00:04La fête va se dérouler dans un contexte très particulier que nous n'avions jamais envisagé,
00:14qui est à peu près le suivant.
00:17Le président de la République française est engagé aujourd'hui dans une sorte d'impasse,
00:22puisqu'il a fait monter un niveau d'exigence extrêmement élevé sur l'enjeu des frappes militaires,
00:34au détriment du choix difficile, certes, mais du seul choix possible d'une solution politique,
00:42en croyant avoir derrière lui, je ne sais qui, puisque remarquons qu'il n'y a plus aucun pays européen
00:49derrière lui,
00:52et même le président Obama s'est mis dans la situation, non pas d'hésitation,
01:01il s'est mis dans une situation où, en quelque sorte, il dit,
01:07« J'ai fait arrêter la guerre en Irak et en Afghanistan, je ne suis pas très décidé à en
01:15faire une autre en Syrie. »
01:18Et donc, il ne veut pas prendre cette responsabilité seul, il a décidé de convoquer son congrès,
01:24mais le congrès américain va donc prendre une option,
01:30de laquelle est dépendant le président de la République française,
01:35« Mais ceci va se dérouler le 9, le 10 ou le 11 septembre, c'est-à-dire au moment
01:44de notre Fête de l'Humanité. »
01:46C'est-à-dire que nous avons un travail extrêmement important
01:55de discussion, de conviction encore autour de nous,
01:59pour faire de la Fête, à l'image de ce qu'a été son fondateur Jean Jaurès,
02:07la Fête pour empêcher le déclenchement d'une guerre,
02:12la Fête de la paix, la Fête d'une solution politique.
02:18Non pas que nous soyons tendres, que nous avons envie de donner des excuses
02:25au sinistre tyran de Damas, qui a tué 110 000 personnes,
02:34mis 750 000 personnes sur les routes,
02:37autres personnes sur les routes,
02:39qui sont réfléchies dans des temps, dans des conditions inhumaines,
02:42en Jordanie, à la frontière turque et ailleurs,
02:47qui les mitraillent, qui les torturent, qui les met en prison,
02:51des centaines de villiers de blessés.
02:55Nous jamais, nous avons soutenu le mouvement démocratique syrien
02:59depuis le premier jour, dans ses revendications
03:02contre les injustices et les inégalités.
03:10Et quand s'est déclenchée la guerre civile,
03:14nous avons participé à tous les mouvements,
03:18ici, à Paris et ailleurs,
03:21dans le Parlement français, au Parlement européen,
03:26dans une multitude de capitales,
03:29dans le monde et surtout en Europe,
03:32pour soutenir ce mouvement démocratique et laïque.
03:38Et ce que fait, aujourd'hui, le président de la République
03:42est à rebours de tout cela,
03:44puisque il a employé une formule il y a quelques semaines
03:49qui consistait à dire
03:51qu'il faut enlever Bachar Al-Essac du pouvoir.
03:57Et maintenant, il a dit, il a dit, il y a quelques jours,
04:00dans un journal qui paraît le soir,
04:05notre objectif est une simple punition,
04:08nous ne voulons pas l'enlever du pouvoir.
04:13Par conséquent,
04:15quels sont les buts exacts ?
04:19balancer quelques pruneaux
04:22sur le territoire syrien ?
04:26Avec quelles conséquences ?
04:28Quelles mesures de réduction
04:30de Bachar Al-Essac contre son peuple ?
04:33Contre les mouvements démocratiques ?
04:38On a une question que nous posons.
04:41Secondement,
04:44nous ne sommes pas dans des situations comme,
04:47j'entends beaucoup de journalistes et d'experts
04:50parler du Mali,
04:53mais nous ne sommes pas du tout dans cette situation.
04:57Nous sommes au milieu
05:00d'un lit inexplicable
05:05où s'entremêlent
05:08des puissances extérieures
05:11qui fournissent des armes
05:18et qui
05:20fortifient cette guerre civile
05:22que Bachar Al-Essac réprime.
05:31Et nous n'avons pas,
05:33il est possible
05:34qu'il ait utilisé
05:36les armes chimiques
05:37qui sont interdites
05:38par les conventions,
05:39les conventions internationales.
05:42Mais nous n'en avons pas
05:44la démonstration
05:45puisqu'on a emmené
05:46une mission de l'ONU
05:47et la première chose
05:48qui est faite
05:50c'est de ne pas tenir compte,
05:51de ne pas attendre
05:52les résultats
05:53de la mission de l'ONU.
05:54C'est un problème.
05:56Mais dans ce nœud inexplicable,
05:59a-t-on mesuré
06:00les effets de frappe militaire
06:03sur les pays alentours
06:04ou pour les pays alentours ?
06:09Car la Syrie a des alliés.
06:15Et il y a quelques jours de cela,
06:17le président de la République
06:18a dit une phrase
06:23qui paraît civiline
06:25comme cela,
06:25mais elle est assez importante
06:28et grave en même temps
06:30qu'il souligne
06:31qu'on ne recherche pas
06:33une solution politique
06:33puisqu'il a parlé
06:36à propos de l'Iran
06:37d'un compte à rebours
06:39qui est commencé.
06:42mais mesure-t-on exactement
06:45ce que veut dire
06:47une telle phrase
06:48dans un tel contexte
06:50avec les complications
06:51inexplicables
06:52que cela peut avoir
06:55qui ressemble en fait
07:02à celui qui
07:05allume un espèce de pétard
07:07au milieu d'un champ de mine
07:10qui explose au fur et à mesure
07:12mais qui se développe
07:14de cercle en cercle
07:15dans toute la région
07:16voire ailleurs.
07:18par conséquent
07:21quand nous disons
07:26qu'il faut
07:27la légalité internationale
07:31et qu'en même temps
07:33l'égalité internationale
07:35ou entre nous, vous avez vu
07:37même M. Belkémoun
07:39dit
07:40que les frappes
07:41ne sont pas la solution
07:42on va aggraver la situation.
07:46Va-t-on l'écouter ?
07:48Secrétaire général
07:49de l'Organisation
07:50des Nations Unies
07:52Va-t-on l'écouter ?
07:55Car si M. Belkémoun
07:56se permet de dire cela
07:58c'est vraisemblablement
08:01pas pour rien.
08:04Donc
08:05nous allons
08:07dans les jours
08:09qui viennent
08:09aux côtés
08:10des mouvements
08:11de la paix
08:12aux côtés
08:13des humanistes
08:14des progressistes
08:15des démocrates
08:15dans notre pays
08:18qui sont extrêmement larges
08:20qui vont de nous-mêmes
08:22jusqu'à des courants
08:23socialisants
08:25voire certains courants
08:27qui se réclament
08:28de la tradition
08:29de la politique
08:31arabe française.
08:34qui a été symbolisée
08:36par ce fameux discours
08:37de M. Villepin
08:39au moment du déclenchement
08:40de la guerre
08:41en Irak
08:43avec lequel
08:44a rompu
08:45M. Sarkozy
08:47et que prolonge
08:48malheureusement
08:49le président
08:50de la République
08:51actuelle
08:52et son premier ministre.
08:53Donc nous voulons
08:55ce débat public
08:56au-delà de ce qui
08:58s'est dit
08:59et fait
08:59au Parlement
09:00nous voulons
09:02que les parlements
09:03se prononcent.
09:05C'est quand même curieux
09:06que sous Cameron
09:08et sous Obama
09:10les parlementaires
09:12puissent se prononcer
09:13et dans notre belle démocratie
09:15gouvernée
09:15prétendument
09:16par la gauche
09:18les parlementaires
09:19ne pourraient pas
09:20se prononcer
09:21et en disant cela
09:22nous n'enfourchons pas
09:24le cheval
09:25de la droite
09:26parce que c'est la droite
09:29qui a modifié
09:30la Constitution
09:30de telle sorte
09:32qu'il n'y ait pas
09:33de vote obligatoire.
09:35Mais le vote est permis.
09:36Hier matin
09:37dans l'éditorial
09:38de l'Humanité
09:39Jean-Paul Pierrot
09:40a montré
09:41comment un vote est permis.
09:42Donc
09:44nous allons être
09:46la fête
09:47de la solidarité
09:48internationaliste
09:49et la fête
09:50pour empêcher
09:51le déclenchement
09:53des frappes
09:54parce que les frappes
09:55vont conduire
09:56à la guerre
09:57et la guerre
09:59et l'utilisation
10:00de la force militaire
10:02n'a apporté
10:03la démocratie
10:04nulle part
10:05à le monde.
10:06On croit
10:07qu'on va apporter
10:08la démocratie.
10:09On n'apporte
10:10que le chaos
10:10et la misère
10:11pour les peuples.
10:12C'est le cas
10:13en Somali
10:14c'est le cas
10:15en Irak
10:15c'est le cas
10:16en Afghanistan
10:16c'est le cas
10:17en Libye
10:18partout
10:19il ne reste plus
10:20que le chaos
10:20la misère
10:22et les attentats
10:23chaque jour
10:24qui se multiplient
10:25en Irak
10:26aujourd'hui.
10:27Par conséquent
10:27ce n'est pas
10:28cette fois-là.
10:29Il faut discuter
10:30il faut profiter
10:31de la réunion
10:32du G20
10:34et changer d'attitude
10:35c'est l'appel
10:36qu'a lancé
10:37Pierre Laurent
10:37cet après-midi
10:38ayant donné Chassaigne
10:39à nouveau
10:40au Premier ministre
10:41mais surtout
10:41au Président
10:42de la République
10:43pour qu'au G20
10:44il discute
10:45avec le président russe
10:48mais il faut aussi discuter
10:50avec les Iraniens
10:52parce qu'il n'y a pas
10:53de solution
10:54si on ne parle pas
10:56avec les gens
10:57avec qui on n'est pas d'accord.
10:59C'est quoi le débat ?
11:01C'est quoi le compromis ?
11:02C'est quoi la discussion ?
11:04Si on parle entre soi
11:06on est toujours d'accord
11:07il faut bien parler
11:08avec des gens
11:09avec lesquels
11:10on n'est pas d'accord.
11:10d'accord ?
11:11Sous-titrage Société Radio-Canada
11:15Sous-titrage Société Radio-Canada