00:00Nous sommes ici typiquement avec ce qu'on appelle depuis quelques jours l'affaire Alstom
00:06dans le double cas du capitalisme qui fonctionne contre la production et contre l'industrie
00:16et d'une Europe où on développe depuis des années et des années l'austérité
00:22et qui réduit les carnets de commandes de l'entreprise Alstom, notamment le secteur énergie.
00:28Quand je dis le capitalisme prédateur, que se passe-t-il ?
00:33Simplement le fait qu'un grand groupe, celui de M. Bouygues, a décidé de se retirer du capital de cette
00:40entreprise
00:41donc ils vendent 20% de ses parts et aujourd'hui pour remplacer ces 20% de ses parts
00:47on va chercher une société américaine qui, elle, pour 10 milliards d'euros, va racheter l'entreprise
00:55contre les intérêts nationaux, contre les intérêts environnementaux, contre les intérêts sociaux
00:59contre nos intérêts productifs et l'emploi dans cette entreprise.
01:05Et d'un autre côté, nous avons en contradiction à cela un atout, un fleuron de l'industrie française
01:16et un atout d'avenir, puisque c'est quoi Alstom ?
01:19Alstom, c'est l'atout majeur pour la transition écologique en France et en Europe.
01:25Pourquoi ? Parce qu'on a eu, il y a quelques semaines de cela, un nuage de pollution sur la
01:31région parisienne
01:32où la seule mesure qui a été prise a été changée de sens de circulation et des plaques de voitures.
01:39Or, le grand enjeu qui est posé, c'est de développer le transport public, le transport en commun,
01:45avec le tramway, ce qui est commencé à être en cours dans la région parisienne, avec les trains.
01:50Et il y a des milliers de wagons de tramway comme de trains qui sont nécessaires,
01:57comme des milliers de motrices qui sont nécessaires, rien que dans la région parisienne,
02:01sans parler de l'Europe et du monde.
02:03Donc, c'est le moyen de la transition écologique.
02:06Le secteur de l'énergie du Alstom, c'est Alstom qui fait les turbines des centrales nucléaires,
02:14qui fait les éoliennes de nouvelle génération, qui fait les hydroliennes,
02:18c'est-à-dire que c'est l'atout majeur de la transition écologique qu'on est en train de
02:23brader.
02:24Face à cela, il n'y a pas d'autre solution pour l'intérêt commun, pour le bien commun,
02:30que l'État, non seulement s'en préoccupe par des mots, comme l'a dit le Président de la République,
02:37mais que l'État, dans un premier temps, rachète la totalité des actions que met sur la table M. Bouyck
02:43et nationalise l'entreprise, c'est-à-dire qu'on en vienne à une nouvelle appropriation sociale et publique
02:49dans laquelle les salariés, les citoyens, ils aient leur mot à dire.
02:54Ceci se justifie d'autant plus que cette entreprise ne vit essentiellement que de la commande publique.
03:01Ce sont les régions, c'est l'État, les départements, les villes qui achètent à cette entreprise.
03:07Donc, il est indispensable de s'engager aujourd'hui dans cette nationalisation
03:14et imaginer un projet peut-être plus global avec les entreprises de l'énergie,
03:19c'est-à-dire Areva, EDF, peut-être GDF,
03:26de telle sorte qu'on fasse un pôle public des transports et de l'énergie.
03:30Il faudrait y ajouter la SNCF et la RATP,
03:34de telle sorte qu'on ait un grand pôle européen solide,
03:38capable de se défendre et de transformer aujourd'hui la mondialisation capitaliste.
03:43C'est indispensable.
03:45Quant à la question des financements,
03:46eh bien, vous savez, il y a 70 milliards d'argent dans les paradis fiscaux.
03:51C'est bien le diable si on n'en trouve pas 5 milliards
03:54pour venir sauver un fleuron de l'industrie française et les emplois.