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  • il y a 6 heures

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00:00Bonjour M. Le Chavigat, vous êtes parmi nous pour parler de Gabriel Servil, évidemment.
00:06Moi j'ai envie de faire un focus sur son héritage, sur son héritage politique.
00:09Et je trouvais que c'était bien de vous avoir vous, puisque vous l'avez suivi depuis très longtemps.
00:16On verra plus tard, vous allez même parler de figures partenaires, mais vous avez été son collaborateur en tant que
00:21député.
00:21Et il y a plusieurs textes, moi, que j'ai trouvé intéressants, qui sont dans ces eaux-là.
00:25Le Manifeste du Destin Commun, la loi Amazonie, le discours d'investiture.
00:30Donc moi je me suis basé un peu sur ces trois textes, qu'on va voir un peu plus.
00:35Donc sur l'héritage, quelles traces a-t-il laissé pour vous Gabriel Servil ?
00:39Comme vous l'avez dit, Gabriel Servil, c'est un engagement politique qui ne date pas d'hier.
00:45Même avant d'avoir des responsabilités politiques, d'arriver en responsabilité, c'est quelqu'un qui a été engagé depuis
00:51très longtemps.
00:52Depuis sa jeunesse, il s'est présenté pour la première fois en 2005 d'ailleurs, aux élections cantonales, puis en
00:592008 à Matoury.
01:00Et il a été élu pour la première fois en 2012.
01:02Donc l'engagement de Gabriel Servil ne commence pas avec son arrivée à l'Assemblée nationale en 2012.
01:06Mais c'est vrai qu'en responsabilité, d'abord à l'Assemblée nationale, puis après à Matoury et à la
01:13CTG,
01:13je pense qu'il laissera un héritage qui est un héritage très fort et qui nous oblige d'ailleurs à
01:19continuer le travail.
01:20Aussi bien à la CTG, jusqu'en 2028 au moins, et puis après on verra pour la suite.
01:24À l'Assemblée nationale, c'est vrai que Gabriel Servil était très prolifique.
01:28Il est arrivé, vous avez parlé de la loi Amazonie, c'était quoi la loi Amazonie ?
01:31Gabriel Servil est arrivé en 2012 avec un travail qu'il avait fait,
01:35avec ses compagnons du Parti Socialiste Guyanais, avec un certain nombre de propositions,
01:40qu'il souhaitait défendre pendant, en tout cas, sa première mandature,
01:45les cinq premières années à l'Assemblée nationale, qu'il avait compilé, donc cette fameuse loi Amazonie.
01:50Et ça a été pendant les cinq premières années, voire même un peu après, ce qui a nourri les amendements.
01:57Il y a eu une proposition de loi Amazonie qui n'a pas été adoptée.
02:03Mais il y a plusieurs éléments de cette loi Amazonie qui ont été défendus,
02:06et certains ont été adoptés sous forme d'amendements, d'autres ont été repris par le gouvernement.
02:12Vous savez, en 2017, il y a eu le fameux plan d'urgence des accords de Guyane.
02:17Mais bien avant le plan d'urgence, il y avait déjà un plan d'investissement
02:22qui était en discussion avec le gouvernement, le fameux pacte d'avenir pour la Guyane.
02:27Et le pacte d'avenir de la Guyane, ça part d'une des dispositions de la loi Amazonie.
02:32D'accord. Je ne pensais pas du tout en parler, mais sur le pacte d'avenir,
02:36on en a parlé avec Rodolphe Alexandre, il y a une nébuleuse là,
02:39où les gens, on n'arrive pas à savoir il était de combien.
02:42Et moi, j'ai cette anecdote racontée par beaucoup de personnes,
02:45comme quoi la délégation Guyane-Sparc s'est signée,
02:49ils vont dans le métro, il y a quelqu'un de très éminent qui se fâche.
02:54Et finalement, le pacte d'avenir ne sera pas signé.
02:58Et moi, on me parlait de 4 milliards.
02:59Rodolphe Alexandre dit non, c'est faux, ce n'était pas de 4 milliards.
03:01Le pacte d'avenir, c'était vraiment une arlésienne,
03:04de la fin du quinquennat de François Hollande.
03:07Il y avait un engagement, comme je le disais.
03:09Déjà, quand Gabriel Serville est arrivé, il avait cette proposition
03:11qui n'était pas de 4 milliards d'euros, qui était de quelques centaines de millions d'euros.
03:15Et Mme Bertolo, à qui je veux aussi rendre hommage,
03:18avait aussi une proposition similaire.
03:21Donc, ils se sont entendus pour défendre cette position-là.
03:25On est arrivé sur la proposition d'un pacte d'avenir qui, à la base, n'était pas chiffré.
03:30Puis, c'était 2 milliards.
03:31Et après, c'était effectivement quasiment 4 milliards d'euros.
03:34Il y a eu cette réunion dont vous avez parlé, très justement,
03:37où tout le monde était d'accord.
03:40C'était, si je ne dis pas de bêtises, en juillet 2016.
03:45Et effectivement, à la fin de l'été, enfin l'été européen,
03:50patra-tra, il n'y a plus de pacte d'avenir.
03:52Mais ce qui est sûr, c'est qu'à la base, il y avait des mesures,
03:55des mesures qui étaient chiffrées pour plusieurs milliards d'euros pour la Guyane.
03:58Et finalement, après, il y a eu les événements de 2017, de mars-avril.
04:04Et finalement, on tombe sur un plan d'urgence qui est très, très largement réduit.
04:09C'est ça, à 1 milliard à quel, puis le plan complémentaire à 2 milliards.
04:12Exactement.
04:12Alors, dans la loi Amazonie, il y a deux choses qui m'ont étonné.
04:18J'allais dire plus, mais je n'ai pas le droit de donner mon avis.
04:21C'est l'article 44.
04:22Donc déjà, c'est une loi massive.
04:24Il y a beaucoup d'articles.
04:25Et il reprend, en fait, dedans, vous reprenez la cité des sciences de l'Amazonie,
04:28Délique Castor.
04:29Donc déjà, on voit la filiation qu'il y a.
04:32Et il y a aussi dedans la volonté de la reconnaissance des peuples autochtones de Guyane.
04:37Absolument.
04:38Alors, comme je disais, la fameuse loi Amazonie,
04:40c'était un recueil de l'ensemble de ce qui avait été proposé par les élus guyanais.
04:47C'était un travail de longue anenne.
04:49Il y avait un travail de compilation qui avait été fait.
04:52Et donc, notamment, il y en avait qui étaient de l'héritage de ceux qui nous ont précédés.
04:56Et sur la reconnaissance des populations autochtones.
05:02Alors, là, pareil, je parlais tout à l'heure des amendements qui ont été défendus.
05:05On l'a défendu, Gabriel Serville l'a défendu, sur le projet de loi qui est devenu loi, biodiversité de
05:112015.
05:12Ça a été vraiment un combat.
05:14Et là, aussi aux côtés, une fois de plus, de Chantal Berthelot, nous étions partis avec Gabriel Serville et avec
05:20l'équipe de Chantal Berthelot,
05:21à Cabopi d'ailleurs, pour rencontrer les autorités autochtones.
05:25Donc, le travail qui avait été fait, d'ailleurs, il n'y avait pas que cet article-là.
05:29C'était vraiment le travail de reconnaître déjà l'autochtonie, le principe d'autochtonie, le principe des peuples premiers, et
05:37de reconnaître leurs droits.
05:38Et donc, nous avons défendu, il a défendu, ils ont défendu avec madame Berthelot ces dispositions.
05:46Donc, je vous l'ai dit, c'était en 2015.
05:47Malheureusement, elles ont été jugées anticonstitutionnelles, puisque selon le gouvernement, contraire à l'article 1 de la Constitution, qui ne
05:56reconnaît que le peuple français.
05:58Et donc, on connaît des populations vivant de la nature, etc., du fleuve, maintenant, on le voit dans le PAG,
06:05pour ceux qui veulent savoir comment.
06:06Exactement, finalement, on a trouvé des aloites de formulation très alambiquées.
06:10Pourquoi ? Parce qu'il fallait régler la question sur la question du biopiratage.
06:14Parce qu'un des gros enjeux derrière cette reconnaissance des droits des populations autochtones, c'était aussi ça.
06:20C'est comment est-ce qu'on fait en sorte qu'on lutte contre le biopiratage,
06:23et que l'utilisation des savoir-faire ancestraux guyanais bénéficie en premier à ceux qui détiennent ce savoir,
06:32et en particulier les peuples autochtones.
06:34Donc, on a réussi à trouver une formulation complètement alambiquée,
06:37qui permettait de répondre immédiatement à cette problématique-là,
06:41mais qui ne répond pas à la question primordiale,
06:43et qui reste en suspens de la reconnaissance de ces peuples-là,
06:47et de leurs droits fondamentaux.
06:50On parle notamment du couaché et des appâts, ça s'appelle, je crois.
06:53Exactement, c'est ça.
06:55Là, j'ai devant moi, on le publie dans un cas spécial,
06:59Gabriel Serville, vendredi prochain dans notre hebdo,
07:02et moi, je me suis replongé dans son discours d'investiture.
07:06Vous connaissez bien ce discours ?
07:07Vous connaissez bien ce discours, oui.
07:10Et il y a une phrase que j'adore, qui est à la fin, le projet guyane.
07:13Donc, on pourrait entendre le document d'orientation vers l'institutionnelle.
07:16C'est ce qui est devenu le document d'orientation vers une évolution institutionnelle.
07:21Sera au-delà de questions statutaires,
07:23la base d'une fraternité des peuples de Guyane et de la réconciliation guyanaise.
07:27C'est un peu tout servile, ça.
07:29Cette volonté de compromis, d'être dans la réconciliation, d'être dans l'ensemble.
07:34Vous savez, en 2018...
07:36Dans ce destin commun, comme il disait.
07:38Exactement.
07:39Le choix du destin commun.
07:40C'était vraiment le filigrane de son engagement politique.
07:43Et en 2018, il publie un manifeste qui s'appelle « Pour le choix de destin commun »,
07:48où il parle justement de ce choix de faire peuple en dépit des différences
07:53et de construire une société guyanaise réconciliée,
07:56le mot qu'il utilisait dans le discours.
07:58Donc, ça a toujours été le filigrane de son engagement,
08:01une fois de plus bien avant les responsabilités.
08:04Et c'était important de le faire figurer comme fil rouge de la mandature de la CTG,
08:10parce que tout ce qui allait être mis en place en termes de politique publique,
08:13en termes de politique en général,
08:15c'était pour construire ce pays, Guyane, en devenir.
08:19Pour faire ce choix, ce choix d'un destin commun.
08:22Quand vous relisez ce discours, vous vous dites
08:25« Ah, là, il nous manquait encore quelques années pour réaliser quelque chose »
08:29ou vous dites « On a fait du bon boulot, on est plutôt raccord sur tous les points qui étaient
08:34dans le discours ? »
08:35Je vais vous raconter une anecdote, parce que c'est assez drôle que vous me parlez de ça.
08:39Il y a deux semaines, un des derniers échanges que j'ai eus avec Gabriel Serville,
08:44c'est exactement sur ça.
08:47J'étais à Bruxelles, et il m'a appelé, il m'a dit
08:51« Est-ce que tu as le manifeste sous la main ? »
08:55Alors, j'ai gardé toutes les archives, j'avais mon ordinateur,
08:57et tout simplement parce que comme j'ai été son collaborateur pendant des années,
09:00on avait fait rééditer en 2016 notamment le document,
09:04donc j'avais bien évidemment tout son machine, c'est pour ça qu'il me l'avait demandé à moi.
09:07Et donc j'avais le document bien sûr, et je lui ai envoyé,
09:10et il m'a dit « Il faut qu'on travaille pour faire un point sur ce manifeste
09:14et voir où est-ce qu'on en est. »
09:17Et ça, c'était il y a trois semaines.
09:20Donc on avait échangé par WhatsApp sur les différents éléments,
09:24notamment parce que nous sommes déjà en train de travailler au bilan de la mandature,
09:28c'est normal, de voir tout ce qui a été fait, où est-ce qu'on en est,
09:31et ce qu'il reste à faire puisqu'il reste 15 mois.
09:33Donc c'était important pour lui qu'on fasse un point,
09:35pour que lui puisse faire un point sur qu'est-ce qu'il nous reste à faire
09:39avant qu'on doive rendre compte à la population guyanaise dans 15 mois.
09:43Et ça, ça date de trois semaines.
09:45C'est drôle que vous me voyez aujourd'hui.
09:47Et alors, le bilan, il était plus...
09:49Donc le bilan, on est en train de le faire.
09:52On n'a pas tout réussi, bien évidemment.
09:53Il reste encore 15 mois.
09:55Donc le bilan définitif sera dans 15 mois.
09:59Je pense qu'on a quand même réussi beaucoup de choses.
10:02Vous savez, le travail d'exécutif territorial,
10:06ce n'est pas un travail facile.
10:07Vous arrivez avec énormément de bonne volonté.
10:09Et puis vous faites face aux réalités,
10:12notamment aux réalités budgétaires et aux réalités institutionnelles.
10:15D'ailleurs, le combat de Gabriel Serville,
10:17c'était de modifier ce cadre institutionnel
10:18pour nous permettre justement d'être maître de notre destin commun.
10:23Donc il y a des choses que nous avons réussi à faire.
10:26Je pense qu'on a beaucoup parlé ces derniers temps,
10:28et c'est normal parce qu'il y avait la CTU la semaine dernière en Guyane.
10:32Donc je pense que là, on a beaucoup avancé et on peut être collectivement fiers.
10:37C'est sur l'intégration de la Guyane dans son espace régional,
10:41notamment dans l'espace caribéen.
10:42Je pense que c'est une très belle réussite.
10:44Je pense que sur les sujets européens, on n'en parle pas forcément beaucoup.
10:47On a fait un certain nombre de progrès.
10:50La Guyane qui était quasiment absente du débat européen
10:53est re-rentrée au centre de l'agenda politique européen,
10:56avec notamment, on l'a dit, la nouvelle stratégie de l'Union européenne
11:00qui place la Guyane au centre de cette stratégie,
11:02mais aussi le projet de modification de la réglementation,
11:06notamment sur la question de la filière voie,
11:08sur la question du vivano, de la pêche,
11:11sur la question aussi de l'élevage.
11:14Donc ça, ce sont franchement des très, très belles réussites.
11:17En tout cas, au moins, je peux vous en parler.
11:20Parce que c'est des dossiers que j'ai...
11:21Après, il reste quand même ce réarmement des bateaux de pêche
11:26qui est autorisé et qui n'a pas l'air de se concrétiser.
11:29Les 24 bateaux de pêche réarmés, il y a les sous, mais on a du mal à...
11:34On parle des limites institutionnelles.
11:35Mais ça, c'est une limite franco-française.
11:38C'est quelque chose que nous avons obtenu satisfaction au niveau européen.
11:43D'ailleurs, ça nous précède.
11:44Le travail avait commencé avant qu'on arrive et on l'a fini.
11:47Aujourd'hui, les difficultés, elles résident au niveau du gouvernement français.
11:51Et les difficultés, elles ne sont ni au niveau de la CTG,
11:54ni au niveau de Bruxelles.
11:56Mais l'argent, au moins, l'argent est là.
11:58Quand on parle de l'argent est là,
12:00c'est vrai que là, par contre,
12:02bon, ça n'a rien à voir avec ce dont on parlait,
12:06mais j'y pense parce que vous en parlez, c'est le mal à ni.
12:08Apparemment, en février, il faut absolument qu'il y ait quelque chose qui soit fait.
12:12Autrement, l'argent européen repart, c'est ça ?
12:14Alors, en février, il faut que nous constations que le mal à ni,
12:19c'est fonctionnel, c'est-à-dire qu'il est en service.
12:22Sinon, nous allons avoir des difficultés.
12:23Nous avons, aujourd'hui, on nous assure que ce sera le cas.
12:27Bon, effectivement, nous, on est dans l'attente.
12:30Mais c'est vrai que le mal à ni, ça a été un dossier dont on a hérité.
12:33Je le rappelle, c'est un dossier dont on a hérité.
12:37Et on a hérité de l'eau avec le bébé, le bébé dans le vin,
12:40j'ai oublié comment on dit.
12:41Mais c'est un dossier qui est compliqué.
12:43Et vous savez, c'est tout la difficulté de la coopération.
12:46Parce que le mal à ni, je tiens à le dire,
12:48ça ne dépend pas que de la Guyane.
12:50C'est une action de coopération entre la Guyane et le Suriname.
12:55Et donc, il y a une partie des travaux,
12:58une partie du contrat qui est assurée par le Suriname.
13:01Et le premier problème qu'on a eu, c'est évidemment le Covid,
13:05avec l'explosion des coûts et l'explosion des délais de livraison.
13:08Donc ça, ça a été un vrai problème.
13:11L'enveloppe initiale, elle a explosé.
13:13La deuxième chose, c'est qu'on s'est retrouvé face à des difficultés énormes
13:17parce que le Suriname connaissait à l'époque,
13:20c'est toujours un peu le cas, ça va de mieux en mieux,
13:22mais le Suriname connaissait une crise économique majeure
13:25et donc avait l'incapacité de faire les travaux de son côté.
13:27Donc ça a été un vrai problème.
13:28Les travaux, ils ont été livrés, moi, je ne voudrais pas créer d'incidents diplomatiques,
13:33mais les travaux n'étaient pas fonctionnels du côté Suriname.
13:38Après, on a eu des épisodes de haute marée.
13:40Après, finalement, le bac Malani, on s'est rendu compte qu'à pleine charge,
13:44il était instable.
13:46Voilà, il était instable.
13:47D'accord.
13:48Donc voilà, il y a eu tout un tas de péripéties dont une grande partie,
13:54une partie ne dépendent pas de nous.
13:58Et nous, le travail qu'on fait à la CTG, et notamment en finançant,
14:01c'est d'essayer de faire en sorte que ce Malani, parce qu'on en a besoin,
14:05vous voyez très régulièrement, le bac de la Gabrielle, il a des avaries.
14:09Aujourd'hui, il n'est plus en capacité d'assurer ce service public.
14:12Donc on a besoin du Malani, il fallait le faire.
14:14Mais aujourd'hui, effectivement, on a cette date butoir, c'est février,
14:18et on va tout faire en sorte, nous de l'autre côté,
14:21pour que les choses se passent le mieux possible.
14:23En revanche, quelque chose qui a très bien fonctionné,
14:25même s'ils sont en train de bloquer, je crois, ce matin,
14:28c'est le lycée du Larivaud.
14:30Ça, c'est l'exploit.
14:31Peut-être au détriment de l'OPRF, d'une vingtaine de personnes
14:36qui étaient formées à l'OPRF, mais c'est quand même le lycée du Larivaud,
14:39où très vite, quand il arrive, il crée le lycée du Larivaud,
14:42et il règle ce problème de déscolarisation des enfants post-collège.
14:47Ça, c'est un exploit quand même.
14:48Alors, sans réouvrir le dossier de l'OPRF, vous êtes au détriment du dossier du Larivaud.
14:52Vous êtes au détriment du lycée du Larivaud et dans les bâtiments de l'OPRF.
14:56Mais on ne va pas refaire le film, mais je rappelle que lorsque nous sommes arrivés,
15:01C'était en train de couler.
15:02C'était en train de plus que couler.
15:03Vous aviez mis 100 000 euros pour passer les vacances.
15:06Exactement.
15:07Donc, on a fait en sorte de sécuriser au mieux possible et on nous demandait de fermer.
15:12C'était une obligation.
15:13La Cour régionale des comptes nous demandait de fermer l'OPRF.
15:18On n'a pas fermé pour faire table rase derrière.
15:22C'est que derrière, on a utilisé, vous l'avez dit, l'outil qui était là pour en faire une
15:26solution qui permettait.
15:27Parce que lorsque nous sommes arrivés, vous n'avez pas le nombre de lycéens de l'île de Cayenne
15:32qui se retrouvaient avec des affectations au lycée à Courroux, voire plus loin.
15:36Quand ils en avaient une.
15:37Quand ils en avaient une.
15:38Nous, on avait des lycées de collège de l'Isofion, 2016-2017, 55 collégiens étaient sur...
15:46Exactement.
15:47Et derrière, et derrière, comme je dis, il y a Guyane Révéler qui est en train de...
15:53C'est pour la formation régionale.
15:54Pour la formation régionale, donc la partie...
15:55Cresson-Ibris.
15:56La partie OPRF.
15:58Il n'y a pas rien derrière.
15:59Il y a Guyane Révéler qui va être, qui a un outil qui est territorialisé,
16:04qui n'est donc plus uniquement sur l'île de Cayenne et qui est en train de prendre ses marques.
16:08C'est un gros dossier.
16:09C'est 10 millions d'euros par an quand même.
16:11Vous l'avez dit, qui est piloté par ma collègue Karine Cresson-Ibris.
16:15Et qui là, je crois qu'on vient de lancer, parce que justement,
16:17pour être dans la parfaite transparence pour que les gens sachent exactement ce qui est fait,
16:21on vient de lancer un site internet qui présente le projet et surtout l'état d'avancée du projet
16:26pour que chacun soit au courant de exactement où est-ce qu'on en est.
16:29Mais c'est un gros, gros poisson.
16:31Alors, qui on doit voir pour donner justement à ce lycée de la Rivo ou au futur lycée de Matoury
16:36le nom de Gabriel Serville, parce que c'est un peu comme une évidence, non ?
16:39Je pense qu'il est beaucoup trop tôt pour avoir ce genre de pensée, ce genre de réflexion.
16:44Bien évidemment que moi, j'espère qu'il y aura des infrastructures sur le territoire de la Guyane
16:50qui porteront le nom de Gabriel Serville.
16:52Aujourd'hui, nous sommes dans l'organisation de ces générailles, de ces obsèques.
16:58Nous essayons d'organiser une manifestation qui sera à la hauteur de la perte pour le territoire de la Guyane.
17:05En parallèle, nous sommes aussi en train de travailler à une manifestation au niveau national.
17:11Donc aujourd'hui, c'est la priorité.
17:14C'est la priorité d'organiser ça et aussi d'assurer la transition.
17:17Parce que le monde, même si nous accusons une énorme perte, il continue de tourner.
17:26Il faut que la machine continue de tourner.
17:27Donc en parallèle, la priorité avec le président par intérim, M. Jean-Paul Ferreira, c'est d'assurer cette transition.
17:35Après, il viendra ce genre de discussion-là, mais au moins, c'est beaucoup trop tôt.
17:39On n'est pas sur un débat de vouloir absolument apposer des noms sur des bâtiments.
17:46Mais bien évidemment, j'espère à titre personnel, et je pense que c'est important, que le nom de Gabriel
17:52Serville ait son héritage.
17:54Pas uniquement son nom, mais tout ce qu'il a apporté, tout ce qu'il a apporté, les valeurs qu
17:59'il a défendues.
17:59J'espère bien et je suis sûr qu'elles survivront pendant encore très longtemps.
18:03Vous parlez de Valois, c'est vrai qu'on en discutait ce week-end avec pas mal de monde.
18:07J'ai l'impression qu'on confondait, moi, ce n'est pas le Gabriel Serville que j'ai connu, de
18:12quelqu'un de très rigoureux, etc.
18:15J'ai l'impression que les gens confondent le mot rigueur et vertu.
18:17C'était quelqu'un de vertueux avant tout.
18:19À titre personnel, il ne m'a jamais demandé à revoir une interview de lui, etc.
18:23Il n'a jamais demandé à relire.
18:25Il était vraiment pour la liberté de la presse, j'insiste.
18:28Et moi, je le trouvais très vertueux plutôt que rigoureux.
18:30Rigoureux, il était évident, comme il faut l'être.
18:33Mais j'ai l'impression que ce mot-là, il se perd un peu en politique anglienne, la vertu.
18:38Je pense qu'on confond aussi rigueur et sévérité.
18:42Le fait d'être rigoureux et le fait d'être têtu.
18:45Gabriel Serville, c'était quelqu'un de rigoureux parce que j'ai eu l'occasion de le dire sur l
18:50'antenne de Radio Pays.
18:51C'est quelqu'un qui avait une éducation très rigoureuse.
18:54Il avait ça de ses parents.
18:56Mais ce n'était pas ni quelqu'un de sévère, ni quelqu'un de têtu, bien au contraire.
19:03C'était quelqu'un qui avait cette capacité de se remettre en question,
19:07qui avait cette capacité et cette volonté de grandir avec vous.
19:10Moi, je peux en être témoin, puisque comme vous l'avez dit, je l'ai accompagné pendant très longtemps.
19:14Mais c'est surtout que quand je suis arrivé pour travailler aux côtés de Gabriel Serville,
19:18moi, j'étais un jeune sans aucune expérience.
19:19J'avais 23 ans.
19:20Je sortais de l'université, littéralement, du vendredi pour le lundi.
19:23Et donc, j'étais quelqu'un qui était en train d'apprendre.
19:25Et quand on apprend, on fait aussi des erreurs.
19:27Et il n'a jamais été sévère.
19:29Est-ce qu'il était rigoureux ? Oui.
19:30Est-ce qu'il était sévère ? Est-ce qu'il était têtu ? Jamais.
19:33En tout cas, ce n'est pas l'expérience que moi, j'en ai eue.
19:35Et je pense sincèrement, on peut avoir des différentes politiques.
19:40C'est normal, ça existe.
19:41On ne pense pas tout de la même façon.
19:43Et tant mieux, c'est ça qui fait la beauté du monde.
19:46On ne réussit pas tout non plus.
19:48Donc, on peut avoir des critiques.
19:51C'est le cas de Gabriel Serville.
19:52C'est le cas de tout le monde.
19:53C'est le cas de tout le monde.
19:55Mais je pense qu'on est obligé de reconnaître que Gabriel était une belle personne.
20:00C'est une personne extrêmement humaine qui se préoccupait pour l'autre.
20:05On lui a reproché parfois.
20:06Deux fois, on a dit qu'il a du mal à trancher, à prendre des décisions.
20:10C'est des reproches que les gens lui ont fait.
20:11Mais la réalité, c'est pourquoi ?
20:12C'est parce que c'est quelqu'un qui se préoccupait profondément des conséquences de ses actes, de ses paroles
20:19sur les gens.
20:21Et il était profondément, profondément humain.
20:24Et toutes les personnes que moi, je croise et qui se rappellent déjà la mémoire de Gabriel Serville, je pense
20:30que c'est la première chose qu'ils disent à chaque fois.
20:32C'est qu'on perd de quelqu'un extrêmement humain.
20:35Vous savez, Gabriel Serville, c'est quelqu'un qui a eu des responsabilités sur la scène nationale et régionale, mais
20:40aussi internationale.
20:41Peu de personnes le savent ou se rappellent, mais Gabriel Serville, il a été président de la section francophone de
20:45l'Association des parlementaires engagée contre la tuberculose, le VIH et le paludisme.
20:50Donc, c'est quelqu'un qui avait des responsabilités internationales et partout, il est passé.
20:54Il a laissé une trace et il a été apprécié.
20:58Aujourd'hui, on le voit avec des messages qui arrivent d'absolument partout.
21:01Dans les hommages que vous avez vus, il y en a un qui vous a retenu plus que d'autres.
21:07Il y en a un qui vous a eu plus ému que d'autres.
21:09Moi, j'ai eu celui de Nague, j'ai trouvé très beau, évidemment celui de Madame Taubira.
21:14Sincèrement, je ne vais pas dire que j'étais surpris, mais c'est vrai qu'on a énormément d'hommages
21:18qui arrivent de partout, vous l'avez dit.
21:21Je pense que ça montre toute la dimension de l'homme.
21:25Une fois de plus, comme je le disais, c'est ce que je disais tout à l'heure, c'est
21:28que ça montre pas uniquement de la personne politique, mais de l'homme.
21:33C'est quelqu'un où partout où il est passé, il a laissé un bon souvenir.
21:36Parce qu'il traitait les gens avec respect, avec humanité, et peu importe qui vous aviez en face, que ce
21:41soit le président de la République ou que vous soyez à l'accueil à l'Assemblée nationale, il avait ce
21:46respect.
21:46Et je vais vous donner une anecdote.
21:48Monsieur Gabriel Servais, c'est quelqu'un qui était souvent en retard.
21:51Comme nous tous, vous savez, le quart d'heure guilladait.
21:54Et à l'Assemblée nationale, sur les deux mandats qu'il a faits, il avait un des bureaux les plus
21:58éloignés de l'hémicycle.
22:00Il était au niveau de la résidence.
22:03Et on était souvent en retard.
22:05Et moi, ça me rendait fou parce qu'on descendait et juste au moment, à l'endroit de l'ascenseur,
22:10il y avait l'accueil de la résidence.
22:13Et donc, il y avait des personnes qui travaillaient à l'accueil.
22:16Et systématiquement, ils s'arrêtaient pour les saluer, pour leur demander comment ils arrivaient.
22:19Alors, vous êtes en retard.
22:20Alors, on était en retard.
22:21Et juste après, il y avait la cafette avec le personnel de la cafette et les gens qui étaient à
22:25la cafette.
22:26Et donc, c'était une nouvelle escale où on s'arrêtait pour saluer tout le monde.
22:30Et puis après, il y avait l'accueil du bâtiment où il était.
22:33Et il s'arrêtait pour saluer tout le monde.
22:35Et puis après, il y avait l'accueil du bâtiment où on rentrait.
22:38Et je vais vous dire qu'à chaque fois, ça a duré neuf ans.
22:42Monsieur Servais ne passait jamais devant les gens sans s'arrêter.
22:47Et non sûrement les saluer, mais leur demander comment il allait.
22:50Et ça, c'était la personne que Gabriel s'arrêtait l'été.
22:52Alors, la conséquence est de guiller derrière.
22:54On était tout le temps en retard.
22:56Il y a eu pas mal de votes ratés.
22:58Non, pas forcément des votes ratés.
23:00Mais en plus, il avait toujours son excuse à chaque fois.
23:04C'était mon travail aussi.
23:05C'était de dire, ah, désolé, Thibaut l'avait mal noté à mon agenda.
23:09C'était son excuse permanente.
23:11C'est que dès qu'on arrivait, qu'on était en retard,
23:13c'était, ah, il y a eu un problème d'Ajada, Thibaut a dû se tromper.
23:16Non, moi, j'étais là en train de manger mon pain, mon pain sûr.
23:19Mais c'était ça aussi le rôle.
23:20C'était aussi, on joue aussi quand on travaille pour des hommes politiques.
23:24On joue aussi le rôle de fusible.
23:27Et j'ai trouvé ça, mais comme je vous le dis, c'était lui.
23:31Un fusible qui n'avait jamais sauté.
23:33Un fusible où il vous avait fait monter dans la politique,
23:35la vie politicienne guénaise en tout cas.
23:38Parce que c'était lui, c'était Gabriel Serville.
23:40Gabriel Serville, c'est quelqu'un d'humain, de profondément humain.
23:43De loyal.
23:44De loyal.
23:44Et à chaque fois, vous savez, lorsqu'il a été élu prison de la CTG,
23:49il m'a nommé troisième vice-prison de la CTG.
23:51J'avais 33 ans.
23:52C'est comme une énorme preuve de confiance.
23:55De confiance, c'est énorme.
23:57Moi, j'avais 33 ans, j'arrivais à peine à y croire.
24:00Mais la conséquence, forcément, c'est qu'il perdait son mandat de député.
24:03J'étais son collaborateur parlementaire, donc moi, je perdais mon emploi.
24:07Et à la rentrée 2021, il m'appelle.
24:11Il me dit, mais Thibaut, qu'est-ce que tu vas faire ?
24:13Comment tu vas gagner ta vie ?
24:15Je dis, mais tout va bien, M. Serville, ça va bien se passer.
24:20Et quelques mois plus tard, il me rappelle.
24:22Il me dit, mais Thibaut, comment tu t'en sors financièrement ?
24:24Est-ce que tu veux que je t'aide à trouver un travail ?
24:26Et c'était la personne qu'il était.
24:27C'est-à-dire qu'il venait de me permettre, d'être troisième vice-président de la collectivité
24:31territoriale de Guyane, d'avoir des accès à des responsabilités dont, sincèrement,
24:37le jeune Thibaut qui sortait de la fac, il y a quelques années, n'aurait jamais espéré
24:41avoir, mais il était quand même préoccupé pour savoir comment est-ce que j'allais
24:45m'en sortir.
24:47Et c'était lui, c'est quelqu'un qui se préoccupait pour les gens, qui se préoccupait
24:52pour les gens.
24:52Et jusqu'à la fin, un des derniers échanges que j'ai eu avec lui, on s'est vu, mais
24:57juste avant, il avait des difficultés pour parler, et donc il m'a envoyé un message
25:03en me disant, je vais te faire un vocal, mais ça ne va pas être long parce que j'ai
25:07du mal à parler, OK.
25:08Il m'a fait un vocal pour me dire à quel point il était fier du travail qu'on avait
25:12fait à Bruxelles, parce qu'il venait d'avoir de la communication le 9 septembre,
25:16il y a eu la communication de la Commission européenne avec l'annonce d'un début,
25:23voilà, et donc alors qu'il avait du mal à parler, il m'a quand même fait un vocal
25:26pour me dire à quel point il était fier du travail qu'on était en train de faire
25:30à Bruxelles.
25:31Et c'était comme ça qu'il était, c'est quelqu'un qui voulait montrer la reconnaissance
25:39qu'il avait.
25:41Ça c'est beau, et alors vous maintenant, il y a un héritage pour lui succéder, pour
25:46continuer son œuvre.
25:48Comment est la majorité territoriale en ce moment ? Il va y avoir un vote, une commission
25:53permanente qui devrait être refaite d'ici un mois, enfin de moins d'un mois maintenant.
25:56Maintenant, on attend.
25:57Comment sont les troupes ? Comment vous sentez cette majorité territoriale ?
26:02Évidemment qu'aujourd'hui, on est encore dans la perte de l'émotion.
26:07Personne ne veut se projeter, j'ai appelé des élus, autant dans l'opposition que dans
26:11la majorité, ils sont dans le recueillement.
26:14Les obsèques n'ont même pas eu lieu, je pense que ça aurait été malvenu.
26:19Mais ce que je peux vous dire, c'est que nous sommes extrêmement unis, unis dans la
26:22douleur, mais aussi dans la responsabilité.
26:25Les échanges que nous avons eus, j'ai l'impression, je pense que nous sommes tous sur la même
26:29longueur d'onde, avec un objectif en tête, c'est de continuer le travail que nous avons
26:37commencé aux côtés de Gabriel Serville, et je pense que nous avons une responsabilité
26:40de le finir jusqu'en 2028.
26:44Nous avons une responsabilité vis-à-vis de Gabriel Serville bien évidemment, vis-à-vis
26:48de nous-mêmes, mais aussi vis-à-vis de la population.
26:50Je pense que c'est ce que la population attend de nous, et je pense que nous devons et nous
26:58allons être à la hauteur.
26:59Mais en tout cas aujourd'hui, moi les échanges que j'ai avec les uns et les autres, j'ai
27:02l'impression, et je suis quasiment sûr qu'on est tous sur la même longueur d'onde.
27:06Il y a une période transitoire rassurée, c'est ce que je vous disais, on ne peut
27:09pas attendre que la commission permanente soit renouvelée, il ne peut pas y avoir un blanc
27:15de trois semaines.
27:16Donc le travail continue, de façon, avec un intérim qui est assuré, il faudra pérenniser
27:21un fonctionnement très rapidement, et je pense que nous serons au rendez-vous.
27:25Et j'espère que nous serons tous au rendez-vous, et quand je dis tous, c'est l'ensemble
27:29de 55 élus de la collectivité territoriale, parce que la collectivité territoriale, c'est
27:34pas uniquement la majorité de Gabriel Serville, c'est l'ensemble des élus de la CTG.
27:40Merci beaucoup.
27:41Merci à vous.

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