00:017h45, et maintenant, après des manifestations qui ont rassemblé des milliers de personnes hier à Besançon et dans toute la
00:07France,
00:08qu'attendent les lycéens qui bloquent leurs établissements ?
00:10L'invité d'ici à Besançon, c'est Eliott Monnier-Benoît, en terminale au lycée Ledoux de Besançon,
00:16membre de l'USL, également l'union syndicale lycéenne dans Ledoux.
00:20Il répond à vos questions, Anne Fauvark.
00:21Bonjour Eliott, comment ça va ce matin ?
00:24Ça va bien, merci de me recevoir.
00:25Ça va bien ? Qu'est-ce qui fait que ça va bien ?
00:29C'est le nombre de manifestants hier, par exemple, dans la capitale comptoise, c'est-à-dire près de 4000
00:33selon les syndicats ?
00:34Oui, c'est un beau signe, ce qui met vraiment confiance pour la suite du mouvement qui ne va pas
00:39s'arrêter aujourd'hui et sûrement pas demain.
00:43C'est un beau signe de se sentir soutenu par l'opinion publique.
00:46Ça permet d'être plus fort et de se sentir serein sur nos revendications et sur nos besoins.
00:54Beaucoup de monde, mais un climat aussi apaisé hier, pas de violence.
00:59Ça, c'est quelque chose d'important qui vous tient à cœur ?
01:02Oui, je pense que c'est une des choses les plus importantes qu'en fait des manifestations et des mobilisations.
01:07C'est que ça se passe sans violence et que le dialogue soit toujours privilégié dans toutes les situations.
01:14Comment ça se fait, en fait ?
01:15Hier, c'était apaisé. Ça ne l'a pas été la semaine dernière.
01:19Ça s'explique comment ?
01:20C'est surtout des effets de la population.
01:27Une fois qu'il va y avoir des violences, une fois qu'il ne va pas y en avoir.
01:30Ce n'est pas quelque chose qui doit être exceptionnel, qui n'est pas de violence.
01:32C'est quelque chose qui doit être normal.
01:33Et c'est aussi cette attention qu'on a mis sur des violences qui sont des fois juste normales et
01:41qu'on a mis ça comme si c'était exceptionnel.
01:44Alors que, d'une certaine manière, ce n'est pas quelque chose qui est grave.
01:51Et du coup, le retour à la normale fait partie de la norme.
01:56Ce que vous voulez dire, Eliott, si je comprends bien, c'est que des violences, il y en a toujours,
02:01mais que parfois, en fait, appelons un chat, un chat.
02:04Les médias en font un peu trop, c'est ce que vous dites ?
02:06Oui, c'est exactement ce que je dis.
02:08Les médias, ils vont jouer aussi sur cette carte de l'audience.
02:11Ça fait toujours parler de parler de dégradation.
02:15Les réseaux sociaux aussi, ils sont pour beaucoup.
02:16Oui, c'est normal.
02:18Mais il ne faut surtout pas oublier de montrer les côtés positifs des manifestations qui se passent dans le calme
02:23et dans la paix.
02:23Alors, vous étiez accompagné par beaucoup d'adultes, par des syndicats aussi, par des profs.
02:30Est-ce que c'est quelque chose, justement, qui fait que vous vous sentez plus fort et puis protégé quelque
02:36part ?
02:36Évidemment, c'est quelque chose qui nous remet un peu du baume au cœur,
02:41de voir que l'opinion publique est avec nous, d'une certaine manière.
02:47De toute façon, nos luttes, elles touchent tout le monde.
02:49C'est une lutte populaire.
02:50On a besoin de chaque personne en France qui se sent concernée par ça.
02:55Et plus on aura des gens, plus on aura un poids pour après prendre des décisions.
03:01Mais vous dites concernée par ça.
03:03Ça, c'est quoi ?
03:04C'est ce qui se passe au sein d'un établissement aujourd'hui.
03:08C'est être lycéen.
03:10C'est quelque chose qui est impossible, selon vous ?
03:12C'est surtout être concerné par la dégradation du service public, par la dégradation de l'éducation nationale.
03:20Oui, ça va au-delà de l'éducation nationale.
03:23Oui, mais en fait, c'est un peu tout ce qui va aider le peuple français.
03:28Les gens qui vivent en France, ça les touche tous.
03:33Notre invité ce matin, c'est Elliot Monnier-Benoît.
03:35Il est élève en terminale au lycée Ledoux de Besançon, puis membre de l'union syndicale lycéenne dans le département
03:41du Doubs.
03:41On a entendu beaucoup de parents, de parents d'élèves, ce matin sur l'antenne d'ici Besançon.
03:46Est-ce qu'on ne se sent pas un petit peu petit quand papa et maman sont dans les manifs
03:52?
03:52Parce que justement, l'objet aussi pour vous, lycéens, c'est de dire
03:55« Non, justement, nous, on peut parler, on est intelligent, on est assez grand pour s'exprimer. »
04:01Je ne sais pas si on se sent petit.
04:03Je pense qu'on se sent plutôt bien plus grand de se sentir avec nos parents.
04:08Moi, j'ai vu dans les manifestations, c'est plus des enfants qui vont emmener leurs parents en manifestation.
04:13Moi, je me rappelle, j'avais 10 ans, c'était à l'époque de la réforme des retraites.
04:19C'est ma maman, mon papy qui m'emmenait en manifestation.
04:21Et maintenant, c'est plutôt l'inverse.
04:22Et ça nous permet de nous sentir épanouis dans notre mobilisation et dans notre combat.
04:29Alors, la réponse du gouvernement, vous l'attendez.
04:32Il y a certains points qui ont été abordés, notamment cette plateforme en ligne,
04:37une sorte de forum de discussion qui est ouvert.
04:40Vous en pensez quoi ?
04:41Je pense que c'est surtout des mesures qui vont être des mesures fantômes
04:44qui sont destinées à cacher un peu, mettre la poussière sous le tapis.
04:49On a parlé de la plateforme de discussion, mais aussi on peut parler des temps de démocratie
04:55qui vont être mis en place.
04:55C'est ça, de la suspension des cours sur une demi-journée d'ici la fin de la semaine.
04:59Qui est totalement inutile parce que de toute façon, les réunions CVL existent déjà dans les lycées.
05:05Conseil de la vie lycéenne.
05:07Oui, c'est ça.
05:08Et ça ne change pas grand-chose finalement.
05:10Ce qu'il faut, c'est des réunions avec les ministres, avec les recteurs,
05:15des gens qui vont avoir un vrai poids parce que là, les ministres se débarrassent de la chose
05:21et donnent ça aux proviseurs qui ne sauront pas trop comment gérer ça,
05:26vu que c'est un problème national.
05:28Une phrase pour terminer.
05:30Elliot, qu'est-ce qu'il faut pour que vous retourniez en cours demain, la semaine prochaine ?
05:34Après les vacances de la Toussaint, je ne sais pas.
05:36On verra.
05:37Après, ce n'est pas retourner en cours.
05:39C'est qu'est-ce qu'il faut pour qu'on soit satisfait de nos conditions d'éducation.
05:44ce qu'il faut, c'est des rencontres avec le ministre pour qu'on se mette d'accord
05:48au plus au sommet de l'État.
05:50Exactement, sur des points qui vont être clairs, qui vont être d'accord dans les deux camps.
05:56Mais ça passe évidemment par un budget de l'éducation nationale
05:59qui doit être vu à la hausse pour permettre tous nos besoins en tant qu'élèves.
06:04Merci beaucoup en tous les cas d'être venu ici témoigner Elliot.
06:08On vous souhaite bon courage.
06:09L'interview bien sûr est en réécoute et en intégralité, comme chaque matin sur
06:13ici Besançon et votre application ici.
06:15Et donc vous l'avez entendu, le mouvement ne s'arrête pas.