00:03Je fais le travail qui consiste à affronter le lobby sécuritaire dont Nicolas Sarkozy était en quelque sorte la tête
00:12de gondole, c'était le produit électoral.
00:15Mais ça n'était pas simplement Nicolas Sarkozy. Avec lui, autour de lui, s'est constitué toute une série de
00:22forces, alors des soi-disant experts, des entreprises.
00:25Il y a beaucoup d'entreprises qui vivent de la sécurité en France, soit qu'elles soient directement des entreprises
00:29de sécurité privée, soit qu'elles fournissent les forces de sécurité publique, des médias qui se sont fait une spécialité
00:36de la question de l'insécurité.
00:39Tout ce petit monde a petit à petit construit un discours sur la sécurité, qui est le discours sécuritaire, qui
00:44se caractérise par sa totale inefficacité pour lutter contre la délinquance et le crime.
00:49Ce n'est pas son objectif. Son objectif est de prospérer comme un secteur idéologique et industriel.
00:55Et il faut le traiter parce que les questions de sécurité sont des questions politiques.
00:59On se dit souvent que c'est trop passionnel, c'est de la technique. Il n'y a rien de
01:02plus politique d'un certain point de vue, puisqu'il s'agit de savoir qu'est-ce qu'est la
01:05loi.
01:06La loi, ce n'est pas simplement ce qu'on discute au Parlement, c'est aussi après comment on la
01:09met en œuvre, comment on la fait respecter, et comment on traite ceux qui ne respectent pas la loi.
01:16Il faut vraiment que les citoyens s'en occupent et mon livre veut y contribuer.
01:23Il y a des gens que ça surprend. Dans les 4 millions d'électeurs du Front de Gauche et de
01:28Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle, il y a des policiers.
01:32Le Front de Gauche existe dans les forces de police, de gendarmerie.
01:36Mais c'est vrai que la parole politique, publique sur ces questions, même quand elle se présente comme une parole
01:43technique, a été monopolisée par quelques-uns.
01:46Chacun verra que le Front de Gauche a des propositions, qu'elles sont sérieuses, qu'elles tiennent la route bien
01:51davantage que les constructions idéologiques des sécuritaires.
01:56Parce que tout ce discours sur l'ennemi intérieur, qui dit qu'il y a un danger de sécurité, qu
02:01'est le musulman par exemple, on l'entend ça dans la bouche de Manuel Valls sur les questions de terrorisme.
02:06Vous savez, l'année dernière, il y a eu 4 attentats et tentatives d'attentats en France de personnes se
02:12réclamant de l'islam, chose qu'on pourrait discuter.
02:14Mais reprenons cette catégorie, qui est celle des statistiques européennes, avec Mohamed Merah.
02:21Mais l'année d'avant, il y en a eu zéro, l'année d'avant, il y en a eu
02:23zéro, l'année d'avant, il y en a eu zéro.
02:25Et au même moment, vous aviez 80, 120 attentats, notamment d'organisations corse.
02:31Et ça, Manuel Valls n'en parle pas.
02:33Donc on voit bien qu'il y a des choses qui sont fabriquées, non pas parce que c'est la
02:35réalité sécuritaire,
02:37mais parce que derrière, il y a des intentions politiques de fabriquer cet ennemi intérieur,
02:41dont aujourd'hui, il considère que c'est le vocabulaire normal de la police de traiter une partie de nos
02:48concitoyens en ennemis.
02:49Non, non, même quand les gens sont délinquants, ce ne sont pas des ennemis.
02:54Et nous, nous disons des choses qui sont beaucoup plus en rapport avec la réalité du terrain.
03:02La conclusion à laquelle j'arrive, c'est qu'il est nécessaire d'avoir une révolution citoyenne dans la police
03:06pour rompre avec ce qu'on voit se mettre en place, c'est-à-dire une police de plus en
03:10plus coupée de la société.
03:12Dans des rapports qui sont des rapports quasiment de guerre de bande dans un certain nombre de quartiers,
03:17entre un certain nombre de jeunes plus ou moins engagés dans des carrières délinquantes,
03:22et des policiers d'unités spéciales comme les BAC qui viennent régulièrement se combattre, se jauger.
03:31Et il faut sortir de ça, qui est une logique, au bout, il y a la logique de la militarisation.
03:36Et la police n'est plus un service public. Un service public traite de la même manière chacun.
03:42Là, il s'agit de traiter les habitants des quartiers populaires de la même manière que ceux des autres quartiers.
03:47Donc quand ils ont besoin de police secours, d'y aller.
03:49Et la police n'est plus un service public.