00:01Je suis retraité, je suis là aujourd'hui pour la jeunesse à venir, parce que c'est une loi qui
00:06est complètement à l'encontre de ce qu'on a obtenu dans le passé.
00:12Il faut lutter pour garder les acquis de 36 et de 68, je veux dire les congés payés, la durée
00:17du travail, les conventions collectives, là c'est un peu la débandade.
00:22En plus cette loi elle est particulière pour nos générations parce que nous on est une génération qui a grandi
00:27dans la crise.
00:28Depuis qu'on est nés on nous explique que c'est la crise, qu'on ne pourra rien faire, qu
00:31'on ne choisira pas notre avenir et on nous dit que de toute façon la précarité va falloir s'y
00:35faire parce qu'on sera obligé de passer par là.
00:38Donc ce mouvement aujourd'hui con la loi El Khomri reprend un peu toutes les questions que se posent cette
00:41génération.
00:42J'espère tout simplement que le gouvernement va nous entendre et qu'il va finir par retirer sa loi tout
00:48simplement.
01:02C'est la première fois depuis plusieurs années que vraiment les étudiants d'eux-mêmes ont envie de se mobiliser
01:08contre cette loi.
01:09Et après nous ce qu'on propose aussi c'est un cadre pour se mobiliser, d'affiner un peu la
01:13réflexion surtout sur ce qu'on pourrait proposer contre cette loi.
01:16Parce que c'est aussi important de voir un petit peu ce qu'on pourrait faire.
01:19Une meilleure répartition des richesses, qui est moins d'inégalité, qui est plus de solidarité et qu'on privilégie l
01:27'humain avant le profit, avant les intérêts économiques.
01:31Avant tout on se bat pour nous. Moi je me bats pour des droits, je me bats pour des valeurs,
01:36pour des idées, pour des notions d'intérêt général.
01:39Mais je me bats aussi pour que ma vie elle change. Parce que moi aussi je suis un jeune, moi
01:42aussi je suis dans la précarité, moi aussi je vis dans des quartiers et je connais cette réalité.
01:46Pour les miens, pour que leur vie elle change aussi. Et du coup mêler ça en engagement collectif et du
01:51coup se battre avec d'autres, avec plein de raisons qu'on a en commun pour l'intérêt général finalement,
01:56c'est ça pour moi aujourd'hui être communiste.
01:58On est une orga politique mais on est aussi des jeunes comme les autres qui avons une vie et un
02:01avenir à construire.
02:02Et du coup ça nous paraît plus que nécessaire de par l'idéologie qu'on défend d'être présent aujourd
02:06'hui et de lutter contre cette loi travail qui est injuste et pour les salariés et pour les jeunes qui
02:10construisent leur avenir et qui cassent le code du travail.
02:122016 c'est forcément quand on est communiste c'est faire avec, faire avec, faire avec ce qui se passe
02:20et faire aussi avec les autres.
02:21Dès les premières dates de Nuit Debout je suis allée voir, je suis allée voir parce que je voulais voir
02:27ce qui c'était.
02:28Moi j'ai remarqué très tôt que c'était une génération qui n'était pas forcément dans un engagement organisé
02:34mais toujours très réactif.
02:37Ils savent en tous les cas ce qu'ils veulent pas. Ils savent pas encore ce qu'ils veulent je
02:41pense. Peut-être que je me réfère à mes enfants mais ils savent pas forcément vers où il faut aller.
02:47Mais comme beaucoup de gens en France en fait, je crois que c'est ça, tous les abstentionnistes, tous les
02:53gens qui veulent plus aller voter, tous les gens qui ne pensent plus à la, qui ne croient plus ni
02:56dans les élus etc.
02:58Donc ça peut être un grand rendez-vous ça, historique cette convergence des luttes. Et du coup en tant que
03:03communiste il faut qu'on ait le cœur, les oreilles grand ouvert.
03:07On a tenu un stand régulièrement là à Nuit Debout à République et on y va souvent parce qu'on
03:10a notre projet politique à porter, on a des choses à porter et donc on a fait des pétitions contre
03:15la loi travail, des pétitions contre le contrôle au faciès qui sont des batailles politiques qu'on mène.
03:19Mais évidemment il y a des gens qui se rassemblent aujourd'hui à Nuit Debout parce qu'ils ont besoin
03:22de démocratie et que c'est clair qu'en ce moment on vit vraiment un déni de démocratie, on l
03:25'a vu avec le 49-3.
03:27Et moi je pense que tous les gens qui se mobilisent évidemment il n'y a pas d'opposition, c
03:30'est de la convergence et plus on sera mobilisés dans tous les quatre qu'ils soient, mieux ce sera quoi.
03:36Disons qu'on sait qu'on est minoritaire parce qu'on n'est pas au pouvoir et donc du coup
03:40on sait que forcément tous les médias, tous les chiens de garde ils vont du coup forcément utiliser un autre
03:45langage et des autres termes que le nôtre.
03:47Ça ne nous empêche pas de continuer à lutter notamment par l'humanité mais d'autres moyens, des actions de
03:52lutte etc.
03:53Mais du coup c'est un travail qui se fait petit à petit dans la rue mais aussi par les
03:56nouveaux réseaux sociaux, les moyens de communication, Twitter par exemple mais aussi tout l'Internet etc.
04:03Mais également au travail de l'humanité c'est-à-dire que ça permet quand même quand on vend l
04:06'humain de discuter avec les gens, c'est quand même un travail important.
04:09Mais on a conscience qu'on n'est pas majoritaire dans le langage et qu'il faut le devenir pour
04:13pouvoir le conscientiser en masse.
04:15Ça a le bon sens.
04:16La lutte, la lutte, la lutte, la lutte, la lutte. Parce qu'en face ils luttent. Le capital, grand patronat,
04:22ils luttent. Mais pour leur intérêt. Ça c'est la jeunesse.
04:27Et puis il y a un truc auquel je pense beaucoup, c'est la foule sentimentale d'Alain Souchon. Dès
04:32les nuits debout en fait, cette chanson qui a été très populaire il y a quelques années, elle me revenait
04:39parce que c'est ça.
04:41Peut-être que la France et les Français sont une foule sentimentale et on ne peut pas les Claudia Schiffer,
04:46on ne peut pas les Paul Lusslitzer, enfin tout ça, on ne peut pas leur faire ça.
04:50Donc c'est peut-être le moment, voilà. Ça commence, c'est peut-être un commencement, c'est peut-être
04:55maintenant mais voilà.
04:56Sous-titrage Société Radio-Canada