué.
06:23Merci Paul Faury, président de Gascogne Land,
06:26d'avoir été l'invité de ICI Gascogne à Dichat.
06:29Merci à vous, Dichat.
06:30Il est 7h52.

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