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  • il y a 2 semaines
Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions qui font l'actualité avec Raphaël Glucksmann, cofondateur de "Place Publique" et candidat à la primaire sociale-démocrate.

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Transcription
00:03Bonjour Maya, bonjour à tous et bienvenue dans les cas de vérité.
00:05Bonjour Raphaël Guxman, candidat à la primaire du PS et de Place Publique.
00:10Premier tour demain, député européen Sébastien Lecornu hier était sur tous les fronts,
00:14la colère des lycéens, les prix des carburants.
00:15Pour l'éducation, il promet 1 milliard de l'année prochaine dans le budget.
00:18Pour les carburants, une baisse de 12 à 18 centimes par litre pour le gazole
00:22en déstockant les stocks stratégiques.
00:25C'est toujours bon à prendre ?
00:26C'est toujours bon à prendre, mais ça ne répond pas aux colères profondes
00:28qui animent ce pays.
00:30Et pourquoi ça ne répond pas à ces colères ?
00:32C'est que le Premier ministre est l'héritier de dix années.
00:35Dix années d'injustice, d'impuissance qui ont suscité ces colères.
00:38Et donc il se retrouve dans une situation où, oui certes,
00:41franchement sur les carburants, c'est bon à prendre et nous on prend,
00:44mais ce n'est pas suffisant et les marges de manoeuvre sont trop réduites.
00:47Parce que quand vous avez fait 1 300 milliards de dettes supplémentaires,
00:50alors que vous avez des services publics qui sont à l'agonie,
00:53que vous avez eu une sorte de transfert social à l'envers,
00:56c'est-à-dire qu'on prend à ceux qui en ont besoin pour redonner à ceux qui n'en
00:59ont pas besoin,
01:00et bien vous êtes dans une situation où vous avez les mains liées.
01:03Parmi les mouvements sociaux, il y a le mouvement des lycéens
01:05qui continue aujourd'hui avec des blocages annoncés,
01:07le soutien des syndicats enseignants.
01:09Et pour vous qui êtes candidat à la primaire,
01:11est-ce que vous soutenez à 100% ce mouvement lycéen ?
01:13Moi je soutiens leurs revendications complètement.
01:15Toutes ?
01:16Je pense que ces revendications-là, elles sont basiques, elles sont légitimes.
01:19Notamment laquelle ? On parle beaucoup de Parcoursup par exemple.
01:21Est-ce que pour vous il faudrait supprimer Parcoursup ?
01:23Transformer Parcoursup.
01:24Pas le supprimer ?
01:25Il faut le supprimer pour le remplacer,
01:27donc il faut le transformer en profondeur.
01:29Mais dans les revendications il y a quoi ?
01:31Avoir un enseignant devant soi déjà.
01:34Vous avez vu le nombre d'enseignants qui ne sont pas remplacés quand ils sont absents.
01:38En Seine-Saint-Denis, ça coûte un an et demi de scolarité sur toute une scolarité.
01:44Juste l'absence. Et pourquoi il y a ça ?
01:46Et bien parce qu'en fait on a les enseignants les plus mal traités d'Europe.
01:49On a une situation de l'école française qui est une honte.
01:52Vous voulez les augmenter ?
01:53Oui, il faut les augmenter.
01:54Il faut aussi diminuer le nombre d'élèves par classe.
01:57On est les lanternes rouges de l'Europe sur l'école.
02:00Alors qu'on est une nation qui a été façonnée par l'école.
02:03L'abandon de l'école publique pour la France c'est l'abandon de soi-même.
02:06Beaucoup de vos concurrents de la primaire, de gauche,
02:08je vais dire comme ça pour faire simple,
02:10sont aux côtés des lycéens et manifestent.
02:12Est-ce que vous allez aller manifester ?
02:14Moi vous savez, je ne pense pas que le rôle d'un dirigeant politique
02:16soit nécessairement d'aller manifester.
02:19Mais vous dites ça aussi à Olivier Faure qui y va ?
02:21Non, j'ai aucun sujet. Il peut y aller, c'est très bien.
02:23Mais pourquoi ?
02:25Parce que moi je pense que ce qui compte c'est qu'on apporte une réponse.
02:28Ce que je crois profondément.
02:30Donc vous n'allez pas dans les manifs ?
02:31Mais je peux aller dans les manifs, j'ai rencontré des lycéens à Marseille,
02:35je vais en rencontrer à Nancy.
02:37Mais pas dans les manifestations, c'est pas le rôle d'un dirigeant politique à vos yeux.
02:40Moi je ne conçois pas mon rôle comme étant celui d'un manifestant.
02:43Je conçois mon rôle comme étant un candidat à la présidence de la République
02:46qui doit apporter des réponses aux colères qui agitent le pays
02:49et au désespoir de notre jeunesse.
02:51Moi je propose une loi de programmation éducation culture
02:54qui doit fixer un cadre sur cinq ans pour redresser l'école,
02:57pour pouvoir juste simplement promettre un avenir,
03:00un avenir qui soit moins désespérant à ces jeunes qui ont toutes les raisons d'être en colère aujourd'hui.
03:04Un autre sujet Raphaël Guxman, c'est sur le maintien de l'ordre.
03:06Laurent Nunez veut suspendre temporairement l'utilisation de grenades assourdissantes.
03:11Enfin !
03:12Est-ce qu'il faut aller plus loin, interdire toutes les armes létales, y compris le LBD ?
03:15Mais interdire de tirer au LBD en tir tendu sur un jeune de 16 ans ?
03:21C'est ce que vous demandez, vous ?
03:22Bah oui !
03:22Qu'est-ce que vous demandez ?
03:24Vous dites que ça ne va pas assez loin.
03:25Mais on a un problème en France de doctrine de maintien de l'ordre.
03:28Il faut juste regarder ce qui se passe chez nos voisins en Allemagne.
03:32C'est pas du tout la même doctrine.
03:34C'est pas du tout le même niveau d'engagement.
03:36Quand vous avez un seating devant un lycée, quand vous avez une rue qui est bloquée
03:39et qu'il n'y a pas de violence, pourquoi charger ? Pourquoi nasser ?
03:43Pourquoi utiliser des armes de...
03:44Donc qu'est-ce que vous préconisez, vous ? Qu'est-ce que vous dites à Laurent Nunez ?
03:47Mais la désescalade, l'engagement, bien sûr...
03:50C'est-à-dire, il faut arrêter toutes les armes létales.
03:51Il faut, bien sûr, il faut arrêter toutes les armes létales.
03:54Sur les manifestants, c'est une évidence.
03:57Deuxièmement, je vais vous dire, vous pouvez être très dur avec les casseurs.
04:00Et il faut être très dur, parce que ces violences sont profondément inacceptables.
04:04Mais toute la logique du maintien de l'ordre doit être de dissocier les lycéens qui font un seating,
04:09les lycéens qui bloquent une rue, les lycéens qui bloquent un lycée,
04:12mais qui le font de manière pacifique, de ces casseurs qui, souvent, sont greffés sur les manifestations
04:17et viennent pourrir ce mouvement qui, en soi, je le répète, est légitime.
04:22– Jean-Raphaël Guzman, on est à J-1 du premier tour de la primaire Parti Socialiste Place Publique.
04:27Au début, vous ne vouliez pas aller dans cette primaire.
04:29Vous y étiez allé finalement, il y a eu des débats tendus.
04:31Vous ne regrettez pas avec le recul ?
04:33– Mais, vous savez...
04:34– Elle s'est bien passée, cette primaire ?
04:36– Je n'ai absolument pas rechigné à aller dans cette primaire.
04:40– Vous n'étiez pas très convaincu ?
04:41– Non, je vais vous dire.
04:42Ce que je ne voulais pas, c'était une primaire fourre-tout qui n'avait pas de cohérence.
04:46Moi, ce que je voulais, c'est qu'on reparte de cette famille politique, socialiste, républicaine, démocrate,
04:51sur laquelle nous avions construit aux européennes.
04:54Et donc là, nous avons un processus démocratique.
04:57Il est chaotique.
04:58Il y a sans doute des choses qui se sont faites qui sont inacceptables.
05:02– Irréparables ?
05:03– Non, je ne pense pas.
05:04Mais, je vais vous dire une chose.
05:05Notre famille est la seule qui a engagé un processus démocratique
05:08pour choisir son candidat ou sa candidate, pour trancher ces différences.
05:11Et cette primaire, c'est l'occasion de trancher les divergences.
05:14– Justement.
05:15– Une fois pour toutes, soldons les comptes.
05:17Soldons les comptes.
05:18Pas de poussières sous le tapis.
05:19Il faut qu'on ait le courage de choisir une ligne.
05:23C'est ça l'enjeu.
05:24– Si vous l'emportez, est-ce que vous pensez que le Parti Socialiste,
05:26tout le Parti Socialiste se mettra du jour au lendemain derrière vous ?
05:29– Je l'espère.
05:30– Mais vous n'êtes pas sûr ?
05:30– Mais vous vous rendez compte ?
05:31La situation historique qu'on traverse ?
05:33Vous avez vu ? Marine Le Pen est aux portes du pouvoir.
05:36Ce serait une bascule pour notre pays.
05:38Ça déciderait du destin de notre nation pour les décennies qui viennent.
05:40– Vous avez entendu dans les débats.
05:40– Certains vous reprochent de vouloir faire un hold-up sur le Parti Socialiste.
05:43– Mais quel hold-up ?
05:44J'ai conduit deux fois la liste socialiste aux élections européennes.
05:47Je suis soutenu par le président du groupe à l'Assemblée nationale,
05:50Boris Vallaud, au Sénat, M. Cannaire.
05:52Je suis soutenu par trois présidents de régions socialistes
05:55encartés sur trois, par des centaines d'élus locaux,
05:58par des milliers de militants socialistes.
06:00Ma vie politique est intimement liée aux militantes et aux militants du Parti Socialiste.
06:04Donc quel hold-up ?
06:06– Donc si vous êtes le candidat à l'issue de cette primaire,
06:09vous serez aussi le candidat du Parti Socialiste à 100% ?
06:12– Mais je serai le candidat du Parti Socialiste comme je l'ai déjà été.
06:15Quand on a fait 14% aux européennes, c'était ensemble.
06:17Et qu'est-ce que j'ai fait ?
06:18J'ai relevé le drapeau justement de ce socialisme républicain, démocratique,
06:22héritier de Léon Blum, qui ne s'agenouille pas devant les brutaux, devant les violents.
06:27J'ai redonné, moi, une sorte de fierté à ces militants et à ces militants.
06:31Et je compte faire beaucoup mieux cette fois-ci.
06:34Je compte qu'on aille au combat, la guerre de toutes les batailles,
06:36la bataille contre l'extrême droite, et que nous gagnions l'élection présidentielle ensemble.
06:40– Dernière question, à l'inverse, si vous ne gagnez pas cette primaire,
06:44est-ce que vous soutiendrez celui ou celle qui gagne,
06:46quel qu'il soit, malgré vos désaccords, notamment sur les alliances avec LFI ?
06:49– Mais on a un processus. Moi, je respecte les règles.
06:52Vous savez, je suis quelqu'un de très simple et de très basique.
06:54Quand vous signez une charte, eh bien il faut la respecter.
06:56– Malgré vos divergences sur les alliances avec LFI ?
06:58Si c'est Olivier Faure, vous la soutenez ?
06:59– Dans cette charte, il y a écrit quoi ?
07:02Que nous cherchons l'alliance avec la gauche démocratique,
07:05c'est-à-dire à l'exclusion de la France insoumise.
07:08Donc moi, je soutiens le candidat qui porte la charte qui nous est commune.
07:11Il faut arrêter les zigzags, il faut arrêter les congrès.
07:13– Donc vous inversez la preuve de la charge ?
07:15– Non.
07:15– Moi, je soutiens le processus dans lequel je suis engagé,
07:18et je respecterai ma parole, parce que je crois vraiment
07:20que ce qui mine la démocratie française aujourd'hui,
07:23c'est le soupçon d'insincérité qui pèse sur l'ensemble de sa classe politique.
07:26Il faut arrêter de jouer avec la démocratie.
07:27– Donc si c'est Olivier Faure, c'est Goyen Roya, vous les soutenez ?
07:29– Si c'est Olivier Faure, c'est Goyen Roya, vous les soutenez ?
07:31– Parce qu'à force de jouer avec notre parole,
07:34à force de jouer avec les règles, à force de jouer avec les mensonges,
07:37à force de vivre dans une sorte de flou permanent,
07:41eh bien nous minons la démocratie.
07:42Et la démocratie, c'est notre trésor, nous en avons hérité.
07:44Montrons-nous dignes de ce dont nous héritons.
07:47– Merci Raphaël Guxman d'avoir accepté notre invitation dans lesquels hérités.
07:50Tout de suite, la météo, Julia Martin.
07:52– Merci Raphaël Guxman d'avoir regardé cette vidéo !

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